Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
2 octobre 2017 1 02 /10 /octobre /2017 08:35
Tout un été sans facebook de Romain Puértolas

Agatha Crispies – pas comme la célèbre romancière anglaise, non, comme les céréales servies au petit déjeuner – s’est tellement emmêlée les crayons dans l’affaire des stylos bleus à New-York New-York qu’elle est mutée,  après un tour de passe/ passe administratif, à New-York Colorado. Le pire trou des Etats-Unis, un bled où il ne se passe jamais rien, où les citoyens occupent leur temps à tourner autour des innombrables ronds-points destinés à égarer les étrangers. Elle est « affectée à un commissariat dans lequel on s’ennuie tellement que les effectifs lisent, jouent aux fléchettes, au sudoku ou encore tricotent ». Elle veut quitter ce trou le plus vite possible pour retrouver son poste avec, éventuellement, une promotion dans la mégapole de la côte est. Il lui faudrait une belle grosse affaire qu’elle résoudrait brillamment pour reconquérir la confiance de sa hiérarchie.

 

Comme il ne se passe jamais rien  sur son territoire, elle empiète sur celui de son voisin, elle le persuade que le crime, qu’il vient de  découvrir, appartient à sa juridiction pour pouvoir mener elle-même l’enquête. Le shérif cède et Agatha se saisit de l’affaire qui prend vite une certaine ampleur avec deux autres meurtres, de quoi constituer une belle énigme à résoudre et conquérir une promotion pour un tellement désiré retour au bercail. Agatha se plonge alors dans une enquête rocambolesque dans laquelle l’auteur parodie les poncifs rencontrés habituellement dans les films et surtout dans les séries policières américaines dont il dénonce les incohérences, les invraisemblances et la sous-culture, en mettant dans la bouche de la policière des citations et les noms des plus grands auteurs classiques qu’elle est évidemment la seule à connaître.

 

Dans ce polar loufoque, déjanté, amoral, Romain Puértolas dresse un tableau désopilant mais tout de même un peu désolant de l’Amérique profonde, l’Amérique des ploucs dont Jean Yanne a narré la fantasia dans un célèbre film. Il pointe du doigt la malbouffe généralisée – Agatha, grosse et grasse, se gave toute la journée de « donuts » au chocolat - le racisme endémique affectant encore cette partie de la population - Agatha est, avec son chef, la seule noire du coin - l’absence totale d’humanité, tous les moyens sont bons pour atteindre son objectif et Agatha n’est pas très encombrée par sa bonne conscience. L’auteur préfère en rire mais j’ai eu franchement le sentiment qu’il n’appréciait guère cette Amérique acculturée, asservie par la déesse consommation.

Il reste le polar qui fera, sur le bord de la piscine, une belle lecture d’été en dégustant des … « donuts » … au chocolat.
 

Denis BILLAMBOZ

 

Pour consulter la liste de mes précédents articles, cliquer  ICI

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

L'auteur

L'auteur

Partager cet article

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET - dans LES COUPS de COEUR de DENIS
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog interligne d' Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Le blog interligne d' Armelle BARGUILLET  HAUTELOIRE
  • : Grâce au pouvoir des mots, une invitation à voyager sur les lignes et interlignes.
  • Contact

TEXTE LIBRE

 4016234704 (Small)

Un blog qui privilégie l'évasion par les mots, d'abord, par l'imaginaire...toujours.

LES MOTS, nous les aimons pour eux-mêmes, leur sonorité, leur beauté, leur velouté, leur fraîcheur, leur hardiesse, leur insolence, leur curiosité, leur dureté, leur volupté, leur rigueur.
Différemment des notes et des couleurs qui touchent d'abord notre sensibilité, ils ont vocation à transmettre, informer, émouvoir, expliquer, séduire, irriter, formuler les idées, forger les concepts, instaurer le dialogue.
Ainsi nous conduisent-ils vers l'autre, l'absent, l'étranger, l'inconnu, l'exilé.

Parce qu'ils disent qui il est, comment est le monde, pourquoi est la vie, qu'ils gomment les distances, comblent les vides, dévoilent les énigmes, suggèrent le mystère, ils sont nos courroies de transmission, nos outils journaliers.

 

La vie doit être vécue en regardant vers l'avenir, mais elle ne peut être comprise qu'en se tournant vers le passé.

 Soëren Kierkegaard

 

Je réponds ordinairement à ceux qui me demandent raison de mes voyages : que je sais bien ce que je fuis, et non pas ce que je cherche.

   Montaigne

 

Veux-tu vivre heureux ? Voyage avec deux sacs, l'un pour donner, l'autre pours recevoir.
   Goethe

 

 MES DERNIERS OUVRAGES PUBLIES ( cliquer sur l'icône pour accéder à leur présentation )


1184097919 profil de la nuit  2851620614

les signes pourpres  3190-NEL i 978-3-8417-7335-7-full

 

SI VOUS PREFEREZ LES IMAGES et le 7e Art, RENDEZ-VOUS SUR MON BLOG : 

 

Bannière pour Armelle 1 

 

ET SI VOUS AIMEZ LES ANIMAUX, RENDEZ-VOUS SUR " MEMOIRE D'EAU" :

 

P1080160.JPG

Recherche