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10 août 2015 1 10 /08 /août /2015 07:35
Leon et Louise de Alex Capus

Une jolie histoire d’amour contrariée par la grande histoire, celle qui disperse les peuples, sépare les amoureux et, hélas, anéantit de nombreux individus, la saga d’une famille, les tribulations d’un amour singulier, mais surtout un témoignage de la vie des familles françaises moyennes sous l’Occupation.

 

 

 

                                        Léon et Louise

                                 Alex Capus (1961 - ….)

 

 

 

« - Quelqu’un la connait ?

  • C’est… ?
  • … peut-être…
  • Tu penses ?
  •  

 

…  J’avais compris au premier coup d‘œil que cette femme n’était pas de la famille…Est-ce que c’était vraiment cette Melle Janvier ? Elle avait donc osé ? » La famille Le Gall au grand complet assiste,  en la cathédrale Notre-Dame de Paris, aux obsèques de l’aïeul quand une petite bonne femme digne, élégante, se dirige très droite vers la dépouille qu’elle embrasse avec beaucoup de tendresse. 

 

 

L’auteur, l'un des petits-fils de Léon Le Gall inhumé en ce jour, décide alors de raconter l’amour qui a réuni, par-delà les crises, les guerres et autres misères, ce grand-père énigmatique et cette petite bonne femme très sûre d’elle. Léon, 17 ans en 1918 à Cherbourg, est fâché avec son père, les études et les efforts en général, il décide donc de quitter les études et de s’inscrire dans le service du travail volontaire et trouve ainsi un emploi de télégraphiste à la gare de Saint-Luc-sur-Oise où il rencontre une jeune et charmante fille dont il ne saura jamais rien car non seulement elle ne veut pas parler d’elle mais leur histoire est brutalement interrompue par un bombardement sur la route du Tréport, après leur première sortie en amoureux.

 

 

Dix ans plus tard, place Saint Michel à Paris, les deux jeunes gens se rencontrent pour une soirée en amoureux qui n’aura aucune suite, Louise ne voulant pas être la cause de la rupture d’un ménage qui a déjà des enfants. « Et qu’en penses-tu : crois-tu que cela aurait marché entre nous si nous avions eu plus de temps ensemble ? Ma tête répond non, mon cœur dit oui ». Léon accepte l’épreuve par devoir plus que par amour de sa femme et de ses enfants.  Douze ans plus tard, Louise part avec l’or de la Banque de France dans une lointaine colonie d’où elle enverra quelques lettres à Léon qui s’enferme de plus en plus dans le silence tout en assurant le gîte, le couvert et une certaine sécurité à sa famille. La guerre finie, Louise vient, comme elle l’a promis, le sortir de son apathie et de sa mélancolie.

 

 

Cette étonnante histoire d’amour sans amoureux, les deux tourtereaux ne s’oublient jamais mais ne se voient pas davantage, est très émouvante, elle touchera surtout ceux qui ont connu un bel amour de jeunesse, un amour qui n’a pas eu le temps de se consumer et n’a pas été complètement consommé, un amour resté en suspension prêt à se rallumer à la première étincelle.

 

 

A travers cette aventure filiforme, l’auteur nous conte l’histoire d’une famille française entre les deux guerres mais surtout pendant la guerre, une famille pas assez courageuse pour se révolter contre un envahisseur qu’elle supporte mal, mais tout de même assez forte pour ne pas sombrer dans une collaboration docile et veule. L’histoire de la famille de l’auteur, celle d'une famille de français moyens, passive, sans zèle, ni dans un sens ni dans l’autre, comme la plupart des familles françaises. Un clin d’œil de l’auteur pour nous rappeler que les héros de la résistance étaient bien peu nombreux avant que l’épilogue de la guerre soit perceptible et que de nombreux français ont surtout lutté pour survivre sans se laisser glisser sur la pente facile mais traîtresse de la collaboration.
 

Denis BILLAMBOZ

 

 

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Published by Armelle BARGUILLET - dans LES COUPS de COEUR de DENIS
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Pâques 15/08/2015 20:20

Bien, je vais l'emporter sur mon lieu de vacances !!!

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