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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 08:25
Annabel de Kathleen Winter

Ce livre m’a laissé un peu sur ma faim, car, selon moi, il comporte quelques insuffisances mais le sujet était si ambitieux qu’on peut pardonner ces  lacunes à l’auteure. C’est la première fois, il me semble, que je lis un livre qui traite de l’hermaphrodisme, alors soyons indulgents.

 

 

 

                                                        Annabel

                                   Kathleen Winter (1960 - ….)

 

 

Début mars 1968, à Croydon Harbour, une petite ville du Labrador, Jacinta accouche d’un bébé hermaphrodite. Son mari, un trappeur solitaire et rustre, décide que l’enfant sera un garçon et le chirurgien fait ce qu’il peut pour que cet enfant soit un fils « crédible ». Selon le vœu de son père, il s’appellera Wayne, bien qu’un second prénom y sera accolé, celui d’Annabel, la fille de Thomasina, l’amie de Jacinta qui s’est noyée dans un lac. Le père élève l’enfant pour qu’il devienne un homme viril mais sa nature profonde révèle une sensibilité plutôt féminine, l’enfant préfère jouer avec sa petite voisine qu’avec les garçons qui fréquentent la même école que lui. Le père supporte mal cette situation et le conflit s’instaure progressivement entre le rustre trappeur et son épouse venue de l’île plus civilisée de Terre Neuve. La puberté met vite un terme à ce conflit en révélant la part féminine du jeune homme qui devient alors réellement ambivalent sexuellement. Alors, un long chemin de croix commence pour lui, son apparence ambigüe complique sérieusement sa vie, il ne sait plus, lui-même, qui il est réellement et doit subir le mépris et même la violence des autres. Cependant, deux anges gardiens veillent sur lui : Thomasina sa première institutrice, présente lors de sa naissance, et son amie d’enfance.

 

 

A priori ce roman possédait certains arguments pour me séduire, il parle d’un sujet que je pense n’avoir jamais rencontré dans mes lectures : l’hermaphrodisme,  et l’action se déroule dans le grand nord où mes lectures d’adolescence m’ont souvent transporté avec grand bonheur. Hélas, il m’a déçu, j’en attendais peut-être trop, je ne sais pas. C’est long, c’est lent, c’est long, c’est lent, c’est bavard… A mon sens, ce texte requérait davantage d’intensité émotionnelle et plus de finesse psychologique pour évoquer l’ambivalence sexuelle du héros et l’ambigüité permanente qui en découle. L’auteure s’est trop égarée dans des descriptions pointilleuses et minutieuses d’éléments nullement indispensables au récit. A mon avis, elle ne possède pas très bien son sujet, les passages sur la médecine paraissent souvent imprécis, voire même invraisemblables et elle ne sait pas faire souffler le vent des grands espaces dans les pages de son texte comme le faisait London et beaucoup d’autres. Elle n’a pas su nous enfermer au cœur de l’indécision, de l’incompréhension, de la quête de l’identité sexuelle du héros. Elle a été plus à l’aise pour nous faire comprendre la difficulté d’accepter, l’impossibilité de dire et les ravages du silence

 

 

Un livre qui tombe en plein milieu du débat sur la définition de l’identité sexuelle et sur les conséquences qui en découlent. Peut-être aussi une position prise par l’auteure à propos de la théorie du genre : nous sommes tous plus ou moins ambivalents sexuellement et nous avons tous notre place dans la société quelle que soit notre part de féminité et de masculinité.

 

Denis BILLAMBOZ

 

 

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Published by Armelle BARGUILLET - dans LES COUPS de COEUR de DENIS
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SpaceCadet 24/08/2015 17:29

Il semble Denis que cet auteur ait tenté de jouer sur deux créneaux; le grand nord et la notion d'exception (si je puis m'exprimer ainsi) psycho-sexuelle. Drôle de projet à la base qui, semble-t-il, donne un résultat incertain. On dit de ce livre qu'il aurait été bien accueilli par le public mais qu'il aurait par ailleurs été dénoncé par les groupes et associations concernés comme étant trompeur et mal documenté. Il faut dire qu'outre la dimension purement physique de l'hermaphrodisme, l'identité sexuelle est un sujet complexe qui ne saurait être abordé, même en fiction, par un auteur n'ayant pas les compétences pour le faire. Ce qui semble être le cas ici.

billamboz denis 24/08/2015 19:55

Je suis d'accord avec ceux qui prétendent que ce roman semble bien mal documenté et comporte même des éléments qui paraissent erronés. J'ai parlé de ce livre pour pouvoir apporter un avis différent de ceux qui l'ont apprécié seulement pour la nature du sujet.

billamboz denis 24/08/2015 14:41

Un sujet bien difficile à aborder qui requiert de réelles compétences pour ne pas risquer de livrer un texte à sensation tombant trop bien à pic dans un débat "sociétal" très actuel.

Edmée De Xhavée 24/08/2015 11:26

Comme le dit Armelle... Plus on sème de doute et mieux on espère qu'on s'accrochera au premier "divin sauveur" de pacotille qu'on nous présentera. Ou l'étau d'une "religion" qui nous empêchera de penser pendant 100 ans d'hébétude qui reposera le cerveau de trois générations...

Je pense que je serais déçue aussi si, en plus, l'auteure est quelque peu vague et flottante :)

armelle 24/08/2015 10:40

Eh bien voyons, plus de famille, plus de religion, plus de patrie, plus de sexe, mais où allons-nous ? Il faut douter de tout, n'avoir plus aucun repère,plus aucune conviction, tout est permis, plus rien ne compte vraiment que d'être un bon consommateur. Tout va pour le mieux dans ce marécage de tolérance fumeuse Madame la Marquise ! Je comprends que ce livre t'ait déçu, cher Denis. Mais comme tu le dis, il tombe à pic pour conforter le nouveau culte de la théorie du genre. Il doit se vendre comme des petits pains...

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