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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 11:03

arton1211-19ddd.jpg   Le bourdon EMMANUEL

 

                                       VIDEO

 

Historique de la Sonnerie de Notre-Dame de Paris

Comptant parmi les plus vieux instruments sonores, les cloches ont été associées à la Chrétienté dès les premiers siècles de son essor, « proclamant Dieu à l’horizon » (Charles Péguy). Tout en rythmant l’écoulement des heures depuis le Moyen-Âge, leur fonction première est liturgique : par leurs volées et leurs tintements, elles appellent les fidèles à se rassembler et à prier, associant leurs chants aux joies et aux peines de la communauté chrétienne et, qui plus est à Notre-Dame de Paris, aux grandes Heures de l’Histoire de France.

 

Dès la fin du XIIe siècle, bien avant la fin de l’édification de la cathédrale, il est fait mention de la sonnerie des cloches précédant les offices. Cette sonnerie s’étoffa au cours des siècles au rythme de la vie de l’édifice et de son rayonnement, chaque cloche étant alors refondue une ou plusieurs fois par siècle aux voisinages de la cathédrale. L’ensemble atteindra en 1769 :

 
- huit cloches dans la Tour Nord,
- deux bourdons dans la Tour Sud (Marie  et Emmanuel ),
- sept cloches dans la flèche,
- trois au niveau du transept nord pour la sonnerie de l’horloge.

 

Ces vingt cloches et cette spatialisation constitueront un véritable paysage sonore dans le ciel de Paris jusqu’à la fin du XVIIIe siècle.  

 

Les affres de la Révolution n’épargneront pas les cloches de Notre-Dame qui seront toutes descendues, brisées et fondues en 1791 et 1792. Seul le bourdon Emmanuel, pièce maîtresse de l’ensemble, sera épargné et replacé dans sa tour en 1802 sur ordre de Napoléon Ier.

 

En 1856, quatre cloches seront installées dans la tour Nord. En 1867, trois cloches sont installés dans la flèche et trois autres dans le comble, au dessus de l’oculus des transepts, les six reliées à l’horloge monumentale installée alors dans la charpente.

 

Si le grand bourdon Emmanuel demeure aujourd’hui l’un des plus beaux vases sonores d’Europe, sinon le plus remarquable, comme s’accordent à le dire les campanologues, musiciens et musicologues, il n’en était pas de même pour les quatre cloches de la tour nord installées en 1856 et qui faisaient défaut. Défaut par la mauvaise qualité du métal employé (qui, outre un mauvais rendu acoustique, engendrait une usure importante), défaut par leur nombre, par leurs tailles, par leurs qualités acoustiques (elles n’étaient pas accordées entre elles) et défaut par le manque d’harmonie avec le bourdon avec lequel elles n’étaient pas non plus accordées.

Ce sont donc des raisons musicales et d’utilisation liturgique de cette sonnerie (offices, carillon des heures avec des thèmes appropriés à chaque temps liturgique) en ce XXIe siècle qui ont prévalu au choix de la nouvelle composition.


La mise en parallèle avec les éléments historiques (qui sont profusion dans le cas des cloches de Notre-Dame) a voulu que nous nous retrouvions en parfaite adéquation avec la situation de la sonnerie des tours à la veille de sa destruction, à savoir : huit cloches dans la Tour Nord et deux bourdons dans la Tour Sud, ensemble dont la base sera le bourdon Emmanuel.


Ces choix ont été validés à l’unanimité par la Commission Supérieure des Monuments Historiques.
En outre, l’installation d’un nouveau bourdon dans la Tour Sud, dont Viollet-le-Duc avait d’ailleurs prévu l’emplacement lors de la reconstruction du beffroi en 1845, permettra d’« économiser » le bourdon Emmanuel qui, du haut de ses 330 ans, doit ménager ses sonneries à la volée pour assurer sa pérennité.

 

C’est donc à travers cette œuvre patrimoniale contemporaine, qui s’inscrira dans la lignée des bâtisseurs de cathédrale à l’instar d’autres projets de ces 850 ans, que le paysage sonore de la fin du XVIIIe siècle pourra se faire entendre à nouveau sur le parvis de la cathédrale.

 

La fabrication des cloches est un travail d’extrême précision afin d’obtenir la sonorité souhaitée. Les décors sont réalisés en relief sur un moule puis le métal en fusion y est introduit, prenant la forme exacte de la cloche.

