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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 08:31

argentine-buenos-aires 

 

 

Lire sur les rives du Rio de la Plata


Ayant quitté le continent africain puis le Chili, nous voici à la pointe du continent américain sur les rives du Rio de la Plata, à Buenos Aires, pour rencontrer Pablo Ramos qui nous accueillera avec une jeune auteure, Eugenia Almeida, et nous fera découvrir l’œuvre de deux grands écrivains aujourd’hui disparus : Julio Cortazar, qui a quitté son pays pour prendre la nationalité française en 1951, et Ernesto Sabato, mort centenaire en 2011. Ces quatre auteurs confirment ainsi le périple qui nous conduit à travers l’Amérique latine vers la destination finale de notre tour du monde littéraire que nous avions inauguré, il y a près de deux ans, dans les Caraïbes à Saint Domingue et Haïti.

 

L’origine de la tristesse

Pablo Ramos (1966 - ….)


L’Epervier, Gabriel, ce gamin du quartier populaire de Viaduc, à Buenos Aires, veut offrir cette année, pour la Fête des Mères, un joli cadeau à sa mère car elle est enceinte. Alors, il fomente quelques combines plus ou moins sordides dans un cimetière, avec son pote habitué de ces pratiques, afin de gagner les quelques pesos nécessaires à cet achat. Et, à travers ces petites combines, il découvre la débrouillardise, la ruse, la malice mais aussi la douleur, l’hypocrisie et la mort.

C’est ainsi qu’il entreprend un délicat voyage vers l’âge adulte, franchissant les limites de l’enfance sans passer par la case adolescence et découvrant le monde des grands plus vite que lui et sa bande ne le pensaient. Il nous raconte leurs expéditions orgiaques pour se procurer ce fameux vin des Berges, si doux, qui fait planer les jeunes consommateurs, comment ils pensent trouver l’argent nécessaire pour payer les putes qui vont leur apprendre la chose et calmer leur corps en ébullition, l’école qui n’est pas franchement marrante mais il y a, parfois, de jeunes maîtresses qui excitent leur libido en pleine effervescence. La fin de l’enfance, c’est aussi la découverte du manque d’argent, des tensions familiales, de la dépression, des choses honteuses qu’il ne faut pas dire et puis de la mort qui les prend par surprise pour leur faire comprendre que l’âge adulte les attend maintenant avec toutes ses dures réalités.

C’est la vie que Pablo a connu  dans les rues de Buenos Aires qu’il nous décrit à travers son P’tit Gibus à la mode argentine, plein de malice et de débrouillardise, habillé de l’insouciance et de l’inconscience de son âge, à la recherche de davantage de tendresse et d’amour que ceux reçus dans sa famille qui tire le diable par la queue. Voilà une jolie histoire pleine d’émotion rédigée dans le langage des enfants qui mûrissent dans la rue, sur fond d’Argentine qui court vers l’une des plus grosses crises économiques de son histoire et où, depuis Péron, rien ne semble avoir été fait pour en améliorer le sort.

Certains diront que c’est un roman initiatique, de bien grands mots pour évoquer cette bande de joyeux lurons qui veulent jouer aux hommes et qui, un jour, se retrouvent comme des adultes sans s’être rendu compte de ce qui leur arrivait - « Et c’est alors que j’ai su : c’était la fin, j’étais en train de vivre la fin de ce que je viens de vous raconter. »  - soudain seuls devant leur avenir, avec pour tout bagage l’expérience de la rue, quelques convictions et une certaine idée de la vie forgée dans la douleur. « La mort n’est pas le contraire de la vie : c’est vivre comme un mort qui est le contraire de la vie. »

 

Façons de perdre – Julio Cortazar (1914 – 1984)


