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11 mai 2015 1 11 /05 /mai /2015 08:28
La claire fontaine de David Bosc

Mes racines familiales plongent dans le même sol que celles de Gustave Courbet, tout ce qui concerne le maître d’Ornans m’intéresse bien évidemment, donc ce livre ne pouvait qu’attirer ma curiosité et elle fut comblée car, même si le peintre n’apparait pas sous son meilleur jour, l’auteur, quant à lui, révèle un véritable talent d’écrivain.

 

 

 

                                             La claire fontaine

                                        David Bosc (1973 - ….)

 

 

 

Un beau matin de juillet 1873, Courbet quitte sa maison et s’engage, à gauche, dans la rue de la Froidière, là où, lorsque j’étais jeune, j’ai beaucoup festoyé, il chemine jusqu’au vieux pont de Nahin pour franchir sa rivière, la Loue, et gagner la route qui le mènera vers la Suisse en passant par la côte de Mouthiers, La Vrine et Pontarlier. Il quitte la France pour éviter les poursuites judiciaires engagées contre sa personne après la détérioration, pendant la Commune, de la colonne Vendôme. Il s‘installe définitivement à la Tour-de-Peilz, sur les rives du Léman, où il terminera sa vie. C’est cet épisode, le dernier de l’existence du célèbre peintre, que David Bosc met en scène dans cet ouvrage.

 

 

Le maître d’Ornans a quitté la France avec son élève Marcel Ordinaire qui gagnera une petite notoriété avec ce qu’il a appris à ses côtés, Cherubino Pata, l’homme de l’intendance qui assure les relations avec la famille, les amis, les clients, les Morel qui le rejoindront plus tard pour assurer l’intendance de sa maison qu’il ne sait pas gérer. « C’est un enfant, une femme faible plutôt, qu’il faut conduire par la main ; sa force est toute concentrée dans son talent, quant à l’homme, c’est la faiblesse incarnée ». Il continue de peindre, de peindre beaucoup, sa notoriété n’a pas faibli et il n’a pas perdu une once de son talent.

 

 

 

Il n’a perdu que sa hargne révolutionnaire, il se détache des biens de ce monde, se comporte comme un pauvre, se satisfait de son sort et désespère son entourage par son désintéressement. « Les pauvres avaient au moins le tact d’avoir envie de toutes les choses dont ils étaient privées. Tandis que celui-là vous gâchait le plaisir par son indifférence, par ce ni chaud ni froid que lui faisait toute marchandise ». Courbet ne se complait que dans les petits plaisirs d’une vie simple, de ses bains dans le lac Léman, l’eau étant son élément, sa « claire fontaine », des visites de sa famille et de ses amis, des répétitions et concerts avec la chorale de Vevey… mais surtout de l’ivresse que le petit vin blanc du pays, ingurgité en quantité de plus en plus inquiétante, lui procure. « Courbet se plaisait en la compagnie des petits-bourgeois, pour lesquels il était une sorte d’homme-cabaret, un type très fort, très rigolo et simple ! Et célèbre ! »

 

 

Daniel Bosc n’a pas choisi la période la plus exaltante de la vie de l’artiste pour en dresser le portrait.  Pour ma part, j’ai eu une curieuse impression en lisant cet ouvrage : je n’ai pas toujours vu un écrivain observant les faits et gestes, sondant les états d’âme d’un artiste ; j’ai davantage eu le sentiment de voir un peintre observer, derrière son « déci » de fendant, un auteur tentant de trouver les formules les plus adéquates, le style le plus adapté pour le faire vivre dans sa désescalade progressive. L’auteur m’a semblé donner la priorité à l’objet de son livre, soit l’exercice littéraire, au détriment de son sujet, la vie du peintre. Ceci n’est qu’une impression et nullement un reproche car l’auteur a atteint son objectif : le texte est de qualité et le sujet n’en manque pas. Mais je n’oublie pas ce que le peintre avait affiché dans son atelier :

 

«  Ne fais pas ce que je fais.

Ne fais pas ce que les autres font ».

 

 

Denis BILLAMBOZ

 

 

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Published by Armelle BARGUILLET - dans LES COUPS de COEUR de DENIS
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