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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 09:29

Louisa de Mornand

 

Une autre amie de Proust est la jeune actrice Louisa de Mornand qui commence sa carrière pas des levers de rideau sur les Grands Boulevards et dont il brosse le portrait en vers :

« Louisa nous semble à tous une pure déesse

  Son corps n’en doutez pas doit tenir la promesse

  De ses deux yeux rêveurs, malicieux et doux. »

Mais à la différence de Rachel qu’elle inspirera, ce n’est pas une ancienne prostituée et elle n’est pas juive. Proust a emprunté ce détail de la maison close à l’actrice Lantelme, maîtresse d’Alfred Edwards, fondateur et directeur du « Matin », qui l’en avait sortie et qui mourra tragiquement au cours d’une croisière sur le Rhin. Proust les avait rencontrés tous deux durant l’été 1907 au Grand-Hôtel de Cabourg où ils séjournaient. Par ailleurs, Louisa ne fera pas sur scène une carrière aussi brillante que Rachel dans la Recherche. Si Rachel éclipse la Berma, Louisa ne fera aucunement de l’ombre à Sarah Bernhardt ou à Réjane.

Née Louisa Montand en 1884, cette jeune femme avait dix-huit ans lors de ses débuts, un corps sculptural et un visage charmant. De 1903 à 1910, elle jouera des rôles secondaires à la Gaieté, aux Mathurins et au Vaudeville, puis sa carrière cessera d’un coup après 1910, malgré quelques apparitions au cinéma entre 1932 et 1935. Sa liaison très passionnée avec le marquis, puis le duc Louis d’Albufera, cesse en 1906, à la suite de laquelle ce dernier lui versera une pension plus modeste que celle de Saint Loup à Rachel.

C’est l’occasion pour le narrateur de la Recherche de réfléchir sur l’amour entre deux personnes et de rejoindre sur bien des points ce que la psychanalyse en a dit ou en dira. Rachel identifiée à une idole par Saint-Loup dépassait la stature humaine et dominait de loin «  l’avenir qu’il avait dans l’armée, sa situation mondaine, sa famille » - précise l’auteur.

Mais, comme pour Swann à l’égard d’Odette, comme pour le narrateur à l’intention d’Albertine, l’amour de Saint-Loup pour Rachel sera miné par la jalousie, par la méfiance dont ce dernier se laisse envahir, supposant que ses sentiments ne sont pas partagés :

 

«  Tout à coup, Saint-Loup apparut, accompagné de sa maîtresse, et alors, dans cette femme qui était pour lui tout l’amour, toutes les douceurs possibles de la vie, dont la personnalité, mystérieusement enfermée dans un corps comme dans un Tabernacle, était l’objet encore sur lequel travaillait sans cesse l’imagination de mon ami, qu’il sentait qu’il ne connaîtrait jamais, dont il se demandait perpétuellement  ce qu’elle était en elle-même, derrière le voile des regards et de la chair, dans cette femme je reconnus à l’instant « Rachel quand du Seigneur ». Et Proust ajoute un peu plus loin : «  Ce n’était pas « Rachel quand du Seigneur » qui me semblait peu de chose, c’était la puissance de l’imagination humaine, l’illusion sur laquelle reposaient les douleurs de l’amour que je trouvais grandes ».

 

A Céleste Albaret, Louisa confiera beaucoup plus tard que le marquis était très gentil et très généreux mais pas très intelligent. Et Proust, auquel Céleste rapportera ce propos, rétorquera : « L’intelligence du duc est au niveau du talent de Mademoiselle de Mornand. » Cependant Proust aimait Albufera et les liens qu’il entretint avec l’actrice n’ont sans doute eu d’autre cause que de le rapprocher du jeune marquis, mais, hélas pour Proust, ce dernier n’était pas de ce bord ! D’ailleurs, lorsqu’en 1904, Albufera épouse une petite fille de Masséna, c’est Proust qui est chargé de consoler Louisa et de faire en sorte qu’elle patiente durant le voyage de noces. Marcel ne se cachera pas d’avoir beaucoup appris en observant le couple et s’inspirera des amours orageuses de l’aristocrate d’empire et de la petite actrice de boulevard qu’il reproduira assez fidèlement dans celui formé par Saint-Loup et Rachel, au point qu’Albufera rompra avec lui lorsqu’à son tour il se découvrira dans le personnage. Par la suite, Louisa tombera dans les bras d’un roturier nommé Robert Gangnat qu’elle rendra très malheureux. L’apprenant de la bouche de Gaston Gallimard, l’écrivain noircira un peu le portrait de Rachel.

