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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 07:49

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CANTATE POUR UN MONDE DEFUNT

 

 

Editions des Cahiers Bleus / Librairie Bleue 1991


       Prix Renaissance de Poésie 1993

 

 

 

Interprétée par une comédienne de Caen en août 2005 sur une plage des environs de Cabourg dans le cadre de la Semaine de Poésie organisée par l'Association " Les Puces Gourmandes " du Calvados.

Poème lyrique, il raconte l'épopée des hommes en quête de destin. La terre, qu'ils ont aimée et cependant réduite à n'être qu'une hôtesse servile, retrouve - grâce à la parole rénovante du poète - sa virginité native et redevient le lieu de toutes les mémoires, de toutes les promesses. Si bien qu'à bord de cette terre-paquebot, soudainement détachée des Vieux Continents, va s'effectuer le passage salvateur entre l'ancien et le nouveau monde.

 

 

Vint le poète,
celui qui habitait sur l'autre rive,
le colporteur de mots, le convoyeur de songes.
Il connaissait les mystères du langage,
les messages des vents,
des eaux la pente au dur partage.
Il ouvrait une faille à la mémoire,
sondait l'invisible et les âmes.
Il arguait sur le devoir,
sur la souffrance et sur le mal.
Cet homme parlait de ce qu'il savait,
des vendanges, des moissons et des semailles.

Il venait de l'autre rive,
celle minérale et réflectante et aveuglante du désert.
Il y avait marché longtemps
dans les oscillations des dunes et des nuages,
le poudroiement de l'or et des étoiles,
à l'écoute de l'ample choeur symphonique
des orgues de basalte et de grès.
L'écho du vent tissait ses vocables
dans ce décor rendu à son épure d'éternité.
Il avait connu aussi la marche lente des caravanes
et les ergs
et la méditation grave de l'espace.

Il parlait une langue
qu'aucun des hommes présents
ne se souvenait avoir entendue, nulle part.
Ni dans les colloques des princes,
ni dans les grands amphithéâtres,
ni même dans les conclaves...
Peut-être en avaient-ils saisi des bribes
dans le murmure plaintif des galets.
Et cet homme avouait :

je suis venu assumer l'inexprimable.

 

( ... )

 

Je vous prends tous à témoins,
amis et frères, entendez-moi !
Ne vous est-il jamais arrivé, un soir,
en remontant dans les vibrations de l'herbe
et le chant mélodique des cigales,
de l'avoir contemplée dans la jubilation du pampre,
la blancheur des amandaies,
elle, la bien-aimée des hommes,
elle, la belle épouse féconde,
terre qui n'était point de jachère
mais terre à blé, terre d'amarante,
façonnée dans l'argile simple du rêve
et qui se présentait à vous dans le rythme des combes,
le vallonnement des courbes pleines,
les hauts plateaux qui lui faisaient l'épaule ronde,
l'allure altière et sa tête rejetée dans les nuées.
Fiancée de l'universel, l'âpre désir à cette approche,
ce renouement aux flancs qu'enfièvre le temps seul.


 ( ... )

Passé le dernier amer, le dernier cap,
la salutation des astres,
ils allaient selon l'allure du vent,
à son amble,
portés par les bras de la terre en croix,
portés par la lame intarissable de l'histoire.

 

Ce que les critiques ont écrit au sujet de ce recueil :

 

 

" Au début on pense AUX CONQUERANTS de HEREDIA. Pourtant cet ouvrage a bien peu à voir avec l'auteur des TROPHEES. En poursuivant un autre nom s'impose, celui d'un autre poète du XIX ème siècle, l'américain Walt WHITMAN. L'esprit et la forme du grand poème d'Armelle HAUTELOIRE rejoignent ceux de cet américain mort depuis bientôt cent ans...Je pense qu'un musicien contemporain pourrait être intéressé par ce texte. "

 

                                        Jean  DAUBY   ( Cahiers Froissart )

 

 

" Une belle langue inspirée. Du souffle. De la hauteur dans la vision. Un lyrisme qui s'apparente de loin à SAINT-JOHN-PERSE ( un indice pour faire court), une qualité sans faille d'écriture, une superbe voix. Je verrais très bien cette CANTATE lue à haute voix sur scène."

 

                                        Michel CAMUS ( Lettres Vives )

 

"Tout simplement emporté par ces versets puissants qui sont comme  le souffle de hauts rivages. Surprenant qu'une femme ait pu écrire un texte de cette vigueur, admirablement rythmé par les exclamations marines qui scandent chaque chapitre. Du grand art."

