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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 08:46
Kaysersberg,le plus beau village de France 2017

Au débouché de la vallée de la Weiss, dans la plaine d’Alsace, Kaysersberg est un délicieux village dont les ruines de son château du XIIe dominent le bourg. Sa position stratégique permettait d'avoir une vue circulaire sur un paysage fait de collines qui ondulent très loin jusqu'à l'horizon, couvertes de vignes et de bois. A l'abri des remparts, les belles maisons confèrent à cette gracieuse cité son caractère pittoresque. C'est ici que naquit le docteur Albert Schweitzer, fondateur de l'hôpital de Lambaréné au Gabon, prix Nobel de la Paix en 1954, musicien, philosophe et pasteur protestant, dont la vie a inspiré un beau film : "Il est minuit docteur Schweitzer".

 

La Weiss, qui traverse le village, ajoute un charme supplémentaire avec son pont fortifié et ses maisons typiques aux balcons fleuris qui se reflètent dans les eaux paisibles. A l'intérieur de l'église paroissiale de la Sainte-Croix, construite entre les XIIe et XIVe siècles, l'art roman a laissé de nombreux témoignages : sur la façade, un beau tympan de 1230/1235 représentant le couronnement de la Vierge ; à l'intérieur un riche mobilier et un retable sculpté, peint et doré de Hans Bongart daté de 1518. Au centre, la Crucifixion est entourée par des scènes de la passion du Christ traitées en bas-relief sous un décor de branchage et feuillage finement sculpté ou sur des panneaux mobiles. La prédelle représente le Christ et les Apôtres. L’ensemble est surmonté par trois statues en ronde-bosse peintes et dorées : sainte Hélène, saint Christophe portant l’Enfant Jésus sur ses épaules et sainte Marguerite.

 

Kaysersberg,le plus beau village de France 2017
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Kaysersberg,le plus beau village de France 2017
Kaysersberg,le plus beau village de France 2017

Ce village séduit par son charme et son environnement bucolique et jouit d’une longue histoire, bien plus ancienne encore que le château qui domine son vignoble et ses constructions médiévales puisque « Caesaris Mons », le Mont de l’Empereur est cité dès l’époque romaine. Le village et le château sont acquis par l’empereur au XIIe siècle et l’ensemble fortifié devient ville libre et impériale et adhère au XIVe siècle à la Décapole. Le château, position stratégique importante sur la route venant de Lorraine par le Col du Bonhomme, fut construit par Frédéric II de Hohenstaufen et a conservé son élégant donjon du XIIe siècle, donjon  qui procure à cette vallée son air de puissance et de frondeuse indépendance. Un village à ne pas manquer sur la célèbre route des vins. ( Pour consulter l’article que j’ai consacré à la Route des Vins, cliquer  ICI )

 

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14 juin 2017 3 14 /06 /juin /2017 08:54

papillon-dans-des-fleurs-jaunes-t2

 

Chaque saison a cela de précieux qu'elle apporte avec elle ses singularités, si bien que nos préoccupations changent à l'égal de nos paysages et de nos humeurs.

 

Il brille, le sauvage Été,
La poitrine pleine de roses.
Il brûle tout, hommes et choses,
Dans sa placide cruauté.

Il met le désir effronté
Sur les jeunes lèvres décloses ;
Il brille, le sauvage Été,
La poitrine pleine de roses.

Roi superbe, il plane irrité
Dans des splendeurs d'apothéoses
Sur les horizons grandioses ;
Fauve dans la blanche clarté,
Il brille, le sauvage Été.

                                         
Théodore de Banville   (1823 - 1891)

 

 

Comment décrire ce mois des roses et des coquelicots qui nous introduit dans le flamboyant été ? Du printemps, il n'a déjà plus les teintes juvéniles et les floraisons évanescentes ; de l'été, pas encore les chaleurs accablantes et les parfums capiteux, mais les jours s'y alanguissent, les attentes s'y font impatientes, les crépuscules fatals. On l'aime d'être le passeur entre deux rives, de nous conduire au solstice à pas de géant, de clore le calendrier des lycéens et des étudiants. Avec lui se boucle chaque année une époque, un temps. Aussi est-ce un mois qui compte, ne serait-ce que parce qu'inévitablement il nous oblige à des bilans. Bilan physique, intellectuel, moral, tout y passe : suis-je en bonne condition pour affronter l'été ? Où mes pas me mèneront-ils à la rentrée ? Demain, pour les vacances du bel azur, quel projet de voyage, quelles vélléités d'évasion ?

 

 

Oui, on apprécie le mois de juin pour les interrogations qu'il suscite, les lumières qu'il dispense, les doutes - parfois même les craintes - qu'il provoque, les promesses qu'il suggère. On l'aime d'être à l'extrême, avec son jour le plus long et ses ténèbres les plus courtes. Ainsi le considère-t-on volontiers comme joyeux et insensé, dispendieux et provocateur. Et, il est vrai qu'en juin, il nous plaît de tout promettre et de tout espérer. Dormir, se reposer paraissent indécents. Juin, c'est l'obligation de vivre impérieusement, de ne point se contraindre ; c'est déjà l'avant-goût des jubilations de juillet et des prodigalités d'août, avant que le sage septembre ne nous prépare aux retenues de l'automne et aux gravités de l'hiver.

 

 

Mon coeur, rappelle-toi

la beauté, la vigueur de nos jeunes saisons,

quand l'alouette chantait au-dessus des moissons,

que la source jaillissait dans un éclat de jaspe.

La maison se laurait de vignes et de lierre

et les roses trémières rosissaient son fronton.

 

Extraits du "Chant de Malabata"*

 


Fête de la musique, feux de la Saint-Jean, Juin traverse le temps  en apothéose. Il est le point d'orgue d'une année qui nous façonne selon le rythme compulsif de ses saisons et qui, soudain, semble lâcher prise. Juin des rendez-vous donnés ou manqués, des attentes fébriles, des fiévreux crépuscules, des roses aurores et des lueurs veillées à l'avant-poste estival.

 

* Armelle Barguillet Hauteloire - "Profil de la Nuit"

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

 

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Humeur de Juin
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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 08:10
A un moment donné de Thierry Radière

Une nouvelle face du talent de Thierry Radière : la nouvelle qu’il utilise dans cette publication pour évoquer l’instant où tout peut basculer, où la vie prend une toute autre tournure, où elle peut même s’arrêter. Et, une nouvelle fois, Thierry excelle dans l’art d’écrire quelle que soit la forme choisie.

