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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 08:48

Galaxie_NGC_1187_ESO.jpg 

Le soleil, comme on le sait, est une étoile. Une étoile de taille moyenne qui circule dans le ciel avec sa cohorte de huit planètes (y compris la terre) qui gravitent autour d’elle. Notre étoile fait partie d’un vaste troupeau d’étoiles rassemblées dans un enclos qu’on appelle galaxie. Notre galaxie porte le nom de Voie lactée.

Ce troupeau d’étoiles est si immense que si l’on pouvait monter à bord d’une navette spatiale et s’élancer à la vitesse de la lumière, il nous faudrait environ 100 000 ans pour la traverser de bout en bout. Il faut se souvenir à cet égard que la lumière voyage à 300 000 km/s (kilomètre par seconde), ce qui veut dire que la lumière fait sept fois le tour de la terre en une seconde.

Et, dans notre incroyable périple, nous croiserions quelques milliards d’étoiles (de 2 à 5 milliards, dit-on). Même si ces étoiles sont regroupées en un troupeau, les distances entre elles sont phénoménales, du moins suivant nos échelles de valeur. Au point que l’on calcule ces distances non pas en kilomètres ou en milles mais en années-lumière, c’est-à-dire en se basant sur la distance que franchit la lumière en une année (dix mille milliards de kilomètres). Ainsi, l’étoile la plus proche du soleil («Proxima du Centaure») est à 4,3 années-lumière de celui-ci. C’est une voisine. Certaines des quelques milliards d’autres se baladent à 100, 1000, 10 000, 50 000 années-lumière et plus.

Et, dans tout ça, il ne faut pas oublier que nous sommes toujours dans l’enclos que constitue notre galaxie. Si on franchit la barrière de l’enclos pour jeter un coup d’œil à l’extérieur, bien là le tournis est garanti car il y a plus de 100 milliards d’autres galaxies dans notre Univers de démesure. Nous y reviendrons un autre jour. Pour l’instant allons dormir sur ces chiffres époustouflants.

Nous sommes donc installés dans la Voie lactée et, lorsque nous levons les yeux vers le ciel étoilé, tous les astres qui s’offrent à notre vue, étoiles et planètes, font partie de notre Voie lactée (hors peut-être quelques lointaines galaxies que nous prendrons pour des étoiles)

Si nous prêtons un peu attention à ce ciel étoilé, nous y décèlerons une bande blanchâtre qui le traverse de part en part. C’est d’ailleurs de cette bande que notre galaxie tient son nom de Voie lactée. C’est la grande multitude des étoiles concentrées au centre de la galaxie qui crée cette image d’une lisière blanche. C’est un peu comme si, dans une fête foraine, nous étions assis dans une grande et large roue illuminée de milliers d’ampoules. En regardant le carrousel par la tranche, la multitude des ampoules nous donnerait l’impression qu’elles se touchent toutes et forment une bande lumineuse continue. Par contre, nous distinguerions une à une les ampoules tout autour de nous. N’empêche que ces ampoules autour de nous feraient elles aussi partie de notre grande roue au même titre que les ampoules plus éloignées formant la bande lumineuse.i nous étions assis dans un siège au bas

  Il est étrange de penser que, même si les étoiles de notre galaxie sont très éloignées les unes des autres, elles sont si nombreuses (quelques milliards) qu’elles finissent par nous donner l’image d’un bloc lumineux homogène au cœur de la galaxie.

Pour observer notre galaxie, nous sommes postés, avec le soleil et ses sept autres planètes, dans la banlieue de cette grande roue qu’est notre galaxie : un immense troupeau d’étoiles de cent années-lumière de longueur et trente années-lumière d’épaisseur.


Si, toujours durant cette même nuit étoilée, vous levez les yeux vers le ciel, vous vous écrierez sans doute : «Voyez la paix, le calme, la stabilité de ce ciel. Les étoiles conservent éternellement leur rang les unes par rapport aux autres. Le basculement de la terre peut, au gré des saisons, faire apparaître ou disparaître des constellations, mais les étoiles elles-mêmes sont immobiles et silencieuses… Erreur!


Les étoiles sont lancées dans une course folle. Elles nous paraissent immobiles parce qu’elles sont trop loin pour que l’on puisse, à l’œil nu, déceler leur mouvement. C’est un peu comme l’avion long-courrier qui, à une altitude de 30 000 pieds, vole à 7 ou 8 cents km/h et nous paraît se déplacer à la vitesse d’un escargot. Imaginez s’il était compagnon de voyage d’une étoile située à quelques années-lumière de nous et qu’un télescope de grande puissance pouvait l’apercevoir. À ces distances, il nous paraîtrait parfaitement immobile.


Et les étoiles ne se contentent pas de bouger. Elles grondent. Ce sont de hauts fourneaux qui consomment leur hydrogène et le convertissent en hélium dans un bruit d’enfer accompagné de fréquentes explosions. Les étoiles «chantent», comme disent les astronomes.


Très bien, elles bougent et grondent, direz-vous, et croire qu’elles sont immobiles et silencieuses est une illusion. Mais s’il y a une chose dont on peut être certain c’est que le ciel qui s’offre à notre vue n’est pas une illusion lui. Il est bien là, tel que je le vois.