 

Suite à appel d’offre, la réalisation :
- des huit cloches de la tour Nord est confiée à fonderie CORNILLE-HAVARD à Villedieu-les-Poêles (département de la Manche),
- celle du bourdon Marie à la fonderie ROYAL EIJSBOUTS (à Asten aux Pays–Bas).

 

 

Le Choix des prénoms des nouvelles cloches rend hommage à des grands saints et des personnalités ayant marqué la vie du diocèse de Paris et de l’Eglise.

 

Pour la tour Sud :


- Marie En l’honneur de la bienheureuse VIERGE MARIE, Mère de Dieu et Mère de l’Eglise, et tout particulièrement protectrice de cette église-cathédrale Notre-Dame, église-mère de l’archidiocèse de Paris. En souvenir également du premier bourdon « MARIE » qui, de 1378 à 1792, fit entendre sa sonnerie.

 

Pour la tour Nord et par ordre de taille décroissant :


- Gabriel, L’Ange GABRIEL apporta au genre humain l’annonce tant attendue de la venue du Sauveur et c’est lui qui salua la Vierge Marie comme pleine de grâce. La plus grosse cloche de la Tour Nord portait déjà ce prénom au XVe siècle.


- Anne-Geneviève ; En mémoire de SAINTE ANNE, la mère de la bienheureuse Vierge Marie de qui devait naître le Fils unique de Dieu et de SAINTE GENEVIEVE, patronne et protectrice de notre cité.


- Denis, en l’honneur de SAINT DENIS, premier évêque de Paris, fut envoyé par l’évêque de Rome avec ses compagnons, le prêtre saint RUSTIQUE et le diacre saint ELEUTHERE pour semer l’Evangile du salut et souffrir le martyre en témoignage de Celui qui donne la vie aux morts.


- Marcel, en l’honneur de SAINT MARCEL, neuvième évêque de Paris au Ve siècle, fut particulièrement vénéré par les Parisiens pour sa charité envers les pauvres et les malades.


- Étienne, En souvenir de l’antique église-cathédrale de Paris qui a précédé l’actuelle cathédrale Notre-Dame et qui fut placée sous la protection de SAINT ETIENNE, premier martyr.


- Benoît-Joseph, pour conserver, en cette année de la Foi célébrée par l’Eglise universelle, le souvenir du Jubilé du 850e anniversaire de la cathédrale Notre-Dame de Paris ouvert sous le pontificat de Sa Sainteté le Pape BENOÎT XVI, notre Saint-Père.


- Maurice, en mémoire de l’évêque de Paris MAURICE de SULLY qui posa la première pierre de cette cathédrale Notre-Dame en 1163.

 
- Jean-Marie, En hommage au cardinal JEAN-MARIE LUSTIGER, 139e archevêque de Paris, de 1981 à 2005.

                                                                          

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Published by Armelle BARGUILLET - dans CULTURE
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commentaires

dasola 12/04/2013 15:29

Bonjour Armelle, votre article est vraiment passionnant, je ne savais pas tout cela. Merci et bonne après-midi.

Alain 01/04/2013 14:46

Joyeuses Pâques chère Armelle. Hier temps magnifique ici avec une douceur printanière. Aujourd'hui grisaille et pluie. Je vais m'arranger pour repartir demain soir pour quelques jours arrachés à
mes "obligations" familiales. Aujourd'hui je me fais un cadeau qui devrait vous plaire si j'en crois votre dernier commentaire. Je vais regarder La Strada pour la énième fois. Mais quand on aime
... Je viens d'imprimer cet article. J'ai appris des tas de choses en le lisant sur l'écran. Le relire sur papier prolongera le plaisir de ces découvertes. Bonne journée et très bonne fin de
week-end.

Edmée De Xhavée 31/03/2013 08:54

Joyeuses Pâques et merci pour cet article qui met rappelle tout l'art qu'il faut pour obtenir une cloche à la belle voix... On ne se rend que mieux compte du talent des artisans d'autrefois ...

philae 31/03/2013 01:25

bonnes fêtes de paques

Thérèse 30/03/2013 13:19

Joyeuses Pâques pour vous aussi Armelle. Je suis toujours heureuse de vous lire.

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