 

 

A un moment donné

   Thierry Radière (1963 - ….)

 

 

Un nouveau Radière, arrivé quelques jours après le Beaujolais nouveau, c’est toujours une aventure. Ces derniers mois, il y a déjà eu un « texte qui pourrait être le roman d’un professeur oubliant son aigreur professionnelle dans un amour un peu tardif, un essai sur le temps qui fuit, sur la mémoire et ce qu’elle représente et aussi un cours de lettre sur la compréhension et l’interprétation des beaux textes », un  « tout petit recueil de textes très courts ! Des images, des souvenirs qui se précipitent, des souvenirs des parents qui vieillissent, blanchissent, se tassent et finissent par abandonner sur terre les restes de leur corps usé. Une bouffée de souvenirs odorants… » - et un recueil de « poèmes de résilience, poèmes d’espoir, poèmes d’amour, poèmes pour oublier ». Pour cette énumération, sans vergogne aucune, je me suis cité moi-même en relisant mes derniers commentaires concernant les publications de Thierry Radière. C’est un peu prétentieux mais ça permet de ne pas s’emmêler les doigts sur le clavier de ce commentaire du dernier Radière, récemment publié, que je viens de refermer.

 

Cette fois le poète, essayiste, romancier a choisi la plume du nouvelliste pour livrer un recueil de six nouvelles qui racontent un moment de la vie où tout peut basculer, où le pire peut-être envisagé, où l’esprit et l’imagination fonctionnent à très haute fréquence pour chercher dans le passé ce qui pourrait permettre de comprendre ce qui est en train d’arriver et ce qui en découlera de façon peut-être inexorable, définitive, où, ce que l’on redoute, depuis la première angoisse, est en train d’arriver, de vous arriver. Qui n’a pas été saisi d’une panique irraisonnée en constatant qu’il a perdu ses enfants de vue et qu’il ne parvient pas à les situer ? Nous tous, lecteurs, avons connu cet instant où l’imagination en quelques fractions de secondes construit une multitude de scénarii tous pires les uns que les autres.

 

Le cycliste qui déboule d’on ne sait où et se retrouve brusquement sur le capot de votre voiture sans que vous n’ayez rien vu ni compris, l’accident tant redouté est brutalement arrivé, le cycliste est mort, le chauffeur devient chauffard, tout un monde s’écroule… mais peut-être que le cycliste n’est pas mort …

 

Les enfants qui, malgré l’interdiction parentale, s’aventurent trop loin de la plage, la sœur qui ne peut pas revenir vers la rive, le frère qui se sent coupable jusqu’au plus profond de lui et qui fait l’autruche, tétanisé par une panique paralysante…

L’enfant qui ne comprend pas ce qui arrive, qui regarde en l’air et qui brusquement se retrouve au fond du trou où il pourrait disparaître à jamais…

 

L’enfant qui n’a pas le droit de regarder la télé mais qui comprend bien le film que ses parents regardent en entendant la bande son et en construisant le reste avec son imagination, puisant au plus profond de ses souvenirs pour essayer de construire ce passage qui le conduira de sa prime enfance à son statut d’adulte en devenir.

 

La maman qui ne peut pas dire le nom de la boisson qu’elle préfère, le premier trou de mémoire, l’affolement en pensant au premier signe, au tout premier symptôme d’une maladie tellement redoutée.

 

Le narrateur et l’adolescent coincés dans un ascenseur en panne qui paniquent chacun à leur façon, envisageant le pire et essayant de l’oublier.

 

Six situations que Thierry Radière analyse finement, six situations où tout change, peut changer, pourrait changer, six instants potentiellement définitifs, six instants qui compteront à jamais dans la personnalité de ceux qui les vivent, dans cette personnalité qui se construira ainsi jusqu’à ce que, « à un moment donné » l’événement définitif se produise réellement pour mettre un terme à ce qui fut leur existence, leur vie. Le nouvelliste a utilisé les armes de l’essayiste pour tenter de comprendre ces instants décisifs qui condensent l’essentiel d’une vie ou, peut-être, que l’essayiste a déguisé son propos sous forme de nouvelles plus accessibles aux lecteurs qui ont vécu l’une ou l’autre de ces situations. Je ne sais, à chacun sa lecture !

 

Pour moi, ce recueil s’insère parfaitement dans l’oeuvre Thierry Radière, depuis un certain temps au moins, depuis qu'il a écrit qu’« à la fin », « à un moment donné », « il faudra bien du temps », il faudra bien prendre un bout de temps, « quand on a(ura) compris que l’existence allait être un combat à mener seul contre le monde », pour envisager ce qu’est la vie, comment elle se construit et comment elle s’achève.
 

Denis BILLAMBOZ

 

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9 juin 2017 5 09 /06 /juin /2017 09:22
Thomas Pesquet, notre petit prince est de retour

Il est rentré Thomas Pesquet à bord de son soyouz en 3 heures et 20 minutes et a atterri dans le désert du Kazakhstan le 3 juin après avoir passé 165 jours non sur une quelconque céphéide mais dans la Station spatiale internationale à 400 km de la terre, bénéficiant d’une vue imprenable sur notre planète, en compagnie d’autres spationautes dont Peggy Whitson et Oleg Novitski. Il fut durant ces 6 mois notre petit prince, regardant de haut et de loin les paysages de l’espace, de la lune, de mars, des innombrables nébuleuses et de la terre avec ses mers et ses montagnes, ses villes illuminées et ses déserts, l'eau des Bahamas avec ses étonnants dégradés de bleu et tentant de faire pousser dans son avant-poste orbital quelques salades et peut-être une rose … qui sait ?

 

 

Il a eu la gentillesse de nous raconter son quotidien et les sensations qui sont celles d’un extra-terrestre qui ose défier les lois de la pesanteur et exister dans l’immensité du Cosmos comme un vigile qui sonde les mystères de l’infini. Car cet infini était tout autour de lui, il pouvait en goûter les spectacles à chaque seconde, voir défiler les images de notre planète à 28 000 km heure et faire ainsi 16 fois le tour du monde chaque jour … Un rêve d’enfant qui se réalisait. Rêve de voler et de se libérer de son corps, de contempler les choses sous un angle et dans une perspective étrange et différente et un indescriptible silence. Oui, Thomas Pesquet a été notre petit prince souriant, précis dans ses gestes, sortant même de l’ISS pour changer quatre batteries, cela avec un scaphandre qui pesait 200 kg et pendant six heures exténuantes qui exigent une concentration intense. Cette sortie extravéhiculaire a été un moment magique où Thomas volait dans l’infini comme un papillon, moment qui lui a permis de ressentir l’espace dans sa globalité et de contribuer à l’évolution de la science.

