Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 09:53
Véronique Desjonquères ou le visage retrouvé

Dans l’art d’aujourd’hui, une absence ne peut manquer de frapper l’observateur : celle du visage humain. Alors qu’il était depuis le VIe siècle au centre de la tradition artistique européenne, nous l’avons vu disparaître au fur et à mesure que le christianisme, religion de l’incarnation, s’est abimé dans l’oubli. Rares sont les peintres d’aujourd’hui qui entendent consacrer leur attention et leur inspiration au visage humain afin de lui restituer la place, qui est la sienne, de toute éternité. Hölderlin soulignait que « l’homme habite poétiquement cette terre ». En effet, la poésie a vocation à traverser l’art qui n’est autre que la découverte de l’être dans la beauté. Or, nous assistons chaque jour davantage à l’oubli de l’être dans sa prolongation métaphysique, à l’oubli du sens. Il semble que l’art contemporain soit devenu autiste et ne souhaite plus révéler les trésors de la vie intérieure, alors que la descente en soi appelle le besoin de transmettre et de communiquer. Apparu vers 1910, le cubisme disloque et concasse ; de ses débris épars – nous dit René Huygue – « il recompose selon des lois qui ne sont pas celles de la vraisemblance et de la logique, le tableau, objet gratuit et neuf ».  Désormais, l’art remplace la véracité des apparences par des rapports d’harmonie quasi mathématiques. Picasso ne cessera de dénigrer les apparences du monde visible et d’instruire une logique nouvelle, interne et arbitraire, qui débouchera fatalement sur une absurdité visuelle, se plaisant à déstructurer les apparences, à déformer les visages, à plonger l’homme dans les aléas d’une position inférieure. Si bien que, dans la plupart de ces toiles, l’être humain n’est plus celui qui se pense mais celui qui se subit.

 

L’homme du XXIe siècle, désormais enchaîné à la technique et à la matérialité, voit s’effacer progressivement de notre paysage spirituel sa  réalité intérieure. Est-ce l’image de l’homme tragique qui fait peur à nos contemporains et la raison pour laquelle il la supprime de ses représentations ? Ou serait-ce parce que le visage nous rappelle trop que chacun de nous est unique et que toute tentative d’uniformisation relève de l’utopie ?  Oui, celui-ci n’est plus l’objet d’une constante réflexion, d’un questionnement universel et sombre irrémédiablement dans l’anecdotique. L’esprit ressent le malaise de cette navigation désespérée au point que l’existentialiste Jean-Paul Sartre l’a nommée « la nausée », ainsi l’homme s’est-il peu à peu condamné à en explorer la nuit inhumaine, gouffre violent et invivable où des puissances étranges disposent en cachette de nos forces et de nos pensées. Heidegger notait que nous nous sentions flotter dans le vide. Toute réalité solide nous fait défaut sans que nous puissions arrêter cette désagrégation, nous retenir à quoi que ce soit. Mais fi de ces amertumes, il y a encore dans le monde des veilleurs qui entendent rendre à l’homme son visage, sa beauté, son mystère, sa transcendance. Quelques peintres ont relevé le défi et maintenu le dialogue avec le visage qui est bien le reflet de l’âme, le livre ouvert qui mène aux méditations essentielles. Des peintres de l’envergure d’un Michel Ciry ( voir l’article que je lui ai consacré en cliquant  ICI ), ce maître de l’interrogation spirituelle, ou bien François-Xavier de Boissoudy qui a récemment consacré une exposition à la galerie Guillaume à Paris sur le thème de la miséricorde.

 

Véronique Desjonquères s’inscrit dans cette lignée. Elle aussi entend pratiquer un art qui s’associe à une spiritualité incarnée et universelle, dans une quête assumée de la personne humaine. Répondant aux aspirations d’un écrivain comme Jean Clair, elle s’est donné pour tâche de rendre plus évidente la part invisible de l’être, soit « la part de l’ange ». Cette part de l’être surpris dans son intimité, sa détresse, son recueillement, son innocence, sa singularité, ses interrogations. L’artiste peintre, qu’elle est, aime à représenter ses modèles dans leur quotidien, leurs gestes journaliers, leurs regards tournés vers le dedans afin de capter leur propre silence, de rendre aux mains si expressives leur histoire simple, enfin de traverser le temps et l’espace de manière à donner à voir cette éternité en germe en chacun de nous.

 

Ayant passé plusieurs année à Bombay, Véronique ne s’est pas contentée de vivre en vase clos, elle a voué la majorité de ses heures à l’écriture et à la peinture, de manière à entrer en contact avec une population dont la difficile réalité sera pour elle une expérience inouïe et un enrichissement tant sur le plan humain qu’artistique. Elle y a même consacré un livre, dont j’ai parlé sur mon blog (pour consulter l’article, cliquer LA ), sous la forme de dessins et d’interviews, livre-témoignage qui l’a conduite au cœur d’un univers coloré, vibrant, souvent pathétique et toujours digne. Aujourd’hui, elle se trouve – pour les raisons professionnelles de son mari – à Hong-Kong, où elle expose les 27 - 28 et 29 mai certaines de ses œuvres, dont quelques-unes ont été réalisées en Inde. L’ensemble est d’une qualité indiscutable comme vous pouvez en juger en regardant la vidéo et le diaporama qui se trouvent au bas de l’article. La plupart sont des portraits dont les regards, les expressions trahissent tantôt la solitude de la personne âgée, tantôt la fragilité de l’enfance, tantôt le labeur de l’homme, en quelque sorte le visage humain dans la plénitude de sa diversité.

 

Ces visages d’une belle intensité baignent tous dans des tons harmonieux qui exaltent ou apaisent ou mieux transcendent ce que la vie a blessé, mortifié, parfois abaissé. Van Gogh disait que la couleur « c’est l’enthousiasme de la vie ». Véronique Desjonquères adhère à cet enthousiasme, d’autant plus et mieux qu’il signifie  "Dieu dans sa vie". Et la foi, dans sa grandeur et souvent sa misère, n’est-elle pas dans la sienne, dans la nôtre ? C’est pourquoi ces toiles magnifiques et d’une mélancolie enjouée et confiante parlent-elles à nos coeurs et prolongent-elles nos interrogations et nos espérances.

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

Pour visionner la vidéo, cliquer  sur ce lien  :  
https://quik.gopro.com/v/fHXhxmN4ET/

 

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique CULTURE, cliquer  ICI

 

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

Véronique Desjonquères ou le visage retrouvé
Véronique Desjonquères ou le visage retrouvé
Véronique Desjonquères ou le visage retrouvé
Véronique Desjonquères ou le visage retrouvé
Véronique Desjonquères ou le visage retrouvé
Véronique Desjonquères ou le visage retrouvé
Véronique Desjonquères ou le visage retrouvé
Véronique Desjonquères ou le visage retrouvé
Véronique Desjonquères ou le visage retrouvé
Véronique Desjonquères ou le visage retrouvé
Véronique Desjonquères ou le visage retrouvé
Véronique Desjonquères ou le visage retrouvé
Véronique Desjonquères ou le visage retrouvé
Véronique Desjonquères ou le visage retrouvé
Véronique Desjonquères ou le visage retrouvé
Véronique Desjonquères ou le visage retrouvé
Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET - dans CULTURE
commenter cet article
16 mai 2016 1 16 /05 /mai /2016 07:51
L'équation du nénuphar de Pascale Petit

Je suis très heureux de vous présenter ce texte magnifique, flamboyant, qui se mérite, comme disent certains. Je suis sûr qu’il réjouira les amateurs de belle littérature, celle qui suggère plus qu’elle ne dit. Un texte qui m’a enchanté.

