Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 08:18

9789973580344.jpg

 

 

Au moment où la Libye secoue le joug que le dictateur faisait peser de plus en plus lourdement sur les épaules de son peuple, Kamal Ben Hameda nous offre ce joli petit livre en hommage aux femmes tripolitaines qui ont toujours su vivre en harmonie, ne sombrant jamais dans les excès dévastateurs des hommes qui ne pensent qu’à les humilier et les violenter avant de s’entredéchirer.


 

La compagnie des Tripolitaines

Kamal Ben Hameda (1954 - …..)


 

« Je dédie ce livre aux femmes et aux mères qui, une fois par semaine, pendant des années, manifestaient à Benghazi en Libye devant la direction générale de la Sécurité pour réclamer le corps de leurs époux, de leurs enfants disparus cette nuit du 24 au 25 juin 1969… » La dédicace est claire.

 

Cet hommage, l’auteur le rend à travers le regard d’un adolescent, Hadachinou, qui vient de subir, par surprise, sa circoncision ; il entre ainsi dans le domaine des adultes mais il ne peut pas s’arracher aux robes des femmes qu’il continue de fréquenter, écoutant leurs paroles, leurs gloussements, épiant leurs gestes, leurs petits jeux sensuels, affectant l’innocence en jouant encore avec ses poupées. Il n’aime pas les hommes qui n’ont que le ventre et le sexe pour préoccupations.


Hadachinou visite les tantes, toutes les femmes adultes sont des tantes, la mère célibataire juive et sa grosse fille qui ne s’aiment pas, la couturière italienne qui se pense mal aimée de tous, la tante qui séduit les hommes à Djerba, la tante noire qui joue avec le diable, … et s’amuse avec ses amies, celle qui disparait brusquement sans pouvoir épouser celui qu’elle aimait, la fille noire qui fait le service à la maison. Mais il n’aime pas aller chez la tante que son mari prive de tout et chez celle que son mari bat comme plâtre. « Celui qui ne connait pas la haine ne connaîtra jamais l’amour. »

 

En écoutant, en observant, en épiant, Hadachinou s’initie à la vie d’adulte au contact des femmes qu’il découvre à leur insu, dans leur intimité, constatant ainsi le sort qui leur est réservé et la veulerie des hommes qui les accablent de tous les maux. Il apprécie la compagnie de ces femmes, toutes tripolitaines, et qui, bien que d’origines très  différentes, vivent toujours en parfaite harmonie, sont souvent complices et parfois même  davantage dans l’intimité de la chambre du fond. « Je me demandais parfois comment des femmes aussi différentes pouvaient passer des heures durant à évoquer chacune son dieu, son peuple, ses pensées, libres dans leur folie, sans provoquer de réels conflits. C’est que ces femmes n’avaient ni pouvoir à garder ni avoir à surveiller. »


Un hommage à ces femmes qui n’ont aucune liberté, pas d’argent, rarement du plaisir mais qui  reçoivent souvent des pluies de coups. Une complicité avec celles qui cherchent des bouts de liberté, des morceaux de plaisir qui leur sont refusés. Une quête identitaire au milieu des ces libyennes, juives, italiennes, noires, berbères,… mais toutes tripolitaines et toutes maltraitées. Seules les femmes qui plongent leurs racines au plus profond de l’histoire africaine, berbères et noires, trouveront peut-être un jour un espace de liberté.