 

 

Les cinq astronautes, qui se trouvaient dans la station en même temps que lui, travaillaient 6 jours sur 7 afin de réaliser point par point leur mission. En effet, l’ISS est un laboratoire et Thomas avait pour responsabilité de conduire une centaine d’expériences : tests du mécanisme des fluides entre autre.

 

 

Bien entendu, chaque étape de cette mission a demandé des mois, des années de préparation intensive, car le jeune spationaute n’avait pas le droit à l’erreur, il y allait de sa vie et de la réussite de cette mission Proxima. Thomas devait être en même temps que la mémoire du monde, un aventurier, un Christophe Colomb non des mers mais de l’espace céleste, de l'éther. Il a réussi. Son voyage de retour en compagnie de Oleg Novitski, Peggy Whitson restant 3 mois supplémentaires dans la station orbital, s’est effectué comme un éclair à la vitesse de 20.000 km heure pour  se réduire à 5 km au moment de l’impact avec le sol de notre planète, atterrissage brutal  semblable à une collision en voiture sur l’autoroute suivie de quelques tonneaux, a-t-il avoué. Il nous est revenu sans une égratignure, un peu las certes, un peu déphasé en  retrouvant le souffle du vent, les saveurs, les odeurs et surtout la pesanteur. Son corps a sûrement un peu souffert mais n’a-t-il pas joué aux dés avec les dieux invisibles de l’espace et du temps ? Il nous adresse également un message : oui, la terre est fragile, oui depuis l’espace on constate la pollution, le dégazage des bateaux, les coupes forestières, l’impact de l’homme sur la nature. Alors il faudra bien y remédier. Avant de changer de planète, n’usons pas trop vite la nôtre, il parait qu’elle est si belle vue des étoiles.

 

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

 

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Thomas Pesquet, notre petit prince est de retour
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Entrée dans l'atmosphère terrestre, le parachute se déploie.

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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 08:21
Marcel Proust et Anna de Noailles

Marcel Proust a connu Anna de Noailles dans les dernières années du XIXe siècle. L’écrivain avait remarqué la jeune poétesse à ses débuts alors que des extraits de ses poèmes étaient publiés dans les journaux avant leur édition en recueil. Par la suite, ils se rencontrèrent et s’apprécièrent, Proust ayant été invité chez les Brancovan à Amphion lors d’un de ses séjours auprès de sa mère à Evian, où elle faisait une cure. Les deux écrivains avaient en commun un état maladif, aussi leur relation sera-t-elle en partie développée dans leur correspondance et, dès 1931, leur dialogue épistolaire sera réuni par Robert Proust dans un volume qui faisait suite à celui déjà consacré à une correspondance générale chez Plon.

 

 

Proust et Anna réunis à Amphion. Anna est au deuxième rang à droite et Marcel au dernier, troisième en partant de la gauche.

Proust et Anna réunis à Amphion. Anna est au deuxième rang à droite et Marcel au dernier, troisième en partant de la gauche.

Descendante d’une famille de boyards roumains, son père était Grégoire Bibesco de Brancovan, expatrié, et sa mère une pianiste grecque Raluca Moussouros ( connue en tant qu’artiste sous le nom de Rachel Musurus ), de 21 ans plus jeune que son époux. Anna naîtra à Paris en 1876 et mourra également à Paris en 1933, à l’âge de 56 ans. La poésie, qu’elle commence à composer toute jeune, s’attache à décrire un monde à la beauté tranquille, un pur ailleurs temporel. Elle créera plus tard le prix de la « Vie Heureuse » avec plusieurs de ses amies qui deviendra, en 1922, le prix Fémina. A l’âge de 19 ans, elle épouse le comte Mathieu de Noailles et côtoie la haute aristocratie française, tout en restant très fantasque. Elle fut la première femme commandeur de la Légion d’honneur, la première à être reçue à l’Académie royale de Belgique, Académie dans laquelle lui succéderont ses amis Colette et Jean Cocteau.

 

« Bien souvent, les moindres vers des Eblouissements me firent penser à des cyprès géants, à ces sophoras roses que l’art du jardinier japonais fait tenir, hauts de quelques centimètres, dans un godet de porcelaine de Hizen. » - lui écrit Marcel Proust dans l’une des missives de leur longue correspondance. Pour Marcel, Anna de Noailles eut le mérite immense d’être une fenêtre ouverte sur un monde dont il avait eu la révélation enfant mais qu’il ne pouvait plus voir, reclus désormais dans sa chambre, loin des réalités extérieures. Ainsi, grâce aux vers d’Anna, se réapproprie-t-il  ce concept d’enfance et une vision qui, désormais, se concentre dans sa seule pensée.  Il est probable, selon le professeur Luc Fraisse de l’Université de Strasbourg, que Marcel Proust ait découvert, au du moins approfondi sa théorie de la mémoire involontaire au contact de l’œuvre d’Anna qui lui restituait ses impressions d’enfant dans le jardin du Pré Catelan de son oncle Jules Amiot à Illiers/Combray. Déjà dans Jean Santeuil, la vicomtesse de Réveillon empreinte certains de ses traits à la belle Anna qui, comme Proust, présentait dans son physique quelque chose d’oriental.

 

 

 

 

Marcel Proust et Anna de NoaillesMarcel Proust et Anna de Noailles

A la lecture de cette correspondance, on est surpris par les louanges excessives que Proust adresse à Anna et que certains critiques ont considérées comme de la flagornerie, aussi, dans un premier temps, ce dialogue littéraire les desservira dans la mesure où l’échange répondait mal à l’horizon d’attente de l’époque pour lequel la poésie d’Anna de Noailles, d’inspiration romantique, ne correspondait plus aux vers libres qui prenaient leur essor. Bien des raisons doivent néanmoins nous inviter à davantage de prudence, souligne le professeur Fraisse. Il semble, en effet, en y regardant de plus près que le romancier se soit montré sincère et que la poésie d’Anna sut le toucher. Tous deux se vouèrent réciproquement, et tout au long de leur vie, estime et admiration. L’intuition d’Anna lui permit de découvrir très tôt que Proust était un « rénovateur » du roman et elle fut la première à comparer ses longues phrases à des soies adorables (1905). En 1906, elle perçoit également que Marcel est un esprit organisateur. « Vous amplifiez le plus infime détail » - lui écrivait-elle. Pour Proust, les poèmes de la jeune femme étaient comme des miroirs où leurs deux sensibilités se contemplaient et se répondaient, Proust sachant faire « miroiter » les vers de la poétesse. Elle soulignait aussi que Proust avait des certitudes inébranlables et que son œuvre était construite comme un constant monologue intérieur. Entre eux, ce ne fut pas le ramage que quelques-uns se plaisaient à moquer, mais une véritable rencontre esthétique. Anna était aussi un écrivain de la mémoire involontaire. Sa poésie et ses romans sont peuplés de réminiscences, il y avait comme un élixir de mémoire où ils se complaisaient ensemble.