 

 

L’équation du nénuphar

Pascale Petit (1969 - ….)

 

 

 « L’équation du nénuphar » en surprendra plus d’un comme il m’a moi-même surpris, mais le but de la littérature n’est-il pas de surprendre ? Je ne sais qui parviendra à résoudre cette équation exposée dans un texte en forme de discussion, comme un exercice oral sans ponctuation où les respirations sont matérialisées par la longueur des espaces comme dans un propos spontané. Les éléments importants du discours sont répétés comme dans une discussion lorsqu’un interlocuteur veut convaincre son partenaire en répétant une ou plusieurs fois, selon le degré de conviction qu’il souhaite atteindre, l’information, l’idée, l’avis … qu’il souhaite lui transmettre. Un texte où le verbe est primordial, un texte qui démontre l’action, pas l’objectif de l’action, mais le moyen d’atteindre cet objectif. Ce qui compte ce n’est pas le but à atteindre que tout le monde connait mais le moyen d’y parvenir. L’histoire n’a d’intérêt que dans l’action qu’elle nécessite. Pascale Petit réinvente ainsi, refonde même, la narration fictive en décrivant le processus qui conduit au dénouement par une série de verbes qui matérialisent les actes. Le moyen pourtant n’est jamais certain, le doute est omniprésent, permanent, rien n’est jamais définitif, une action est toujours aléatoire chez Pascale Petit.

 

 

Moi, cette équation, je l’ai résolue en la lisant, en la regardant plutôt, comme un film, un film en noir et blanc, « on a raté le début de la couleur », et même plutôt comme le making up (quel abominable mot mais je ne connais pas son équivalent en français) d’un film en « noir et blanc et silencieux  genre adieu sans amour ». Le texte commence comme l’exposé oral d’un réalisateur qui essaierait de décrire à son chef de casting les personnages qu’il entend mettre en scène. Et l’auteur décrit aussi le décor où l’action va se dérouler, « irons-nous dans cette ville où construiras-tu un décor ? » et le film se construit sous le feu des questions du réalisateur. Le texte/image/histoire se structure autour d’une multitude de questions qui dessine la fiction que l’auteure veut montrer avec ses mots/images dans ce texte/film : « me vois-tu dans cette succession d’images » ? J’ai cru que ce documentaire construit avec des mots jetés sur la page pour créer des sensations, n’était pas seulement l’évocation de l’histoire d’un couple suggéré, mais plus largement l’expression du grand film qu’est notre vie à tous.

 

 

Dans sa quête d’une nouvelle forme d’expression, Pascal Petit n’a pas égaré sa plume de poétesse,  en général, je n’aime pas trop recopier de longs extraits qui souvent ne servent qu’à masquer un manque d’idées originales mais le passage qui suit est tellement poétique, originalement poétique, que je n’ai pas résisté à le partager avec vous :

 

« parle-moi des oiseaux et des fleurs du parallèle zéro qui fleurissent devant l’hôtel le plus cher du monde sur l’île la plus chère du monde   parle-moi des souvenirs qui ne s’effacent pas encore  ne me dis pas qu’ils ne sont pas plusieurs mais un seul  ne me dis pas qu’on ne peut pas passer d’un visage à l’autre d’un corps à l’autre  ne me dis pas qu’il n’y a pas de paysage dans la nuit  dis-moi que la pierre est toujours dans ta poche  dis-moi ce qu’il y a d’écrit  dis-moi ce qu’il y a d’écrit  au dos des images parle-moi  parle-moi   parle-moi  dans le dos  parle-moi des oiseaux  parle-moi des oiseaux et de la rose de cayambe ne me dis pas qu’on ne peut pas passer d’un visage à l’autre  d’un corps à l’autre »

« Il faut oublier  tout peut  s’oublier  qui s’enfuit déjà  tout peut s’oublier  qui s’enfuit déjà  le temps des malentendus  A coups de pourquoi  le cœur du bonheur ne me quitte pas  ne me quitte pas ne me… »

 

Brel aurait pu chanter ce magnifique texte sur l’air de cette célèbre chanson qui m’est spontanément venue à l’esprit pendant que je lisais cet extrait.

 

Denis BILLAMBOZ

 

 

Pour consulter la liste de mes précédents articles, cliquer  ICI

 

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

 

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET - dans LES COUPS de COEUR de DENIS
commenter cet article
14 mai 2016 6 14 /05 /mai /2016 08:01
Vente chez Sotheby's de lettres et photos de Marcel Proust

Une valise pleine de lettres et de photographies de l’écrivain Marcel Proust, découverte par son arrière-petite-nièce Patricia Mante-Proust, fait l’objet d’une vente le 31 mai chez Sotheby’s à Paris.

 

 

Patricia Mante-Proust est la petite fille d’Adrienne ( dite Suzy ) Mante-Proust, la fille de Robert, frère de Marcel. Elle est le seul membre à porter encore son nom et reconnait que si l’héritage est prestigieux, il est un peu lourd à porter. En effet, Patricia Mante-Proust (41 ans), qui a préfacé récemment le bel ouvrage consacré à l’écrivain « L’arche et la colombe »  aux éditions Michel Lafon, se sépare  des derniers vestiges de son héritage, soit le contenu d’une malle retrouvée autrefois par son père, le petit-fils de Robert, dont il ne lui avait jamais parlé. Lorsqu’à son tour, elle a ouvert cette boîte de Pandore, contenant quelques 120 documents de toute première importance, elle a été très impressionnée. « C’est proche de moi, car c’est ma famille. Et en même temps, cela me dépasse » - confesse-t-elle. Il y a entre autres souvenirs précieux, les trois seules lettres  que Marcel écrivit à son père, dont on sait qu’il n’était pas proche, ce dernier se désespérant de voir son fils aîné se complaire davantage dans ses mondanités que dans ses études.

Victoria Mante-Proust et le livre "L'arche et la colombe" qu'elle a préfacé.
Victoria Mante-Proust et le livre "L'arche et la colombe" qu'elle a préfacé.

Victoria Mante-Proust et le livre "L'arche et la colombe" qu'elle a préfacé.

