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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 09:21
LES COULEURS DE L'ENFANCE OU LE BEL ETE

Si les souvenirs m’assaillent,
Je ne m’en détourne pas. Je les prends
Afin que dans mon cœur ils flambent,
Ils y fassent un bel été.
Ton visage ne cesse pas de se recomposer.
L’onde y inscrit un sourire, y ébauche un pli.
Ainsi es-tu, présent ô combien ! Pacifié.
Si différent d’autrefois.
Je me rappelle que tu marchais
Avec cette retenue que, parfois,
Ont les femmes, les gens qui,
A leurs sépulcres, conduisent leurs défunts.
Mais, dans cet aujourd’hui,
Plein de sel et d’embrun, quelle douceur ombre
Ton visage, quel amour libère enfin ses secrets ?

 

 

Naguère, j’aimais à te voir venir parmi les haies de lauriers et de symphorines. Tu ressemblais à un pèlerin.

Les senteurs printanières se ramassaient sous les branches, on s’enivrait d’un chant de tourterelle, d’un baiser.

La vie avait les mêmes couleurs que l’enfance. Lentement elle nous envahissait. Nous passions des heures à deviner ce que le monde oubliait de nous montrer, des heures à surprendre l’irréalité.

Le soir s’allongeait contre la hanche d’une colline. Des murmures nous laissaient croire qu’autour de nous dansaient quelques anges candides. Paix à ceux qui entendent. Nos paroles se mêlaient au soliloque des blés.

 

 

Il faut que tu le saches : je marche dans ce pays depuis toujours. J’en fais le tour maintes fois. La nature y sort de sa dormance végétale comme d’une extase prolongée. De ses pores, on sent la vie sourdre, des frissons de sève passer sous l’écorce des bouleaux poudrés d’un blanc lunaire ou sous la livrée rousse des cyprès chauves.

C’est là que poussent les caroubiers, les marronniers rouges, que la mésange nonnette, le sansonnet et le rossignol des murailles, les sittelles et les troglodytes abritent leurs amours.

C’est là que les champs s’émaillent de coquelicots et de chrysanthèmes des près, que les talus se fleurissent de stellaires et de centaurées.

Dans l’étang roselier, les lueurs s’épanouissent comme des jaunets d’eau.

 

 

Alors qu’à la fourche d’un arbre mort
Un oiseau aiguise son cri,
Que dans un ciel marbré de gris
Une lueur ancienne se profile.
Demain, peut-être,
Des paroles donneront sens
A ce qui s’achève…

 

Armelle BARGUILLET  HAUTELOIRE  ( Extraits de « Profil de la NUIT » 

 

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Published by Armelle BARGUILLET - dans ARTICLES ME CONCERNANT
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commentaires

Tania 25/07/2015 15:27

Très beau jardin et si mignon, l'oiseau qui fait confiance à la main humaine !
Votre texte respire le bonheur de l'été.

Pâques 23/07/2015 21:16

Un jardin merveilleux qui enchante la vie et lui donne sans doute un sens ...

Maxime 23/07/2015 20:40

C'est beau et prenant.

armelle 23/07/2015 09:58

Merci Loïc, merci Alain, voilà encore un partage plein d'amitié qui me conforte tellement. Oui, le jardin de l'enfance reste planté au plus profond du coeur et demeure une source permanente d'inspiration.

Alain 22/07/2015 18:14

Bonjour Armelle, magnifique poésie qui accompagne mon retour. Une soirée d'anniversaire chez des amis dans un grand et très beau jardin avec de très beaux catalpas en fleurs. Je crois me souvenir que dans votre "Jardin d'Incertitude vous en parliez magnifiquement. J'ai eu une pensée pour vous de cet endroit magnifique, au plus profond du Comminges.

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