 

Enfants, regardez bien toutes les plaines rondes,

La capucine, avec ses abeilles autour,

Regardez bien l’étang, les champs avant l’amour,

Car après l’on ne voit plus jamais rien du monde.

 

On comprend avec ces vers tirés des « Eblouissements », combien ce poème contient le principe latent de la composition de « Du côté de chez Swann ». A travers le miroir qu’Anna tendait à Marcel, il devenait à son tour lecteur de lui-même. Si bien que les principaux fondements structurels de la Recherche doivent quelque chose à la poétesse et un nombre important d’épisodes du roman a pour embryon quelques-uns de ses thèmes favoris. Au début de La Recherche, il y a en effet les impressions qu’il a recueillies à Combray en tant qu’étape d’initiation au monde et à la nature et dont le symbolisme prend forme au contact de cette poésie si proche de sa sensibilité.

 

« Ce qui tombera de votre cerveau sera toujours précieux comme sera toujours fine l’odeur d’aubépine. Seulement cette sécurité n’était pas tranquillité parce que dans ces miracles certains que produisent suivant des lois instinctives, les esprits poétiques, il y a tout l’imprévu de la pensée et du sentiment, que c’est un secret chaque fois nouveau, une réalité individuelle qui n’apparaîtra pas une seconde fois à quoi ils nous initient, ce qui fait qu’une rose ressemble à une rose, mais qu’une poésie ne ressemble pas à une autre poésie. » - écrit Marcel à Anna.

 

Ainsi les vers d’Anna mettait-il en route une réflexion poétique sur le cheminement à entreprendre en soi à partir de ces évocations qui provoquaient entre eux une véritable interaction littéraire, insiste le professeur Luc Fraisse qui a consacré un long chapitre «Anna de Noailles ou la Recherche avant la Recherche » dans son passionnant ouvrage « La petite musique du style » (Classiques Garnier )

 

A maintes reprises, Marcel Proust n’a pas manqué de s’approprier le regard d’Anna, de contempler les choses transfigurées par la magie poétique et d’apprécier chez elle les fragilités des fleurs et des cœurs, la poétesse étant devenue, en quelque sorte, l’intermédiaire entre l’imaginaire et la réalité. A la suite de sa lecture des Eblouissements, il lui écrit à nouveau : « Mais l’identité des sentiments, où on se trouve quand on compose est une unité aussi. Et ainsi il y a dans ce volume tout un long poème qui ne se peut briser. Ou du moins dont les morceaux peuvent se briser, mais comme les « Adieux de Wotan », le prélude de  « Tristan », entendu autrefois à l’Orchestre Padeloup ou Colonne, ne pouvaient tout de même pas donner l’idée de l’œuvre  wagnérienne entière. (…) Disons que ce volume est pour une moitié Tristan, pour l’autre Parsifal. » - poursuit-il.

 

Au regard de Proust, Anna de Noailles est un phénomène d’hybridation et d’androgynie, soit le corps d’Iphigénie et le cœur de Virgile. « Vous êtes encore plus Siegfried qu’Yseult » - écrit Marcel en 1908. Autre hybridation sur laquelle Luc Fraisse ne manque pas poser le doigt : celle du petit Marcel devenant le grand Proust, hybridation de la poésie et de la prose, du mensonge et de la vérité, de la faiblesse et de la force. « Ainsi l’auteur de la Recherche aura-t-il médité sur des poèmes qui lui semblaient atteindre les vérités de l’art par une autre voie que celles de la réflexion philosophique et de la construction à long terme qui seront, par la suite, résolument les siennes » - conclut l’auteur de « La petite musique du style », faisant d’Anna de Noailles une source d’inspiration  du grand écrivain du XXe siècle, ce qui n’est pas le plus mince de ses mérites.

 

 

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Marcel Proust et Anna de Noailles
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6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 07:01
Liste des articles "Les coups de coeur de Denis "

 

Voici la nouvelle rubrique que nous propose notre ami de longue date : Denis BILLAMBOZ. Grand lecteur devant l'éternel, Denis nous a déjà offert pendant deux années un tour du monde littéraire de grande qualité, nous menant à travers les livres choisis dans un formidable voyage au royaume des mots. Aujourd'hui, il va nous livrer ses coups de coeur, ses moments d'enthousiasme, les romans qui ont marqué tout particulièrement sa mémoire. Il a voulu ouvrir cette rubrique sur mon dernier né "Le jardin d'incertitude" auquel il a trouvé des qualité, ce qui m'honore. D'autres coups de coeur suivront chaque lundi, Denis aimant d'un vrai amour les écrivains et les poètes. Alors accompagnons-le dans cette équipée qui ouvre ce matin sa première page.

