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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 09:25

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Je vous propose aujourd’hui  un roman policier qui pourra peut-être surprendre les plus sensibles mais comme j’ai beaucoup lu Frédéric Dard dans ma jeunesse, je n’ai pas pu résister devant ce polar proposé par un ami belge (ami de la Toile seulement, pour le moment du moins) qui m’a évoqué de vieux et bons souvenirs et  m’a bien fait rire.


 

                                            Un privé à bas bilan

                                         Eric Dejaeger (1958 - ….)

 

 

A peine avais-je lu une trentaine de lignes de ce livre que j’avais l’impression d’avoir descendu un bon nombre d’étages de ma déjà longue existence et de me retrouver à l’âge où on lit des polars en cachette. Il me semblait que je dévorais un texte enfant bâtard d’un vieux San Antonio ou d’une œuvre d’un hôte de la fameuse collection « Fleuve noir » : Mc Bain, Chase ou un autre, je ne sais…  En effet, Eric Dejaeger, le polyvalent des lettres belges, auteur aux talents multiples, éditeur d’une revue littéraire, blogueur, a commis un polar inspiré par des auteurs qui ne venaient  pas des pays nordiques et qui n’avaient pas encore pris l’habitude d’écrire des pavés formatés et parfois indigestes. Un polar comme ceux que je dévorais à la fin de mon adolescence avant que le genre ne me sature et que les nouveaux auteurs me détournent définitivement de ces lectures. Ce polar, c’est aussi une parodie qui met en scène un détective de fortune ou d’infortune, marginal, anarchiste sur les bords, il refuse toutes le contraintes administratives ou autres, mais il a quelques principes malgré tout : on ne s’attaque pas aux faibles, on ne gâche pas, et si on baise n’importe comment, n’importe où, on ne baise qu’avec des gens consentants. « Nous vivons dans une société dégueulasse où il y a plus que le fric qui compte. Le fric qui donne le pouvoir… J’ai toujours détesté le fric et le pouvoir ».

 


Frédo, un vieux jeune presque trentenaire, toujours à la charge de ses parents, traîne ses savates de bistro en bistro en évitant de s’engager dans un quelconque boulot. Mais un jour, dame chance lui fait un clin d’œil en forme de gain substantiel à la loterie et, la pression de son père aidant, il décide enfin de  prendre son indépendance en gagnant sa vie sans taper ses parents. Il part pour Bruxelles où il installe, avec quelques bouts de ficelle, quelques matériels de  récupération, beaucoup de débrouillardise et peu de scrupules, une agence de détective privé qui trouve rapidement ces deux premiers clients : l’éternelle bourgeoise trompée et l’inévitable papa inquiet de ne plus voir sa fille adorée. Frédo engage l’enquête avec tout le sérieux dont il est capable et l’appui d’une nymphomane fortunée et du petit ami de la belle disparue. Et l’aventure commence, pleine de rebondissements et de suspense…

 


A travers cette enquête, Eric dénonce les truismes et lieux communs qu’on rencontre dans tous les romans policiers actuels tout en se moquant des auteurs qui usent et abusent d’anglicismes pour masquer leurs lacunes en français. Il nous démontre aussi qu’avec des personnages banals, communs, pas franchement séducteurs, mal équipés, peu versés dans les technologies sophistiquées, ne disposant que d’une puissance de feu très limitée, on peut construire une intrigue haletante qui tient le lecteur en haleine jusqu’à un dénouement peu évident, qui vous prend de cours. « Couilles du diable », il est encore possible d’écrire de bons romans policiers sans sombrer dans les chausse-trappes d’un conformisme trop convenu.

 

Denis BILLAMBOZ

 

Pour consulter les listes de mes précédents articles, cliquer sur les liens ci-dessous :

 

Liste des articles "Les coups de coeur de Denis "


 

Liste des articles : LES VOYAGES LITTERAIRES DE DENIS

 

 

 

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Published by Armelle BARGUILLET - dans LES COUPS de COEUR de DENIS
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