Mais nous devons à Louisa une reconnaissance particulière, celle d’avoir conservé les lettres que Proust lui avait envoyées. Avait-elle pressenti l’avenir encore lointain du petit Marcel ? Avait-elle été  charmée par le ton, la qualité de ces pages ? Il est rare, en effet, de garder par devers soi des missives qui n’émanent pas d’un fiancé, d’un mari, d’un amant. Il est vrai que c’est Marcel qui l’avait présentée à Henri Bataille, le premier dramaturge a lui avoir fait confiance et intronisée sur les planches parisiennes. Céleste Albaret, parlant de Louisa, dit qu’il dût y avoir entre Proust et elle une forme d’attachement. Elle se rappelait qu’un soir l’écrivain l’avait chargée d’aller d’urgence lui porter un pli. Céleste avait trouvé l’actrice à son domicile déjà tout habillée prête à sortir dans une robe fourreau en satin noir, encore jeune et belle. Quand elle lui avait dit qu’elle venait de la part de monsieur Proust, celle-ci avait sauté de joie. Le message n’était autre qu’une invitation à dîner pour le soir même. Alors Louisa avait tout décommandé pour s’y rendre. Bien des années après, alors que Céleste tenait un hôtel rue des Cannettes avec son mari Odilon, elle avait vu arriver une très vieille dame qui était restée longtemps prostrée sur un siège à lui parler de Marcel, et c’était elle. J’ai bien senti – notera Céleste - que le souvenir de Mr Proust ne l’avait pas quitté. Du moins Louisa de Mornand, même si elle s’est reconnue en Rachel, et c’est plus que probable, n’en a pas pris ombrage et conservera un souvenir ému de celui qui lui adressait quelques-unes des lettres suivantes :

 

«  Chère Amie,

Votre souvenir m’est précieux et je vous en remercie. Combien j’aimerais me promener avec vous dans ces rues de Blois qui doivent être pour votre beauté un cadre charmant. C’est un vieux cadre, un cadre Renaissance. Mais c’est aussi un cadre nouveau puisque je ne vous y ai jamais vue. Et dans les endroits nouveaux les personnes que nous aimons nous semblent en quelque sorte renouvelées. Voir vos beaux yeux refléter le ciel léger de Touraine, votre taille exquise se détacher sur le fond du vieux château, serait plus émouvant pour moi que de vous voir avec une toilette autre, ce serait vous voir avec une parure différente. Et j’aimerais essayer à côté des jolies broderies de telle robe bleue ou rose que vous portez si bien, l’effet des fines broderies de pierre que le vieux château porte aussi avec une grâce qui pour être un peu ancienne n’en est pas à mon gré moins seyante. Je vous écris tout cela avec une plume si mauvaise qu’elle ne peut écrire qu’à l’envers. Ma cervelle l’est un peu aussi. Ne vous étonnez pas si le résultat n’est pas brillant. Du reste, je ne sais dire aux femmes que je les admire et que je les aime, que quand je ne pense ni l’un ni l’autre. Et vous, vous savez que je vous admire beaucoup et que je vous aime beaucoup. Aussi je saurai toujours très mal vous le dire. Ne croyez pas que tout cela soit une manière indirecte, prétentieuse et maladroite de vous faire la cour. Bien que cela ne tirerait pas à conséquence, parce que vous m’auriez vite envoyé promener, j’aimerais mieux mourir que de lever les yeux sur la femme adorée d’un ami que son cœur noble et délicat me rend chaque jour plus cher. Au moins, peut-être un peu d’amitié et beaucoup d’admiration me reste-t-il permis… Vous en déciderez comme vous voudrez. En attendant ce verdict, risquant le tout pour le tout et avec une hardiesse qui est peut-être un effet de la grande distance qu’il y a entre la rue de Courcelles et la Chaussée St-Valentin, je vais faire (en demandant mentalement la permission à Albufera) une chose qui me ferait un plaisir fou si elle se réalisait un jour autrement qu’en lettre, ma chère Louisa, je vous embrasse tendrement. »

 

Et pour renforcer, si besoin est,  notre conviction que dans le couple formé par Albufera et Louisa, Louis était encore plus cher au cœur de l’écrivain, voici une autre lettre qui, comme la précédente, a été écrite au cours de l’année 1904 – 1905 :

 

«  Ma petite Louisa,

Je vous envoie pour l’année qui vient mes voeux les plus profonds d’une amitié que le temps qui passe et le temps qui vient ne cesse de rendre plus tendre et plus forte, plus triste aussi du souvenir du temps qui est passé et du temps qui ne reviendra plus. C’est si difficile à distance de savoir ce que désire la chère Louisa, que c’est seulement à mon retour quand je pourrai m’informer et chercher que je vous enverrai un de ces pauvres objets que vous daignez accueillir parce que vous savez y voir, avec votre imagination de poète, toute la tendresse de celui qui les choisit, l’humble dévouement de celui qui les place, et se place, à vos pieds.