Les parents de Victoria devant le portrait de Marcel Proust, aujourd'hui au musée d'Orsay

Les parents de Victoria devant le portrait de Marcel Proust, aujourd'hui au musée d'Orsay

L’ensemble compte également des lettres à quelques-uns de ses amants, le compositeur Reynaldo Hahn et Lucien Daudet, la lettre lui annonçant que le prix Goncourt lui a été attribué pour « A l’ombre des jeunes filles en fleurs » le 10 décembre 1919, et d'autres encore à ses fidèles amis. Il y a, par ailleurs, une cinquantaine de photographies de l’écrivain lui-même à tous les âges, de ses proches, de ses amis, des femmes qu’il admirait. La plupart d'entre elles sont déjà connues car reproduites dans les ouvrages sur Proust, dont l’album de la Pléiade, ou exposées tantôt la Bibliothèque Nationale, tantôt au musée Jacquemart-André, sauf que ce sont là les originaux. Et il arrive que le verso de la photographie recèle une surprise comme celle dédicacée à Lucien Daudet, écrite en latin avec des abréviations sibyllines, probablement un code pour parler de leur homosexualité. Nous entrons ainsi davantage dans l’intimité de l’écrivain, aux sources mêmes de son inspiration, à des pans entiers de sa vie qu'il a su transmuer en une œuvre qui plonge au plus secret de la nature humaine.

 

Jean-Yves Tadié, qui a dirigé l’édition de la Pléiade et signé la préface du catalogue de vente, souligne : « Il y a la matière première de l’œuvre de Proust. Toutes les clefs. A mes yeux, c’est une réunion qu’on ne verra plus ». Et certes, il semble bien que, dès lors, tous les objets, bibelots, correspondances concernant Marcel Proust aient été dispersés. Patricia Mante-Proust admet volontiers que ces souvenirs honorent sa famille, mais que Proust fait désormais partie du patrimoine français. Et Jean-Yves Tadié de conclure : « Je trouve qu’il a rajeuni. Il avait vieilli dans les années 1930 où personne n’en voulait plus. Mais à l’époque du selfie, Proust a retrouvé une nouvelle vigueur ». Pour preuve les estimations des photos et lettres proposées par cette vente et qui vont s’envoler sans doute, tant l’écrivain a su, au fil du temps, ce temps nullement perdu pour lui, marquer la littérature à jamais.

 

Le 31 mai à 14h30 - Galerie Charpentier, 76 rue du Faubourg Saint-Honoré - Paris

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique DOSSIER MARCEL PROUST, cliquer  ICI

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

Brouillon de Marcel Proust et la cathédrale d'Amiens dessinée en marge d'un texte.
Brouillon de Marcel Proust et la cathédrale d'Amiens dessinée en marge d'un texte.

Brouillon de Marcel Proust et la cathédrale d'Amiens dessinée en marge d'un texte.

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET - dans DOSSIER MARCEL PROUST
commenter cet article
13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 08:31
Liste des articles de la rubrique LITTERATURE

    

 

Michel Déon ou l'invitation au voyage

 

"De l'âme" de François CHENG

 

Plus rien ne sera jamais pareil (poème)

 

Alain-Fournier à l'heure du Grand Meaulnes

 

Une jeunesse à l'ombre de la lumière

 

Le continent des oublés ( poème )

 

L'archipel d'une autre vie d'Andreï Makine

 

Qu'une étoile se lève ... (Poème)

 

Yves Bonnefoy ou recommencer une terre

 

"Marcel Proust, une vie à s'écrire" de Jérôme Picon

 

La grande santé de Frédéric Badré

 

Les larmes de la mer  ( poème )

 

Mario Vargas Llosa ou le porteur de flambeau

 

Villa Philadelphie de Edmée de Xhavée

 

La part de l'ange de Jean Clair

 

La primevère ( fable )

 

Enfance : les lueurs persistantes ( poème )

 

Saint Valentin - L'ombre improbable - poème

 

La société des abeilles - fable

 

Le peintre d'éventail de Hubert Haddad

 

La coccinelle et l'éléphant - fable

 

L'ombre du silence

 

Ces amis qui enchantent la vie de Jean-Marie Rouart

 

Paroles humaines ( poème )

 

On l'appelle "TERRE" - Poème

 

Les couleurs de l'enfance ou le bel été

 

Le lieu de réminiscence ( poème )

 

Baronne Blixen de Domnique de Saint Pern

 

Les promesses de demain de Edmée de Xhavée

 

Je suis fou de toi - Le grand amour de Paul Valery de Dominique Bona

 

EVOCATION

 

Stances à la bien-aimée en ce jour de la saint Valentin

 

La comtesse Greffulhe de Laure Hillerin

 

L'adieu

 

Patrick Modiano ou les tourments de l'identité

 

Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit de Jean d'Ormesson

 

Vint le poète

 

Parole d'ombre

 

Le juif errant de Jean d'Ormesson

 

René Depestre, une voix haïtienne

 

Roger Kowalski ou l'aube crépusculaire

 

Jean-Michel Maulpoix ou la poésie du seuil

 

"Deux soeurs" de Dominique Bona

 

Jules Supervieille ou l'enfance de l'univers

 

Mon itinéraire en poésie

 

L'âne et le petit cheval - fable

 

L'homme-joie de Christian Bobin

 

Le chant de Malabata ( suite )    ( Poème, extrait de mon oratorio - Graduel V )

 

Petit Prélude Crépusculaire

 

Terre Promise

 

Le coeur cousu de Carole Martinez

 

Immortelle randonnée de Jean-Christophe Rufin

 

Porte de Champerret d'Evelyne Bloch-Dano

 

Désir d'infini

 

Lovebirds de Edmée De Xhavée

 

Blaise Cendrars entre dans la Pléiade

 

Le jardin d'incertitude - présentation  

 

Léon Tolstoï : relire Guerre et paix

 

Stefan Zweig entre dans la Pléïade

 

Hannah Arendt et la banalité du mal  

 

François Mauriac, épistolier

 

Mélodie d'Avril  ( poèmes )

 

Bernard Moitessier ou la longue route

 

Joe Bousquet ou l'horizon chimérique

 

Marceline Desbordes-Valmore ou le renoncement

 

L'hiver des poètes  

 

Sabine Sicaud, l'enfant aux sortilèges

 

Fitzgerald le magnifique entre dans la Pléïade  

 

Scholastique Mukasonga ou la quête du paradis perdu

 

L'automne des poètes

 

L'art d'écrire selon Andreï Makine  

 

Andreï Makine ou l'héritage accablant  

 

Colette ou les voluptés joyeuses

 

Virginia Woolf ou la traversée des apparences  

 

Sandor Marai, une oeuvre crépusculaire

 

Poèmes à l'absent   

 

Réflexions sur la poésie      

 

Saint Valentin - Le chant de Malabata   

 

La poésie d'hier à aujourd'hui 

 

"Dans les forêts de Sibérie" de Sylvain Tesson      

 

Marie Noël ou la traversée de la nuit

 

René-Guy Cadou ou la rêverie printanière        

 

Jean-Marie Le Clézio ou le nomade mystique    

 

Les signes pourpres d'Armelle Barguillet Hauteloire     

 

Autoportrait à quatre mains - Channe questionne Armelle

 

Profil de la nuit, un itinéraire en poésie        

 

Gaston Bachelard ou le droit de rêver 

 

Emmanuel Levinas ou l'autre plus que moi-même       

 

André Comte-Sponville ou le gai désespoir 

 

Alain Finkielkraut ou le coeur intelligent      

 

Le goût de lire      

 

Jean d'Ormesson et les étrangetés du monde      

 

Le silence selon Emile Cioran

 

Alexandre Pouchkine ou l'empire des mots      

 

Venise et les écrivains

 

Luc Ferry en quête d'un nouvel humanisme       
 

Boris Pasternak ou l'intensité tragique           

 

