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30 janvier 2017 1 30 /01 /janvier /2017 09:16
Un ours qui danse de Vincent Jolit

J’ai aimé ce roman, même si je suis entré dedans plutôt timidement, j’ai aimé la passion que l’auteur insuffle à ses héros, l’empathie qu’il partage avec le lecteur, le message d’espoir inoxydable qu’il comporte.

 

 

                              Un ours qui danse

Vincent Jolit (1978 - ….)

 

 

Un roman, trois histoires, trois destinées, trois ruptures, trois vies que l’auteur raconte en parallèle, chapitre après chapitre, trois récits qui n’ont rien en commun si ce n’est la danse. Fiodor, enfant de la balle, est né au cirque Ciniselli de Saint-Pétersbourg à l’aube du XXe siècle, d’un père bourru dresseur de chevaux qui compte bien voir son fils lui succéder un jour. Malheureusement, le gamin ne pense qu’à la danse qu’il a découverte à travers le pathétique spectacle offert par un montreur d’ours et son plantigrade pataud. Il y a également Franz, jeune bavarois, fils d’une richissime famille d’industriels ayant soutenu le régime nazi pour préserver son immense fortune et qui cherche à fuir ce monde nauséeux et enfin Françoise, la boiteuse, rapatriée d’Algérie à Toulon avec sa famille, au début des années soixante, veuve depuis peu d’un mari falot et peu aimant.

Trois personnages qui ne se sont jamais rencontrés, qui sont nés à des époques différentes dans des pays différents et qui ont un rapport très personnel à la danse. Fiodor a découvert la passion, Franz veut fuir une famille qui lui fait honte et Françoise cherche à oublier son handicap. Et pourtant ces trois personnages ont un problème en commun, ils doivent vivre une rupture : Fiodor doit rompre avec le cirque et un avenir assuré pour suivre sa passion, Franz ne veut pas faire partie d’une famille marquée par la honte et l’infamie et Françoise doit changer de vie si elle veut s’assumer malgré sa claudication.

Dans un texte dense, d’une grande empathie, l’auteur emmène le lecteur dans l’introspection de la vie de ces trois individus. Il nous plonge au plus profond de leur cœur, de leur âme, de leurs sentiments, de leurs dégoûts, de leurs faiblesses, de leurs forces. Il connait très bien le monde de la danse, suffisamment pour en faire le moteur de ce qui peut être la renaissance de ces trois êtres en souffrance. Fiodor pourrait exploser dans son art,  « Pour lui la danse c’est la vie… Sur scène, lors des répétitions, il retrouve le plaisir, la spontanéité, l’ivresse, une nébuleuse de sensations derrière lesquelles il court depuis sa danse de l’ours. » Franz pourrait oublier le poids que sa famille a placé sur ses épaules.  « Il voudrait danser pour se comprendre, danser pour parler de soi et dire des choses sur soi. Des choses qu’il ne sait pas ? Il n’y a pas d’ailleurs, d’autres raisons. » Et Françoise serait en mesure d’ « essayer d’être heureuse comme je le suis (elle l’est) ce soir. Danser encore » pour envisager une douce retraite.

Et pourtant ce livre, qui est certainement une ode à la danse, un moyen de réalisation personnelle, une thérapie pour le corps et l’esprit, une raison de vivre, se révèle d’abord et surtout  une leçon de vie. Tout est possible à celui qui ira sans retenue au bout de sa passion, quelle qu’elle soit, dans le souci de réaliser ses rêves et de trouver sa voie. Et voilà comment, avec trois histoires très distinctes, l’auteur réussit à construire un véritable roman.


Denis BILLAMBOZ

 

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Un ours qui danse de Vincent Jolit

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Published by Armelle BARGUILLET - dans LES COUPS de COEUR de DENIS
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