Mais d’ici-là – tout de suite vous pourriez me rendre un grand service. Ce serait – par retour du courrier, Louisa, peut-on vous demander une chose pareille ! par dépêche serait encore mieux – de me dire quelque chose que vous croyez qui ferait plaisir à celui qui vous le savez est mon plus cher ami. Dites-le moi. Est-ce quelque chose pouvant servir à son auto. Et alors quoi ? – Est-ce une épingle de cravate ? Et alors quelle pierre ? Vite un mot, cela me fera si grand si grand plaisir. »

 

Le temps a passé. Cette lettre date des années de guerre 14/18. Louisa a rompu avec Louis d’Albufera malgré les efforts de Proust pour tenter de les rabibocher, vit désormais avec Robert Gangnat  et vient de perdre son frère :

 

«  Je ne peux vous exprimer que brièvement le grand chagrin que me cause votre lettre. Ce grand chagrin est trop naturel ; vous aimant comme je vous aime, je ne peux pas ne pas être cruellement atteint par l’idée que vous souffrez. Et vous savez dans ce cas-là on pense d’autant plus aux êtres qu’on aime, bien que cette pensée vous fasse mal, comme quand on est malade on fait justement les mouvements qui font souffrir et qu’on ne devrait pas faire. Si je vous écris d’une façon trop courte mon affection et ma peine, c’est que ce matin tandis que je faisais mes fumigations, comme probablement même mes poudres anti-asthmatiques doivent être moins bien fabriquées pendant la guerre, une pincée enflammée m’en a sauté aux yeux et m’a brûlé le coin de l’œil. Je n’ai pas vu de médecin et je pense que cela ne sera rien, mais cela continue de me faire assez mal et il a fallu la nouvelle du malheur que vous m’annoncez pour que je prenne la fatigue d’écrire. Cela ne m’étonne pas que Louis vous ait écrit une lettre délicieuse. Comme je le disais dernièrement à un certain nombre de dames qui ont été à peu près élevées avec lui et qui pourtant ne le connaissent peut-être pas aussi bien que moi, c’est le plus grand cœur que je connaisse et il n’y a pas de lettres que j’aime autant que les siennes. J’admire infiniment ce que vous faites pour la famille de votre pauvre frère. Et imaginez-vous (il me semble du reste que je l’avais dit à Louis) que sur une photographie que j’avais vue de lui, j’avais eu une grande curiosité de le connaître, j’ai toujours été curieux de ce que pouvait donner la transposition d’un visage ami, ou aimé, du sexe masculin dans le féminin, et vice-versa. C’est ainsi qu’il y a trois ans je désirais beaucoup voir le petit B…, frère d’une femme qui quand elle avait 15 ans a été le grand amour de ma jeunesse et pour qui j’ai voulu me tuer. Il y avait bien des années de cela. Malgré cela j’étais curieux de voir son jeune frère. Hélas, il est mort presque au début de la guerre. Je pourrais vous citer bien d’autres cas si vraiment mes yeux ne m’abandonnaient, entre autres d’un Monsieur de F…(que je n’ai du reste jamais vu) et qui est le fils d’une femme avec qui je jouais aux Champs-Elysées, bien qu’elle fut sensiblement plus âgée que moi. Au revoir ma chère Louisa, mon cœur ne se lasse pas de bavarder avec le vôtre. Rappelez-moi à Louis qui ne m’écrit plus et n’a pas répondu à mes dernières lettres, lesquelles d’ailleurs n’impliquaient aucune réponse. Mais j’aime rester en contact avec sa pensée.

Votre tout dévoué

Marcel Proust

 

 

Et voici la dernière lettre qu’il lui ait écrite après la mort de Robert Gangnat :

 