La solitude selon Emile Cioran  

 

Julien Gracq, prince des lettres

 

Alexandre Soljenitsyne, témoin et prophète       

 

Paul-Jean TOULET ou une poésie fantasque      

 

Fedor Dostoïevski ou la fraternité universelle

 

Milan Kundera ou les prétextes de l'histoire        

 

Le coeur révélé  ( Poème )       

 

Milosz ou l'entrée dans le silence

 

Patrice de la Tour du Pin ou la liturgie intérieure

 

 

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET - dans LITTERATURE
commenter cet article
11 mai 2016 3 11 /05 /mai /2016 08:54
Photos Yves BARGUILLET

Photos Yves BARGUILLET

 

S’offrir un safari à quelques kilomètres de chez soi semble être un pari inconcevable et, pourtant, c’est ce que j’ai réalisé en compagnie de mon mari, immersion dans un monde animal d’une surprenante beauté et, ce, dans  le décor collineux de notre belle province. Un véritable enchantement de plusieurs heures qui nous a mis en présence d’un monde sauvage que l’on peut approcher sans crainte et qui semble sortir d’un paradis retrouvé, sans perdre pour autant une once de son authenticité. Oui, ils sont là les délicieux pandas roux, les ours à lunettes, les tigres blancs qui sont issus d’une mutation génétique du tigre du Bengale et leur progéniture, le calao papou, le rhinocéros indien, le tapir malais, l’émeu et le kangourou d’Australie,  le lion, auquel il faut 5kg de viande quotidiennement,  la hyène rayée, le sublime guépard, la panthère du Sri Lanka,  le bébé alpaga, le zèbre de plaine, l’élégante girafe, les nombreuses gazelles dont l’oryx et l’antilope cervicapre d’Inde, la tortue alligator, le loup blanc, le rat de Madagascar, le banteng d’Indonésie, la malicieuse mangouste, le potamochère, le bison d’Amérique, le macaque ouanderou, les hamadryas, le lémurien maki catta, le tamarin pinché, les ouistitis d’Amérique, enfin, pour ne pas user votre patience, les oiseaux dont  les cacatoès blanc, les ibis rouges, le calao trompette, le perroquet Ara bleu et jaune, le goura de Scheepmaker qui est  fidèle en amour, le caïque maipouri, un petit perroquet à longue vie, l’amazone aux aile oranges sans oublier les chevaux appaloosas, montures des Indiens Nez-Percés.

 

Rhinocéros et guépardRhinocéros et guépard

Rhinocéros et guépard

Les tigres blancs :  la mère et ses petits âgés de 3 moisLes tigres blancs :  la mère et ses petits âgés de 3 mois

Les tigres blancs : la mère et ses petits âgés de 3 mois

Tapir terrestre et ours à lunetteTapir terrestre et ours à lunette

Tapir terrestre et ours à lunette

Kangourou roux d'Australie et nandou d'AmériqueKangourou roux d'Australie et nandou d'Amérique

Kangourou roux d'Australie et nandou d'Amérique

Alpagas ( leur réputation de cracheur n'est pas fondée...)Alpagas ( leur réputation de cracheur n'est pas fondée...)

Alpagas ( leur réputation de cracheur n'est pas fondée...)

Tant à voir, tant à admirer qu’en 4 heures nous n’avons pas pu tout photographier, aussi y retournerons-nous puisque ce paradis sauvage ne se trouve qu’à 34 kms de chez nous. Inutile de prendre l’avion pour vous dépayser, vous aurez au parc zoologique de CERZA, près de Lisieux, des lodges pour dormir, divers points de restauration et pourrez goûter à un dépaysement total, loin des bruits de la civilisation urbaine, auprès des 650 pensionnaires de ce lieu dépaysant qui contribue à l’enrichissement de nos savoirs en matière d’éthologie, de génétique, de médecine vétérinaire et, plus simplement, à notre compréhension du monde animal qui n’en finit pas de nous surprendre et de nous émerveiller.

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique ESPRIT DES LIEUX, cliquer  ICI

 

Pour consulter le site de Cerza, cliquer  LA
 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

Macaque ouanderou ou macaque lion et lémurienMacaque ouanderou ou macaque lion et lémurien

Macaque ouanderou ou macaque lion et lémurien

Chevaux appoloosas et panda couché dans un arbreChevaux appoloosas et panda couché dans un arbre

Chevaux appoloosas et panda couché dans un arbre

Cacatoès blanc et ibis rouges
Cacatoès blanc et ibis rouges

Cacatoès blanc et ibis rouges

Mangouste et girafeMangouste et girafe

Mangouste et girafe

Le capybara, rongeur le plus gros du monde, et bison d'Amérique.Le capybara, rongeur le plus gros du monde, et bison d'Amérique.

Le capybara, rongeur le plus gros du monde, et bison d'Amérique.

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET - dans ESPRIT des LIEUX
commenter cet article
9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 07:34
Confidences et solitudes de plus en plus courtes de Thierry Radière

J’aurais pu vous parler du poète Thierry Radière mais j’ai préféré vous présenter ce recueil de nouvelles où toute sa sensibilité s’exprime avec beaucoup d’intensité et de subtilité. Je reviendrai prochainement avec cet auteur pour vous présenter une autre face de son talent :

 

 

 

                       Confidences et solitudes de plus en plus courtes

                                         Thierry Radière (1963 - ….)

 

 

 

Il y a quelques jours, dans « Juste envie de souligner », j’ai découvert Thierry Radière poète ; aujourd’hui, j’ai fait connaissance avec le nouvelliste à travers les huit nouvelles qui composent le recueil « Confidences et solitudes de plus en courtes ». Ces textes sont effectivement présentés par ordre décroissant, le plus long en premier et le plus court pour finir. Ces nouvelles, même si elles racontent des histoires qui se passent dans des milieux différents et si le narrateur change pour chacune d’elles, sont reliées par certains fils rouges. Elles décrivent toutes un certain mal être, de l’inquiétude, de l’incompréhension qui peuvent évoluer jusqu’à l’angoisse devant la vie qui se déroule inéluctablement pour aboutir fatalement à la mort. Cette trajectoire identique pour tous et incontournable perturbe l’auteur qui comprend mal la raison d’exister. La vie lui semble un espace  déconcertant, peuplé d’ennuis, de désagréments, de choses futiles ou incohérentes, vie qui s’étend de l’enfance à la mort.

 

Dans ces textes d’une écriture sobre et dépouillée, Thierry Radière décrit avec sensibilité, ses états d’âmes, ses doutes, ses appréhensions, ses angoisses, les petites et grandes choses qui altèrent l’écoulement du temps qui lui est accordé. Son espace matériel et temporel semble s’étaler entre l’enfant qu’il a été, ou qu’il est, et la mort qu’il attend pour lui ou pour un autre. L’enfant apparait dans son univers comme un élément stabilisateur, rassurant, mais parfois, au contraire, perturbateur. La mort, celle du narrateur ou celle des personnages, est envisagée avec une certaine inquiétude qui peut même  en accélérer l’échéance.

