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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 08:54
La porte rouge de Valentine Goby

Vous le savez, je l’ai déjà dit dans cette rubrique, plusieurs fois peut-être, j’aime l’écriture de Valentine Goby et surtout sa façon d’aborder son sujet. Elle choisit toujours l’angle qui peut valoriser le sujet le plus banal. Dans ce texte écrit pour des adolescents, elle met beaucoup de tendresse et de poésie à décrire un monde austère, brutal, violent, déshumanisé…. Elle veut redonner le goût de la vie aux enfants perdus de la zone, parents lisez ce petit livre, il est aussi pour vous.

 

 

                                                     La porte rouge

                                      Valentine Goby (1974 - ….)

 

 

C’est beau, c’est bourré de tendresse et elle fleure bon la poésie cette petite histoire rédigée par Valentine Goby à l’intention d’une classe de seconde d’un lycée de la banlieue parisienne, d’après une série de photos d’Hortense Vinet. Elle a su, à partir de ces documents, saisis à travers des lucarnes, des trous de serrure, raconter un monde déshumanisé, minéral, dur, décrépit, inventer une fiction étonnante, émouvante,  un peu trop moralisatrice sans doute, mais pleine d’espoir. De l’espoir dont manque tellement les adolescents qui peuplent ces cités sans âme.

 

Dans sa cité à elle, Dora, jeune lycéenne, se cloître dans l’appartement où elle vit avec sa mère. Dehors, elle a vu le diable mais elle ne veut le dire à personne. Par sa fenêtre, elle regarde la rue peuplée des seuls couchers de soleil. De l’autre côté du mur, Charlie, un jeune garçon court, court, court, pour fuir en permanence l’appartement où il vit, l’appartement qui sent mauvais, qui sent son père ivrogne et violent. Un soir Dora ose sortir pour une raison insignifiante, ramasser une ordure jetée par une main indélicate et, chaque soir, le rituel se répète avec une telle régularité qu’elle finit par attendre cette canette qui est le seul lien qui la relie à la société. Derrière cette canette mal élevée, il y a une main, quelqu’un, elle voudrait savoir qui, mais elle n’ose pas et pourtant cet objet insignifiant, sale, va la conduire vers l’autre, l’autre qui va lui tendre la main.

 

Quitte à me répéter, j’aime l’écriture de Valentine, je l’ai déjà avoué plusieurs fois, j’aime aussi cette histoire, même si elle est très morale, car elle est destinée à des adolescents en totale perte de confiance. Elle leur dit qu’ils doivent lutter pour vivre selon leur envie, se vêtir selon leur goût, une mini-jupe ne fait pas une pute, et choisir leur métier selon leur vocation. Elle dénonce avec tendresse et amour les préjugés, les a priori qui accablent cette jeunesse grandissant dans un monde sans humanité où seule la violence est vivace. Avec ces mots, ses mots, elle les aide à croire que les fleurs poussent aussi sur les tas de gravats et qu’un « Petit Prince » peut aussi courir autour des barres de la zone.

Un livre pour les adolescents que leurs parents feraient bien de lire, ils y prendraient certainement plaisir et ils comprendraient peut-être mieux leurs enfants.
 

Denis BILLAMBOZ
 

 

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Published by Armelle BARGUILLET - dans LES COUPS de COEUR de DENIS
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