Hélas, ça aussi c’est une illusion. Le ciel est menteur, on n’en sort pas. L’image que nous renvoie le ciel est fausse. Le ciel n’est définitivement pas ce qu’il paraît être. Et ceci parce que les étoiles qui nous paraissent toutes sur le même plan voguent en fait sur des plans différents. Deux étoiles, par exemple, peuvent nous paraître voisines alors que l’une est à cent années-lumière de nous et que sa voisine est cinquante mille années-lumière. Le rayon lumineux de la première est parti de son étoile il y a cent ans alors que le rayon lumineux de la seconde est parti il y a cinquante mille ans. Elles ont sans doute fait beaucoup de chemin depuis toutes ces années et l’une d’elles (ou peut-être les deux) est peut-être même éteinte aujourd’hui. L’image d’étoiles voisines qui vient frapper ma rétine est une image faussée. L’image entière du ciel nocturne est une image faussée.

 

«Mais comment donc, se sont demandé les Anciens, toutes ces étoiles et tous ces astres font-ils pour tourner ainsi autour de la terre ?» - car il était bien évident que la terre était au centre de l’univers et que c’était le ciel qui tournait. On a imaginé toutes sortes d’explications mais c’est le brave saint Thomas d’Aquin qui, en fin de compte, a fourni la réponse indiscutable : ce sont les anges qui, du battement de leurs ailes, poussent les astres pour les faire tourner. Voilà, tout était dit…jusqu’à ce qu’un moine polonais du nom de Copernic avance timidement l’hypothèse que c’était peut-être la terre qui tournait. Pour ne pas subir les foudres du Vatican, il eut la prudence de ne faire publier sa théorie que le jour de sa mort.

Mais l’italien Galilée prit la balle au rebond et, après de longues nuits d’observation du ciel avec sa lunette astronomique, se mit à claironner imprudemment que la terre tournait autour du soleil et non l’inverse. Coup de tonnerre au sein de l’Église : la Bible disait clairement que Dieu avait arrêté le soleil pour permettre à Josué de poursuivre et exterminer ses ennemis avant la fin du jour. Il était donc bien évident que c’est le soleil qui tournait. C.Q.F.D. Et la Sainte Inquisition força Galilée à s’amender. (Il est amusant, à cet égard, de noter que ce n’est qu’en 1992 que Jean-Paul II a réhabilité Galilée).

Essentiellement, Copernic et Galilée disaient que c’était le soleil qui était au centre de l’univers (héliocentrisme) et non la terre (géocentrisme). Cette affirmation faisait aussi scandale car, non seulement elle contredisit la Bible, mais elle laissait entendre que l’homme n’était pas le nombril de l’univers, thèse sur laquelle reposait l’édifice du christianisme.

Si révolutionnaire que fut la théorie de l’héliocentrisme, elle nous fait sourire aujourd’hui alors que nous savons que le soleil n’est qu’une banale étoile perdue dans l’univers qui n’a pas vraiment de centre.

N’empêche que, au-delà de leur valeur scientifique, les découvertes de Copernic et Galilée constituaient une véritable révolution culturelle : elles annonçaient que les phénomènes célestes n’étaient pas régis par les dieux comme on le croyait depuis Aristote mais que ces phénomènes avaient des causes naturelles que l’homme pouvait arriver à comprendre s’il se donnait la peine de les observer et d’en rechercher les causes. Ce fut une révolution à la fois scientifique et culturelle qui s’attira les foudres de l’église mais aussi des milieux conservateurs chez les soi-disant esprits scientifiques de l’époque.

 

 

Cet article a été rédigé par mon ami Jean MARCOUX, passionné d'astro-physique qui, début janvier, a pris un aller simple pour rejoindre à jamais ses chères étoiles.

 

image002

 

Pour prendre connaissance d'un précédent article de Jean Marcoux, cliquer sur son titre 

 

Il était une fois l'atome - Hommage à Jean Marcoux

 

Et pour consulter la liste des articles de la rubrique CULTURE, cliquer sur le lien ci-dessous 

 

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Published by Armelle BARGUILLET - dans CULTURE
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commentaires

Loic 10/12/2015 21:51

Une immersion dans les etoiles tres plaisante. Emouvant de penser que l'auteur a choisi d'y resider. On peut le comprendre.

Alain 06/12/2015 21:55

Bonsoir chère Armelle. Cet article de Jean Marcoux dont je me souviens tombe à pic. Le temps magnifique dont nous profitons ici, me rapproche une fois encore de la nature, de ses bruits magiques, de tous ses bienfaits salutaires. Mais aussi l'immensité de ce ciel bleu dans lequel j'aime laisser mes idées vagabonder. Ce soir, un festival d'étoiles. "Hélas, ça aussi c’est une illusion." écrivait Jean Marcoux. Cette idée de me laisser emporter vers des destinations inconnues, lointaines, j'ai envie d'écrire, rêvées, me convient et m'a souvent sauvé. En rentrant je me suis arrêté chez mes amis et reçu une sacrée réprimande de la part de Margot. Je n'ai pas posé la question à vos amis sur "leur vie privée" comme elle m'avait demandé de le faire il y a quelques jours. Je vais y remédier ce soir même. Merci pour cette page. À bientôt.

clovis simard 19/03/2013 12:59

voir mon blog(la vitesse de la lumière)

Maxime 09/02/2013 11:45

A la fois agréablement surpris de retrouver des articles de Mr Marcoux que j'avais découvert sur le précédent blog et triste d'apprendre que ce monsieur est décédé. Ses articles sont d'autant plus
passionnants qu'il sont clairs, précis et d'une lecture facile bien que les sujets ne le soient pas. J'en avais déjà imprimé une série mais il ne me semble pas avoir ces deux nouveaux. Merci à
Armelle de les remettre en ligne pour le plus grand plaisir des amateurs de sujets scientifiques qui ne soient pas abscons.

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