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1 septembre 2014 1 01 /09 /septembre /2014 08:50

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Né à Donegal, en Irlande, dans le comté du même nom, Paul Lynch nous raconte une histoire qui commence dans la péninsule d’Inishowen de ce même comté. Au printemps 2013, j’ai passé deux jours dans cette péninsule où j’ai ainsi pu ressentir, dans les paysages et les pubs, toute la puissance de l’Irlande millénaire. Je ne pouvais pas ignorer ce livre et ne pas le partager avec vous.


 

Ciel rouge, le matin

                                           Paul Lynch (1977 - ….)  


 

Cette histoire pourrait s’inscrire au bout de toutes celles qui constituent l’épopée, la légende, du peuple irlandais d’Amérique sous la plume de Liam O’ Flaherty, Joseph O’Connor, Franck McCourt et bien d’autres encore, toute une longue page de la littérature irlandaise. Paul Lynch en écrit, lui, un chapitre sombre, celui évoquant ceux qui ont souffert et enduré mille maux pour rien. Les victimes de la loi de la violence, de l’égoïsme et du cynisme.

 


Il écrit l’histoire de Coll Coyle, le métayer pourchassé, qui symbolise le peuple irlandais fuyant devant l’oppression brutale des Anglais, arrivant en Amérique gonflé d’espoir et bien décidé à construire une nouvelle vie sur cette terre presque encore vierge, mais la réalité y est bien différente de ce qu’il espérait.  La loi du plus fort l’a précédé et il devient vite l’esclave de ceux qui sont arrivés avant lui, souvent d’autres Anglais. Et celle de Faller, le régisseur, chasseur cruel et sanguinaire, ne lâchant jamais sa proie, triomphant de tous les dangers, qui semble être l’incarnation du diable, Melmoth l’homme errant de Robert Charles Maturin, persécutant les Irlandais depuis des millénaires. Un raccourci de l’histoire irlandaise à travers ces deux personnages dans un texte construit de petites scènes empilées les unes derrière les autres, afin de faire progresser le récit par bonds successifs dans un luxe de détails dépeignant les lieux et les êtres.


 

Cette histoire commence lorsque, sans raison valable, un arrogant propriétaire anglais  expulse Coll Coyle, un pauvre métayer vivant sur ses terres depuis sa naissance. Celui-ci n’entend pas quitter sa maison avec sa femme enceinte et sa fillette en bas âge, il veut fléchir le maître mais l’entrevue tourne mal, le propriétaire insulte et menace violemment le métayer et sa famille et, brusquement, le coup part, puissant, mortel, le maître tombe se fracassant la tête sur une pierre. Coyle n’a plus le choix, il doit fuir, traverser la péninsule d’Inishowen, rejoindre Derry, sans jamais parvenir à semer le cruel régisseur qui a juré d’avoir sa peau. Alors, au hasard, il saute dans un bateau en partance pour ailleurs,  n’importe où, l’Amérique en la circonstance. La traversée est longue, longue, pénible, périlleuse, les exilés se désespèrent, la maladie frappe et puis c’est enfin la terre, la terre d’Amérique, l’espoir…. L’espoir qui s’envole bien vite sur un chantier inhumain destiné à la construction d’une voie ferrée. Les conditions de vie y sont déjà très précaires quand l’épidémie rattrape les pauvres gueux épuisés, arrivés au bout de leur chemin, au bout de leur espoir, à la limite de leur existence.


Une occasion pour l’auteur de rappeler une page très sombre de l’histoire américaine, souvent pudiquement tue : la manière dont les Américains ont éradiqué de manière irrévocable des foyers d’épidémie dangereux  apparus dans les lieux à forte concentration d’émigrés.

 

Denis BILLAMBOZ

 

Pour consulter les listes de mes précédents articles, cliquer sur les liens ci-dessous :

 

Liste des articles "Les coups de coeur de Denis "

 

Liste des articles : LES VOYAGES LITTERAIRES DE DENIS

 

 

 


 

 

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Published by Armelle BARGUILLET - dans LES COUPS de COEUR de DENIS
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commentaires

denis billamboz 08/09/2014 19:51

Hello Pascal !

Heureux de te retrouver ici, en pleine forme et prêt à affronter une nouvelle saison pleine de labeur et de belles réussites.

Je n'ai pas pris de vacances cet été, je les prendrai en novembre, en Louisiane,j'ai seulement voyagé quelques jours en Alsace et sur les rives du Bodensee où j'ai de la famille.

j'ai maintenu un bon rythme de lecture mais l'automne arrive avec toutes les activités associatives que je dois assumer, les réunions commencent à s'empiler. Il faut que je case mon voyage entre
des échéances obligatoires, pouvoir assumer un tel programme est signe que je peux encore le faire, alors... je ne vais pas me plaindre.

Amitiés à toi et à tous les tiens et à bientôt !

Denis

Pascal 05/09/2014 12:38

Salut Denis,

Enfin un moment pour reprendre contact après les vacances et surtout le travail en août où j'avais la barre du navire en l'absence de mon beau-frère. J'espère que pour toi les vacances ont été
reposantes. As-tu osé prendre des vacances avec les livres ou impossible ? Tu ne peux t'en passer. Je vois que tu es toujours en pleine forme du côté lecture et je m'en réjouis. Je vais revenir
plus souvent maintenant que les choses professionnelles ont repris leur vitesse de croisière. Enfin croisière n'est pas le mot adéquate.Je prends note de ce livre dont le sujet me semble
intéressant. A + et bonne rentrée.

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Ainsi nous conduisent-ils vers l'autre, l'absent, l'étranger, l'inconnu, l'exilé.

Parce qu'ils disent qui il est, comment est le monde, pourquoi est la vie, qu'ils gomment les distances, comblent les vides, dévoilent les énigmes, suggèrent le mystère, ils sont nos courroies de transmission, nos outils journaliers.

 

La vie doit être vécue en regardant vers l'avenir, mais elle ne peut être comprise qu'en se tournant vers le passé.

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