 

 

Le jardin d'incertitude de Armelle Barguillet Hauteloire

Léo Ferré, le poète vagabond  

Irène,Nestor et la vérité de Catherine Ysmal

Le sang et la mer de Gary Victor

Cortés et son double de Christian Duverger

Seuls le ciel et la terre de Brian Leung

Les couleurs de l'hirondelle de Marius Daniel Popescu

Mourir est un art comme tout le reste de Oriane Jeancourt Galignani

A l'exemple de mon père de Uwe Timm

L'accordeur de silences de Mia Couto

Le renard était déjà le chasseur de Herta Müller

La compagnie des Tripolitaines de Kamal Ben Hameda

Adieu ma mère, adieu mon coeur de Jules Roy

Hammerstein ou l'intransigeance de Hans Magnus Enzensberger

Dans la grande nuit des temps de Antonio Munoz Molina

Les immortelles de Makenzy Orcel

Un après-midi dans le désert de Mustapha Tlili

Les feux de Shohei Ooka

Nos cheveux blanchiront avec nos yeux de Thomas Vinau

Bruges-la-morte de Georges Rodenbach

Muette de Eric Pessan

Le son de ma voix de Ron Butlin

Ici ou nulle part de Rocio Duran Barba

Rue des voleurs de Mathias Enard

Volt de Alan Heatcock

"Du domaine des murmures" de Carole Martinez

un domaine au Cap-Vert de Henrique Teixiera de Sousa 

"S'inventer un autre jour" de Anne Bert

Retour à Salem d'Hélène Grimaud

Folie de Ivan Vladislavic

Un bon musulman de Tahmima Anam

L'hom Wazo de Dora Wadrawane

Christie Malry règle ses comptes de Brian Stanley Johnson

Souvenirs d'un enfant des rues de Mansour El Souwaim

Kyôto de Yasunari Kawabata

Le grand absent de Laurent Graff

La petite de Michèle Halberstadt

La carte du monde invisible de Tash Aw

Le général Della Rovere de Indro Montanelli

Monsieur le commandant de Romain Slocombe

Le colonel et l'appât 455 de Fariba Hachtroudi

Les mouettes de Sandor Marai

La lettre à Helga de Bergsveinn Birgisson

Il pleuvait des oiseaux de Jocelyne Saucier

L'amant imaginaire de Taos Amrouche

Poèmes du Temps de Isidore Hiro

La belle amour humaine de Lyonel Trouillot

Le triomphe de la mort de Patrick Weiller

Les fées penchées de Véronique Janzyk

Deux nouvelles de Alberto Barrera Tyszka

Un garçon singulier de Philippe Grimbert

Mon doux amour de Raoul Mille

Comme un karatéka belge qui fait du cinéma de J.C. Lalumière

Faillir être flingué de Céline Minard

Ana Marija ne m'aimait pas de Lijljana Durovic

La preuve par le miel de Salwa Al Neimi

Un ciel rouge, le matin de Paul Lynch

Le maître bonsaï de Antoine Buéno

Coeurs multicolores de Eduard von Keyserling

Mademoiselle de la Ferté de Pierre Benoît

Tirza de Ali Abassi

"ICI" de Christine Van Acker

Les hommes forts de Georges Magnane

La mauvaise pente de Chris Womersley

Le vicomte pourfendu de Italo Calvino

Le verrou de Laetitia Kermel

Un privé à bas bilan d'Eric DEJAEGER

Paul et Virginie de Bernardin de Saint-Pierre

De Goupil à Margot de Louis Pergaud

Fixer le ciel au mur de Tieri Briet

Les aphorismes selon André STAS

La cloche de détresse de Sylvia Plath

L'automne des incompris de Hugo Ehrhard

 

L'audience de Oriane Joncourt Galignani

Matin perdu de Vergilio Ferreira

Willenbrock de Christoph Hein

"14" de JEAN ECHENOZ

Pereira prétend de Antonio Tabucchi

Première neige sur le Mont Fugi de Yasunari Kawabata

J'ai eu des nuits ridicules d'Anna ROZEN

Cannibales de Mahi Binebine

Les trois lumières de Claire Keegan

L'ironie du sort de Didier da Sylva

Des mille et une façons de quitter la Moldavie de Vladimir Lortchenkov

Un petit nuage de James Joyce

Le trône d'Adoulis de Glen W. Bowersock

L'echappée de Valentine Gobi

Le cuisinier de Talleyrand de J.Christophe Duchon-Duris

Nue de Jean-Philippe Toussaint

Tristano meurt d'Antonio Tabucchi

La claire fontaine de David Bosc

Un certain sourire de Françoise Sagan

Le dynamiteur de Robert Louis Stevenson

Tu seras un raté, mon fils de Frédéric Ferney

Le démon avance toujours en ligne droite d'Eric Pessan

De l'influence du lancer de minibars sur l'engagement humanitaire de Marc Salbert

Création d'Antonia Susan Byatt

Histoire de la Grande Maison de Charif Majdalani

Une seconde vie de Dermot Bolger

Moi et toi de Nicolo Ammaniti

Du côté de Canaan de Sebastian Barry

Marthe et Mathilde de Pascale Hugues

La mer, le matin de Margaret Mazzantini

Leon et Louise d'Alex Capus

La folie que c'est d'écrire d'Alexandra Bitouzet

Annabel de Kathleen Winter

La soudure d'Alain Guyard

L'important, c'est la sauce de Michel Thauvoye

Au nom de Sa Majesté de Laurent Graff

Autrefois le rivage de Paul Yoon

Parabole du failli de Lyonel Trouillot

Le génocide arménien de Michel Marian

Huit quartiers de roture de Henri Calet

La fraternité des atomes de Gauthier Hiernaux

Ma mémoire assassine de Kim Young-ha

Des jours en trop de Hassan Daoud

Elek Bacsik, un homme dans la nuit de Balval Ekel

Une pièce montée de Blandine Le Callet

22h22 de Denis Daniels

Prisonniers du ciel de James Lee Burke

Deux d'un coup de Liviu Rebreanu

L'accordéon de la mer et autres formes de Kim Myong-in

Les affligés de Chris Womersley

Mijn vater is groot de Dominique Watrin

Figurante de Dominique Pascaud

Petits plats de résistance de Pascale Pujol

Kokoro de Delphine Roux

L'envie de Iouri Olécha

Le Livre du thé de Kakuzo Okakura

La porte rouge de Valentine Goby

Histoire de Milad de Rafik Schami

A l'enseigne des coeur épris de Jean-François Pigeat

Le p'tit cheval de retour de Michel Audiard

Sous un ciel qui s'écaille de Goran Petrovic

Ce qui reste de Rachid O.