Cela se passait avant la révolution, avant le dictateur sanguinaire, c’était au début des années soixante, mais la situation ne s’est pas améliorée… Le livre des mouches a peut-être raison : « Didon n’avait pas mesuré les conséquences de son acte : les hommes ivres et inconscients s’octroyèrent tous les pouvoirs, sourds à la parole des femmes, tout juste des ventres où se vider… »

 « Sept filles dans une flûte. La goule tourne et tourne et en mange une… »


 

Denis BILLAMBOZ

 

Pour consulter la liste de mes précédents articles, cliquer sur les liens ci-dessous :

 

Liste des articles "Les coups de coeur de Denis "

 

Liste des articles : LES VOYAGES LITTERAIRES DE DENIS

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET - dans LES COUPS de COEUR de DENIS
commenter cet article

commentaires

"Denis.Billamboz 23/10/2013 20:03

Salut Pascal,

Je confirme la marche est une excellente activité pour s'aérer l'esprit, s'assouplir les muscles, se développer les poumons et partager un bon moment à deux ou plus. Depuis près d'un an, avec mon
épouse, nous faisons assez souvent des petites sorties dans les environs, j'ai la chance d'habiter à la limite entre la ville et la campagne, et j'ai quelques courbatures de notre dernière sortie,
lundi, sur les flancs d'une colline bien pentue

Bonnes vacances en famille(après la Toussaint, il y aura trois jours aussi au 11 novembre)et amitiés à vous tous.

Denis

Pascal 22/10/2013 13:35

Salut Denis,

Je prends quelques minutes pour venir faire un tour et prendre connaissance de tes derniers rapports de lecture toujours si argumentés que tu donnes vraiment envie de lire. Je viens d'avoir une
quinzaine surchargée par l'absence de l'un de mes collaborateurs et j'avoue attendre avec impatience le week-end prolongé de la Toussaint où je vais retrouver femme et enfants chez ma belle-mère à
la campagne. De bonnes marches en forêt seront une diversion très appréciée en quête de marrons et de champignons. Les enfants adorent cela. Alors pour toi aussi détente et lecture et sport aussi,
je crois que tu es un homme très complet avec de multiples passions. En tous cas merci de nous faire partager celle de la lecture.

Présentation

  • : Le blog interligne d' Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Le blog interligne d' Armelle BARGUILLET  HAUTELOIRE
  • : Grâce au pouvoir des mots, une invitation à voyager sur les lignes et interlignes.
  • Contact

TEXTE LIBRE

 4016234704 (Small)

Un blog qui privilégie l'évasion par les mots, d'abord, par l'imaginaire...toujours.

LES MOTS, nous les aimons pour eux-mêmes, leur sonorité, leur beauté, leur velouté, leur fraîcheur, leur hardiesse, leur insolence, leur curiosité, leur dureté, leur volupté, leur rigueur.
Différemment des notes et des couleurs qui touchent d'abord notre sensibilité, ils ont vocation à transmettre, informer, émouvoir, expliquer, séduire, irriter, formuler les idées, forger les concepts, instaurer le dialogue.
Ainsi nous conduisent-ils vers l'autre, l'absent, l'étranger, l'inconnu, l'exilé.

Parce qu'ils disent qui il est, comment est le monde, pourquoi est la vie, qu'ils gomment les distances, comblent les vides, dévoilent les énigmes, suggèrent le mystère, ils sont nos courroies de transmission, nos outils journaliers.

 

La vie doit être vécue en regardant vers l'avenir, mais elle ne peut être comprise qu'en se tournant vers le passé.

 Soëren Kierkegaard

 

Je réponds ordinairement à ceux qui me demandent raison de mes voyages : que je sais bien ce que je fuis, et non pas ce que je cherche.

   Montaigne

 

Veux-tu vivre heureux ? Voyage avec deux sacs, l'un pour donner, l'autre pours recevoir.
   Goethe

 

 MES DERNIERS OUVRAGES PUBLIES ( cliquer sur l'icône pour accéder à leur présentation )


1184097919 profil de la nuit  2851620614

les signes pourpres  3190-NEL i 978-3-8417-7335-7-full

 

SI VOUS PREFEREZ LES IMAGES et le 7e Art, RENDEZ-VOUS SUR MON BLOG : 

 

Bannière pour Armelle 1 

 

ET SI VOUS AIMEZ LES ANIMAUX, RENDEZ-VOUS SUR " MEMOIRE D'EAU" :

 

P1080160.JPG

Recherche