«  Votre lettre m’est un coup bien douloureux. Il faudra, avant de quitter cette vie ou plutôt une existence qui ressemble si peu à la vie, que j’aie vu mourir tout ce qui ressemble si peu à la vie, que j’aie vu mourir tout ce qui était bon, noble, généreux, capable d’aimer, digne de vivre. Et ceux qui restent, il faudra que je les voie, douloureux, blessés, en pleurs sur des tombes toujours nouvelles. Je suis de ceux si oubliés qu’on ne leur écrit plus que quand on est malheureux, ainsi je n’ose plus ouvrir une lettre, il me semble qu’il n’y a plus que des malheurs. O vous que j’ai tant aimée, Louisa, je vous plains de tout mon cœur car je sens ce que vous avez perdu. Vous pouvez pourtant être fière et bénir Dieu, car vous avez inspiré en Louis d’abord, et à Gangnat (bien que je ne puisse même dans l’émotion de cette mort faire tout de même de comparaison entre eux, d’ailleurs mon cœur est trop partial pour Louis) peut-être les deux dévouements les plus purs, les plus chevaleresques, les plus grands qu’une femme ait jamais inspirés. Je ne sais comment vous conduirez votre vie et si vos amis de demain seront dignes de ces deux êtres, mais je ne puis croire qu’il ne reste toujours, toujours en vous, une douceur d’avoir été à ce point aimée ! Si je n’étais si mal ces jours-ci, j’aurais voulu vous écrire plus longuement et mieux, et aussitôt que votre lettre a été portée à la maison. Mais je ne l’ai eue que douze heures après, ne laissant presque plus entrer mes domestiques dans ma chambre. Adieu, Chère amie préférée d’autrefois ! Vous savez que mon cœur, silencieusement et discrètement, a éprouvé pour vous ce qui ne s’oublie pas, ce que rien n’efface, et qui survit en une tendresse que j’agenouille tendrement, les mains dans les vôtres, aux pieds de votre chagrin.   VOTRE MARCEL

                                                           

Sans aucun doute possible, Proust a utilisé dans la Recherche des éléments pris sur le vif lors de sa longue et pénétrante observation des agissements de ce couple que  leurs milieux si antagonistes ne cessaient d’opposer, créant des situations et des dilemmes qui leur était difficile de gérer, jusqu’au moment où Louisa s’éloigna définitivement de Louis qui en sera très malheureux. Voyons comment l’écrivain dépeint la relation de Saint-Loup et de Rachel, que ce couple lui inspira dans un chapitre de  A l’ombre des jeunes filles en fleurs et vous verrez à quel point la réalité rejoint la fiction :

 

« Ayant un préjugé contre les gens qui le fréquentaient, (Saint-Loup) allait rarement dans le monde, et l’attitude méprisante ou hostile qu’il y prenait augmentait encore chez tous ses proches parents le chagrin de sa liaison avec une femme de théâtre, liaison qu’ils accusaient de lui être fatale et notamment d’avoir développé chez lui cet esprit de dénigrement, ce mauvais esprit, de l’avoir dévoyé, en attendant qu’il se déclassât complètement. Aussi, bien des hommes légers du faubourg Saint-Germain étaient-ils sans pitié quand ils parlaient de la maîtresse de Robert. Les grues font leur métier, disait-on, elles valent autant que d’autres ; mais celle-là, non ! Nous ne lui pardonnerons pas !  Certes, il n’était pas le premier qui eût un fil à la patte. Mais les autres s’amusaient en hommes du monde, continuaient à penser en hommes du monde sur la politique, sur tout.  Lui, sa famille le trouvait aigri. Elle ne se rendait pas compte que pour bien des jeunes gens du monde, lesquels sans cela resteraient incultes d’esprit, rudes dans leurs amitiés, sans douceur et sans goût, c’est bien souvent leur maîtresse qui est leur vrai maître, et les liaisons de ce genre, la seule école de morale où ils soient initiés à une culture supérieure, où ils apprennent le prix des connaissances désintéressées.  ( … ) D’autre part, une actrice, ou soi-disant telle, comme celle qui vivait avec lui - qu’elle fût intelligente ou non, en lui faisant trouver ennuyeuse la société des femmes du monde et considérer comme une corvée l’obligation d’aller dans une soirée, l’avait préservé du snobisme et guéri de la frivolité. (… ) Avec son instinct de femme et appréciant plus chez les hommes certaines qualités de sensibilité que son amant eût peut-être sans elle méconnues ou plaisantées, elle avait toujours vite fait de distinguer entre les autres celui des amis de Saint-Loup qui avait pour lui une affection vraie, et de le préférer. ( … ) Sa maîtresse avait ouvert son esprit à l’invisible, elle avait mis du sérieux dans sa vie, des délicatesses dans son cœur, mais tout cela échappait à la famille en larmes qui répétait : « Cette gueuse le tuera, et en attendant elle le déshonore ». Il est vrai qu’il avait fini de tirer d’elle tout le bien qu’elle pouvait lui faire ; et maintenant elle était cause seulement qu’il souffrait sans cesse, car elle l’avait pris en horreur et le torturait. »

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

Pour consulter le chapitre précédent, cliquer sur le lien ci-dessous :

Qui se cache derrière Odette Swann dans l'oeuvre de Proust ?

Et pour prendre connaissance du suivant et dernier, cliquer sur son titre :
Qui se cache derrière Mme de Villeparisis dans l'oeuvre de Proust ?

 

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