 

Pour relier l’enfant et la mort, soit l’espace d’une vie, il y a les mots qui permettent de mieux signifier les choses, les idées, les sensations… mais peuvent eux aussi trahir, s’évader, laisser le narrateur sans voix et l’auteur stérile devant sa feuille.

 

J’ai retrouvé dans ces textes la sensibilité de l’auteur mais également une certaine forme de fragilité qu’il cherche à conforter dans le creuset rassurant de sa famille, surtout auprès de ses enfants et dans le doux nid de ses textes, ses meilleurs compagnons.

 

Denis BILLAMBOZ

 

Pour consulter la liste de mes précédents articles, cliquer  ICI

 

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET - dans LES COUPS de COEUR de DENIS
commenter cet article
4 mai 2016 3 04 /05 /mai /2016 07:58
Chopi, un ténériffe
Chopi, un ténériffe

Chopi, un ténériffe

J’ai eu deux chiens durant mon enfance et mon adolescence. Le premier ressemblait davantage à une peluche qu’à un chien d’arrêt, le second était plus proche du chien fou que du chien de salon. Deux opposés qui m’ont apporté des joies diverses et quelques soucis et n’ont eu qu’un seul point commun : tous deux ont été victimes de mort violente. Le premier était un ténériffe, plus connu sous l’appellation de « bichon frisé », petit chien qu’autrefois les femmes pouvaient cacher dans leur manchon et, que de nos jours, on peut faire voyager dans son sac à main. Je devais avoir cinq ans lorsqu’une voisine assez originale le proposa à ma mère parce que son mari venait d’être nommé consul de France en Inde et qu’elle ne pouvait l’emmener avec elle en raison des lois en vigueur à l’époque. Elle était désespérée à l'idée de se séparer de son gentil animal et se mouchait bruyamment en nous l’expliquant, aussi avait-elle tout de suite pensé à la petite fille solitaire que j’étais et auquel ce gentil toutou, affectueux et docile, pourrait être un précieux compagnon. L’affaire fut vite réglée ; cette originale au fort accent russe nous ayant donné l'un de ses mouchoirs en dentelle afin que Chopi, c’était le nom du chien, conserve durant le temps de l’adaptation le souvenir olfactif de son ancienne maîtresse. Et elle n’avait pas omis de joindre à ces paroles les certificats de Chopi en soulignant de trois traits rouges que nous faisions une affaire, car elle avait acheté à prix d’or l’ascendance prestigieuse du petit ténériffe, il y avait de cela quelques six années.

 

Chopi ne fit pas moins une entrée discrète dans notre foyer. Un panier déposé dans l’office, un coussin neuf, le mouchoir en dentelle jeté à la poubelle, l’animal eut tôt fait de trouver ses repères. Propre, silencieux, obéissant, affectueux, il avait, en effet, toutes les qualités pour ne troubler en aucune façon notre existence familiale. Mon entente avec  Chopi fut immédiate. La petite bête me suivait partout et acceptait, mais oui ! – de remplacer les poupées en celluloïd que je n’appréciais que modérément. Il était tellement plus drôle d’avoir auprès de soi un jouet vivant que je promenais sur le boulevard dans le landau de poupée, couché comme un baigneur, et qui, à mon grand amusement, sucitait la curiosité des passants.

 

La docilité de Chopi fut sans égale. La petite bête acceptait tout : d’avoir des bonnets, des brassières, des moufles, des barboteuses, je crois qu’elle a fait preuve à mon égard d’une patience angélique. Aux vacances, nous l’emmenions avec nous dans notre maison de campagne où elle se plaisait, mais où ses promenades n’excédaient guère la terrasse et la pelouse qui se trouvaient devant la demeure. Les longues balades la fatiguaient et, plutôt que de nous suivre à travers bois et champs, elle préférait rester au calme sur les coussins du canapé. Et puis elle vieillissait. Alors que j’atteignais mes 10 ans, elle en avait déjà 13 et sa vue baissait de façon inquiétante. C’est lors d’un séjour pascal au Rondonneau, qu’occupés à recevoir des amis, nous ne lui avons pas prêté d’attention. Lorsque ceux-ci furent partis, Chopi ne se trouvait nulle part dans la maison. Affolés, nous l’avons cherchée de pièce en pièce, puis dans le parc, l’appelant désespérément ; son absence se faisait de minute en minute plus oppressante. C’est ma mère qui, étant descendue jusqu'à la rivière, l’aperçut qui flottait sur la pièce d’eau. Aveugle et un peu sourde, elle avait dû croire qu’elle remontait vers la maison, alors qu’elle descendait vers la rivière. Ce fut un chagrin immense. De sentir la pauvre petite bête raide et froide dans mes bras fut l’un des chocs de mon enfance. La mort me révélait son incontournable réalité. On l’enterra en grande pompe dans l’île voisine de notre cabane avec toutes les fleurs printanières que j’avais pu cueillir dans le jardin et dans les prés.

 

Pipo
Pipo

Pipo

Le chien que nous allions adopter, quelques mois après la disparition de Chopi, n’avait rien à voir avec cette dernière. Né dans une ferme voisine d’un ratier et d’un épagneul, cette portée – ce qui est rare – ne comprenait qu'un seul chiot, celui qui nous était destiné. Nous étions fin juillet lorsque mon père et moi allâmes chercher celui que nous avions déjà baptisé « Pipo » et qui venait d’être sevré. La mère était déjà repartie débusquer les rats et les souris et le père, qui demeurait dans un château voisin, continuait à accompagner, presque quotidiennement, son maître à la chasse aux perdreaux. Pour la première nuit, il avait été décidé que le petit chien dormirait dans l’arrière cuisine dont le carrelage ne craignait pas les pipis de la nuit et où ma mère avait disposé, sur des claies, une vingtaine des pêches fraîchement cueillies. Le lendemain matin, lorsque nous ouvrîmes la porte, quelle ne fût pas notre surprise de découvrir, bien rangés, les vingt noyaux de pêche qui, visiblement, avaient satisfait l’appétit nocturne de notre nouveau protégé.

 

Très vite, Pipo nous surprit par sa vitalité, sa drôlerie et son irrépressible besoin de courir après tout ce qui bouge. Il n’est pas un animal, canard, oiseau, chat, hérisson qui ne sollicitât, aussitôt qu’aperçu, son envie d’en découdre avec lui. Qu’il veille à éloigner les importuns de l’enceinte de la propriété pouvait encore s’expliquer, bien que Pipo n’était nullement un chien de garde, mais nous eûmes tôt fait de constater que, hors frontières, son comportement était le même, ou pire encore. Pipo était un chasseur surdoué mais d’autant plus redoutable qu’il n’était pas dressé – mon père n’ayant aucun goût pour la chasse – et qu’il usait de cet instinct à tort et à travers.

 

Heureusement que chaque animal a en lui les ressources nécessaires pour se défendre. Pour les hérissons, leurs piquants les mettaient à l’abri des rages impérieuses de Pipo qui revenait le soir la truffe en sang. Pour les canards, qui passaient nonchalamment sur la rivière, ils pouvaient narguer l’agressif animal qui aboyait de fureur à s’en rompre les cordes vocales tellement il avait la trouille de l’eau, mais alors une trouille terrible, à ne pas y risquer une patte. Quel dépit de les voir s'éloigner au loin sans pouvoir s'en saisir !

