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22 août 2014 5 22 /08 /août /2014 08:26

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Ce serait réduire Deauville que de la considérer seulement comme une station balnéaire, certes luxueuse, mais qui ne devrait son intérêt, et surtout son charme, qu'au seul miroir des eaux, surtout si l'on se rappelle la phrase de Tristan Bernard : " Deauville, qui est si près de Paris et si loin de la mer." Située à l'embouchure de la Touques, sur la côte basse et marécageuse qui fait suite aux falaises des Roches Noires, elle a très vite séduit une élite parisienne par son goût marqué pour les innovations les plus à l'avant-garde de l'époque : rallyes automobiles, régates nautiques, meetings d'aviation et d'hydravion. Si bien qu'on peut parler d'elle à plus d'un titre et qu'elle a toujours dans sa ... manche quelques surprises à nous offrir. Aujourd'hui, parmi ses nombreux atouts, choisissons de lui laisser abattre l'un de ceux qui a le plus contribué à sa célébrité internationale : les courses de chevaux.


En effet, du temps du duc de Morny, frère adultérin de Napoléon III, il était impératif de la parer d'un attrait supplémentaire, qu'elle n'ait pas à partager avec sa rivale Trouville, qui, bien avant elle, avait bénéficié d'une plage réputée, d'un casino et d'une activité portuaire ; en quelque sorte de lui octroyer un agrément qui lui serait personnel. Le duc, propriétaire d'une écurie à Viroflay, membre du Jockey-Club, initiateur de l'hippodrome de Longchamp, n'eut pas à s'interroger longtemps. Pour prolonger la saison parisienne, il fallait créer à Deauville un hippodrome afin d'attirer les amateurs vers la cité normande, en prolongeant ainsi la saison des courses dans un lieu qui offrait, par ailleurs, tant d'autres divertissements.

 

Dès la première édition en août 1863, les "courses plates" de Deauville s'affirmaient comme l'événement sportif et mondain qu'il ne fallait pas manquer. L'hippodrome de la Touques, qui s'étend sur 75 hectares, venait de voir le jour pour le meilleur et pour le pire, car il fut l'objet de remaniements successifs, la mort du duc de Morny et la chute du Second Empire ayant porté un coup décisif au développement de la station. Après les fastes de l'Empire, il y eut heureusement ceux de la Belle Epoque où, grâce à l'impulsion donnée par Désiré Le Hoc, la ville se dota des derniers progrès techniques, ce qui eut, pour effet immédiat, de ramener une clientèle que flattaient les innombrables distractions offertes à ses loisirs : tir au pigeon, tennis, golf, et, bien entendu, les traditionnelles courses hippiques qui retrouvaient leur lustre. Dans la continuité des travaux entrepris pour la relance de la station, les tribunes furent construites en 1919 à l'initiative du comte Jacques Le Marois, tandis que les architectes Louis Lefranc et Alfred Pigny concevaient un édifice capable d'accueillir deux mille spectateurs.

 

Les courses de chevaux, telles que nous les connaissons de nos jours, ont pris naissance en Angleterre au XVIIe siècle et leur développement est indissociable de celui du pur-sang, race particulière de cheval sélectionnée pour sa vitesse et son endurance. Alors que les éleveurs s'efforçaient d'affiner l'animal, la compétition ( comme ce fut également le cas pour l'automobile ) était le meilleur moyen de mesurer les progrès accomplis. L'invention du chemin de fer allait rendre plus accessible les champs de courses qui ont le plus souvent pour décor de vastes espaces bucoliques et agrestes, loin des villes, tels ceux d'Epsom, d'Ascot, de Chester, de Chantilly, de Longchamp, de Saint-Cloud, permettant à un large public de s'enthousiasmer pour ces spectacles qui se déploient autant sur le terrain que dans les tribunes.

 

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En France, l'élevage sélectif du cheval fut encouragé par la Royauté pour des raisons militaires. Le premier haras royal, le Haras du Pin, fut construit par Louis XIV, et les courses se révélèrent être un passe-temps très apprécié à la Cour. Comme l'atteste l'art de l'époque, les courses devinrent bientôt un sport populaire, certes encore sous l'influence de l'aristocratie, mais qui avait cessé d'être limité à elle. Le champ de courses de Longchamp s'ouvrit en 1857 pour remplacer le Champ de Mars trop marécageux et le Grand Prix de Paris y fut couru la même année que l'inauguration de l'hippodrome de Deauville. Aujourd'hui, la saison des courses n'est en aucun cas une suite d'épreuves qui se dérouleraient au hasard, mais constitue un programme rigoureux et coordonné qui soumet les chevaux, arrivés à maturité et au sommet de leur forme, à des confrontations de plus en plus dures et sur des distances de plus en plus longues. Aux qualités de l'animal s'ajoutent celles du jockey, tant il est vrai que monter un cheval n'est pas seulement une science mais un art ; de même que,     plus en amont, le rôle de l'entraîneur s'avère capital et sous-entend que celui-ci soit un habile stratège et un fin psychologue. Ces talents réunis nous offrent d'assister à des courses  haletantes qui attirent un public toujours plus nombreux. Deauville, avec son meeting d'août, complété par le polo et les ventes de yearlings, est devenue la capitale estivale du cheval, perpétuant, dans la mémoire de l'homme, la trace ancestrale qu'a imprimé en lui l'attrait de l'action et du risque.

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

Pour consulter les articles consacrés à Deauville, cliquer sur leurs titres :

 

DEAUVILLE, à l'heure du Polo

 

DEAUVILLE, cité de la voile et du cheval

 

Le flamenco enflamme les planches de Deauville

 

16e Festival de Pâques de Deauville

 

Deauville - ces gens qui ont bâti sa légende


 

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Published by Armelle BARGUILLET - dans CULTURE
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