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17 avril 2017 1 17 /04 /avril /2017 07:54
Soudain j'ai entendu la voix de l'eau de Hiromi Kawakami

Hiromi Kawakami, une japonaise d’une cinquantaine d’années, raconte avec beaucoup de sensibilité et de délicatesse une histoire d’amour qui réunit un frère et une sœur. Une histoire qui n’a rien de scandaleux si on considère seulement l’amour qui unit ces deux êtres.

 

 

Soudain, j’ai entendu la voix de l’eau

Hiromi Kawakami (1958 - ….)

 

 

« Soudain, j’ai entendu la voix de l’eau », de l’eau que même la Muraille de Chine n’a jamais pu arrêter, de l’eau qui compose nos corps, de l’eau que Ryô répand dans le corps de sa sœur Miyakô. Miyakô et Ryô, un frère et une sœur vivent ensemble depuis que leur mère est morte et qu’ils n’ont pas voulu rester seuls chacun de leur côté. Miyakô, l’héroïne et la narratrice de cette histoire, entraîne le lecteur dans une introspection au sein d’un huis clos familial composé d’elle, la fille aîné de la famille qui travaille à la maison, de Ryô le frère cadet qui vit avec elle, de la mère qui décède trop tôt, du père qui s’éloigne après le décès de la mère, de Takejei celui qui a toujours aimé la mère sans jamais pouvoir l’épouser et d’une seule et unique amie.

 

Miyakô nous conte l’histoire de cette famille dans un texte doux, délicat et tendre sans aucune violence, une prose qui coule paisiblement comme l’eau qui baigne les corps. Totalement plongée dans le passé de cette famille, sans jamais essayer d’entrevoir l’avenir, elle essaie de comprendre comment elle est tombée amoureuse de son frère et comment ils en sont venus à partager leur vie. La mère, qui préférait le frère, rayonnait et attirait l’amour et la sympathie tout en fascinant sa fille qui l’admirait. « Maman était morte mais elle continuait à vivre en moi. Si bien que même si j’étais seule, je ne pouvais pas être seule ». La mère disparue, la fille a reporté cet attachement viscéral sur le frère qu’elle a toujours aimé tendrement et plus encore après qu’ils ont appris que leur père n’était pas leur père biologique.

 

Une réflexion sur la raison d’être, l’amour, la famille, la vieillesse et la mort, une réflexion totalement détachée du contexte historique et social, sauf de la guerre que la narratrice n’a pas vécue mais dont elle connaît bien les méfaits qu’elle a causés à la famille et de l’attentat au gaz sarin en 1995 qui aurait pu être fatal au frère. Une réflexion qui l’amène à penser que le hasard joue un grand rôle dans ce que nous devenons et ce que nous vivons. « Nous ne sommes pas constitués de la signification que revêtent les événements, les choses qui se sont passées. Nous existons simplement au gré de ce qui nous arrive, nous sommes ce que nous sommes par hasard, pas la peine d’aller chercher plus loin ». Si bien que l’existence n’est qu’une évidence simple que les hommes se complaisent à complexifier. «Tu ne crois pas que le monde serait plus supportable si les êtres humains étaient capables de dominer leurs sentiments ?»

 

La narratrice, et peut-être même l’auteure, essait de nous faire comprendre que la vie serait une chose douce et facile si nous acceptions de la prendre comme elle nous est offerte par le hasard et façonnée par notre passé. L’avenir, il suffit de l’affronter et de l’accepter. « Le mot de vieillesse est un mot avec lequel nous n’arrivons pas à nous familiariser. C’est comme s’il ne nous restait plus beaucoup de temps, une impression de ce genre. C’est peut-être aussi que nous ne voulons pas y penser, une sorte de préjugé, une illusion. » Et la famille n’est pas un débat, c’est comme ça, car les sentiments ne se gouvernent pas, pas plus que le cours de l’eau ne peut être entravé. « Dans la mesure où nous sommes ensemble depuis l’enfance, nous formons une famille, non ? »  A chacun sa vie, à chacun ses amours !

 

Denis BILLAMBOZ

 

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Soudain j'ai entendu la voix de l'eau de Hiromi Kawakami

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Published by Armelle BARGUILLET - dans LES COUPS de COEUR de DENIS
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commentaires

billamboz denis 18/04/2017 12:37

Bonjour Armelle et Edmée,

On dirait que vous avez lu ce livre, c'est en effet un texte d'une grande douceur. le frère et la soeur forme un cocon où il peuvent se réfugier dans la douceur d'un amour très tendre pour fuir le monde trop rude.

Edmée De Xhavée 17/04/2017 11:05

Ca semble raconté avec douceur et une tranquille acceptation de ce qui est. Ce qui est ne dépend pas de nous, c'est.

armelle 18/04/2017 11:01

Oui Edmée, le cocon familial semble devenir un abri, un refuge, une façon d'être sans être. Curieux.

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