Entre Chiloé et la Terre de Feu, Francisco fait bourlinguer son héros, qui n’a connu que les malheurs et le vice sur la terre ferme, à la poursuite des baleines et cachalots qui peuplent les mers froides au sud du Chili. Le sujet, inévitablement, fait remonter du fonds de nos mémoires adolescentes, Melville et son célèbre Moby Dick. Mais Franscico a un talent qui lui est propre et nous transporte dans ces mers déchaînées sous les vents hurlants ou noyées dans le brouillard ou, encore, parfois calmes et tranquilles dans un silence de commencement du monde. Le célèbre écrivain chilien nous invite à un grand voyage dans un monde encore virginal, sans trou dans la couche d’ozone, où la nature se déchaîne déjà avec une violence inouïe. Un voyage d’aventure, d’apprentissage et d’initiation qui forme des hommes capables d’affronter les éléments en furie et les plus grands animaux du monde pour un jeu de vie et de mort.

Un roman qu’on fourrerait vite dans le sac pour partir sur la trace des géants entre mer et ciel avec le seul soleil pour témoin, quand il y en a !


Le tunnel – Ernesto Sabato (1911 – 2011)


De sa prison, Juan Pablo Castel, un peintre tourmenté, raconte sa rencontre avec une jeune femme, Maria, qu’il a croisée lors d’un vernissage. La jeune femme, avant de disparaître, observe attentivement  une toile du peintre que les autres n’ont pas particulièrement remarquée. Le peintre ne peut oublier cette femme qui semble avoir compris ce qu’il a voulu représenter. Il la retrouve mais découvre avec déception qu’elle est déjà mariée. Il la soupçonne aussi de lui cacher certaines choses notamment ses relations avec les hommes. Il veut comprendre, cherche à expliquer pourquoi Maria le trompe car tout peut être analysé, déduit, en étudiant les gestes et actions de chacun. Il se livre alors à une étude minutieuse des faits et gestes de la jeune femme pour se convaincre qu’elle le trompe bien. Ce livre est une véritable étude comportementale de la femme qu’il accuse de l’avoir trompé.

L’autobus - Eugenia Almeida (1972 - ….)


Dans la région de Cordoba, dans un village paumé au fond de la campagne aride de l’Argentine profonde, l’autobus ne s’arrête plus depuis trois jours, la barrière du passage à niveau est bloquée en position fermée, des livres disparaissent des rayons de la bibliothèque, des cadavres anonymes sont retrouvés dans les prés et personne ne sait rien. Le secret devient pesant, tout le monde se méfie de tout le monde, la suspicion gagne les esprits, la méfiance s’installe, des bruits courent, mais est-ce de l’information, de la désinformation, de la manipulation, personne ne sait.

 

Denis BILLAMBOZ  -  à lundi prochain pour la suite de notre périple littéraire au cœur de l’Amérique du Sud  -

Et pour prendre connaissance de la liste de mes précédents articles, cliquer sur le lien ci-dessous :

Liste des articles : LES VOYAGES LITTERAIRES DE DENIS

 

 

 


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Published by Armelle BARGUILLET - dans LES VOYAGES LITTERAIRES de DENIS
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commentaires

denis billamboz 04/06/2013 18:23

Si,la première fois, je n'avais pas envoyé un fiché pourri ..., nos lecteurs auront compris, l'informatique à aussi ses aléas techniques.

armelle 04/06/2013 10:00

Ne t'inquiète pas Denis, je pense que les lecteurs auront tout autant apprécié tes articles dans cet ordre dont je suis responsable. Ayant fait une mauvaise manoeuvre, je me suis retrouvée un lundi
matin avec le seul article du Chili, l'autre ayant été envoyé par mégarde aux abysses. C'est donc ma faute et je m'en excuse auprès de nos visiteurs.

"Denis.Billamboz 03/06/2013 13:09

Vous l'aurez vite compris, sans un petit problème technique dans l'envoi de mon texte à Armelle, celui-ci aurait dû paraître avant celui consacré au Chili. Vous voudrez bien me pardonner cette
petite erreur de manipulation que je n'ai pas comprise.

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