Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
25 septembre 2017 1 25 /09 /septembre /2017 08:42
La femme qui court de Jennifer Johnston

Une fois de plus, la littérature irlandaise m’a enchanté. Cette fois, c’est Jennifer Johnston qui m’a régalé avec ce texte qui sent l’Irlande à plein nez : histoire, culture, romantisme, qualité littéraire, art du récit, finesse des sentiments, etc… encore une lecture enivrante comme j’en ai trouvée beaucoup sur cette île.

 

 

La femme qui court

Jennifer Johnston (1930 - ….)

 

 

Et de nouveau un roman qui  encourage mon inclination déjà bien marquée pour la littérature irlandaise. J’ai été, en effet, enchanté par la lecture de cet ouvrage, non pour l’histoire qu’il raconte, même si elle est particulièrement dramatique, mais surtout pour la façon dont l’auteure décrit cette histoire et pour ses qualités littéraires. Elle vit son texte, respire les sentiments des personnages qu’elle met en scène et transporte le lecteur au plus profond de l’Irlande, de son histoire, de sa culture, de ses coutumes et des conflits qui l’ont régulièrement secouée.
 

Laura a hérité d’une entreprise de sa mère qui l’a elle-même héritée de sa propre mère, une transmission filiale qu’elle ne pourra pas assurer car elle n’a pas d’enfant. Au moment où elle enterre son père, elle semble bien fragile, son mari qu’elle a épousé parce qu’il pouvait assurer la gestion de l’entreprise, veille sur elle. Même s’il s’absente régulièrement pour des motifs peu crédibles. Pour vaincre son ennui et éteindre une douleur qui semble l’affecter depuis son adolescence, Laura décide de déblayer un coin de végétation envahissante qui a recouvert une gloriette qui semble avoir marqué sa jeunesse. Au cours de ces travaux épuisants, elle reçoit le renfort d’un voisin banni par sa famille lors du décès de son père parce qu’il a jeté sa soutane aux orties. Les deux écorchés de la vie traversent tous deux un deuil sans vraiment regretter leur père respectif. De vieux comptes semblent ne jamais avoir été soldés.
 

Sur fond d’histoire de l’Irlande, de haine entre protestants et catholiques – Laura a été persécutée par ses camarades de classe catholiques parce qu’elle est protestante – d’incestes familiaux récurrents qu’il faut absolument taire pour ne pas être banni et pour ne pas jeter l’opprobre sur la famille, Jennifer Johnston écrit un roman très habile, enchanteur malgré la douleur qu’il dégage. Elle construit son histoire principalement sous la forme de dialogues qui mêlent le présent, que vit son héroïne, avec des scènes de son passé qui apportent progressivement des éléments permettant de mieux comprendre la fragilité qui l’affecte encore au moment du décès de son père. L’auteure passe du « je » au « elle » sans que cela nuise à la lecture, comme si elle ne voulait pas s’enfermer trop profondément dans la douleur de l’héroïne et maintenait une certaine distance afin que le lecteur ressente mieux les sentiments qui se dégagent de cette tragédie familiale. Ainsi assistons-nous à la rencontre de deux êtres trop ou mal aimés qui voudraient faire le ménage dans leur passé de façon à envisager un avenir plus serein. Un véritable bijou qui enchantera les amis des beaux textes.

 

Denis BILLAMBOZ

 

Pour consulter la liste de mes précédents articles, cliquer  ICI

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

La femme qui court de Jennifer Johnston

Partager cet article

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET - dans LES COUPS de COEUR de DENIS
commenter cet article

commentaires

Edmée De Xhavée 25/09/2017 17:05

Ca donne très envie de le lire... j'ai lu quelques livres irlandais que j'ai beaucoup aimés aussi...

Pascal 25/09/2017 15:05

Bonjour Denis, j'espère que tu vas bien après de reposantes vacances. Les nôtres ont été très bonnes mais le retour professionnel très agité. Mais tout est rentré dans l'ordre et je pourrai venir m'inspirer de tes lectures toujours intéressantes et judicieuses. A +.

Denis Billamboz 09/10/2017 12:29

Salut Pascal,
Heureux d'avoir de tes nouvelles et d'apprendre que tu as passé d'excellentes vacances. Je suis sûr qu'Agnès aimerait beaucoup ce roman qui sent bon les vertes prairies de l'Irlande.
A bientôt !

Présentation

  • : Le blog interligne d' Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Le blog interligne d' Armelle BARGUILLET  HAUTELOIRE
  • : Grâce au pouvoir des mots, une invitation à voyager sur les lignes et interlignes.
  • Contact

TEXTE LIBRE

 4016234704 (Small)

Un blog qui privilégie l'évasion par les mots, d'abord, par l'imaginaire...toujours.

LES MOTS, nous les aimons pour eux-mêmes, leur sonorité, leur beauté, leur velouté, leur fraîcheur, leur hardiesse, leur insolence, leur curiosité, leur dureté, leur volupté, leur rigueur.
Différemment des notes et des couleurs qui touchent d'abord notre sensibilité, ils ont vocation à transmettre, informer, émouvoir, expliquer, séduire, irriter, formuler les idées, forger les concepts, instaurer le dialogue.
Ainsi nous conduisent-ils vers l'autre, l'absent, l'étranger, l'inconnu, l'exilé.

Parce qu'ils disent qui il est, comment est le monde, pourquoi est la vie, qu'ils gomment les distances, comblent les vides, dévoilent les énigmes, suggèrent le mystère, ils sont nos courroies de transmission, nos outils journaliers.

 

La vie doit être vécue en regardant vers l'avenir, mais elle ne peut être comprise qu'en se tournant vers le passé.

 Soëren Kierkegaard

 

Je réponds ordinairement à ceux qui me demandent raison de mes voyages : que je sais bien ce que je fuis, et non pas ce que je cherche.

   Montaigne

 

Veux-tu vivre heureux ? Voyage avec deux sacs, l'un pour donner, l'autre pours recevoir.
   Goethe

 

 MES DERNIERS OUVRAGES PUBLIES ( cliquer sur l'icône pour accéder à leur présentation )


1184097919 profil de la nuit  2851620614

les signes pourpres  3190-NEL i 978-3-8417-7335-7-full

 

SI VOUS PREFEREZ LES IMAGES et le 7e Art, RENDEZ-VOUS SUR MON BLOG : 

 

Bannière pour Armelle 1 

 

ET SI VOUS AIMEZ LES ANIMAUX, RENDEZ-VOUS SUR " MEMOIRE D'EAU" :

 

P1080160.JPG

Recherche