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14 septembre 2020 1 14 /09 /septembre /2020 08:27
Les hibiscus sont toujours en fleurs de Monique Bernier

Monique Bernier, se trouvant au Rwanda au début du génocide, écrit l’histoire d’une fillette, qui pourrait être elle, et évoque le pèlerinage qu’elle y a fait pour essayer de saisir ce qui s’était réellement passé quand elle était trop petite pour comprendre.

 

 

Les hibiscus sont toujours en fleurs

Monique Bernier

 

 

En 1994, Charlotte a 10 ans, elle est la fille de l’Ambassadeur de Belgique au Rwanda au moment où le massacre des Tutsis commence. Vite rapatriée en Europe, elle n’a presque rien vu, elle n’est au courant de rien, ses parents ne se sont jamais occupés d’elle et  ont toujours refusé de répondre à ses questions. Elle a été élevée par Nounou, la domestique qui s’occupait des tâches ménagère à la résidence de l’ambassadeur. Vingt ans après, son mari tyrannique l’ayant abandonnée, ses parents ayant émigré au Brésil, elle décide, contre l’avis de tous, de partir seule au Rwanda pour savoir ce que sont devenus Nounou et son fils Daniel qui jouait souvent avec elle et comprendre ce qui s’est réellement passé afin de s'expliquer la raison  du refus qu’elle rencontre dès qu’elle pose des questions au sujet des massacres.

 

Avec l’aide d’un chauffeur de taxi particulièrement complaisant, elle découvre peu à peu ce que fut ce massacre, ce qu’est devenu le Rwanda et surtout ce que sont devenus ceux qu’elle a aimés. Elle mesure l’immensité et l’atrocité de la violence, qui s’est abattue sur ce pays aux apparences si paisibles, en visitant l’ossuaire de Murambi où les corps pétrifiés « hurlent l’horreur », ce lieu mémoriel que Boris Boubacar Diop a mis en scène dans son roman : « Murambi, le livre des ossements ». Elle tente de comprendre aussi  comment une telle violence a pu se déchaîner sous le regard complaisant des Européens et  essaie d’identifier les coupables, mais elle est bien obligée d’admettre que le massacre rwandais ne se peint en pas en noir et blanc, qu’il y a de nombreuses nuances de gris à prendre en compte.

 

L’auteure croit également qu’elle peut être classée parmi les responsables, chargée de la culpabilité de sa famille, et  comprend que, parmi les bourreaux d’hier, certains sont peut-être aujourd’hui d’autres victimes. « Victimes et bourreaux sont indissociables, pour toujours enchaînés l’un à l’autre ». Si ce génocide a été expliqué, tout n’a pas été révélé et la plupart des  culpabilités n’ont pas été dévoilées … Au-delà de l’affrontement entre deux ethnies pour s’assurer la maîtrise d’un territoire, elle s’interroge sur la capacité de l’homme à recourir à des violences d’une barbarie incroyable, sur la capacité de son père à laisser assassiner jusqu’à ceux qui servaient sa propre famille. « Les génocidaires n’étaient pas des extra-terrestres … C’étaient des gens comme nous. C’étaient des voisins, des cousins, des professeurs… »

 

Monique Bernier était au Rwanda en 1994, elle n’était probablement pas la fillette qu’elle met en scène mais elle en sait assez pour accuser violemment l’ambassadeur, les Occidentaux en général et l’ONU d’être restés totalement passifs et peut-être même vaguement complices ! Justice a été faite avec les moyens du bord, certaines impunités sont douloureuses à supporter mais les Rwandais doivent regarder leur avenir et reconstruire leur pays. Son ami la persuade que « Chaque étranger qui retourne chez lui doit emporter une belle image de mon pays. Il faut qu’il puisse dire à ses amis, à sa famille : le Rwanda est un pays magnifique ! ». Hélas ! ce n’est pas le seul pays à avoir connu  l’abomination, nombreux sont ceux à avoir voulu asseoir leur pouvoir en éliminant et en torturant leurs opposants ou même de purs innocents.

Et si le vrai responsable était : « Cette humanité capable de concevoir autant de souffrances, capable de préparer un génocide, de planifier l’horreur. Planifier la mort. L’accomplir. La laisser accomplir. Rester spectateur… » ?


Denis BILLAMBOZ


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Monique Bernier

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