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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 08:32
Ces amis qui enchantent la vie de Jean-Marie Rouart

Voilà un livre enchanteur, peut-être parce qu’il a été écrit par un homme enchanté, enchanté par le plaisir que lui a procuré les livres, la lecture et la bonne fée « littérature » qui l’a bercé depuis son enfance. Nous savons qu’il est bien rare qu’un écrivain ne soit pas d’abord un lecteur et Jean-Marie Rouart n’échappe pas à la règle, lui qui a à son actif une trentaine d’ouvrages et veille depuis quelques années à la bonne santé de notre langue française en siégeant sous la Coupole.

 

 

« Ce que j’aime dans la littérature, c’est l’extraordinaire diversité des écrivains qui la compose. Il y a des aristos snobs comme Saint Simon ou Gobineau, des prélats érotomanes come le cardinal de Retz, des riches, des pauvres, des mélancoliques comme Nerval et des gais lurons comme Joseph Delteil, des beaux, des laids, des saints comme Pascal ou des crapules comme Maurice Sachs ; certains sont passés par la prêtrise et le monastère, d’autres par la prison. Quant à leurs mœurs, on a  toutes les variations des tempéraments, des sagesses et des perversités. C’est l’exacte reproduction de la vie, mais en mieux ».

 

 

Marcel Proust ne disait pas autre chose, la littérature est une médecine extraordinaire à laquelle on recourt pour consoler ses peines de cœur, apprendre à vivre, à aimer, à regarder, à réfléchir et à laquelle Jean-Marie Rouart a même demandé comme fait-on pour être heureux ?  En quelque sorte, la littérature est souveraine pour subvenir à la plupart de nos maux. Avec ce livre, Rouart rend à César ce qui appartient à César et l’exprime avec une jubilation qui gagne son lecteur irrémédiablement. Aussi ce gros ouvrage de 900 pages vous distille-t-il ses bienfaits au rythme que vous avez choisi, puisque vous pouvez le consulter à loisir en prenant les chapitres dans l’ordre ou le désordre selon le portrait de l’écrivain que vous souhaitez découvrir et qui est toujours brossé d’une plume alerte, enjouée, admirative et malicieuse. Voyons par exemple ce qu’il dit de son ami Jean d’Ormesson qui vient d’entrer dans la Pléiade, siège à ses côtés à l’Académie française et qu’il classe dans la famille des « Beaux et Grands Esprits » :

 

 

« Jean d’Ormesson adore être de son temps. Il y a chez lui une jubilation d’exister ici et maintenant, à connaître l’époque de Sartre, de la psychanalyse, de la pilule, de de Gaulle, de Mitterand, du socialisme, de la théorie de la relativité, des bébés-éprouvette, de la conquête de la lune et de la télévision. C’est curieusement très peu un homme de nostalgie. S’il s’était confondu avec le monde aristocratique dont il est issu, il n’aurait probablement jamais écrit. Il s’est construit contre ce monde qui regarde en arrière, et s’est découvert une autre aristocratie où il a choisi de réussir par lui-même, celui de l’esprit, où les noms qui comptent ne sont plus les Noailles, les Rohan, mais ceux d’Einstein, de Claudel, de Roger Caillois, de Marx, de Freud. Ce qui l’intéresse, c’est l’excitation des idées de notre temps et de vibrer à l’unisson des palpitations intellectuelles de son siècle ».

 

 

A la suite des 121 portraits, dont le relief ne manque jamais d’attrait, vous avez à votre disposition un texte choisi qui vous met ou  remet à l’oreille la petite musique de chacun de ces auteurs, vous incitant à les lire ou relire selon votre goût personnel, votre humeur du moment, vos disponibilités ou tout simplement votre curiosité, que ce soit « Les modernes engagés »,  "Les soleils païens", « Les nostalgiques de l’ailleurs », « Les amants malheureux de l’Histoire » ou encore « Les fracasseurs de vitres » dont les noms s’échelonnent de Rabelais à Stefan Zweig, de Machiavel à Camus, de Casanova à Karen Blixen, de Lewis Carrol à Fitzgerald, de Marcel Proust à Roger Nimier, de Montaigne à Houellebecq ; ils sont presque tous là avec leurs tics, leurs engouements, leurs vices et leurs vertus, leurs clartés solaires ou leurs ombres tragiques.

 

 

Comment s’est opéré ce choix ? Jean-Marie Rouart s’en explique dans sa longue préface : «  Je ne voulais pas céder à la manie de la classification par l’excellence, qui ne correspond ni aux subtiles hiérarchies de l’art ni à celles de la vie. L’amour, les sentiments, les coups de foudre introduisent heureusement un peu de désordre. Pourquoi se laisser imposer des valeurs consacrées dans un domaine où tout est affaire de goût personnel ? Je n’ai obéi qu’à mon penchant et à ma fantaisie. J’ai voulu éviter l’écueil de tout choix : être conventionnel, oublier ce que l’on est, ses goûts, ses penchants secrets, pour se fondre dans la masse et ressembler à tout le monde ».

 

 

C’est ainsi que, guidé par son enthousiasme et son admiration, Rouart nous fait partager les passions littéraires qui ont ébloui et enrichi son existence, nous communiquant ces vérités grisantes que chacun de ces écrivains cherche pour devenir meilleur, loin des  préjugés, des conformismes et des oukases injustes de la société.

 

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

 

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Published by Armelle BARGUILLET - dans LITTERATURE
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commentaires

JANETTE 26/11/2015 14:00

BRAVO POUR LE TEXTE SUR ROUART;

Loic 08/10/2015 21:31

Que serions-nous sans les livres ? Ce livre a le merite, alors que son auteur est lui-meme ecrivain, de faire l'apologie des autres et meme de ses contemporains. C'est assez rare pour etre souligne.

Pâques 07/10/2015 23:22

Les livres un bonheur quotidien, que serait ma vie sans les livres et la musique ...

armelle 07/10/2015 19:20

Bien de votre avis, Sandrine. La lecture reste mon évasion privilégiée.

Sandrine L. 07/10/2015 14:06

Montherlant disait que ses plus grands voyages avaient été faits entre les quatre murs de sa chambre. Tous ces millions d'univers parallèles que l'on peut parcourir en lisant sont un véritable trésor, la diversité de leurs auteurs autant d'autres mondes en devenir... La créativité n'a pas de limites, c'est une manne inépuisable. Et tant mieux pour nous qui en bénéficions!

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Ainsi nous conduisent-ils vers l'autre, l'absent, l'étranger, l'inconnu, l'exilé.

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