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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 09:09

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Cette auteure est une véritable découverte pour moi, peut-être la meilleure de ces dernières années, avec son livre sur le suicide de Sylvia Plath que j’ai déjà présenté ici, et celui que je vous propose ci-dessous. Confirmer est le plus difficile en écriture, Oriane Jeancourt Galignani y parvient excellemment avec ce nouveau texte.

 

 

L’audience

Oriane Jeancourt Galignani (1981 - ….)

 

 

Oriane Jeancourt Galignani, nous convie au procès d’une jeune femme qui a commis l’incroyable crime de coucher avec quatre de ses élèves majeurs, un fait divers qui a fait, en 2011, grand bruit dans toute l’Amérique. Elle dissèque ce procès pour mettre en évidence  les intérêts que les différents acteurs peuvent en tirer aux dépens d’une pauvre femme qui se laisse dévorer par tous les ogres du prétoire, des médias et de la foule des curieux qui se repaissent de sa chair, déjà défraichie, pour satisfaire leurs cupides appétits. La procureure cherche une promotion, le président veut séduire la procureure, la journaliste essaie de sortir de son job médiocre, l’avocat profite de cette tribune pour plaider l’abrogation de la loi qui réprime, au Texas, l’amour entre enseignant et élève même quand celui-ci est adulte, etc… Chacun semble avoir un intérêt particulier pour dévorer cette faible femme en manque d’affection et de considération.


Mère de trois enfants, mariée à un soldat en mission en Afghanistan, Deborah Aunus, Debbi pour les intimes, enseigne les mathématiques à des élèves de dernière année, dont certains sont déjà majeurs, dans une école d’une petite ville texane, près de Dallas. En mars 2011, elle séduit quatre d’entre eux, mais depuis 2003, l’état du Texas réprime durement ce type de relation entre enseignant et élève, même s’il s’agit d’adultes consentants, en le punissant d’emprisonnement. Les voyeurs, jaloux, gardiens de la morale en tout genre, ne manquent pas dans l’Amérique profonde, ils observent cette pauvre femme esseulée prêts à témoigner de son dévergondage et à la condamner sans se préoccuper des épreuves que cette mère de famille doit surmonter pour élever ses propres enfants dont l'un est gravement malade, cela en l’absence d’un mari parti pour gagner « le salaire de la mort » :  un cercueil à cent mille dollars, la somme attribuée aux familles des soldats morts en mission en Afghanistan.


Dans un texte charnu, non  comme un fruit bien mûr mais plutôt comme un rôti mijoté dans un jus savoureux qui laisse en bouche un goût puissant et épicé, l’auteure décortique ce procès immonde sans jamais juger, elle expose, explore, explique pour que le lecteur comprenne bien les faits et les intentions de chacun. Elle ne donne pas son opinion sur cette loi absconse, elle laisse le lecteur apprécier les éléments qu’elle met sur la page, se faire une opinion sur cette société où il semble plus facile d’envoyer les  « boys » se faire massacrer en Afghanistan ou en Irak pour « le salaire de la mort », que d’accepter qu’ils fassent leur apprentissage de jeunes mâles avec une femme consentante à peine plus âgée qu’eux. Comme l’auteure, nous garderons notre opinion sur cette civilisation qui place la pudibonderie au-dessus de la vie, sa pseudo réputation au-dessus du sort de ses enfants … « Ils croient à la seconde chance, à la volonté de s’en sortir, à la métamorphose des hommes, au Bien qui triomphe. Ils sont américains ».


Après son livre sur le suicide de Sylvia Plath, Oriane Jeancourt Galignani nous offre un nouveau texte biographique magistral, nous sommes très impatients de la découvrir dans une fiction où sa maitrise du récit et la richesse de son langage devraient prendre toute leur ampleur.

 

Denis BILLAMBOZ

Pour consulter les listes de mes précédents articles, cliquer sur les liens ci-dessous :

 

Liste des articles "Les coups de coeur de Denis "

 

Liste des articles : LES VOYAGES LITTERAIRES DE DENIS

 


 

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Published by Armelle BARGUILLET - dans LES COUPS de COEUR de DENIS
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