Fuir de Jean-Philippe Toussaint

Le bunker de Balval Ekel

Dictionnaire de trois fois rien de Marc-Emile Thinez

Ozu de Marce Pautrel

Kinderzimmer de Valentine Goby

Vie des hauts plateaux de Philippe Annocque

Confidences et solitudes de plus en plus courtes de Thierry Radière

L'équation du nénuphar de Pascale Petit

La mort et la belle vie de Richard Hugo

L'enfant de la haute mer de Jules Supervielle

L'or de Blaise Cendrars

Tant et tant de chevaux de Luiz Ruffato

Le dieu du tourment de Hugo Ehrhard

Un peu plus bas vers la terre de Renaud Cerqueux

Après l'orage de Selva Almada

Le bunker - premier témoignage - de Thierry Radière

Nosaka aime les chats de Akiyuki Nosaka

Mon amour pour la vie en moi de Gérard Sendrey

La pluie ébahie de Mia Couto

Animots de Jean Jacques Marimbert

Le Bateau-usine de Kobayashi  Takiji

Fausse route de Pierre Mérindol

Il est minuit Monsieur K de Patrice Franceschi

Les demeurées de Jeanne Benameur

Les effrois de la glace et des ténèbres de Christoph Ransmayr

La dénonciation de Bandi

Toujours plus à l'Est de Benjamin Pelletier

Toutes les choses de notre vie de Hwang Sok-Yong

L'amour en super 8 de Chefdeville

Le bouffon de la montagne de Christophe Bigot

Bestiolerie potagère de Louis Bubost

Jardin de printemps de Shibasaki Tomoka

Les lièvres de jade d'Eric Allard et Denys-Louis Colaux

Allons z'enfants d'Yves Gibeau

Sympa de Alain Schifres

La concessions française de Xiao Bai

Call-Boy de Ira Ishida

Le vampire de Clichy de Véronique Janzyk

Tête dure de Francesco Pittau

Bleu de travail de Thomas Vinau

Les enfants du grand jardin de Carine-Laure Desguin

Adriana de Théodora Dimova

Copies de Thierry Radière

Un ours qui danse de Vincent Jolit

Métamorphose d'un crabe de Sylvie Dazy

La semaine des martyrs de Gilles Sebhan

Comment apprendre à s'aimer de Motoya Yukiko

Bonneville de Laurent Saulnier

Le jardin Arc-en-Ciel de Ito Ogawa

Les nuits de Williamsburg de Frédéric Chouraki

Le voyage d'Octavio de Miguel Bonnefoy

Le petit oeuvre poétique de Claude Louis-Combet

Kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas de Imre Kertész

La lanterne de l'aubépine de Seamus Heaney

Soudain j'ai entendu la voix de l'eau de Hiromi Kawakami

L'argent de Charles Péguy

Narayama de Schichiro Fukazawa

La mer noire de Kéthévace Davrichewy

 

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5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 08:48
Un serpent à Alemdag de Sait Faik Abasiyanik

Au moment où la Turquie s’agitent, j’ai lu ce recueil de nouvelles publié il y a déjà bien longtemps juste avant la mort de l’auteur décédé prématurément. Un hommage à la ville d’Istambul et au petit peuple qui en anime les rues.

 

 

 

Un serpent à Alemdag

    Sait Faik Abasiyanik (1906 – 1954)

 

 

Sait Faik Abasiyanik est surtout connu pour ses nouvelles dont ce recueil publié l’année de sa mort en 1954, à l’âge de quarante-huit ans. Dans ces textes, selon le préfacier, le grand écrivain Nedim Gürsel lui-même, « Sait Faik… est au sommet de son art », « …tel le peintre qui, sur ses dernières toiles, ne s’embarrasse plus guère des contours mais fait primer la couleur, le mouvement et le rythme, Sait Faik déploie son petit monde de perdants… dans un carrousel grinçant et fascinant.

 

J’ai lu ces nouvelles souvent très réalistes, parfois un peu fantastiques, par moment métaphoriques, présentées comme un bel exercice littéraire et principalement comme un hommage à la ville d’Istanbul et au petit peuple de ses rues. « J’adore les noms de quartiers d’Istanbul.  Certains sont si beaux. Même s’ils sont faux et mensongers, il suffit de les évoquer, aussitôt votre imagination se déclenche, des souvenirs de provenances différentes s’agglomèrent, un film se déroule dans l’obscurité de votre cerveau. »  A priori, il ne semble pas y avoir un réel fil rouge entre les textes rassemblés dans ce recueil mais, en avançant dans la lecture, on sent bien cet amour de l’auteur pour cette ville, pour les pauvres bougres qui animent les rues, souvent victimes des aléas de la vie ou plus simplement des puissants. Nombre de ces histoires inventées par Sait Faik se déroulent dans la rue ou dans les tavernes où l’auteur semble aimer séjourner, là où le petit peuple stambouliote, fort composite des années cinquante, se débat en butte à la normalisation kémaliste.

 

C’est toute la vie grouillante d’Istanbul qui se déploie dans les pages de ce recueil et comme dans le quartier de Dolapdéré, « On croise aussi l’odeur des côtes d’agneau et la faim, le raki, l’amour, la passion, le bien et le mal incarnés », ce qui fait la richesse et le malheur de la ville et donne cette saveur si particulière aux textes de Sait Faik. L’auteur est mort trop jeune mais on sent qu’il a déjà accumulé beaucoup de sagesse et de scepticisme devant les réformes en cours. Il n’omet pas de stigmatiser la paresse, les effets pervers des fortunes trop vite acquises, les spéculations tendancieuses, les violences gratuites, … rappelant avec nostalgie la tolérance d’autrefois, suggérant l’amitié, la simplicité et les valeurs morales qui permettaient une vie en bonne intelligence.

 

Et lui, comme beaucoup de malheureux errant sur les boulevards, « Tous avec leur sort et eux-mêmes sur le dos. Seuls, seuls. Même quand ils dorment avec une femme, seuls », il se sent seul,  très seul, se rappelant le bon vieux temps de la vie en famille. « Plus je vois mon ancien ami, plus je pense à la solidité de certains liens familiaux… » Au final un recueil littéraire à lire avec attention, un tableau animé de la ville d’Istambul, une leçon de morale à peine masquée, un certain désespoir nostalgique et aussi un petit coup de griffe pour ceux qui détenaient le pouvoir à cette époque.
 

Denis BILLAMBOZ

 

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29 mai 2017 1 29 /05 /mai /2017 07:48
Narayama de Schichiro  Fukazawa
Narayama de Schichiro  Fukazawa

Au moment où le Festival de Cannes décerne sa célèbre Palme d’Or, je voudrais vous proposer la lecture de la célèbre nouvelle de Schichirô Fukazawa à l’origine du plus célèbre encore film de Shohei Imamura : "La Ballade de Nartayama " qui a obtenu la fameuse palme en 1983.

