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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 07:55

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J’ai choisi aujourd’hui de vous emmener en Islande pour vous montrer que la littérature peut fleurir sous le pire des climats et dans les pires conditions. Dans ce pays où la langue n’a pas été altérée par des apports extérieurs, où la tradition est encore très prégnante, où le confinement pèse lourdement sur les mentalités, les belles histoires d’aujourd’hui perpétuent avec bonheur les sagas ancestrales.

 

 

La lettre à Helga

Bergsveinn Birgisson ( 1971 - ….)

 

 

Au soir d’une longue vie d’éleveur de moutons, un vieux paysan islandais écrit une lettre à celle qui fut son vrai et unique amour même s’il dut un jour lui dire non. Il lui raconte sa vie avant elle, sa vie avec elle, sa vie après elle, son indéfectible amour pour elle,  et toute la douleur qu’il a supportée de ne pas pouvoir vivre avec elle comme il l’aurait voulu.  Marié avec une femme qui ne pouvait pas lui donner l’enfant qu’il désirait tant et qui ne pouvait pas satisfaire ses désirs suite à une malheureuse intervention chirurgicale, il n’a pas pu résister longtemps aux avances de la belle Helga et l’inévitable arriva bientôt sous la forme d’une adorable fillette. Helga voulait divorcer, lui ne voulait pas la suivre à la ville où il pensait ne pas pouvoir vivre heureux, il préférait la nature hostile et souvent ingrate du nord-est de l’Islande où sa famille avait toujours vécu dans la même ferme.

 


« La terre où l’on a vu le jour

N’est-elle pas chère à notre cœur ?

Où la lumière est pleine de vie,

Où le petit devient grand. »


 

Encore une histoire d’amour impossible comme la littérature nous en livre régulièrement, cette fois le héros ne peut pas épouser sa belle qui est déjà mariée et refuse qu’elle divorce pour l’arracher à sa terre, à son milieu, à son histoire. Une belle évocation de l’Islande la plus austère, là où le climat est très rude, la mer très souvent hostile et la terre peu généreuse mais elle est la terre du héros, il l’aime autant qu’il aime la belle Helga. Dans ce texte empreint de l’esprit des sagas islandaises, les esprits, les êtres et les animaux vivent dans une très grande proximité et les rapports entre les humains ne sont pas très éloignés de ceux qu’ils ont avec les animaux. Mais sous ces apparences rustres, les sentiments entre les amoureux n’en sont pas moins tendres et affectueux comme dans toutes les belles histoires d’amour. Et les belles histoires d’amour sont toujours contrariées.

 


« L’amour le plus ardent

Est l’amour impossible.

Mieux vaut donc n’aimer personne. »


 

Si le narrateur, l’amoureux, l’auteur de la lettre, évoque avec tant de conviction la nostalgie du temps passé, les traditions, les méthodes agricoles des ancêtres, ce n’est pas pour rester figé dans le temps des sagas mais simplement pour dénoncer avec véhémence le manque de respect actuel pour la nature, la malnutrition, la recherche du profit pour le profit, la puérilité qui s’installe au détriment de l’authenticité... Un cri de rassemblement pour réunir  ceux qui croient encore en l’avenir de la planète, en Islande comme ailleurs. Même si son amour a été déçu, le vieil éleveur pense avoir eu une belle et honnête vie et nous laisse ce message d’espoir avant de rejoindre le pays de ses ancêtres.

 

 

Denis BILLAMBOZ


 

Pour prendre connaissance des listes de mes précédents articles :


 

Liste des articles "Les coups de coeur de Denis "

 

Liste des articles : LES VOYAGES LITTERAIRES DE DENIS

 


 

 


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Published by Armelle BARGUILLET - dans LES COUPS de COEUR de DENIS
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commentaires

denis billamboz 31/05/2014 13:14

Je partage un peu ton avis Marcelle mais j'ai un peu l'impression que cette histoire d'amour impossible que je trouve plutôt intéressante sert surtout de prétexte à adresser un message beaucoup
plus politique. Merci de ton passage ici !

Pâques 30/05/2014 22:48

Ce qu'il aimait par dessus tout c'était l'endroit ou il vivait, sinon il serait parti avec elle ...
Le plus beau paysage sans l'être aimé perd tout son charme.

denis billamboz 28/05/2014 20:00

Salut Pascal,

J'étais à la Défense mardi dernier, pas hier, la semaine précédente, pour une réunion au Crédit Coopératif et j'y serai à nouveau le 3 juin prochain.

Une lecture certes exotique qui évoque la qualité des temps anciens mais qui s'inscrit bien dans la problématique écologique actuelle.

Bon courage et bon boulot !

denis billamboz 28/05/2014 19:57

Edmée j'ai tout de même eu l'impression que l'histoire d'amour était surtout un pétexte pour délivrer un message sur le délabrement de la planète et sur la nécessité urgente de la protéger.

Pascal 28/05/2014 13:27

Salut Denis,
D'accord avec ce qu'écrit Edmée de Xhavée. Toujours touchant de découvrir l'expérience amoureuse d'un autre, car fatalement en phase quelque part avec nous. Je prends note du titre pour Agnès.
Moins fidèle ces dernières semaines pour cause boulot comme tu peux l'imaginer. Et réunion de famille samedi où nous parlerons encore travail avec mon beau-frère.J'espère que tu te portes comme un
charme et que ton rythme lecture ne se ralentit pas, visiblement on peut te faire confiance.

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