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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 08:42

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Comment le poète chante-t-il le couple ? Comment le décrit-il ? A travers les siècles, sa parole a porté l'offrande et le don, l'expression et le sens du mot le plus beau du vocabulaire " AMOUR ". 

 

 

O ma fiancée qui s'avance
dans l'aurore radieuse et l'envol blanc des mouettes belliqueuses ;
la mer râle au loin son chant de vacuité
et tes longs cheveux qui glissent sur tes hanches sont algues lissées par les flots.
Ma fiancée, mon amante, plus douce à mes lèvres que pulpe de mangue,
plus belle à mes yeux que feuille d'acanthe,
à ma langue plus suave que grain de coriandre,
sois celle qui te dresse et te tiens en vigie, face à moi qui te somme,
face à moi qui te nomme, somptueuse riveraine.

Jamais vaisseau ne porta haut ton lignage,
jamais lame n'abreuva l'espace de tes voiles, au large,
où la mer croise le remue-ménage de ses vagues.
Grande écorce qui vibre sous tes dunes,
tu offres au regard tes combes et tes lagunes
et l'alternance des saisons joue aux dés l'or de tes feuillages.

Ma fiancée, mon amante,
en toi est mon jardin,
en toi est mon enfance,
et je suis là à mon ancrage,
femme fleur, femme fête, femme paysage.

 

Te voir, te toucher,
est-ce assez pour l'écueil imparfait où la chair se prend ?
Flamboiement aux artères que le sang divise,
ici le coeur s'empale à son désir,
rien ne ravaude le temps qui se presse à ma mesure. Rien !
Est-ce assez que la loi brise l'élan et courbe l'échine de l'éclair ?
Est-ce assez l'imposture pliée aux quatre coins du rectangle ?
Cercle divinement dilaté, sans rayons, ni sécantes,
j'ai mal où ma douleur m'emporte.
A l'avivement du feu, le segment de la pierre,
l'enlacement des ténèbres, là où se creuse la fulgurance.

O aimée, mes lèvres jointes sur le mot retenu !
Te dire, te parler,
radier jusqu'à la plus folle exaspération des sens
et l'eau sur la blancheur de tes bras...

Je n'ai pas d'écoute. La voile porte haut mon message
et le sillage rompt les amarres trop savamment tendues.


Être toi plus vrai dans ma vérité partagée
et notre couche ouverte aux effluves de l'été,
cette saveur de sel quand la marée diffuse ses embruns
et la pointe aiguë de l'alliage au sommet de l'alliance.
Ma fiancée, ô ma fiancée, regarde-moi.
Sur ton visage ai-je assez posé l'empreinte de mes yeux,
torche vive, ai-je assez consumé la pulpe de tes doigts !
Ne cabre pas ton corps à mon insistance,
ne me défie pas de ton indifférence,
haute jusqu'à l'ultime, à notre coupe
bois cette liqueur d'ellébore.

 

Ta main dans la mienne
nouée comme un oeil épissé,
doublement lové en son orbe.
Gansé de salive est mon baiser sur ta nuque
et je suis devant toi, coursier d'étoiles sur les grès,
joueur d'élodion dans la pénombre des chambres,
où les servantes tiennent captifs des plaisirs très secrets.
Mortel est le désir qui affame mon âme ;
désir d'elle, femme aux rives immortelles,
antienne, vibrante antienne en l'honneur de toi.

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE  

 

Extraits de " Profil de la Nuit " - Le chant de Malabata  ( Antienne ) Editions L'étoile du Berger ( 2005 )


Ce poème a d'abord été publié par Guy Chambelland / Le pont de l'Epée en 1986, a été couronné par l'Académie française en 1987, re-publié par "Les cahiers bleus" en 2001, a fait l'objet d'un spectacle au château du Barry de Louveciennes et d'une émission de radio de Pascal Payen Appenzeller et se trouve désormais inclus dans " Profil de la Nuit - un itinéraire en poésie".

 

Pour se procurer ce livre, cliquer  LA

 

Pour lire un autre poème publié ici et inclus dans "Profil de la nuit", cliquer sur son titre :

 

Le coeur révélé  

 

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Published by Armelle BARGUILLET - dans LITTERATURE
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commentaires

Carou 06/02/2014 14:20

Quand l'amour est mis sur un piédestal de si belle façon,

Juste un mot "splendide",

Merci pour votre poésie qui m'enchante !

Encore une fois, même si je me répète, inconcevable de voir le peu de commentaires.

Aimer lire est une chose, exprimer le plaisir d'avoir lu un poème en est une autre...

Vous méritez bien plus de considération sur ce site, désolé si je me répète, mais c'est ce que je pense !

Mes respects cordiaux,

Carou

Gérard ROCHER 22/02/2013 23:51

C'est magnifique Armelle. Que dire de plus car il y a là tellement de sensibilité et de justesse dans les mots. Très bel hommage de Saint Valentin.

Pascal 15/02/2013 13:32

Comment mieux saluer l'amour et le couple, Armelle ? Vos stances en sont l'expression même. Nous avons d'ailleurs l'ensemble de vos poèmes à la maison, Agnès étant une grande amateur de poésie.

palilia 14/02/2012 15:39

Armelle, je viens honorer ton poème : c'est la première fois que je souhaite une bonne Saint Valentin à tout le monde et tu sais que je ne le faisais jamais. J'ai pensé à toi il y a quelques jours
: un magnifique rouge-gorge s'est posé sur le grillage blanchi par la neige, le temps que je prenne mon appareil photo il s'était envolé mais l'intention y était.

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Ainsi nous conduisent-ils vers l'autre, l'absent, l'étranger, l'inconnu, l'exilé.

Parce qu'ils disent qui il est, comment est le monde, pourquoi est la vie, qu'ils gomment les distances, comblent les vides, dévoilent les énigmes, suggèrent le mystère, ils sont nos courroies de transmission, nos outils journaliers.

 

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