 

 

Etude à propos des chansons de Narayama

Schichirô Fukazawa (1914 – 1987)

 

 

« Narayama », rien qu’en voyant ce seul mot en guise de titre sur un ouvrage poussiéreux lors d’une vente de livres d’occasion, ma mémoire s’est mise en éveil et j’ai pensé à ce film japonais racontant l’histoire du voyage dans la montagne accompli par des vieux pour fuir la vie. Ce film avait eu un grand succès, il y a bien longtemps, quand j’étais encore jeune. J’ai donc lu ce livre écrit par Shichirô Fukazawa, un écrivain japonais qui connut un succès mondial avec cette nouvelle portée au cinéma pour le plus grand bonheur de ses auteurs et des spectateurs. Fukazawa est un cas un peu particulier dans la littérature nippone, ce n’est pas un intellectuel, il est né dans une province très pauvre au cœur du Japon. Une région tellement pauvre que la plus grande préoccupation de ses habitants est la répartition de la nourriture, elle fournit d’ailleurs la trame de cette nouvelle. L’auteur est un homme du terroir, attaché à sa terre et à ses habitants, il écrit plus avec son cœur qu’avec son esprit, son texte est peut-être un peu simple mais il est tellement émouvant.

 

Dans une famille où vivent la grand-mère et son fils veuf avec ses enfants, l’aïeule sait bien qu’un jour il faudra qu’elle laisse sa place, quand son fils trouvera une nouvelle épouse pour le seconder. Dans le  "village d’en face", un accident laisse une veuve qui fera tout à fait l’affaire, elle vient donc vivre à la maison mais le petit-fils décide lui aussi de prendre pour femme la fille qu’il a engrossée, la grand-mère comprend alors que le moment est venu pour elle d’accomplir le pèlerinage de Narayama, la plus haute montagne de la région, le dieu tutélaire des villages alentours.  L’hiver sera rude et il y a trop de bouches à nourrir dans la maison.

 

Ce texte est tiré de vieux contes et de légendes de la région natale de l’auteur qui présente même la partition de la fameuse Ballade de Narayama en fin de cet ouvrage. Il s’appuie particulièrement sur un conte très connu au Japon dont l’auteur cite de nombreux extraits tout au long de son récit. Ces textes ancestraux appartiennent à la tradition orale qui perpétue les us et coutumes locaux depuis des siècles, la région étant pauvre et isolée, l’écriture n’est devenue qu’assez tardivement le moyen de communication commun à tous. Lors des fêtes, la forme orale permet à chacun d’ajouter un couplet personnel à une chanson pour décrire, narguer, glorifier un personnage ou pour simplement perpétuer un événement remarquable. Ainsi, l’auteur a tenu, à plusieurs occasions, à préciser que le fameux pèlerinage de Narayama n’avait aucun fondement culturel, cultuel, social ou autre, que ce n’était probablement que l’héritage d’un pamphlet oral datant de siècles anciens.

 

Il reste néanmoins qu’après le succès mondial de cette nouvelle et celui du film qui en a été tirée, la Ballade de Narayama est devenue un mythe mondial et que Fukazawa restera à tout jamais comme l’un des grands maîtres de la littérature nippone.

 

 

" A la montagne de derrière irons-nous abandonner la vieille

Mais de derrière même un crabe reviendrais en rampant. "

 

Denis BILLAMBOZ

 

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26 mai 2017 5 26 /05 /mai /2017 07:46
Le rêve de Capri
Le rêve de Capri

Capri est, par excellence, l’île qui fait rêver. Placée dans l’une des plus belles baies du monde, elle réunit les caractéristiques qui ne peuvent manquer de séduire le regard, une mer bleue turquoise, une série de collines onduleuses, des falaises abruptes, des criques féeriques, des péninsules offrant des panoramas inoubliables, des roches gigantesques qui émergent de l’eau avec majesté, les tonalités de mille fleurs, des couchers de soleil somptueux, des villages pittoresques, des vestiges antiques ; oui, cette île a été choisie et aimée depuis que l’homme est apparu sur terre tant il est vrai que le climat, toujours doux et  sec, a favorisé une végétation basse et touffue à laquelle se sont mêlées, au cours des siècles, celles de la vigne, de l’olivier et des agrumes que l’homme s’est toujours plu à cultiver. Les bateaux, venant de Naples ou de Sorrente, accostent normalement à Marina Grande, troisième centre de l’île en nombre d’habitants après Capri et Anacapri. C’est là que se trouvent les quelques vestiges du Palais de l’empereur Auguste et les majestueuses ruines des Bains de Tibère, l’ensemble bordé de villas et de jardins odorants où il semble que le temps se soit arrêté, figé par l’harmonie prodigieuse du site ; maisons blanches, ciel bleu, lointains voilés par l’intensité éblouissante de la lumière diurne.

 

Les recherches menées sur les ruines antiques laissent penser que le complexe balnéaire, construit à l’époque d’Auguste et probablement modernisé et agrandi durant le règne de Tibère, son successeur, était composé d’importants ouvrages aux parois revêtues de marbres précieux. On imagine que l’île, encore peu peuplée, devait être alors un promontoire idéal, culminant à 589 m de hauteur, composé essentiellement de jardins et de vergers. Plus contemporains, les magnifiques jardins publics situés à pic sur la mer près de la Chartreuse de St Jacques furent réalisés à la fin du XIXe et au début du XXe par Auguste Krupp, un riche industriel allemand. La végétation luxuriante d’arbres et les plates-bandes fleuries et décorées  de belles statues font de ce lieu l’un des plus enchanteurs qui soit. C’est Krupp, encore, qui voulut la construction du magnifique chemin qui grimpe et serpente sur  1km 350 et va des Jardins d’Auguste à la Marina Piccola en une suite de points de vue inoubliables sue l’île et la mer, la pointe de Tragara et les fameuses Roches des Faraglioni. Malaparte, l’écrivain italien, fut lui aussi, comme Rainer Maria Rilke en son temps, un amoureux de Capri et fit construire sur la Pointe Masullo une villa « qui lui ressemble » de par son architecture originale. La maison, élevée entre 1938 et 1949, se détache nettement des constructions typiques de l’île. Entourée d’une pinède, elle présente un corps de logis, sur deux niveaux, peint en rouge vif, allongé sur la mer et articulé autour de l’escalier scénographique qui conduit au solarium. C’est là que fut tourné « Le mépris » de Jean-Luc Godard avec Bardot et Piccoli, d’après le roman d’Alberto Moravia. 