 

                                          Guy CHAMBELLAND

 

Pour se procurer l'ouvrage, cliquer      ICI

 

 

 


JE T'ECRIS D'ATLANTIQUE

 

 

Editions des Cahiers Froissart - Prix des Cahiers Froissart 1991 -

 

Du milieu de l'océan, la femme écrit à l'absent. Mots qui se psalmodient de façon douce-amère, donnent sens à sa solitude, force à sa faiblesse. Là se posent les interrogations les plus brûlantes, se pleurent les peines les plus vives. Puis-je être, si tu n'es plus ? Tout serait-il à re-faire, à ré-inventer, en présence d'un élément dont la réalité se fait reflet ? Tel se veut le poème qui dit la fragilité d'être...

 

 

Extraits :

 

 

Si le ciel vire ses voiles,
tu sauras que les navires, partis au crépuscule,
ont ouvert des voies d'eau sur l'infini,
que les hommes voguent vers la haute mer,
qu'ils reposent au fond des cales, sous des bâches,
la tête pleine de chimères.
Tu connaîtras l'angoisse, l'obsession,
quand tout se tord et se tend, que tout s'exaspère,
que les cordages lâchés se lovent sur les ponts.
L'air saturé d'étoiles est un miroitement sans fin.

Dans cette pénombre,
des signaux brefs nous disent
qu'ailleurs est un espace familier et meilleur.
Au loin, alors qu'un cap se profile,
notre faim s'accroît d'un dernier désir.
Les marins, l'oreille en alerte,
surprennent le bruit sourd des vents
qui remontent à leur base.
Désormais, n'y a-t-il plus d'attente à espérer ?
Ce continent nous restera-t-il inconnu ?
Où mener notre course sans céder, sans faiblir trop vite ?


( ... )

Ainsi l'image du premier jour,
ainsi l'eau à la proue parée pour le passage,
ainsi l'hésitation au bord de la houle
qu'affranchira le temps. J'ai peur,
parce que l'odeur de paille n'éveillera pas le grillon,
que le coq s'est tu,
que la cloche ignore le tintement qui l'ébranle.
Je sais que le continent brûle d'un feu dissipé,
que le ciel brille d'un éclat perdu.
S'éloigner n'a plus le même sens que jadis.
Chacun porte en soi son nouveau monde.
Les lèvres sèches, on contemple une ligne
qui n'est pas l'horizon mais une trace originelle.
La matière s'estompe enfin. A l'avant,
il n'y a plus que l'absolu à distinguer.

 


Ce que les critiques ont écrit :

 

"Quel fil lumineux ! Plein de questions et d'espoir. Réponse humble devant les grands problèmes. Un cri. Plein d'espoir, ouvert, positif et réconfortant. Avec une incantation authentique et doucement moderne. Grande voix personnelle, fraternelle, nous rappelant les lumières simples qui nous attendent."

 

                                            Daniel GELIN

 

" C'est vif, c'est ardent, c'est situé comme aurait dit Max JACOB. L'auteur excelle dans le court. Elle a un accent, un ton qui lui est propre. Je regrette que cette longue suite ne comporte pas l'autre amour, celui de l'ami évoqué, plus charnel. En revanche, j'ai beaucoup apprécié les élans, comme répétés, du spirituel, lui aussi charnel, selon PEGUY."

 

                                             Pierre OSTER

 

" Quand on s'est habitué à cette voix discrète, on la trouve très personnelle sous son apparente banalité, toujours juste dans le choix des mots et des rythmes. L'aventure spirituelle, pudiquement exprimée, y est retracée avec authenticité."

                                             Jean-Pierre LEMAIRE

 

" Une magie, un onirisme à la KOWALSKI, une nostalgie d'enfance. Un ton, une originalité, des élans convaincants."

                                               Jean ORIZET

 

La perte de la plénitude, de l'innocence, une chute si grande ; ce recueil de brefs poèmes raconte - car il y a une sorte de progression dans la prise de conscience - un apprentissage de la solitude, du temps, " d' un monde qui ne cesse plus de se défaire", puis, dans la deuxième partie, une reconquête intérieure à partir de ce " restant de lumière" qui semble correspondre aussi à un retrait de la réalité : " Nous règnerons dans le noyau immobile de notre songe".
Le propos même explique sans doute l'aspect diaphane de ces vers, cette poésie désincarnée, malgré des formules ramassées : " L' inquiétude qui nous fit prophètes " - " Ailleurs n'est jamais autre part qu'en soi " - et de belles images comme celle-ci : " La nuit venait s'éteindre à nos lampes".

 

                                                  Michel BAGLIN

 

Ce texte, épuisé en première édition, a été repris en totalité dans  PROFIL de la NUIT

 

Cliquer    ICI   pour se procurer " PROFIL de la NUIT  - Un itinéraire en poésie"



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Lors de la remise du prix Froissart à Valenciennes en 1991.

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