 

Pipo nous aura fait vivre toutes sortes d’émotions : au bois de Boulogne, brisant sa laisse, il avait un jour terrorisé des chevaux et leurs cavaliers qui se promenaient tranquillement dans les allées ; poursuivi, à en perdre haleine, des chats à travers un bâtiment en construction, dans un vacarme assourdissant ; coursé de malheureuses vaches en train de paître dans un champ et se suspendre à leurs pis ; oui, Pipo aura semé la panique dans le monde animal avec une frénésie inlassable, alors qu’il se montrait le plus amusant, le plus tendre des compagnons avec les humains. Son charme était irrésistible et il parvenait toujours à se faire pardonner ses bêtises nombreuses et foldingues.

 

Sa mort fut fatalement à l’image de sa vie : celle d’un aventurier fripon et canaille impossible à dompter. Lorsque nous étions au Rondonneau, il était impensable de l’attacher du matin au soir. Et lorsqu’il était petit, nous avions commis l’erreur de l’emmener en promenade avec nous dans les bois de la Touannes, proches de la chasse où, à l’automne, des gâchettes prestigieuses venaient tirer les faisans que l’on élevait à cette intention. Pipo avait reniflé tout le profit que pouvaient lui réserver ces lieux d’exception…Le garde-chasse avait d’ailleurs prévenu notre employée de maison : «  J’abattrai le chien sans état d’âme si je le surprends à lever mes poules faisanes en train de couver ». Et ce qui devait arriver, arriva. Un soir, Pipo ne revint pas. Ce devait être lors d’un week-end de printemps, époque où les bêtes à plumes pondent, puis couvent leurs œufs. Le garde-chasse était un honnête homme, il l’aura visé en pleine action. C’est du moins ce que nous avons espéré, puisque Pipo est parti sans tambour ni trompette et, comme à l'habitude, sans demander l’autorisation … pour ce long voyage.

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique ARTICLES ME CONCERNANT, cliquer  ICI

 

Liste d'articles du même genre :

 

Mon père aurait eu cent ans

Ma mère aurait eu cent ans

Les Pâques de mon enfance au Rondonneau

 

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET - dans ARTICLES ME CONCERNANT
commenter cet article
2 mai 2016 1 02 /05 /mai /2016 08:28
Vie des hauts plateaux de Philippe Annocque

 

Ce n’est pas la première fois que je présente un livre de Philippe Annocque. C’est un auteur très prolifique et un écrivain que je suis régulièrement car son œuvre est  riche et diverse, elle ne lasse jamais, bien au contraire, elle ouvre à chaque fois de nouvelles portes sur le vaste monde de la littérature.

 

 

                                            Vie des hauts plateaux

                                   Philippe Annocque (1963 - ….)

 

 

Une lecture d’Annocque est toujours une aventure, cette fois encore je me demandais bien ce à quoi je devais m’attendre en ouvrant l’opus et je ne fus point déçu, ce livre propose une autre facette du talent de cet auteur protéiforme. Philippe Annocque n’aime pas les catégories, les classements, les écoles - même s’il y travaille -  il s’évertue dans chacune de ses publication d’exposer une nouvelle version de ses aptitudes littéraires. En la circonstance, il présente au lecteur des textes courts qui ressemblent à une ébauche de roman, à une histoire en morceaux qui n’aurait pas encore été assemblée en un scénario définitif. Mais ces textes sont reliés entre eux par un fil rouge enroulé autour de thèmes toujours présents, même s’ils ne sont pas exposés de façon péremptoire.

 

« Vie des hauts plateaux » est surtout une affaire de mort, de mort rapide, expéditive, comme dans les jeux vidéo. Comme dans les jeux vidéo, la mort n’est pas obligatoirement définitive, il peut y avoir des rattrapages. Une affaire d’amour aussi, celui que l’on fait, moins que celui que l’on éprouve. Aucun sentiment dans ces textes froids comme la glace, rien que des faits, la mort, l’amour, la vie qui s’en va et sans cesse revient. Annocque n’aime pas beaucoup les histoires, elles se ressemblent toutes. « Qui que je sois, mon histoire commencera toujours de la même manière : il me faudra d’abord faire ceci, puis cela, puis autre chose et autre chose encore ; mais toujours les mêmes choses, invariablement les mêmes,  et toujours dans le même ordre ». Il préfère bouger les lignes, bousculer les mots, fausser les perspectives, laisser le lecteur trouver le chemin qu’il esquisse à peine.

 

Ce livre est totalement décalé, il dit tout ce qu’on ne lit pas, le cynisme omniprésent cache mal les sentiments du narrateur ou des narrateurs, on ne sait pas si l’auteur change de sexe ou s’il y a plusieurs narrateurs de sexe différent mais, peu importe, le narrateur ne s’arrête pas à ce genre de détail. « Je sais bien que ces considérations n’entrent pas en ligne de compte : ni l’âge ni le physique, ni même la différence de sexe ne sont véritablement en jeu dans les relations amoureuses ».

 

Comme à chaque lecture nait un nouveau livre, je voudrais faire part des impressions très personnelles qui ont contribué à la construction de ma version de ce texte. En plein débat sur le mariage pour tous, la redéfinition de la famille, la théorie du genre, j’ai eu le sentiment qu’Annocque ouvrait des pistes de réflexion. Ses héros se marient avec toutes et tous, peu importe le sexe, le statut, la couleur,… les familles s’emmêlent allègrement, chacun ayant des enfants avec d’autres qui eux aussi ont des enfants avec d’autres encore etc…, le sexe de ses personnages n’est pas très défini, il est souvent provisoire, de circonstance…  Une façon de ne rien dire sur le sujet (« C’est plutôt difficile à expliquer – comme toujours : la vérité, c’est toujours difficile à expliquer ») et d’inviter le lecteur à réfléchir à ces questions en méditant sur ce qui transparait entre les lignes de ce texte. Le transit et les stationnements intensifs entre sa porte et son lit pourraient être aussi une parabole de l’afflux et de l’accueil des migrants qui déferlent actuellement vers nos cités, ces interprétations possibles montrent la richesse de ce texte dans lequel  je verrais avant tout une forme de variation sur le thème de la différence abrogée à travers l’accession à l’unicité sexuelle sans que cela apparaisse pour autant pour une théorie émise par l’auteur, seulement une farce pour dédramatiser un débat qui prend une mauvaise tournure. Annocque ne fait pas la morale, il ironise, il joue, il nargue, il nous dit ce qui pourrait être, à chacun de se débrouiller avec ces diverses suggestions.

 

J’ai eu également l’impression que cet ouvrage venait au moment où son auteur sentait qu’il avait atteint le sommet de la phase ascendante de sa vie et qu’il sentait venir les premiers symptômes de la seconde partie de son existence, celle qui descend, « …l’âge m’est tombé dessus et dès le lendemain sur le dos de ma femme ».

