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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 10:55
Le mystère de la Joconde en partie dévoilé

 

Etudiant le tableau de la Joconde, Pascal Cotte, ingénieur français et fondateur de la société Lumiere Technology, a découvert un portrait caché derrière celui de Mona Lisa. Cinq siècles après sa conception, la Joconde de Léonard de Vinci, tableau le plus célèbre du monde, n’en finit pas de fasciner. Nombreux sont ceux à avoir tenté d’en déceler les secrets. Or, Pascal Cotte semble en passe d'élucider le mystère ou, du moins, une partie essentielle. Sa découverte a donné lieu à une émission passionnante sur Arte samedi 21 janvier, dirigée par Andrew Graham-Dixon, où le spécialiste explique avoir identifié le portrait d’une autre femme caché sous le sourire énigmatique de la Joconde. Une analyse multispectrale est à l’origine de cette découverte.  L’incroyable conclusion découle de six années de recherche. Durant tout ce temps, Pascal Cotte a étudié le tableau dans ses moindres détails en utilisant une technique connue sous le nom de Layer Amplificator Method (LAM), littéralement "méthode des couches augmentées". La technique consiste à projeter sur l’œuvre d’intenses faisceaux de lumière dans 13 différentes longueurs d'onde, afin de mesurer les quantités de lumière renvoyées. Les mesures, effectuées à l’aide d’un posemètre, ont révélé les couches pigmentaires utilisées par Léonard de Vinci. "Nous pouvons maintenant analyser exactement ce qui se passe à l'intérieur des couches de la peinture et nous pouvons les peler comme un oignon » - explique Pascal Cotte. « Nous pouvons reconstruire ainsi toute la chronologie de la création du tableau"- ajoute-t-il. En effet, les résultats indiquent la présence de quatre phases différentes ou images sous la surface de la Joconde. Parmi celles-ci, la troisième image est le portrait d’une femme qui n’est pas la Mona Lisa du Louvre. D'apparence plus jeune, cette dernière présente des traits plus fins, un regard dans le vide et n’affiche aucun sourire. "Je me suis trouvé face à un portrait totalement différent de la Mona Lisa d'aujourd'hui. Ce n'est pas la même femme"- poursuit-il. Selon lui, il pourrait s'agir de la véritable Lisa Gherardini, la jeune femme  qui aurait servi de modèle à De Vinci. Une hypothèse qui remet en question l'identité de Mona Lisa. « Ces résultats font exploser en éclats de nombreux mythes et changent notre vision du chef-d’œuvre » - souligne  l’ingénieur qui avoue ne pas être capable de déterminer à quel intervalle de temps les deux œuvres ont été peintes. Pour d’autres spécialistes, en revanche, ces conclusions sont à tempérer. Certains ont d’ores et déjà émis de vives critiques à l’encontre des travaux de Pascal Cotte, dont les résultats n’ont  pas encore été soumis à une évaluation par ses pairs, processus standard permettant de vérifier leur véracité. De même l'interprétation qu'en fait le spécialiste ne fait pas l’unanimité. "Une apparence différente n’induit pas forcément l’hypothèse qu’il s’agit de deux personnes différentes" - suggère Claus-Christian Carbon, chercheur allemand et auteur d’une étude stéréoscopique du tableau. "Je suis assez sceptique, parce que l'hypothèse la plus simple est toujours la meilleure, je pense, c'est juste que le portrait a changé un peu". Divers chercheurs ont également appuyé la théorie selon laquelle les deux portraits retraceraient en réalité l’évolution de Mona Lisa. Il est courant qu’un artiste peigne une seconde version et réalise des modifications jusqu’à ce qu'il puisse atteindre le résultat final voulu  par le commanditaire du tableau. Il est vrai que Léonard commençait toujours par une esquisse et qu’il ne cessait de gommer certains éléments pour passer d’une étape à une autre. Ainsi élaborait-il ses tableaux couche par couche.

 

