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24 août 2020 1 24 /08 /août /2020 07:56
Le tambour des larmes de Beyrouk

Une histoire venue du désert de Mauritanie, là où une adolescente est engrossée par un jeune homme travaillant pour une compagnie occidentale. Cette histoire prend vite la forme d’une tragédie d’où la môme essaiera de s’extraire, seule avec sa rage, et un énorme désir de vengeance à l’endroit de ceux qui l’ont condamnée.

 

 

Le tambour des larmes

Beyrouk (1957 - ….)

 

 

Rayhana, fille de la sœur du chef de la tribu dont le père est parti parce que son autorité était contestée par sa parenté avec le chef, est une jeune bédouine innocente et insouciante qui joue volontiers avec ses amies sur les dunes du Sahara, au cœur de la Mauritanie. Elle se laisse séduire par un jeune bédouin vivant au camp de base, installé par des Occidentaux à proximité du campement de la tribu, pour prospecter le sous-sol de la région. Quand la chamane révèle à sa mère que sa fille est enceinte, c’est le ciel qui lui tombe sur la tête, l’honneur de la famille est détruit, tous seront atteints, même le chef. Il faut réagir.

 

Pour pallier cette situation, la mère se retire avec sa fille et deux serviteurs dans un lieu isolé pour que sa fille accouche en secret loin de tous. Au moment de rentrer au campement, elle laisse l’enfant à la servante qui les accompagnait, malgré la douleur de sa fille. Celle-ci  sera mariée à un garçon riche et bien né qui la courtise depuis longtemps mais elle lui refusera son corps. Elle préfère fuir en emportant le symbole de la puissance de la tribu, ce qui lui vaut une haine éternelle de la part de tous. Elle fuit droit devant elle, rencontre quelques âmes charitables, se réfugie en ville mais ne retrouve pas son enfant. Elle doit encore fuir plus loin jusqu’à la capitale où elle croit se fondre dans la foule mais la haine de son peuple est inextinguible et la fatalité ne l’épargne pas. Ne pouvant faire confiance à quiconque, solitaire, elle devra fuir encore et toujours.

 

Beyrouk est certainement un grand poète, son écriture le révèle, elle lui permet de raconter des événements violents, brutaux, sans trop bousculer le lecteur. Cette histoire, c’est celle des peuples du désert qui ne peuvent survivre que parce qu’ils sont extrêmement solidaires, soudés par une profonde spiritualité et respectueux des us et coutumes de leur tribu. Les règles, très rigoureuses à l’encontre des femmes, ne leur laissent que peu de liberté et s’accommodent de l’Islam le plus rigoriste, celui qui a adopté les règles ancestrales appliquées aux femmes considérées comme des bêtes de somme que l’on peut battre et même abattre s’il le faut.

 

Ce livre nous décrit  l’impossible lutte des femmes contre les pouvoirs, tous détenus par les hommes, dans l’immensité du désert, où seule la loi de l’obéissance a sa place. Seul un groupe uni peut survivre, l’individu n’a aucune chance dans les sables brûlants, et le groupe, c’est l’assemblée des hommes sous la houlette des familles dominantes exploitant les femmes et les esclaves. Un excellent terreau pour les extrémistes qui se sont installés dans le désert pour, comme leurs ancêtres, conduire le rezzou à l'encontre des autres peuples.


Denis BILLAMBOZ


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