 

Denis BILLAMBOZ

 

Pour consulter la liste des mes précédents articles, cliquer  ICI

 

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

 

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET - dans LES COUPS de COEUR de DENIS
commenter cet article
29 avril 2016 5 29 /04 /avril /2016 10:24
Cette nuit la mer est noire de Florence Arthaud
Cette nuit la mer est noire de Florence Arthaud

J’ai toujours eu pour elle une immense admiration. Son courage, son énergie, son insolence, son panache, tout en elle provoquait mon enthousiasme. Sa mort brutale, le 9 mars 2015, dans un accident stupide d’hélicoptère avec d’autres jeunes champions, m’avait bouleversée. Aussi ai-je lu son livre,  « Cette nuit la mer est noire », publié un an après sa disparition, avec émotion et un intérêt grandissant tant il est rédigé avec naturel, simplicité et talent. On y retrouve Florence dans toute sa spontanéité et son intelligence, sa gentillesse aussi, sa passion absolue pour le grand large mais également son amour des siens et de la nature, sans oublier son chat Bylka qui restera seul sur son bateau à la dérive pendant 24 heures. Nous sommes le 29 octobre 2011, Florence fête ses 54 ans et a envie d’être seule en mer pour cette occasion. C’est ainsi. Ce soir-là, elle est en Méditerranée,  au large du Cap Corse et navigue  en direction de Marseille. Subitement, une vague va la renverser alors qu’elle se trouve à  l’arrière du bateau dans une position…délicate.

 

« J’ai basculé en une fraction de seconde. Je suis dans l’eau. Il fait nuit noire. Je suis seule. Je tourne la tête en tous sens, instinctivement. Je vois mon bateau qui s’éloigne. Je cherche un repère. Une lueur. Un objet. Un signe de vie. Rien. Je suis absolument seule. Isolée dans l’immense masse sombre et mouvante de la mer. Dans quelques instants, la mer, ma raison de vivre, va devenir mon tombeau. »

 

Ces terribles instants, où elle va lutter pour survivre, feront remonter à sa pensée les moments clés de son existence qu’elle évoque avec beaucoup de spontanéité dans ce livre-mémoire qui nous touche d’autant plus que la mort ne lui laissera que trois années et demie de sursis, avant de la rattraper. Elle revenait de deux mois de navigation qui l’avait conduite à Ibiza, puis à Alger, enfin à Carthage et à Rome. C’est alors l’accident, l’effroi, l’eau noire.

 

« La  peur que j’éprouve n’a rien des frayeurs que je rencontre en course. Ces frissons-là, ces montées d’adrénaline,  je les recherche ! Sur les océans, même déchaînés, on reste projeté vers cet horizon qui, invisible ou non, signifie la vie, l’existence intense, limpide, et sans aucun doute l’éternité. Si je n’avais eu cet amour des grands frissons, je serais restée chez moi, j’aurais pris un travail comme tout le monde. Et j’aurais fait du tricot. »

 

Le goût de la mer, Florence l’a éprouvé dès l’enfance où, en compagnie de ses deux frères, son père l’emmenait en Méditerranée à bord de son voilier. D’autre part, ce père éditeur lui aura permis de rencontrer les plus grands marins du monde et de les écouter narrer leurs histoires, leurs démêlés avec les océans, leurs tours du monde à la voile. Quelle meilleure initiation ? Si bien que la jeune fille de bonne famille, éduquée chez les religieuses, quittera à 18 ans le domicile familial, en laissant un petit mot d’adieu sur son oreiller, pour connaître à son tour le grand frisson de l’inconnu et, à force de volonté, de se forger un destin. On se souvient de son arrivée en Guadeloupe en 1990 à bord de son « Pierre Ier », victorieuse de cette Course du Rhum mythique où elle parvint  à laisser assez loin derrière elle ses concurrents, tous des marins chevronnés, alors qu’elle portait une minerve et avait été victime d’une hémorragie. Quelle arrivée ! Une femme pour la première fois victorieuse d’une telle course !

 

«  Malgré la minerve, l’hémorragie, la panne de pilote automatique et l’absence de radio, j’ai gagné cette Route du Rhum 1990, dans des conditions où j’aurais pu abandonner mille fois, dès le départ. J’avais senti, je sentais qu’il n’y avait qu’une seule chose à faire, précisément : gagner cette course.  (…) Unie par toutes mes fibres à mon bateau et à l’océan, je vivais mon destin ».

 

Cet exploit magnifique, quasiment inimaginable, la faisait entrer d’emblée dans la légende des océans et la baptisait « La petite fiancée de l’Atlantique ». Ses amis marins se sont inclinés avec admiration devant cette prouesse, les Poupon, Kersauson, Lamazou, Péron et quelle est la femme qui n’a pas été fière de voir cette frêle jeune fille prouver aux hommes qu’elle pouvait avoir les mêmes capacités qu’eux, la même intelligence, la même persévérance, la même audace à vaincre le danger et à s’affronter au plus redoutable des éléments ? Une course est aussi une stratégie. Il faut user de feeling et jouer à qui perd gagne avec les probabilités, ruser avec la houle et les vents, choisir les bons angles d’orientation, être un stratège habile avec les vagues. Oui, naviguer est un art difficile et, sans nul doute, Florence Arthaud était un grand marin. Elle avait un sens inné de la mer, elle savait comment l’affronter, comment surmonter ses colères et ses caprices, comment s’y maintenir et s’y conduire.

 

« Comme toujours, je voulais être seule sur mon bateau. Profiter de cette intimité avec les vagues et l’infini du cosmos. La beauté de cette solitude ne peut être décrite que par ceux qui la vivent. Beauté de ce décor sauvage, beauté de la liberté goûtée ici sans entraves, beauté de ces moments magiques où le temps n’existe plus et où les rêves peuvent devenir réalité. »

 

Toujours prisonnière des eaux noires en cette nuit du 29 octobre, Florence ne devra la vie sauve qu’à son portable retrouvé dans la poche de sa veste de quart. Par miracle, il est étanche. Ainsi, peut-elle joindre sa mère, qui prévient son frère et le Cross de Toulon (Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage). Celui-ci fera diligence et parviendra à la sauver in extremis car, autre miracle, Florence avait relevé sa position juste avant de tomber à l’eau. Si bien que l’hélicoptère la repère assez aisément. Cette nuit, la mort n’a pas voulu d’elle. Florence va retrouver son bateau et son chat Bylka, sa fille Marie, sa mère qui, au téléphone, avait bien cru assister à la mort de sa fille en direct.

 

« Aujourd’hui, j’ai conscience que j’aurais pu – que j’aurais dû – mourir et cela me touche profondément. C’est sans doute ce qui m’oblige à témoigner. Vivre pour moi-même, franchement, je m’en moque. (…) Ce salut m’a été donné, je le ressens comme une deuxième vie qui m’est offerte. »

 

Pas pour longtemps hélas ! Mais quel bel exemple de vie, quel beau parcours hors norme, que de rêves et d’enthousiasmes suscités par cette femme qui aimait la houle, les grands horizons, les hommes et femmes de bonne volonté et les chats.

