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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 09:10

P1070990.JPG     Photos Yves Barguillet

 

Après la côte d'Armor en juillet, voici l'Alsace en septembre par un temps que l'on nous annonçait beau à l'est et cela se vérifiera en effet, car la semaine va nous réserver une météorologie idéale pour le tourisme : soleil éclatant et température oscillant entre 16° et 26°. Que souhaiter de mieux pour les visites que nous allons faire et les longues promenades dans les collines et vignobles de cette route des vins qui nous réserve tant d'inoubliables surprises. C'est peut-être la route gastronomique la plus fameuse de France. Entre Strasbourg au nord et Colmar au sud, elle se déroule sur 125 km et sait varier les plaisirs entre passé et présent, vignes et jolis villages, vieux châteaux et caves de dégustation, fêtes vigneronnes et abbayes. Depuis que les Romains eurent la bonne idée de planter quelques ceps de vigne sur sa terre, on peut dire que l'Alsace a su les faire fructifier. Au Moyen-Age, ce furent les communautés religieuses qui s'employèrent à l'essor de cette noble et rentable activité, d'autant que les coteaux, exposés plein sud, s'y prêtaient et que le vin vendangé eut de suite un goût délicieux, inégalable et fruité. Installés à Riquewirh, en plein coeur de la région, nous allons rayonner facilement et apprécier le charme de ce pays où la nature composée de souples collines, de bois et de vignes s'allie à la beauté de l'habitat. Les villages se succédent tout au long du parcours, tantôt blottis au creux d'un vallon, tantôt couronnant une colline comme un nid de cigogne, et toujours enlacés de vignobles qui déroulent  alentour leur tapisserie ocre et blonde.
 

 

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                                     La petite France

 

Notre première visite sera pour Strasbourg, que nous connaissions pour y être passés trop rapidement, et qui est une ville admirablement belle avec sa cathédrale, ses maisons anciennes et son quartier de la "Petite France" qui fut celui des meuniers, des pêcheurs et des tanneurs et a conservé, malgré les rénovations, son caractère originel. Ici, on soignait les soldats des armées de Charles VIII et de Louis XII qui rentraient des campagnes d'Italie, on tannait les cuirs que l'on mettait à sécher sur des claies de roseaux cultivés à cet usage sur les berges de l'Ill. Se promener dans ce quartier est un enchantement, car les quais voient se succéder des maisons médiévales, des ponts, des tours, cela en une symphonie d'eau et de fleurs. Sur la place de la Cathédrale, admirable à maints égards, ne serait-ce que par ses vitraux, sa statuaire, son horloge astronomique, sa chaire finement sculptée, cathédrale que Paul Claudel nommait " le grand ange rose de Strasbourg", se trouve la pharmacie du Cerf, l'une des plus anciennes d'Europe. Et la maison Kammerzel du XVe siècle décorée de sculptures en bois qui représentent les signes du zodiaque, les cinq sens, les héros de l'antiquité et les légendes locales. Une petite merveille à elle seule.

 

 P1070995.JPG    Maison Kammerzel

 

Mais tout est étonnant, magnifique à Strasbourg dans ce vieux quartier où alternent, en un plaisant désordre, les palais - celui des Rohan-Soubise - les églises, les places, les musées, les cours intérieures et leurs balcons croulants de géraniums, ville qui a su éviter la démesure bien que siège du Parlement européen et du Conseil de l'Europe, en conservant une taille humaine. Dans le passé, Strasbourg fut tout ensemble le foyer d'un humanisme influent avec Gutenberg et d'une profonde réforme religieuse avec Calvin. Louis XV y épousa par procuration le 15 août 1725 Marie Leszczynska, fille du roi détrôné de Pologne, Marie-Antoinelle, arrivant de Vienne pour épouser le futur Louis XVI, sera reçue par Louis de Rohan en 1770, Mozart y donnera des concerts et Goethe y séjournera comme étudiant à la célèbre Université. Par ailleurs, Strasbourg concentre tout ce que la région compte de spécialités gastronomiques : foie gras, vins, charcuteries, pains d'épices, chocolats et pâtés innombrables. On n'a que l'embarras du choix entre le coq au riesling et la poularde aux morilles, l'incontournable choucroute, les baeckeofe et flammekueche auxquels s'ajoutent au dessert le kugelhopf, brioche aux raisins secs et aux amandes, et les délicieuses friandises que les pâtisseries vous proposent dans leurs alléchantes vitrines.


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Peu de grandes villes sont aussi harmonieuses et n'offrent à l'oeil, dans un périmètre restreint, autant d'occasions de s'émerveiller. Bien sûr la cathédrale, monument emblématique de la ville, commencée au début du XII ème et achevée en 1439, vit ces gens du Moyen-Age, que l'on dit souvent arriérés, élever à mains nues l'un des plus remarquables chefs-d'oeuvre de l'art gothique. Cet édifice d'une incroyable hardiesse architecturale domine le Vieux-Strasbourg et l'écheveau de ses rues. C'est en 1384 que Michel de Fribourg édifiera le beffroi surmonté d'une flèche majestueuse qui semble flirter avec le ciel. Et tout est majestueux en effet, de la façade, et de ses trois portails richement ornés, à la nef à l'ampleur insolite, de l'admirable chaire travaillée comme une broderie précieuse aux vitraux qui presque tous datent du XII ème siècle et prouvent l'art accompli des verriers de l'époque. Comme il fait doux, après avoir vu l'horloge astronomique sonner l'heure méridienne, nous nous installons à l'ombre d'un parasol sur la place, afin de goûter à notre première choucroute, avant de poursuivre notre itinéraire à travers la ville que nous ne quitterons qu'à la tombée du soir lorsque le ciel prend les teintes roses qui se marient si bien avec le rose du granit vosgien, jamais lassés de surprendre un détail, un jeu de lumière sur les vieilles pierres de cette cité unique. 


Pour consulter les articles consacrés à l'Alsace, cliquer sur leurs titres :    

 

Alsace : la route des vins    

Riquewihr    

Colmar, la petite Venise d'Alsace

 

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P1080016.JPG P1080011.JPG

 

 

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Published by Armelle BARGUILLET - dans ESPRIT des LIEUX
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commentaires

Maxime 10/10/2012 13:16

Superbes photos et beau texte sur une ville que je connais mal mais le peu que j'ai pu voir m'a paru vraiment magnifique. Il faut aussi y aller l'hiver. J'attends la suite.

Alain 10/10/2012 12:05

À la lecture de cet article je regrette de ne pas connaitre cette région. J'attends de lire la suite de votre séjour pour savoir si vous avez été sur L'Île aux Épis. C'est le seul endroit que mes
pieds n'ont pas foulé dans les traces des pas de Marie Antoinette. Mais il ne reste rien de son passage, si j'en crois ce que j'ai pu lire. Bref, vous me donnez des envies qu'il va être difficiles
de concrétiser. Heureusement que vos mots m'y portent avec délices et curiosités et comblent quelque peu le manque.

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