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6 novembre 2015 5 06 /11 /novembre /2015 10:46
Charles Mozin, le peintre de Trouville

1806 - 1862

 

Entre Trouville-sur-Mer et Charles-Louis Mozin, ce fut une véritable histoire d’amour, un coup de cœur qui a su se prolonger. Bien que né à Paris dans une famille de musiciens, le jeune homme découvrira très tôt sa vocation de peintre au contact de la Normandie. C’est au sein de l’atelier de Xavier Leprince qu’il se formera à son art. Ce dernier, peintre paysagiste, a notamment séjourné à Honfleur en compagnie d’Eugène Isabey. Il a également réalisé « Embarquement des bestiaux » à Honfleur », tableau auquel le jeune élève a participé comme petite main. La première cliente de Charles Mozin n’est pas une inconnue puisqu’il s’agit de la duchesse de Berry, la mère du comte de Chambord. Elle assure à Mozin la célébrité dans la capitale française. Louis-Philippe reconnaît également ses talents de peintre de marines en lui commandant une série de batailles navales destinées au château de Versailles.

 

 

Mais Mozin va bientôt partir sous d’autres cieux. C'est par une journée de l'été 1825 qu'il arrive de Honfleur, à marée basse, par le chemin de grève et que, charmé par le paysage qu'il découvre, il installe son chevalet et son parasol sur les bords de la Touques. Il résidera d'abord à l'auberge du Bras d'or. Bien que celle-ci ne soit pas particulièrement confortable, le lieu l'enchante et il ne se lasse pas de dessiner Trouville sous toutes ses facettes : ses collines verdoyantes, ses pêcheuses sur la plage, ses barques, son estuaire au flux et au jusant et, par-dessus tout, les ciels qui varient de couleur et d'intensité à chaque heure du jour. Mozin vient de lancer Trouville sans le savoir. Il a alors 19 ans et, dès 1829,  se fait construire une maison place de la Cahotte. Il participera donc activement au développement de la ville en en faisant la promotion dans ses œuvres exposées dans les Salons parisiens et en entrant au conseil municipal en 1843.

 

 

Au cours du XIXe siècle, les touristes anglais viennent sur les plages normandes pour pratiquer une toute nouvelle activité, les bains de mer, attirant à leur suite l’aristocratie et la bourgeoisie de la monarchie de Juillet, puis de l’Empire. A Trouville, on sait accueillir, notamment depuis la création du casino en 1838, le premier de la région, sans oublier les salles de spectacle et les grands hôtels. « C’est en 1825 que je découvris cette terre promise ; son aspect a bien changé aujourd’hui, et si le touriste y trouve maintenant un certain confort auquel j’ai contribué bien malgré moi, il a perdu la partie pittoresque » - confiera-t-il avec un indiscutable regret. Ses toiles se plairont d’ailleurs à évoquer, en un émouvant réalisme, la beauté sauvage de la côte normande et sa campagne. Les falaises des Roches noires sont l’un des endroits emblématiques de la région entre Trouville et Villerville où Mozin posait volontiers son chevalet et qui étaient prisées des notables. Ils édifièrent, le long de cette plage, d'élégantes demeures et Mozin, lui-même, fera bâtir la tour Malakoff, toujours présente à Trouville de nos jours.

 

 

Passionné de bateau, il lui arrivait de monter à bord des embarcations de pêche afin de mieux dessiner les navires de commerce évoluant au large, toutes voiles dehors. Du rivage, il ne serait pas parvenu à réaliser des portraits au crayon ou à la plume avec autant de réalisme et de poésie. Artiste et marin, il s'appliquait à représenter les bateaux de toute nature sans omettre le moindre détail technique, aussi pouvons-nous accorder une entière confiance à l’exactitude pointilleuse de son travail. D’autre part, à côté des bateaux eux-mêmes, il n’oublie nullement les marins et leurs familles. Le monde des pêcheurs l’inspire et aux paysages côtiers, aux marines, s’ajoutent les humbles intérieurs des familles normandes et les spectacles de la vie quotidienne. Il faut rappeler que, dès 1846, il y avait un service de navigation entre Trouville et Le Havre qui assurait le passage de juillet à septembre deux fois par semaine. Il devint ensuite quotidien. Les bateaux qui assuraient la liaison étaient propulsés par des roues à aubes, ensuite des hélices. En 1883, une société anglaise obtiendra l’autorisation de construire une jetée promenade au pied des Roches noires. Cet ouvrage permettait aux bateaux, venant du Havre, d’aborder à Trouville quelle que soit la marée. Sur cette jetée-promenade, on construira un café-restaurant, des buvettes et des boutiques de souvenirs. Elle sera détruite en 1942 par les Allemands qui redoutaient un éventuel débarquement des alliés et jamais reconstruite.  Quant à Charles Mozin, il s’éteindra à Trouville à l’âge de 56 ans, dans cet environnement qu’il avait tant aimé et si bien su décrire, le 7 novembre 1862 et repose au cimetière de Montmartre à Paris. Il laisse une oeuvre abondante et de grande qualité qui mériterait d’être mieux connue.

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

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Trouville et les bords de la Touques
Trouville et les bords de la Touques

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La sortie du port

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Charles Mozin, le peintre de Trouville
Charles Mozin, le peintre de Trouville

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Published by Armelle BARGUILLET - dans CULTURE
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