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9 mai 2014 5 09 /05 /mai /2014 09:58

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Si au cours de sa vie, Léonard de Vinci ne fit jamais que quelques rares toiles et portraits ( une douzaine d’achevés ), celles-ci et ceux-là comptent parmi les œuvres les plus marquantes de la Renaissance pour leur qualité et leur exceptionnelle modernité. " La dame à l’hermine", qui lui fut commandée par le duc Ludovic Sforza et représente la très belle Cecilia Gallerani, a été saluée d’emblée comme un chef-d’œuvre. Alors qu’il fallut attendre le XXe siècle pour que le tableau soit définitivement attribué à Léonard, le sonnet qu’il inspira en 1493 au poète de cour Bernardo Bellicioni ne laissait cependant aucun doute à ce sujet :

 

«  O nature, qui fustiges-tu ? Qui envies-tu ?

C’est Vinci, peintre d’une de tes toiles, Cecilia,

Si belle aujourd’hui, est celle

Dont les beaux yeux font pâlir le soleil.

Tout l’honneur t’en revient

Lors même que sa peinture la montre si belle

Comme si elle écoutait au lieu d’affabuler.

Songe donc que plus elle sera vivante et belle,

Plus grande sera ta gloire aux époques lointaines.

Ainsi, remercie Ludovic, ou plutôt

Le talent et la main de Léonard

Qui t’ont permis de prendre part à la postérité. »

 

 

Cette toile date de 1491, lorsque la jeune Cecilia, née en 1473 et mariée à l’âge de dix ans à Jean Stéphane Visconti, est la favorite de Ludovic Sforza qui la délaisse bientôt pour épouser Béatrice d’Este, l’éloignant de son palais alors qu’elle est enceinte et donnera naissance à un garçon le 3 mai 1491. Achevée avant cette date, le portrait se trouvait entre ses mains, le duc de Milan essayant ainsi, par ce présent, de se faire pardonner son abandon. Le tableau a toujours été considéré comme «  le premier portrait réellement moderne », sans doute par le mouvement sur le côté de la silhouette féminine se tournant de l’ombre vers la lumière et probablement vers un interlocuteur qu’elle semble écouter en posant sur lui un regard interrogateur. Par ailleurs, elle tient dans ses bras une hermine dont l’attitude semble reprendre le mouvement de la jeune femme et qu’elle caresse d’une main fine mais surdimensionnée, comme si cette main avait été peinte à part, d'où la surprise qu'elle provoque malgré l’élégance du geste. L’hermine est sûrement là à titre symbolique, soit comme une allégorie politique à l’intention de Ludovic Sforza qui avait été décoré d’une hermine par le roi de Naples. Ou bien la présence de l’animal se rapporte-t-elle à la légende populaire qui lui prête le pouvoir de protéger les femmes enceintes. Sur ce portrait, Cecilia est vêtue d’une robe en velours, en soie et taffetas que son amant, Ludovic, lui avait rapportée de Naples et son cou est entouré d’un collier de perles noires dont les reflets mettent en valeur la chair ivoire de la jeune femme, alors que l’aspect juvénile de son visage contraste avec le côté solennel de ses vêtements et la fermeté de sa pose.

 

Vinci a su saisir sur le vif, tout en lui conservant son mystère, l’expression d’un visage plein de nuances qui évoque une intériorité, celle d’une jeune femme cultivée qui avait appris très tôt le latin, composait des poèmes appréciés des intellectuels milanais et était reconnue comme une musicienne et une chanteuse de talent. « La peinture est le plus subtil de tous les arts » – écrivait Geromino Cardano en 1551. « Le peintre représente les ombres et les couleurs et les relie grâce à un don d’observation très précis. Le peintre est un philosophe et un scientifique, un architecte et un habile anatomiste. Cette habileté fut développée jadis jusqu’à la quasi perfection par le Florentin Léonard de Vinci. » Et c’est vrai que le sourire énigmatique des personnages du Vinci, ses savantes compositions, son travail sur la perspective, son fameux sfumato ont totalement bouleversé la vision de la peinture à la fin du Quattrocento. «  Aucun homme ne vint au monde qui en sût autant que lui, non seulement en peinture, en sculpture, en architecture, mais en philosophie » - proclamait François Ier qui l'invita à finir sa vie en France parce qu’il symbolisait selon lui le génie de la Renaissance en étant un artiste total et un penseur universel.


Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

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Published by Armelle BARGUILLET - dans CULTURE
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commentaires

armelle 15/05/2014 10:01

Moi aussi, bonheur du jour.

Bonheur du Jour 15/05/2014 05:51

Je ne me lasse pas de le regarder. Je le préfère nettement à La Joconde.

philae 09/05/2014 12:54

superbe toile merci pour le partage

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