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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 07:59
Un petit nuage de James JOYCE

Ceux qui comme moi, ont abandonné Joyce définitivement, ou qui pense l’avoir abandonné définitivement, peuvent, comme moi, retrouver une bonne raison de renouer avec le maître irlandais en lisant ces quelques nouvelles très abordables et très littéraires. Une occasion de découvrir un autre Joyce et de prendre goût à ses nouvelles avant de repartir, pourquoi pas ? -  dans Ulysse ou Dedalus.

 

 

                                                     Un petit nuage

                                   James Joyce (1882 – 1941)

 

 

Il y a bien longtemps déjà, je me suis perdu dans la prose de Joyce, définitivement croyais-je, en errant dans les méandres de  « Dedalus » mais une âme charitable, soucieuse de mon inculture, a décidé de me ramener vers le maître irlandais en me prêtant ce recueil de cinq nouvelles extraites de « Dublinois ». J’y ai trouvé un texte beaucoup plus clair que celui que je m’attendais à devoir lire, même si les phrases sont très construites, très élaborées, le style reste fluide et la prose plutôt facile à lire.

 

 

A travers ses nouvelles, l’auteur dépeint le Dublin du début du siècle dernier et ses habitants, en l’occurrence surtout des hommes souvent assez jeunes encore pour faire la cour à des femmes plutôt naïves. On rencontre dans les pages de Joyce des dandys,  joueurs insouciants, des jeunes garçons qui voudraient être des dandys mais qui n’ont pas forcément les moyens de leurs désirs, des jeunes  mariés pas aussi bien mariés qu’ils l’espéraient ou pas forcément mariés avec la nymphe qu’ils enviaient, et même un homme qui a refusé les avances d’une femme qui lui fit bien défaut quand il comprit qu’il finirait ses jours seul. Des gens qui croient encore que la vie va leur apporter les joies qu’ils espèrent en recevoir et qui fatalement doivent déchanter, la vie n’étant pas aussi généreuse qu’ils le croyaient.

 

 

James Joyce possède l’art de la nouvelle sur le bout de la plume, il m’a réconcilié avec ce genre que beaucoup ont galvaudé, au point que j’hésite souvent avant d’entrer dans un recueil, le genre sert bien son projet littéraire. Il utilise la nouvelle pour mettre en scène une situation qui lui permet de dépeindre un trait de caractère qui vient étoffer l’idée qu’il se fait des jeunes Dublinois, de l’humanité en général et plus largement de l’existence. Ses héros entrent dans la vie comme dans ses nouvelles, pleins de joie et d’espoir, insouciants, sereins, sûrs d’eux… mais à la toute fin de l’histoire, comme du texte, après un temps plus ou moins long, l’amertume sourd, le déboire s’installe et le héros comprend qu’il est passé à côté de ce qu’il espérait et qu’il est bien loin des certitudes qu’il avait nourries en s’engageant dans son entreprise sentimentale ou autre.

 

Denis BILLAMBOZ

 

 

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Published by Armelle BARGUILLET - dans LES COUPS de COEUR de DENIS
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commentaires

Pascal 03/04/2015 13:10

Salut Denis,
Comme Armelle et toi, je ne suis jamais parvenu à entrer dans 'Ulysse' mais tu m'interpelles avec ces nouvelles. je vais en parler à Agnès qui est également allergique à cet écrivain.

armelle 31/03/2015 10:26

Comme toi Denis, "Ulysse" n'a pas su retenir mon attention malgré de gros effort et de la bonne volonté. J'ai pensé que j'étais désespérément allergique à ce style et à cette façon de narrer les choses. Je m'en désolais d'autant plus que certains de mes amis m'en disaient mont et merveille et que cet écrivain compte parmi les plus représentatifs du XXe siècle avec Proust et Céline. Mais, rien à faire. J'ai abandonné. Et puis j'ai eu entre les mains, beaucoup plus tard, ses nouvelles et là j'ai accroché. Un style et des récits plus concis que j'ai lus avec un certain plaisir. Il n'y a donc pas de cas désespérés, tout est dans le breuvage. Mais les nouvelles de Fitzgerald, par exemple, m'apparaissent comme bien supérieures.

billamboz denis 31/03/2015 15:14

Notre parcours est sensible le même.

Je n'étais pas un grand lecteur de nouvelles et depuis quelques temps, j'en lis plus souvent et j'en ai lue de bien belles. J'ai beaucoup aimé celles d'Edmée par exemple, elle maitrise bien le genre et elle a un façon de raconter un peu particulière, elle ne passe par l'étape de la présentation des personnages, elle conduit le lecteur directement au coeur de l'intrique, là ou tout bascule, les participants se dévoilant progressivement les uns après les autres. Ca donne du rythme au texte, enfle le mystère et donne confère plus d'intensité à la chute.

J'ai aussi de vieux souvenir d'excellentes nouvelles de Sherwood Anderson, Stephen Crane et Raymond Carver.

Carine-Laure 30/03/2015 14:40

Joyce écrivait des nouvelles, je l'ignorais. Merci.

billamboz denis 30/03/2015 15:30

Oui et je te les conseille vivement, "Gens de Dublin" est un recueil de nouvelles dont certaines sont rééditées dans le livre que je présente.

Edmée De Xhavée 30/03/2015 10:27

Et je rêve de le lire enfin... Quel personnage fascinant!

billamboz denis 30/03/2015 15:27

Il y a bien longtemps, je me suis perdu dans Dedalus mais j'ai beaucoup apprécié ces quelques nouvelles. Je t'aurais bien envoyé ce livre mais c'était un prêt que j'ai déjà rendu.

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