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique CULTURE, cliquer  ICI

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

 

Cette nuit la mer est noire de Florence Arthaud
Cette nuit la mer est noire de Florence ArthaudCette nuit la mer est noire de Florence Arthaud
Cette nuit la mer est noire de Florence ArthaudCette nuit la mer est noire de Florence Arthaud
Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET - dans CULTURE
commenter cet article
26 avril 2016 2 26 /04 /avril /2016 09:13
Laura Rabia et le Choeur de Trouville en concert  à Tourgeville
Laura Rabia et le Choeur de Trouville en concert  à Tourgeville

Imaginez une charmante église dans un village normand, un public nombreux qui s'est assemblé en rangs serrés, proche, attentif, ému, enthousiaste pour un concert d'une exceptionnelle qualité, renouant avec une musique sacrée qui raconte l'homme, ses espérances, ses prières, ses larmes, ses attentes, ses confiances en des liturgies si priantes que le ciel s'entrouvre et que l'émotion vous submerge. Le génie du christianisme y est tout entier contenu en une écriture musicale inspirée, selon la Messe basse de Gabriel Fauré, l'Ave verum de Mozart, la Messe brève de Léo Delibes qui invitent à contempler les lumières éternelles. Moments d'intense partage, de paix intérieure et de grâce comme si le temps s'était subitement suspendu. Laura Rabia et sa remarquable chorale nous ont une fois de plus comblés et ont répondu à nos attentes d'une spiritualité qui répare les méfaits du matérialisme ambiant. 

 

 

Qui est cette femme que la musique habite depuis sa plus tendre enfance ? Une directrice musicale et une artiste lyrique possédée par le désir de transmettre, de mener son ensemble vocal vers l'excellence. Dès son adolescence, subjuguée par la direction de choeur et d'orchestre, elle travaille avec des personnalités comme Jacqueline Landowski et participe à de nombreux enregistrements et à la création mondiale d'oeuvres contemporaines dirigées par les plus grands : Lorin Maazel, Pierre Boulez, Ozawa ou Georges Prêtre. Directrice artistique du choeur de Trouville depuis 2002, elle n'a cessé d'initier de nouveaux talents, de fédérer une chorale qui nous propose des concerts d'une remarquable perfection artistique, accompagnée au piano par Marie-Pascale Talbot, concertiste accomplie, professeur au conservatoire de Caen. Sa sonorité aérienne et précise s'allie à merveille à la voix de soprano de Laura et à celles des solistes qui forment son cercle rapproché. Hommes et femmes doivent à un travail constant, des répétitions nombreuses et à l'exigence de Laura Rabia de former un choeur capable d'interpréter les partitions les plus difficiles.

Laura Rabia et le Choeur de Trouville en concert  à Tourgeville
Laura Rabia et le Choeur de Trouville en concert  à Tourgeville

Samedi 23 avril, en cette soirée printanière qui voit fleurir les forsythias et les poiriers, couvre les talus de coucous et de violettes, nous avons fait un magnifique voyage vocal de Caccini à Debussy et à sa "Damoiselle élue", composée sur un poème du peintre et poète Dante Gabriel Rossetti. Grâce à une gestuelle sobre, à un jeu de main qui semble inviter l'espace à composer avec lui, Laura Rabia a été pour nous cette damoiselle dont la voix est pareille à celle des étoiles et parle à ces choses invisibles qui ne cessent de nous accompagner, avant que le concert ne se clôture par l'Ave Maria de Gounod dont "l'immense soupir se perd dans l'infini". Nous étions comblés. Et, tandis que les applaudissements n'en finissaient pas, Laura Rabia invita l'un des auditeurs à la rejoindre et nous eûmes l'agréable surprise de reconnaître Charles Dumont, le pianiste, compositeur, interprète, qui fut l'auteur de nombreuses chansons dont "Mon Dieu, mon Dieu" et "Je ne regrette rien" composées et chantées pour et par Edith Piaf. L'oeil toujours malicieux et la voix bien timbrée, Charles Dumont s'approcha du piano pour nous jouer et chanter "Mon Dieu, mon Dieu", prière émouvante qui méritait de figurer dans ce concert dédié à la musique sacrée.

 

Merci Laura Rabia, merci aux solistes qui l'accompagnent de leurs voix angéliques, merci à sa merveilleuse pianiste et au choeur qui apporte toute sa profondeur à ce chant choral, de nous avoir emportés très loin et très haut au royaume de la musique, celui qui sait tout à la fois réconforter et exalter, combler et sublimer.

 

(Ce concert  était donné au bénéfice de la lutte contre le cancer, à l'initiative du maire de Tourgéville Monsieur Michel Chevallier et de son adjoint Jean-Luc Lemaire et parrainé par l'artiste Charles Dumont qui fut touché, autrefois, par cette terrible maladie.)

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

Pour consulter la liste des articles de la rubrique CULTURE, cliquer   ICI

 

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

 

ROSETTE PHOTOS
ROSETTE PHOTOS
ROSETTE PHOTOS
ROSETTE PHOTOS
ROSETTE PHOTOS
ROSETTE PHOTOS
ROSETTE PHOTOS
ROSETTE PHOTOS
ROSETTE PHOTOS
ROSETTE PHOTOS
ROSETTE PHOTOS
ROSETTE PHOTOS
ROSETTE PHOTOS
ROSETTE PHOTOS

ROSETTE PHOTOS

Repost 0
Published by Armelle BARGUILLET - dans CULTURE
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog interligne d' Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • Le blog interligne d' Armelle BARGUILLET  HAUTELOIRE
  • : Grâce au pouvoir des mots, une invitation à voyager sur les lignes et interlignes.
  • Contact

TEXTE LIBRE

 4016234704 (Small)

Un blog qui privilégie l'évasion par les mots, d'abord, par l'imaginaire...toujours.

LES MOTS, nous les aimons pour eux-mêmes, leur sonorité, leur beauté, leur velouté, leur fraîcheur, leur hardiesse, leur insolence, leur curiosité, leur dureté, leur volupté, leur rigueur.
Différemment des notes et des couleurs qui touchent d'abord notre sensibilité, ils ont vocation à transmettre, informer, émouvoir, expliquer, séduire, irriter, formuler les idées, forger les concepts, instaurer le dialogue.
Ainsi nous conduisent-ils vers l'autre, l'absent, l'étranger, l'inconnu, l'exilé.

Parce qu'ils disent qui il est, comment est le monde, pourquoi est la vie, qu'ils gomment les distances, comblent les vides, dévoilent les énigmes, suggèrent le mystère, ils sont nos courroies de transmission, nos outils journaliers.

 

La vie doit être vécue en regardant vers l'avenir, mais elle ne peut être comprise qu'en se tournant vers le passé.

 Soëren Kierkegaard

 

Je réponds ordinairement à ceux qui me demandent raison de mes voyages : que je sais bien ce que je fuis, et non pas ce que je cherche.

   Montaigne

 

Veux-tu vivre heureux ? Voyage avec deux sacs, l'un pour donner, l'autre pours recevoir.
   Goethe

 

 MES DERNIERS OUVRAGES PUBLIES ( cliquer sur l'icône pour accéder à leur présentation )


1184097919 profil de la nuit  2851620614

les signes pourpres  3190-NEL i 978-3-8417-7335-7-full

 

SI VOUS PREFEREZ LES IMAGES et le 7e Art, RENDEZ-VOUS SUR MON BLOG : 

 

Bannière pour Armelle 1 

 

ET SI VOUS AIMEZ LES ANIMAUX, RENDEZ-VOUS SUR " MEMOIRE D'EAU" :

 

P1080160.JPG

Recherche