Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 08:28
"La fraternité des atomes" de Gauthier Hiernaux

Pour démontrer la stupidité des querelles ethniques qui pourrissent la vie des Belges, Gauthier Hiernaux a choisi de les dénoncer dans un polar aussi burlesque que l’animosité qui oppose les extrémistes des deux principales communautés belges.

 

 

 

                                                 La fraternité des atomes

                                    Gauthier Hiernaux ( 1975 - ….)

 

 

Avec ce polar, Gauthier Hiernaux nous entraîne dans un temps prochain, ou déjà presque présent, où la Belgique serait partagée en deux, où l’Union européenne aurait explosé, des transformations géopolitiques obligeant la Fédération Libre de Wallonie (FeLiWa) et la Noordelijk Verbond à prendre des mesures radicales pour gérer les flux migratoires entre leurs deux territoires. Lester, un ancien militaire de l’armée britannique, a été ainsi embauché par l’Immigration Service (l’IS) pour débusquer ceux qui transitent ou séjournent illégalement en Noordelijk Verbond.

 

 

A Bruxelles, rongé par le remord et la culpabilité, il se sent responsable du décès de sa femme dans un attentat après qu’elle a pu constater qu’il la trompait, il sombre dans un éthylisme chronique, ne pense qu’à venger les deux victimes en liquidant les auteurs de l’attentat fatal. Anesthésié par l’alcool, complètement délesté de son pouvoir émotif par les atrocités de sa vie, il remplit les missions les plus délicates, celles qui sont les plus appréciées par le parti extrémiste flamand au pouvoir. Un soir, à la sortie d’un restaurant, il croise celui qu’il pense être l’auteur de l’attentat qui a coûté la vie à sa femme et à sa fille, le descend froidement, comme on abat un chien, au grand dam de sa hiérarchie. Cet assassinat brutal provoque des réactions en chaîne qui impliquent le grand banditisme, les trafiquants de stupéfiants, d’armes et autres denrées encore, des politiciens véreux, des idéologues de comptoir, des idéalistes violents, des mouvements subversifs qui ont perdu leur objectif initial depuis longtemps, tout ce qui grenouille pour un quelconque motif mais surtout pour enrichir leurs chefs. L’auteur nous entraîne dans une histoire rocambolesque où il devient difficile de savoir qui manipule qui, qui infiltre qui, qui trahit qui, qui est qui, une histoire haletante où le rythme ne faiblit jamais.

 

 

J’ai lu ce roman comme une sorte de réquisitoire contre la partition de la Belgique actuelle, l’auteur semble vouloir mettre en garde les extrémistes de tout bord en dessinant deux états gangrénés par des politiciens véreux, des partis fascisants, des trafiquants âpres et violents, des mafias de toutes origines et des mouvements occultes rarement bienveillants. Cela, en soulignant avec malice les travers de la Belgique bicéphales, Gauthier Hiernaux semble vouloir dire à ses lecteurs que les différences actuelles sont plutôt source de richesse que motif à partition. On ressent dans ce texte de l’empathie pour son pays et pour ceux qui y habitent depuis des lustres ou depuis moins longtemps. Au passage, il n’hésite pas à donner quelques coups de griffes aux actions puériles et futiles des administrations toutes aussi peu compétentes pour faire face à la gravité des problèmes qui se posent à l’Europe qu’il dessine. Et, malgré cette satire acerbe, on sent qu’il aime ce pays artificiel, composite, pluriethnique, riche de ses racines multiples et qu’il souhaite que les communautés, qui le composent, vivent en bonne intelligence sans oublier leurs différences culturelles, gage de la richesse du pays.

« Il savait que Wallons et Flamands partageaient une histoire douloureuse ponctuée de scandales qui avaient fragilisé ses basses. » La fiction, que l’auteur propose, tangente la réalité : « La politique ultra socialiste du sud de cet ancien pays uni en avait fait un patchwork de nationalités qui vivait dans une harmonie peut-être pas totalement parfaite, mais assez conviviale. Tout le contraire de la Noordelijk Verbond où le protectionnisme ultranationaliste avait provoqué un total repli sur elle-même ». Et, fataliste, il constate désabusé : « il n’y avait personne à blâmer et tout le monde à condamner ».

 

Denis BILLAMBOZ

 

Pour consulter la liste de mes précédents articles, cliquer  ICI

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET - dans LES COUPS de COEUR de DENIS
commenter cet article

commentaires

Pascal 28/10/2015 13:15

Salut Denis, voilà encore un ouvrage qui me parait intéressant. je note. Je t'espère en pleine forme, peut-être avec maison pleine en ce temps de vacances scolaires.

billamboz denis 28/10/2015 20:08

J'ai fait une faute "s'est" pas "c'est"

billamboz denis 28/10/2015 20:08

Ca va mais débordé par l'application des réformes territoriales. j'étais la semaine dernière à Paris, j'ai même participé à une réunion à Nanterre Préfecture au Crédit Coopératif. J'ai rencontré Gauthier à Bruxelles, c'est un gars sympa et son polar est intéressant.Tu as vu juste la maison c'est vidée cet après-midi.

Présentation

  • : Le blog interligne d' Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Le blog interligne d' Armelle BARGUILLET  HAUTELOIRE
  • : Grâce au pouvoir des mots, une invitation à voyager sur les lignes et interlignes.
  • Contact

TEXTE LIBRE

 4016234704 (Small)

Un blog qui privilégie l'évasion par les mots, d'abord, par l'imaginaire...toujours.

LES MOTS, nous les aimons pour eux-mêmes, leur sonorité, leur beauté, leur velouté, leur fraîcheur, leur hardiesse, leur insolence, leur curiosité, leur dureté, leur volupté, leur rigueur.
Différemment des notes et des couleurs qui touchent d'abord notre sensibilité, ils ont vocation à transmettre, informer, émouvoir, expliquer, séduire, irriter, formuler les idées, forger les concepts, instaurer le dialogue.
Ainsi nous conduisent-ils vers l'autre, l'absent, l'étranger, l'inconnu, l'exilé.

Parce qu'ils disent qui il est, comment est le monde, pourquoi est la vie, qu'ils gomment les distances, comblent les vides, dévoilent les énigmes, suggèrent le mystère, ils sont nos courroies de transmission, nos outils journaliers.

 

La vie doit être vécue en regardant vers l'avenir, mais elle ne peut être comprise qu'en se tournant vers le passé.

 Soëren Kierkegaard

 

Je réponds ordinairement à ceux qui me demandent raison de mes voyages : que je sais bien ce que je fuis, et non pas ce que je cherche.

   Montaigne

 

Veux-tu vivre heureux ? Voyage avec deux sacs, l'un pour donner, l'autre pours recevoir.
   Goethe

 

 MES DERNIERS OUVRAGES PUBLIES ( cliquer sur l'icône pour accéder à leur présentation )


1184097919 profil de la nuit  2851620614

les signes pourpres  3190-NEL i 978-3-8417-7335-7-full

 

SI VOUS PREFEREZ LES IMAGES et le 7e Art, RENDEZ-VOUS SUR MON BLOG : 

 

Bannière pour Armelle 1 

 

ET SI VOUS AIMEZ LES ANIMAUX, RENDEZ-VOUS SUR " MEMOIRE D'EAU" :

 

P1080160.JPG

Recherche