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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 09:24
Willenbrock de Christoph Hein
Willenbrock de Christoph Hein

A travers l’histoire d’un ingénieur berlinois ayant perdu  son emploi après la faillite de son entreprise suite à la chute du « Mur », Christoph Hein décrit les mutations ayant affecté l’ex République Démocratique d’Allemagne quand elle a été fondue dans la République Fédérale  avec tous les effets pervers que cela a comportés. Il dépeint la désagrégation de la société structurée par le régime disparu et la naissance d’un ordre nouveau placé sous le signe d’un libéralisme débrouillard et pas toujours très régulier. Mais la règle la plus générale, celle affectant le plus le héros et ses amis  semble bien résider dans la peur qui les poursuit et les imprègne : peur que les vieux démons enfouis sous le tapis de l’histoire ressurgissent au grand jour avec fracas, peur de tous ces traîne-misère qui hantent l’Europe de l’Est, de Moscou à Berlin, pillant, rançonnant, écume d’un peuple déboussolé -  « Avant on était fier, courageux et pauvre… aujourd’hui on est plus que pauvre » -  perturbant gravement les citoyens honnêtes qui essaient de reconstruire leur vie démolie. L’auteur s’emploie à nous livrer la chronique quotidienne d’un cadre allemand confronté à des modifications sociales et économiques qui le dépassent.

 

Avant le chute du « Mur », Willenbrock (étonnant comme ce nom sonne comme Buddenbrock, deux noms de onze lettres chacun dont seules les quatre premières varient, Christoph Hein pensait-il à Thomas Mann en écrivant son texte ) - travaille comme ingénieur électronicien dans une entreprise berlinoise. Mais son entreprise ayant fait faillite, il reconstruit sa vie en créant un commerce de vente de voitures d’occasion, principalement à des ressortissants des pays de l’Europe de l’Est. Son affaire prospère rapidement et il retrouve un niveau de vie agréable jusqu’à ce que la peur le rattrape. Peur du passé lorsqu’il apprend, par un ex-collègue, le nom de celui qui a médi sur son compte auprès de la direction de son entreprise, l'a privé de quelques déplacements qu’il espérait effectuer à l’Ouest, peur aussi des voleurs et voyous qui attaquent son entreprise et même sa personne. La police et la justice ne lui donnant aucune assurance, il ne peut pas accepter la protection offerte par un gros client russe, aussi s’interroge-t-il sur la façon de protéger sa femme et son entreprise.

 

Un sujet  intéressant, surtout au moment où ce livre a été publié, en 2001, mais dont le texte m’a laissé un peu sur ma faim : ce récit est très lent, sinueux, encombré d’anecdotes et de détails qui ne font pas avancer l’histoire de cet ingénieur recyclé, et ne concourent pas  à une description réellement éloquente de la société berlinoise après la chute du « Mur ». Lors de ma lecture, j’ai cependant noté des idées pertinentes et judicieuses dont cette citation qui, j’espère, ne sera pas prémonitoire mais que nous devrions tous méditer, surtout ceux qui ont la charge et la responsabilité de la survie des peuples dans l’Europe d’aujourd’hui :

 « Ne vous faites aucun souci pour la Russie. La Russie en a tellement vu, elle ne va pas mourir, parce que le tsar ne peut pas mourir. Mais vous ne devriez pas défier la Russie. Votre Europe serait mal avisée. Nous ne savons pas vivre, mais nous savons nous battre et mourir. Et comme dit la chanson : le Russe sait vaincre ». A bon entendeur salut !

 

Denis BILLAMBOZ

 

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Published by Armelle BARGUILLET - dans LES COUPS de COEUR de DENIS
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Pascal 26/01/2015 13:56

Salut Denis,
Sans apprentissage préalable on imagine que le changement devait être rude. Passer de l'assistanat à l'autonomie, ce n'est pas rien.

billamboz denis 27/01/2015 22:19

Armelle, si tu ne trouves pas ce livre dis-le moi, je l'ai acheté d'occasion pour deux sous.

billamboz denis 27/01/2015 22:18

Il y a un très beau livre sur ce sujet, très puissant, très fort mais écrit pour des gens avertis, l'auteur modifie les mots en y ajoutant des signes de ponctuation. Le lecteur chevronné arrive à dépasser cette écriture pour ne retenir que la puissance du texte qui est peut-être liée à cette innovation. C'est un livre de Reinhard Jirgl : "Les inachevés".

armelle 27/01/2015 09:14

Je vais demander ce livre à la bibliothèque, bien que tu dises Denis qu'il n'est pas très agréable de lecture. Mais le témoignage doit être intéressant. Il y a eu également plusieurs films sur ce sujet que j'ai beaucoup appréciés dont "Bye, bye Lenin".

billamboz denis 27/01/2015 00:56

Salut Pascal,

En fait c'est tout un système qui a disparu brutalement, laissant les salariés sur la paille, cadres comme ouvriers, et la débrouillardise a été une des meilleures façons de s'en sortir, sans oublier les règlements de compte des rancoeurs accumulées sous le régime précédent.

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