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28 mars 2016 1 28 /03 /mars /2016 07:52
Fuir de Jean-Philippe Toussaint

J’ai lu dans le désordre trois livres de la célèbre tétralogie de Marie, je m’en excuse auprès des lecteurs, celui-ci, « Fuir », est le deuxième opus de cette série, il succède à « Faire l’amour » que j’ai lu il y a déjà un bon bout de temps. Il marque une étape après la séparation des deux amoureux qui, déjà, laisser entrevoir une intention de rapprochement.

 



Fuir

  Jean Philippe Toussaint (1957 - ….)

 

 

Avant de commencer la lecture de « Fuir », j’avais la chance d’avoir déjà lu deux des quatre opus qui constituent le cycle « Marie Madeleine Marguerite Montalte » dont le premier, « Faire l’amour », introduit fort utilement celui que j’avais décidé de lire. Je pense qu’il est nécessaire de connaître un peu ce cycle littéraire pour comprendre le présent texte, sinon comment interpréter ce long voyage en Chine sans aucun objet, du moins sans objet expliqué dans le texte, effectué par le narrateur à la demande de la femme qui l’a récemment quitté. Le narrateur en question, toujours aussi invisible, insaisissable, indéfini, comme dans le précédent ouvrage, arrive en Chine (les romans de ce cycle quadrangulaire se déroulent tous, sauf peut-être celui que je n’ai pas encore lu, dans un triangle dont les pointes sont Paris, l’Extrême Orient, le Japon ou la Chine, et l’île d’Elbe), chargé d’une mission dont on ne sait pratiquement rien. Cette mission mystérieuse s’accomplit avec deux protagonistes locaux qui semblent tout droit sortis d’un film de kung fu : un homme, genre garde du corps plutôt belliqueux, et une pin-up enjôleuse mais ambigüe. L’action est elle aussi digne d’un film de ce genre : brutale, de plus en plus rapide, effrénée, jusqu’à une chute banale, confuse, mystérieuse, sans justification. Le narrateur est éjecté de l’action et se réfugie auprès de Marie.

 

Marie, il en a été l’amant, elle est son aimant, ils sont séparés, elle lui confie une mission qui parait d’une grande importance, elle l’appelle, lui d’abord, quand son père décède brutalement, il court vers elle quand elle est dans le deuil. Il fuit, elle fuit, mais à chaque tournant, le courant qui relie les deux ex amants les reconduit l’un vers l’autre sans pouvoir réellement les réunir. Dans « Fuir », l’auteur introduit la mort, la mort qui rapproche les deux protagonistes sans les unir pour autant, on comprend alors que c’est la mort qu’ils cherchent à fuir tous les deux, pensant qu’ils la fuiront plus facilement ensemble, bien qu'ils ne soient liés par aucun lien particulier.

 

Ce roman m’a paru plus obscur que les deux précédents du cycle, les explications fournies par l’auteur, à la fin de l’ouvrage, dans une interview accordée à son éditeur chinois, m’ont éclairé mais pas suffisamment pour que le livre soit devenu lumineux. L’écriture de Jean-Philippe Toussaint m’est certainement plus précieuse à la lecture du texte que les explications qu’il tente de donner, une bonne partie du récit doit être en lui, il le dit, comme il dit qu’il a vécu les événements constituant le roman. J’aime son écriture même si certaines phrases semblent bien longues, mais le texte est bien scandé, bien rythmé, il suffit de se laisser glisser au fil des pages, les ruptures et les respirations arrivent toujours à point nommé pour que le lecteur ne s’essouffle pas. Je reste aussi très admiratif de cette façon de construire un roman dont le centre est excentré, le narrateur parle à la première personne mais il n’est pas le centre du roman, celui-ci n’est autre que Marie, même si elle est parfois très loin de l’action, on sent constamment sa présence comme lorsqu'elle appelle le narrateur au moment où il va faire l’amour avec la belle Chinoise.

 

Denis BILLAMBOZ

 

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Published by Armelle BARGUILLET - dans LES COUPS de COEUR de DENIS
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