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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 10:03
Laura Rabia conduisant le Choeur de Trouville - Rosette photos

Laura Rabia conduisant le Choeur de Trouville - Rosette photos

Il y a des moments extraordinaires dans la vie où « on goûte au pain des anges ». A peine refermé le livre de l’académicien François Cheng au titre prémonitoire « De l’âme », j’ai eu la chance et l’honneur  d’assister au concert de musique sacrée donné le 17 décembre en l’église  Notre-Dame des Victoires de Trouville, là où la petite Thérèse Martin, devenue Sainte Thérèse de l’enfant Jésus, aimait à se recueillir, par la merveilleuse soprano Laura Rabia et son Chœur lyrique. Un moment d’exception  qui vous emporte au-delà des contingences de l’existence terrestre et vous ouvre des  horizons insoupçonnés.  Oui, voilà que le beau et le pur viennent à notre devant, que nous décollons du banal et du superflu, que le ciel s’entrevoit et que l’émotion nous envahit. En cette avant-veille de Noël, le Chœur lyrique de Trouville nous offrait une célébration de la plus haute inspiration, celle que des compositeurs comme Vivadi, Pergolèse, Mendelssohn, Debussy, Mozart, Fauré, Rutter et Adolphe Adam ont élaborée pour grandir l’homme et lui permettre de concevoir l’inconcevable, l’ultime, l’absolu, en quelque sorte cette part d’invisible qui veille en secret au dedans en nous.

 

Au programme, le « Stabat Mater » d’Antoine Vivaldi chanté par Laura Rabia et la délicieuse contralto Magali Zabiholla, toutes deux donnant à cette œuvre dédiée à Marie, la mère du Christ, une tendresse douloureuse suivi par le « Stabat Mater » de Battista Pergolese,  œuvre musicale religieuse écrite en 1736, deux mois avant sa mort, par ce jeune musicien italien de 26 ans, en hommage aux souffrances de la Vierge au pied du Calvaire et que Laura Rabia et Magali Zabiholla ont su interpréter dans toute sa dimension de transcendance et de transparence, la douleur élevant l’être humain au degré le plus ultime de l’abandon et de la confiance. Deux voix à la tonalité cristalline qui étaient bien celles de anges et ne pouvaient manquer de toucher au plus vif une assistance nombreuse et recueillie. Fraîcheur intense préfigurant Mozart, musique ailée et qui sait aussi se faire fervente, tous ces dons et qualités font de Pergolèse un grand compositeur. Simple dans son expression, élevé dans son art, il laisse une forte empreinte musicale. Rarement une telle limpidité fut atteinte. La légende s'est emparée de son image et l’a enjolivée de l’aura particulière dont bénéficient ceux que la mort emporte trop tôt.

Laura Rabia et Magali Zabiholla - Rosette photosLaura Rabia et Magali Zabiholla - Rosette photos

Laura Rabia et Magali Zabiholla - Rosette photos

Vint un extrait de la messe basse de Fauré, un « Ave Maria » de César Frank et le « Lacrimosa » de Mozart que je considère comme l’un des plus grands chefs-d’œuvre de la musique universelle. Ce «Lacrimosa» est celui de Mozart mourant dans son jeune âge et éperdu de solitude et de douleur qui bouleverse le cœur des hommes. J’ai écrit à ce sujet un article que vous pouvez lire en cliquant  ICI )

 

Le chœur entonnait ensuite les « Motets » de Félix Mendelssohn, musicien juif converti au luthéranisme et considéré comme l’une des hautes figures de la musique spirituelle du XIXe siècle. Ces motets composés pour voix de femmes et orgue ont trouvé leur pleine réalisation avec le Chœur de Trouville et son accompagnatrice, l’excellente et talentueuse Marie-Pascale Talbot. Chantés en latin, ceux-ci sont empreints de grâce. Dans la lignée de ses prédécesseurs, Mendelssohn s’efface devant la parole divine et la met en musique avec humilité. Evincé par l’antisémitisme du XIXe siècle et l’interdiction par les nazis de jouer ses oeuvres, il est redécouvert aujourd’hui et considéré comme un compositeur majeur de l’ère romantique, grâce à Dieu ! Proche de Schubert et de Brahms, son lyrisme travaillé et coloré s’apparente à l’oraison.

 

Suivait un très joli « Noël des enfants qui n’ont plus de maisons » de Claude Debussy, une pièce musicale peu connue et d’un charme profond et d’autant plus d’actualité lorsque l'on pense à ce que vivent les enfants d’Alep. Coïncidence tragique, Claude Debussy composa cette pièce en décembre 1915 en plein cœur d’une guerre qui allait faire tant d’orphelins et d’enfants sans maisons. « Nous n’avons plus de maisons, les ennemis ont tout pris, jusqu’à notre petit lit » - chante le chœur plein d’une douceur et d’une spontanéité enfantines. Ce texte est une prière qui fait appel à Jésus pour qu’il remédie à leur désarroi et les venge de  la cruauté humaine.

 

Pour terminer, Laura Rabia et son Choeur lyrique nous ont offert un vibrant  « Minuit Chrétien » d’Adolphe Adam sur des paroles de Coppeau de Roquemaure, chant traditionnel qui fait partie intégrante de nos Noëls français, suivi de « A Clare Benecdition » de John Rutter, compositeur anglais, héritier de la tradition liturgique anglo-saxonne qui, sans rien perdre de son harmonie, unit  une inspiration classique à une rythmique plus moderne. Un tonnerre d'applaudissements concluait ce superbe concert qui appelait chacun à une réflexion plus profonde sur le sens de la vie, sur la communion des esprits, sur la quête d’un monde meilleur, sur le partage des valeurs essentielles. Merci à Laura Rabia d’élever si haut cette inspiration, merci à sa merveilleuse accompagnatrice Marie-Pascale Talbot, merci à cette Chorale qui nous rend si sensible les remarquables pouvoirs et les constantes ressources de la voix humaine. Oui, un grand merci de nous avoir mis en orbite avec la voix des anges.

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

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Published by Armelle BARGUILLET - dans CULTURE
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Laura Rabia 21/12/2016 13:07

Quelle plus belle plume que celle de Armelle Barguillet Hauteloire pour sublimer nos efforts à donner le beau Ensemble dans une harmonie à rechercher sans cesse ! Merci ma chère Armelle de votre article qui prolonge la grâce de ce concert avec tous mes amis choristes avec lesquels j'ai la chance de partager ma passion et cet art toujours perfectible en Musique ! Bien amicalement. Je vous souhaite un très doux Noël en famille !

armelle 21/12/2016 19:14

Merci infiniment Laura Rabia. Ton commentaire me touche vraiment. C'était un concert magnifique et ton talent fait des merveilles.

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