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20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 08:16
La société des abeilles - fable

Une abeille, d’avoir trop volé,
Loin de sa ruche, loin de son aire,
Perçut les bruits les plus divers,
Entre autres celui-ci
Qui lui tourneboula l’esprit.
Pensez qu’il lui revint aux oreilles
Que dans la société des humains,
On travaillait de moins en moins.
Ainsi, sur la planète Terre,
Quelques-uns s’arrogeaient le droit
De vivre sans rien faire ?
L’abeille en fut désappointée,
D’autant que dans sa société,
Les loisirs, en quelque sorte,
Etaient restés lettre morte.
Pas d’autre adage, Mesdames,
Que d’œuvrer davantage.
Quel fichu pays, se dit-elle,
Qui laisse coexister des régimes si contraires !
C’est l’humeur altérée,
Qu’elle alla, de son vol altier,
Prévenir sa voisine.
Pourquoi ce tapage, s’enquit celle-ci,
Et à quelle fin cette colère ?
A mon avis, cette affaire
Ne mérite pas de commentaire.
Croyez-en mon expérience,
Autant d’inconséquence ne mène qu’à l’échec.
Soyez rassérénée, ma chère,
Renchérit la demoiselle,
Les hommes n’ont-ils pas fait de l’abeille
Un emblème sans pareil ?

Fi de ces propos flatteurs !  - s’esclaffa sa consoeur,
Je ne saurais tolérer que mon travail, ici- bas,
Ne serve à engraisser qu’une bande d’ingrats.
Comme vous y allez !  - s’étonna la plus âgée.
Soyez plus accommodante,
D’être montrée en exemple
Devrait vous rendre tolérante.
Vous n’y songez pas ! - s’emportait la rebelle,
Qui s’enflammait de plus belle,
Comment accepter que des fainéants
Fassent leur miel tranquillement
A nos dépens ?
Si nous nous fâchions vraiment ?
Plus de miel, mes bons enfants !
La ruche, qui applique vos recettes,
S’accorde quelques jours de fête.
Ainsi pourrions-nous batifoler,
En butinant à leur santé
Fleurs d’aubépines et d’églantiers.

Pour clore cette altercation
Et dans le seul souci, en somme,
De ne déplaire à personne,
La prudente voisine proposa cette maxime :
Vous n’avez certes pas tort
Et pas raison davantage.
Car, en prenant le temps
De réfléchir posément,
Qui nous dit que les hommes
Tireront le meilleur avantage
D’une pareille leçon ?
Ce, d’autant que la rumeur propage,
Qu’ils font rarement bon usage
Des enseignements les plus sages.

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE  ( Extraits  de « La ronde des fabliaux » )

 

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La société des abeilles - fable

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Published by Armelle BARGUILLET - dans ARTICLES ME CONCERNANT
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Alain 26/01/2016 16:33

Commentaires suite à ma lecture ... Margot : "elle fait parler les poissons et les abeilles ton amie". Edmée : "elle doit avoir un SUPER ordinateur qui fait tout. Mais dis-lui que c'est très bien". Je reconnais qu'elles ont été très attentives et m'ont demandé de relire certains passages. Erwan, quant à lui, préfère sortir avec son chien soit en montagnes ou sur les plages. Je reconnais que le temps privilégié dont nous jouissons ici nous invite généreusement aux balades extérieures. Un très agréable moment avec ces deux gamines grâce à votre poésie. Merci Armelle. Bonne fin de journée.

armelle 22/01/2016 10:09

Merci Alain, vous savez combien vos visites me font plaisir. Bonne journée.

Alain 21/01/2016 21:14

Merci Armelle. Voilà un joli et instructif poème que je vais lire à Margot et Edmée. Je pars gagnant. Dès qu'il est question, entre autres, d'animaux, ces demoiselles sont satisfaites.Très belle soirée. À bientôt.

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