Ces révélations remettent néanmoins tout en question. Il y a 500 ans, un homme a peint une femme et a mis dans cette œuvre tout son génie. Or, à l’époque, on sait que Vinci était davantage passionné par ses recherches d'ingénieur que par l’exécution de commandes de portraits officiels, ceux des personnalités en vue à Florence, comme on le lui réclamait. Alors pour quelles raisons aurait-il accepté de faire celui de la fille d’un artisan, mariée à un marchand, Francesco del Jocondo, un homme peu affable de surcroît. Est-ce parce que le père de Lisa demeurait dans une maison juste en face de celle du père de Léonard, notaire à Florence ? Peut-être, cet artisan, ami de son père, avait-il rendu des services à la famille et Léonard a-t-il voulu faire plaisir à sa fille ?  Toujours est-il que Lisa n’était pas une grande dame. Et est-ce vraiment la version découverte par Pascal Cotte qui est la vraie Lisa, alors que celle du Louvre en serait une autre ? En effet, la première esquisse représente une femme plus jeune, moins mystérieuse, qui ne sourit pas et pose comme le ferait n’importe quelle jeune femme, irradiant moins de mystère et plus de naturel. Autre fait curieux, ce tableau n’a jamais été entre les mains du couple, Léonard de Vinci l’ayant toujours conservé par-devers lui, pour le reprendre ensuite et exécuter la Joconde que nous connaissons. Alors, pourrait-il y avoir plusieurs Joconde ? Car il existe également  la Mona Lisa de Isleworth, œuvre de jeunesse de Vinci représentant une femme plus jeune également et dont les experts ont reconnu qu’elle était de la main du grand peintre. Ce portait-là était-il la version définitive qui fut remise au mari de Lisa ?  On sait aussi que Raphaël a dessiné une esquisse d’après la Joconde qu’il avait vue dans l’atelier de Léonard et qui avait dû le frapper pour qu’il en reproduise le visage et, ce visage-là, est curieusement celui qui apparaît comme la première version, celle découverte par l’ingénieur Pascal Cotte sous l’officielle Joconde du Louvre. Mais qui est alors la Joconde que nous connaissons et que Léonard a eu soin d’emporter avec lui en France lorsqu’il a été invité à s’y installer par François Ier ?

 

Pascal Cotte suppose que Léonard a réalisé sur ce même support, qui avait servi à la première esquisse du portrait de la jeune Lisa, l’épouse de Francesco, une œuvre plus mâture commandée par son protecteur italien Julien de Médicis et qui représenterait une femme mythique, un amour inoublié du prince auquel Vinci a souhaité conserver la pose délicate de la jeune Lisa, avec ses mains posées l’une sur l’autre et cette interrogation dans le regard. Cette œuvre frappe d’autant plus qu’elle est l’incarnation du savoir, tout ce que Vinci avait découvert, au fil des années, sur la nature humaine et sur l’univers. Ainsi, postérieure à l’œuvre initiale, elle représente l’aboutissement et la conclusion d’une quête permanente, celle d’un génie qui n’a cessé de questionner l’être et le monde.

 

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La Joconde d'Isleworth

La Joconde d'Isleworth

Le portrait trouvé sous la Joconde du Louvre, peut-être Lisa del Jocondo née Gherardini.

Le portrait trouvé sous la Joconde du Louvre, peut-être Lisa del Jocondo née Gherardini.

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Published by Armelle BARGUILLET - dans CULTURE
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commentaires

Sandrine 28/01/2017 09:01

Je n'ai hélas pas vu ce documentaire et je le regrette.
Mona Lisa, et surtout Léonard, n'en finiront jamais de faire parler d'eux. L'homme était un ingénieur et un artiste qu'on connaît finalement peu. Ses oeuvres peintes sont difficile à identifier avec certitude (ses suiveurs étaient très nombreux) malgré une technique assez personnelle de superpositions de glacis - jusqu'à une quarantaine, d'où la difficulté de restaurer une telle matière. Les essais sous-jacents - qu'on appelle "repentirs" dans notre jargon - sont assez courants en peinture, surtout à cette époque; il arrive régulièrement de découvrir sous la couche picturale définitive une composition totalement différente du résultat final.
Quant à l'identité de la belle, toutes les hypothèses ont défilé et personne n'est sûr de rien. Et tant mieux! J'aime assez ce mystère, je dois dire. Les peintres florentins de l'époque nous ont laissés des kilomètres de portraits d'anonymes qui, dans les réserves des musées, attendront probablement la fin des temps pour être identifés...

armelle 28/01/2017 10:19

Oui, Sandrine, le mystère qui entoure la Joconde ajoute sans nul doute à l'intérêt constant qu'elle suscite. Mais Lisa del Jocondo a bien existé et, curieusement, le peintre aurait exécuté son portait à une époque où il se refusait à faire celui des femmes de notable qu'on ne cessait de lui demander. Pourquoi a-t-il choisi cette jeune femme, dont le père - artisan - était le voisin et sans doute l'ami de son propre père et, l'époux, un simple marchand ? Autre raison d'étonnement, à sa mort, Lisa, décédée le 15 juillet 1542, a bénéficié d'un enterrement fastueux. La quasi totalité des ecclésiastiques de Florence y assistait. Pour quelle raison ? Sa vie avait-elle été exemplaire, s'était-elle engagée dans des œuvres remarquables, ce qui laisse supposer qu'elle était une personne de grande qualité.

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