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23 août 2015 7 23 /08 /août /2015 08:54
Le Haut Pays

Jusqu’où aller ?
Aucune route qui n’aille plus loin que nous !
La mer s’oppose, tronque la marche,
La terre s’éprend du relief des vagues,
De l’audace de l’arbre qui croît,
Du cheval qui s’arrime au vent.
Une lueur accentue l’écart du silence,
Une conque marine souffre du même infini,
Nous sommes à la dérive jusqu’à l’écorchure des mondes.

 

D’autres eaux plus vivantes nous emporteront.
Nous baisserons les yeux
Et la rive laissera gémir ses ronces.
Nous y poserons le pied
Sachant que nous n’arrêterons plus de marcher.
Avec le temps, nous composerons un tissage,
Dont la trame guerroiera avec les éclairs dans le vent.

 

Ne restons pas à pleurer ce qui n’est plus.
Sur nos épaules, prenons ce restant de lumière.
Rafraîchissons-nous de cette eau de cendre
Que le désert exsude encore.
L’horizon s’oblitère. Il n’est plus qu’un vestige
Au fond de l’esprit.
De l’avoir trop contemplé nous rendit aveugles.

 

Nous avançons et nos rêves
Sont comme des faucons sur nos poings.
Ils savent mieux que nous où nous allons.
En nos terres de chasse ils nous précèdent.
Ils ont inventorié nos appeaux,
Ils ont l’œil que nous n’avons pas,
La force que nous n’osons libérer.
Nous pourrions les suivre
Mais, au-delà du seuil, est l’inconnaissable
Que nous n’osons nommer…

 

A l’heure où le ciel glane ses derniers épis,
Mettons le feu aux miroirs,
Afin que la gloire y soit présente.
Et pour que l’illusion soit complète,
Parlons d’amour à nos doubles
Qui riront de nos déguisements.
Venu du haut pays,
Un adolescent lira les tables du désir
Et la peine s’assoupira avec l’effraie.

 

Les pluies ne nous apaiseront pas.
Nous nous laisserons mener par elles
Vers des pays de lacs et de brumes.
On y vendange un vin noir que nous boirons,
On y moissonne des chagrins d’hiver
Et nous vieillirons parmi les arbres aux anxieuses ramures.

 

Quand nous aurons cessé d’aimer,
Une félicité curieuse nous gagnera.
Nous aurons lavé jusqu’au revers de nos mémoires,
Et l’enfant, sans bruit, au jardin,
Ira ensevelir nos ombres.

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE  ( Extraits de « Profil de la Nuit » )

 

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Published by Armelle BARGUILLET - dans ARTICLES ME CONCERNANT
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commentaires

Thérèse 03/10/2015 18:46

Je crois qu'aujourd'hui je n'aime plus que la poésie. Elle m'apporte une vibration bienfaisante. La poésie et la musique. La télévision, je ne supporte plus guère.

Loic 25/08/2015 20:59

Vous savez combien j'aime votre poesie, son ampleur, sa musicalite, cette facon de tout embraser, c'est envoutant.

armelle 24/08/2015 09:53

Comme vous avez raison, Alain. Aller vers l'essentiel, se délester, se dé-encombrer.

Alain 23/08/2015 21:38

Je me laisse envahir par ces vers. Ils font du bien. Vos rêves m'emportent.
"Aucune route qui n’aille plus loin que nous !" à nous d'en faire un beau chemin au milieu de cette nature qui nous donne tout. C'est étrange. En avançant dans l'âge j'ai l'impression de me libérer de tout et de n'avoir plus qu'un seul but, aller vers l'essentiel. Très douce soirée pour tout vous chère Armelle.

Sandrine L. 23/08/2015 11:15

Magnifique texte qui sent la terre et l'eau, où flottent aux vents, haut, très haut, des rubans de chamanisme à la fois fascinants et inquiétants. Il y a dans votre poésie quelque chose de complet, quelque chose qui englobe tous les sens et toutes les dimensions. Je ne saurais les définir. La palpitation est puissante. Merci.

armelle 24/08/2015 09:54

Oui, il me semble que j'ai toujours tenté d'englober la création dans mes poèmes, toute la création, ce qui correspond à nos racines mais également à notre devenir. Nous sommes composés de l'ensemble du monde créé, de la terre, de l'eau, du feu, des plantes, nous sommes nous-mêmes des résumés de la création dans son immensité et sa multiplicité.

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Un blog qui privilégie l'évasion par les mots, d'abord, par l'imaginaire...toujours.

LES MOTS, nous les aimons pour eux-mêmes, leur sonorité, leur beauté, leur velouté, leur fraîcheur, leur hardiesse, leur insolence, leur curiosité, leur dureté, leur volupté, leur rigueur.
Différemment des notes et des couleurs qui touchent d'abord notre sensibilité, ils ont vocation à transmettre, informer, émouvoir, expliquer, séduire, irriter, formuler les idées, forger les concepts, instaurer le dialogue.
Ainsi nous conduisent-ils vers l'autre, l'absent, l'étranger, l'inconnu, l'exilé.

Parce qu'ils disent qui il est, comment est le monde, pourquoi est la vie, qu'ils gomment les distances, comblent les vides, dévoilent les énigmes, suggèrent le mystère, ils sont nos courroies de transmission, nos outils journaliers.

 

La vie doit être vécue en regardant vers l'avenir, mais elle ne peut être comprise qu'en se tournant vers le passé.

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