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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 08:12

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Lire sur les plages du Rio de La Plata

 

Je suis désolé de vous présenter cette lecture pour illustrer notre étape littéraire en Uruguay mais je n’ai pas d’autres textes à vous proposer. Je suis convaincu que Carmen Posadas a produit des livres de bien meilleure qualité mais je suis, hélas, tombé sur celui qu’il aurait été préférable d’éviter, à mon goût du moins. Ma critique est peut-être un peu sévère mais elle est à la hauteur de ma déception ; j’attendais une belle lecture et j’en ai été frustré. Carmen nous conduira tout de même à la rencontre d’autres auteurs que j’ai davantage appréciés : Eduardo Galeano, Juan Carlos Onetti, deux grandes plumes du continent, qui ont connu tous les deux l’exil, et Daniel Chavarria qu’on classe habituellement parmi les auteurs cubains car il a passé une bonne partie de sa vie à Cuba, mais il est bien né en Uruguay. J’ai été limité dans mon choix car les auteurs uruguayens ne se bousculent pas sur les rayons de nos bibliothèques et librairies, Daniel Chavarria était donc le bienvenu pour compléter ma sélection.

 

Cinq mouches bleues

Carme Posadas (1953 - ….)


« A force de sauter du coq à l’âne, vous n’allez plus rien comprendre » et « les digressions sont fatales à l’allure du récit. » Hé bien Carmen, voilà au moins un point sur lequel nous sommes d’accord ! Mais si tu le penses vraiment, pourquoi le fais-tu ? Pourquoi nous embarques-tu dans plus de trois cents pages pour nous raconter une petite histoire, même s’il y a mort d’hommes, qui relève beaucoup plus de la presse people que de la littérature ?

Quand j’ai lu les critiques de ce livre, j’ai pensé que j’allais relever la moyenne des appréciations des lecteurs qui est vraiment très basse mais, là, je ne peux vraiment pas ! Tu nous livres un livre sans réel intérêt. Quatre membres de la jet-set, qui souhaitent se soustraire aux regards des populations pour mener un moment de vie pas franchement avouable aux yeux de tous, en rencontrent un cinquième qui avait lui aussi de bonnes raisons de se faire oublier pendant un certain temps. Et cette rencontre déclenche toute une histoire sous les yeux d’un vieil Anglais d’origine uruguayenne (comme l’auteur) qui a l’impression de revivre des événements anciens qu’il s’était efforcé d’oublier. Mais avant de mettre un terme à sa vie qui ne fut qu’une suite d’échecs, ce vieil Anglais voudrait régler ses comptes avec l’humanité et sa conscience.

Le scénario est assez solide, mais la narration est verbeuse et bavarde, l’intrigue se dissout dans un flot de détails inintéressants et le livre finit par faire au moins cent pages de trop qui font tomber l’attention et diluent le suspense dans une accumulation de considérations purement people dont le lecteur se moque royalement. « Et, pendant ce temps, nous dégustons notre ennui en silence. » C’est cela Carmen, alors pour quelle raison perds-tu ton temps à nous décrire ce monde frelaté où tu colles tous les poncifs qu’on voit chaque jour dans la presse ? Et tu t’amuses même à citer les marques des boissons, des fringues, des montres, etc., comme dans les polars à deux sous !

Tu as une bonne plume, le sens de la formule, l’art de dresser  des personnages intéressants alors abandonne ce type de bouquin aux fournisseurs de la SNCF et donne-nous de vrais romans où l’histoire coure sur le fil du rasoir et tient le lecteur en haleine tout en le divertissant.

 

La chanson que nous chantons – Eduardo Galeano (1940 - ....)
 

Eduardo Galeano a écrit ce livre lors de son exil en Argentine, avant de quitter ce pays, car les généraux au pouvoir l’avaient inscrit sur la liste des opposants uruguayens indésirables et donc à éliminer. Ce roman raconte la lutte d’un peuple, jamais cité mais probablement uruguayen, contre un pouvoir dictatorial. C’est surtout un cri de ralliement à l’intention de tous les Uruguayens de la diaspora, les invitant à rester mobilisés afin de libérer leur pays du joug de la dictature et ainsi pouvoir chanter les chansons qu’ils chantaient avant qu’elles soient interdites. Mais ce cri dépasse le cadre du pays d’origine de l’auteur, il s’adresse en fait à tous les citoyens de la planète pour qu’ils gardent leur vigilance, car les dictateurs peuvent sévir n’importe où et c’est sans doute pour cette raison que Galeano ne situe pas son texte dans un pays précis.

 

L’œil de Cybèle – Daniel Chavarria (1933 - ….)

 

Athènes au Ve siècle à l’apogée de la brillante civilisation que nous admirons encore. Atys de Pamphylie et la belle Lysis de Milet, une danseuse très courtisée, fondent une nouvelle secte, pendant qu’en Phrygie on dérobe l’un des yeux de la statue de la déesse Cybèle. Daniel Chavarria raconte l’enquête conduite pour retrouver l’objet sacré et les aventures qui se nouent autour des tribulations de l’objet qui va passer entre diverses mains. Mais l'ouvrage est surtout un prétexte pour faire vivre la cité grecque au quotidien et  dévoiler  les intrigues conduites par les personnages qui ont peuplé une partie de nos cours d’histoire : la lutte entre les tenants de Solon et ceux de Pisistrate, entre les défenseurs de la démocratie et les tenants d’une tyrannie à la mode athénienne. Personnellement, j’y ai vu également une excellente démonstration du passage du polythéisme grec au monothéisme oriental, de la transition du panthéon d’Hésiode au christianisme inspiré des religions venues d’Orient. Pour moi un grand livre à plusieurs dimensions.
 

Une nuit de chien – Juan Carlos Onetti (1909 – 1994)


Le grand écrivain latino-américain Juan Carlos Onetti situe en une seule nuit l’intrigue de ce roman qui raconte les difficultés qu’un homme traqué devra affronter pour tenter d 'échapper à ceux qui veulent le saisir, mais aussi la vacuité de sa propre existence. Cette nuit particulièrement infernale est certainement la  parabole grâce à laquelle l’auteur nous montre les misères et calamités qui se profilent à l’horizon de l’histoire de son pays et de l’Amérique latine en général. Un roman noir où la politique et la métaphysique s’invitent, elles aussi, au menu particulièrement copieux du héros traqué.


Denis BILLAMBOZ  -  à lundi prochain pour la suite de notre parcours littéraire au cœur de l’Amérique du Sud  -
 

Et pour consulter la liste de mes précédents articles; cliquer sur le lien ci-dessous :
 

Liste des articles : LES VOYAGES LITTERAIRES DE DENIS


 

 

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Published by Armelle BARGUILLET - dans LES VOYAGES LITTERAIRES de DENIS
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