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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 09:16
Le voyage d'Octavio de Miguel Bonnefoy
Le voyage d'Octavio de Miguel Bonnefoy

Ce jeune écrivain franco-vénézuélien propose un roman en forme de fable mythologique qui raconte l’odyssée d’un Vénézuélien dans une contrée isolée de tout où l’écriture n’est pas parvenue et où la nature dicte encore sa loi.

 

 

                                          Le voyage d’Octavio

Miguel Bonnefoy (1986 - ….)

 

 

« Dans le port de La Guaira, le 20 août 1908, un bateau en provenance de La Trinitad jeta l’ancre sur les côtes vénézuéliennes sans soupçonner qu’il y jetait aussi une peste qui devait mettre un demi-siècle à quitter le pays ». C’est dans ce petit port qu’Octavio est né, il réside dans l’église construite pour sanctifier le saint qui a favorisé la guérison de la population pendant cette grande peste, église alors désaffectée et ne servant plus que d’entrepôt à une bande de cambrioleurs. Octavio garde les trésors des voleurs, mais un jour il doit participer à un casse chez sa maîtresse, celle qui lui a appris à lire et à écrire. Démasqué, il fuit la ville et part pour un long périple dans le Parc National San Esteban.

 

Le voyage d’Octavio est une odyssée terrestre, un périple mythologique, à la limite du réel et du fantastique. Il vit de petits boulots, tous plus pénibles les uns que les autres, jusqu’à se faire apprécier des populations pour ses dons et compétences et pour son abattage au travail. Pour les populations rustres de cette région, il devient un héros, un être mythique. Mais un jour, il rentre au bercail pour participer à la reconstruction de l’église incendiée et à la rénovation du trésor des voleurs, alors que ceux-ci ont caché les statues dérobées pour mettre ces trésors à l’abri de la cupidité des riches. Le vol n’est pas qu’un délit, c’est aussi le moyen de conserver le savoir-faire des populations locales, leur culture, leur spiritualité.

 

Deux thèmes récurrents hantent ce petit roman : l’écriture qu’Octavio ne possédait pas et la nature. Ici, les gens lisent avec leurs yeux, avec leurs oreilles, avec l’ensemble de leurs sens, ils savent la nature, ils savent la lire, ils savent l’interpréter, mais ils ne peuvent pas communiquer avec ceux venus d’ailleurs. Octavio ne peut pas lire l’ordonnance que le médecin lui a faite. " A Campanero, l’écriture n’était pas née de l’homme. Elle était née de cette nature sans raison, où rien ne vient empêcher la soif tropicale de grandir, de s’étendre, de s’élargir dans une ivresse sans mesure." La nature est leur domaine, leur milieu, surtout le bois qui sert à tout, le bois qui est le matériau indispensable et nécessaire à la population, le bois, matière vivante avec laquelle ils communiquent. « L’écriture se manifestait à son cœur par le vernis et l’acide, la peinture et le bois, l’or et le plomb ».

 

Ce petit roman est comme une fable qui raconterait la vie de cette société isolée par le relief et par son incapacité à lire et à écrire. Un plaidoyer pour l’alphabétisation des populations disséminées dans les campagnes et les forêts de ce vaste pays, dans des régions abandonnées par les dirigeants.

 

Denis BILLAMBOZ

 

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Miguel Bonnefoy

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Published by Armelle BARGUILLET - dans LES COUPS de COEUR de DENIS
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Pascal 22/03/2017 12:23

Salut Denis, toujours des propositions d'évasion qui ne sont pas de tout repos. Cette jeune plume semble avoir plus d'un tour dans son encre. J'espère qu tu te portes bien.

billamboz denis 23/03/2017 21:40

Hello Pascal, j'étais à la Défense mardi et mercredi, au Crédit Coopératif, pour deux réunions qui vont m'inciter à prendre mes distances avec mes activités bénévoles encore bien trop encombrantes. Voilà un texte exotique qui me ramène à mes anciennes amours littéraires.et m'entraîne dans un monde que je ne connaissais pas.Bonne soirée, amitié toi et aux tiens ! Denis

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Ainsi nous conduisent-ils vers l'autre, l'absent, l'étranger, l'inconnu, l'exilé.

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