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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 08:37

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Je vous propose cette semaine un auteur comme la littérature française en ignore trop aujourd’hui, des auteurs qui écrivent des textes courts, épurés, minimalistes, exigeants, des textes qui sollicitent le lecteur et le laissent, après lecture, dans le ravissement. Je vous invite donc à voyager avec Vinau pour le plaisir mais aussi pour le voyage dans les beaux textes. Voyager pour voyager, lire pour lire… mais toujours pour le plaisir.

 

Nos cheveux blanchiront avec nos yeux

Thomas Vinau (1978 - ….)

 

Une suite de mini textes qui pourraient être des poèmes (peut-être en étaient-ce à l’origine de ce projet littéraire ?) et qui se déroulent comme les nœuds sur la corde au bout de laquelle le voyageur semble toujours en suspension entre là et ailleurs.

 

Walther veut rompre les amarres, partir, partir pour partir peu importe où et comment, ça sera un bateau, un bateau pour le grand nord, un bateau pour pêcher dans les îles norvégiennes, un avion pour revenir à Amsterdam, un vélo pour longer le canal, un train pour Prague et … voyager pour voyager jusqu’à la pointe méridionale de l’Europe, jusqu’à Gibraltar. Prendre la route pour, comme Kerouac, quitter le port d’attache et aller ailleurs, mais pas seulement sur le bitume, dans les airs, sur le rail et sur l’eau. Voyage initiatique, curatif, vital, afin de trouver un équilibre dans un monde qui s’altère de jour en jour. Et comme Kerouac, le voyageur revient toujours au port, au port où Sally/Pénélope l’a attendu sagement en lui tricotant un héritier, un petit d’homme qu’il faut choyer et accompagner dans ce monde complexe où le bien et le mal cohabitent. « Il y a comme une contradiction entre toute cette vie entre mes bras et toute cette mort dans la musique. »

 

Un texte minimum, une écriture minimaliste mais un récit très dense, très riche qui s’appuie sur une observation précise des petits détails qui composent notre vie. Une plongée dans le microcosme pour en assembler les miettes qui constituent le macrocosme, l’univers dans lequel nous nous débattons et  devons introduire nos héritiers. Une réflexion fondée sur les petites choses de l'existence de façon à expliquer l’homme et son devenir sur la planète où il demeure. « Tout ça s’accommode malgré tout, dans le même tourbillon de vie et de mort, de peine et de lumière, d’os et de jouets d’enfant, qui constitue le délicat chaos de nos vies. »

 

Kerouac décrivait cette quête du sens et de la raison de l’existence, bout-à-bout, sur un long rouleau de papier alors que Vinau ne rédige que des petits textes composés de phrases courtes, voire un peu sèches, surtout dans la première des deux parties de ce récit, avec des mots choisis et précis : une épure de texte comme un enchaînement de gymnastique sur la poutre.

 

Denis BILLAMBOZ

 

 

Pour consulter  les listes de mes précédents articles, cliquer sur les liens ci-dessous :

 

Liste des articles "Les coups de coeur de Denis "

 

Liste des articles : LES VOYAGES LITTERAIRES DE DENIS

 


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Published by Armelle BARGUILLET - dans LES COUPS de COEUR de DENIS
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commentaires

Cheveux gras 23/12/2013 07:51

Bonjour

Je dois dire que le titre de ce livre me donne vraiment envie de le lire.

armelle 16/12/2013 10:06

Denis, l'écriture, avant tout une longue patience et un brin de folie. Et, au final, plus de doute que de satisfaction.

"Denis.Billamboz 16/12/2013 00:31

Merci Armelle, que répondrais-tu à ces questions ?

armelle 13/12/2013 09:39

J'ai trouvé ce questionnaire sur internet à propos de Thomas Vinau qui répond avec beaucoup d'humour. Je pense qu'il éclaire un peu sa personnalité primesautière en apparence mais probablement
inquiète en profondeur :

1. L’écriture : c’est inné ou acquis ? C’est 90% sueur et 10% de talent ou l’inverse ?
Écrire c’est creuser un trou pour en remplir un autre, je ne sais pas si la sueur ou le talent ont quelque chose à voir avec ça. Probablement plus la sueur que le talent en tout cas.
2. Combien d’heures par jour pour l’écriture ? (avant votre premier roman et maintenant ?)
J’ai un rapport assez quotidien et assez régulier avec l’écriture qui va de la nanoseconde au trou spatio-temporel.
3. Votre premier roman, c’était quand, quoi, où, comment ?
Nos cheveux blanchiront avec nos yeux, commencé il y a quatre ans, publié l’année dernière chez Alma.

4. Quand peut-on être satisfait de son manuscrit ? Peut-on l’être vraiment ?
Quand il vous sort par les yeux et qu’il rentre par les yeux de quelqu’un d’autre.
5. Combien de refus pour arriver au St Graal ? Combien de textes proposés avant ce premier roman enfin publié ?
Beaucoup de textes refusés et beaucoup de textes et poèmes publiés avant ce roman.
6. Comment se déroule votre travail d’écriture ? Un premier jet en combien de temps ? Une lecture acharnée ? Des lecteurs ? Un projet que vous laissez grandir en vous avant de le coucher sur le
papier ?
100 fois sur le métier remettre ses naufrages. Petit à petit. Pas à pas. Tamiser à l’usure.
7. Quel est le plus difficile dans l’écriture d’un premier roman ? Comment surmonter les doutes et les angoisses sans tout arrêter et sans se demander à quoi finalement tout cela sert-il ?
La réponse est dans la question.

8. Faites nous rêver… Quelle sensation éprouve t on lorsqu’on a son premier roman, publié entre les mains ?
Quelque chose comme l’accouchement d’un enfant par un enfant.
9. Si vous deviez juger votre premier roman aujourd’hui, vous en diriez quoi ?
Qu’il est tendre et tordu, comme moi.

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TEXTE LIBRE

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Un blog qui privilégie l'évasion par les mots, d'abord, par l'imaginaire...toujours.

LES MOTS, nous les aimons pour eux-mêmes, leur sonorité, leur beauté, leur velouté, leur fraîcheur, leur hardiesse, leur insolence, leur curiosité, leur dureté, leur volupté, leur rigueur.
Différemment des notes et des couleurs qui touchent d'abord notre sensibilité, ils ont vocation à transmettre, informer, émouvoir, expliquer, séduire, irriter, formuler les idées, forger les concepts, instaurer le dialogue.
Ainsi nous conduisent-ils vers l'autre, l'absent, l'étranger, l'inconnu, l'exilé.

Parce qu'ils disent qui il est, comment est le monde, pourquoi est la vie, qu'ils gomment les distances, comblent les vides, dévoilent les énigmes, suggèrent le mystère, ils sont nos courroies de transmission, nos outils journaliers.

 

La vie doit être vécue en regardant vers l'avenir, mais elle ne peut être comprise qu'en se tournant vers le passé.

 Soëren Kierkegaard

 

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