Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 09:20

BUDFVVFCAAAfJ5Y.jpg

 

 

Tous ceux qui apprécient la lecture des œuvres de ceux qu’on a inscrits sur la fameuse liste dite « des écrivains du Montana », ces auteurs qui évoquent les grands espaces américains, prendront certainement beaucoup de plaisir à lire le premier recueil de nouvelles de cet auteur qui pourrait bientôt allonger cette célèbre liste.

 

                                                              Volt

Alan Heatcock (1971 - ….)

 

En lisant ce livre, Lino Ventura aurait certainement dit, comme en ingurgitant son fameux tord-boyaux dans « Les Tontons flingueurs », « c’est du brutal ! », oui du brutal, du violent, du sordide, une vraie gifle en pleine tronche, tellement les huit nouvelles regroupées dans ce recueil secouent le lecteur. Huit nouvelles inspirées de la vie de Krafton, petite ville imaginaire du fond de la cambrousse américaine, située entre Chicago, où est né l’auteur et Boise (Idaho) où il enseigne - mais plus près de Chicago car plusieurs protagonistes rêvent de partir vers l’ouest - avec sa femme shérif, son maire-épicier, et ses habitants rudes, rustiques, un peu frustes, durs au mal, travailleurs infatigables mais prompts à la violence et partisans d’une justice expéditive et immédiate. « Parce que, ici, certains sont coupables à la seconde où on pose les yeux sur eux, et le rôle de la loi devrait être de les arrêter avant qu’ils fassent ce pourquoi ils sont venus monde ». Des femmes et des hommes qui  ressemblent étonnement aux pionniers qui ont colonisé ce coin de Far-West dans la violence et la douleur, souvent confrontés à un sort contraire, à la malchance et à la fatalité.

Pour présenter ce premier recueil, l’éditeur évoque Flannery O’Connor et Cormac Mac McCarthy, je considère cette allusion plutôt pertinente car j’ai eu l’occasion de lire « La sagesse dans le sang »  du premier et « Un enfant de Dieu » du second et les héros de Heathcock sont aussi  abominables et sordides que ceux des deux précédents, ils ont commis des actes innommables, impensables, mais ils restent des enfants de Dieu avec leurs failles, leurs faiblesses, leur destin, leur histoire, leurs instants d’humanité et de tendresse et ils ont aussi leur part de sagesse dans le sang. Des gens peu cultivés, abrutis de travail, nourris de la religion baptiste, qui se trouvent confrontés au fameux cycle : faute, punition, rédemption, culpabilité éternelle ou résilience définitive. Mais ce recueil me semble plutôt traiter du pardon, du pardon sous toutes ses formes : l’admission, la compréhension, l’acceptation,  l’accommodement avec le tort, la résilience et même le pardon à soi-même. Comme une lueur d’espoir qui éclairerait l’avenir de ces êtres accablés par le sort. « Peut-être que Dieu se sert de choses horribles pour nous parler … Peut-être que les gens ne se fient plus aux choses bonnes. Peut-être que les choses horribles sont tout ce qu’il reste à Dieu pour nous rappeler qu’Il est vivant ».

Heathcock dépeint ces péquenauds, « on peut enlever le fermier de son champ, mais pas le champ du fermier », et leur campagne avec un regard lucide et acéré, dans un langage dépouillé et précis, les faisant vivre comme s’il avait lui-même partagé leurs misères dans ce trou de cambrousse, dans le souffle des grands espaces du Far-West. Il fait preuve d’une grande maitrise de ce type de récit, gardant toujours un équilibre parfait et une progression bien dosée pour amener une chute toujours heureuse et crédible.

 

Denis BILLAMBOZ

 

Pour consulter les listes de mes précédents articles, cliquer sur les liens ci-dessous :

 

Liste des articles "Les coups de coeur de Denis "

 

Liste des articles : LES VOYAGES LITTERAIRES DE DENIS

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET - dans LES COUPS de COEUR de DENIS
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog interligne d' Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Le blog interligne d' Armelle BARGUILLET  HAUTELOIRE
  • : Grâce au pouvoir des mots, une invitation à voyager sur les lignes et interlignes.
  • Contact

TEXTE LIBRE

 4016234704 (Small)

Un blog qui privilégie l'évasion par les mots, d'abord, par l'imaginaire...toujours.

LES MOTS, nous les aimons pour eux-mêmes, leur sonorité, leur beauté, leur velouté, leur fraîcheur, leur hardiesse, leur insolence, leur curiosité, leur dureté, leur volupté, leur rigueur.
Différemment des notes et des couleurs qui touchent d'abord notre sensibilité, ils ont vocation à transmettre, informer, émouvoir, expliquer, séduire, irriter, formuler les idées, forger les concepts, instaurer le dialogue.
Ainsi nous conduisent-ils vers l'autre, l'absent, l'étranger, l'inconnu, l'exilé.

Parce qu'ils disent qui il est, comment est le monde, pourquoi est la vie, qu'ils gomment les distances, comblent les vides, dévoilent les énigmes, suggèrent le mystère, ils sont nos courroies de transmission, nos outils journaliers.

 

La vie doit être vécue en regardant vers l'avenir, mais elle ne peut être comprise qu'en se tournant vers le passé.

 Soëren Kierkegaard

 

Je réponds ordinairement à ceux qui me demandent raison de mes voyages : que je sais bien ce que je fuis, et non pas ce que je cherche.

   Montaigne

 

Veux-tu vivre heureux ? Voyage avec deux sacs, l'un pour donner, l'autre pours recevoir.
   Goethe

 

 MES DERNIERS OUVRAGES PUBLIES ( cliquer sur l'icône pour accéder à leur présentation )


1184097919 profil de la nuit  2851620614

les signes pourpres  3190-NEL i 978-3-8417-7335-7-full

 

SI VOUS PREFEREZ LES IMAGES et le 7e Art, RENDEZ-VOUS SUR MON BLOG : 

 

Bannière pour Armelle 1 

 

ET SI VOUS AIMEZ LES ANIMAUX, RENDEZ-VOUS SUR " MEMOIRE D'EAU" :

 

P1080160.JPG

Recherche