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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 08:47
Bingo (Père et fils) de Jean-François Pigeat

Jean-François Pigeat nous offre un polar bien troussé, plutôt drôle, où l’hémoglobine ne coule pas à flot, un bon polar comme on en  écrivait il y a quelques décennies, un polar qui nous rappellera Simenon sans Maigret et bien d’autres.

 

 

Bingo (Père & fils)

Jean-François Pigeat (1950 - ….)

 

 

Bingo ! Gagné ! Mais pour savoir si c’est effectivement gagné, il faudra lire le livre jusqu’au bout. A ce stade, je ne peux que vous dire que Bingo est avant tout le surnom que Jacky Bingolacci a transmis à son fils Florian. Jacky est un jeune homme beau comme un Apollon dont le plus grand souci est de repousser la meute des filles qui voudrait se l’accaparer, au moins pour un petit moment d’intimité. Il a transmis son physique à son fils qui exerce le même magnétisme sur la gente féminine sans savoir bien gérer cette attraction.

 

Bingolacci père n’est pas très attiré par l’école qu’il quitte vite, il veut devenir artiste de cinéma, prend même quelques leçons, obtient des figurations, des rôles sans importance qui ne lui permettent pas de nourrir décemment la famille qu’il fonde avec Nicole et Florian. Il tombe dans les petites combines et finit par tomber lui-même pour une banale histoire de vol de statues en bronze. En prison, petit fretin, il est repéré pour sa candeur et sa faiblesse par un vrai caïd qui lui propose un marché sous une très forte pression. Il doit déplacer un trésor de guerre dont la cache est menacée par un projet immobilier. A sa sortie de prison, il entreprend donc le transfert de ce trésor quand, soudain, des malfrats s’immiscent violemment dans cette opération.

 

Pendant ce temps, le fils, qui, comme son père n’est pas davantage  passionné par les études, déserte le lycée, accomplissant consciencieusement mille petits boulots pour séduire la belle dont il est follement amoureux. Et ce, bien qu’elle soit en situation irrégulière, chaperonnée par trois cousins velléitaires qui n’hésitent pas à utiliser la violence pour intimider leurs victimes.  Florian n’est certes pas le bienvenu, la cousine étant  promise à un gars du pays, un pays qui n’existe pas dans un pays qui n’existe plus, et elle doit être livrée intacte, soit vierge.

 

Le père et le fils ne se voient plus, le fils ne veut pas d’un père en taule et à sa sortie de prison le père s’est évaporé dans la nature mais les deux mondes dans lesquels ils gravitent vont finir par interférer l’un l’autre. Les petits malfrats de la cité vont percuter les bandits internationaux sans l’avoir voulu, coinçant dans ce combat le candide Florian qui se débat comme un lapin de garenne dans le piège du braconnier. Florian n’est qu’un amoureux transi égaré dans un grand jeu qui lui échappe totalement et où les coups sont très violents et même souvent mortels.

 

Un polar comme on en écrivait au siècle dernier, un Simenon sans Maigret, un McBain. On dirait que Pigeat s’est inspiré de ces auteurs et qu’il a voulu leur rendre hommage à travers ce roman très animé, bien rythmé, plus parodique que vraiment noir. Un roman bien de notre temps qui met en scène les mouvements révolutionnaires désagrégés mais enrichis et des petits voyous de banlieue plus forts en gueule que vraiment dangereux. L’auteur décrit ainsi la transmission du pouvoir de la marge, des brigades révolutionnaires aux réseaux de trafiquants venus de l’Est. Et il ne se complaît jamais dans une violence sanguinolente, il l’évoque quand c’est nécessaire mais à la limite de la drôlerie, avec plus de gouaille que de pathétisme, sans exhibitionnisme déplacé, sans complaisance outrancière, sans débordement dégoulinant d’hémoglobine. Un bon moment de détente qui fera oublier l’ambiance morose qui règne actuellement dans l’actualité.
 

Denis BILLAMBOZ

 

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Published by Armelle BARGUILLET - dans LES COUPS de COEUR de DENIS
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