La villa de Malaparte et la villa Saint-Michel
La villa de Malaparte et la villa Saint-Michel

La villa de Malaparte et la villa Saint-Michel

Villa Saint-Michel
Villa Saint-Michel

Villa Saint-Michel

La villa Joris, villa romaine la plus imposante de l’île, s’étend sur une superficie de 6000m2 et fut commandée par l’empereur Tibère, bien que certains vestiges plus anciens laissent supposer qu’Auguste avait déjà trouvé le site idéal. Les différentes pièces de la villa, qui occupait probablement 4 étages, étaient organisées autour d’un vaste espace destiné à recueillir les eaux de pluie. Les appartements réservés à l’empereur étaient séparés du reste de l’édifice, édifice conçu à pic sur la mer, et ouvraient sur un panorama splendide dans la zone où la vue du Golfe de Naples est la plus spectaculaire.

 

Entouré d’oliviers et de vignes, Anacapri, seconde agglomération de l’île, est un paisible village parcouru de petites rues agréables qui s’enfoncent jusque dans le centre historique et invitent à en découvrir le charme accueillant, ainsi que le luxe de nombre de ses boutiques dont les griffes rappellent volontiers l’avenue Montaigne à Paris. Au XIXe siècle, et durant la première moitié du XXe, Anacapri accueillit beaucoup d’artistes et d’intellectuels attirés, comme la reine de Suède, par la poésie et la splendeur des lieux. Il y eut Axel Munthe, un médecin suédois philanthrope qui, fasciné par la beauté de Capri, y séjourna à de nombreuses reprises et fit élever la villa Saint-Michel. Il s’y entoura d’antiquités, vestiges découverts pour la plupart sur place, dont un buste de Tibère et un Hermès au repos, qui nous rappellent combien les empereurs romains aimèrent cette île.

 

A Capri, on entre dans une fête des sens qui est de tous les temps mais aussi hors du temps, puisqu’elle les résume tous. Les parfums vous étourdissent, les points de vue vous donnent une idée de ce que pourrait être le Paradis, les lumières distribuent les reliefs et leur confèrent une acuité rare. Les yeux, les narines vous assurent déjà une incroyable ivresse. Seule la foule est un peu gênante. Ici, on aimerait la solitude qui incite naturellement à la contemplation. Mais en septembre, moment où nous y étions, cela est difficile. L’île atteint alors un paroxysme de splendeur avec ses couleurs intenses, son éclat puissant à l’heure méridienne. Et impossible de venir à Capri sans embarquer pour une promenade en mer afin de visiter les grottes de l’Arc et des Fougères et la fameuse grotte Verte pour sa couleur émeraude. Passé la Pointe de Vetereto, une petite ouverture donne accès à la Grotte Bleue traversée de lueurs cristallines. On poursuit la navigation le long de la côte nord toujours plus abrupte avec ses roches imposantes en à plomb et les ruines des Bains de Tibère, avant d’arriver de nouveau à Marina Grande. Au coucher du soleil, lent et grandiose, les paysages marins atteignent une fulgurance qui mêle, en une fusion magistrale, le ciel et l’eau. La journée s’achève. On entend sonner les cloches des églises, les boutiques reçoivent leurs derniers clients et les restaurants s’animent. Les tables avec leurs nappes blanches sont dressées sous les charmilles parmi la diversité de la végétation qui unie le myrte, les lentisques, les œillets, les euphorbes, les lauriers roses, les acanthes épineuses et le genévrier. C'est le rêve de Capri.

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

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Place du village d'Anacapri et grotte Bleue
Place du village d'Anacapri et grotte Bleue

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Le rêve de Capri
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22 mai 2017 1 22 /05 /mai /2017 07:31
Les pauvres parents de Ludmila Oulitskaïa

Une auteure dont j’aime beaucoup l’écriture et en qui je vois une candidate très sérieuse pour le Prix Nobel de littérature. J’espère que l’Académie suédoise partage mon avis et que, comme moi, vous succomberez aux charmes de la plume de Ludmila.

 

 

Les pauvres parents

    Ludmila Oulitskaïa (1943 - ….)

 

 

Il y a presque vingt ans, j’ai laissé Ludmila Oulitskaïa avec « Sonietchka », enchanté de ma lecture et aujourd’hui je la retrouve dans ce recueil de neuf nouvelles avec la même écriture limpide, élégante, emplie de tendresse et de douceur, très élaborée, dans des textes empathiques qui emportent le lecteur aussi bien par la satisfaction artistique que par les sentiments. Ces textes d’une grande qualité littéraire lui ont déjà valu de belles récompenses et pourraient lui apporter, dans les années à venir, le prix suprême décerné aux écrivains.

 

Dans ces nouvelles, elle se démarque des nombreux auteurs russes que j’ai pu lire, elle ne geint pas, ne se révolte pas contre le régime, n’accuse pas les potentats locaux, elle se contente d’observer avec un regard acéré, de décrire avec beaucoup de talent, d’analyser avec finesse, pour raconter la vie des gens qui ont tous des problèmes souvent liés à la conjoncture et au contexte politique et social du pays comme le manque de place qui est un ennui fort et récurent dans toutes ses nouvelles.  Elle met en scène des personnages qui n’appartiennent pas aux classes dirigeantes, souvent des gens pauvres et même parfois très pauvres, toujours des gens que le régime apprécie peu, beaucoup de juifs, quelques orthodoxes pratiquants, des gens venus des républiques périphériques, des personnes ayant des parents émigrés, tout un petit peuple méprisé, résigné, mais toujours d’une grande dignité. Des personnages qui lui permettent de décrire en toile de fond à ses histoires très complexes où pointe un reliquat du romantisme slave du XIXe siècle, la Russie de la deuxième moitié du XXe siècle, la Russie issue de la deuxième guerre mondiale. Pour bien comprendre, il faut  rechercher, lire entre les lignes  du texte tout ce que doivent supporter ces pauvres parents empêtrés dans des situations souvent inextricables qui ne facilitent pas la résolution de leurs problèmes personnels déjà bien compliqués.

 

L’auteure essaie  de nous faire comprendre comment dans de telles situations ses héroïnes, il n’y a pas de héros, il n’y a que des héroïnes dans ce recueil, se débattent pour conserver leur dignité et mener une vie encore convenable malgré  les contraintes qu’elles ont à affronter. On rencontre dans ce recueil une petite pauvresse qui ne sort jamais de son cagibi mais accouche quatre foi dès l’âge de 14 ans ; une jeune mère d’une fille mongolienne qui apprend qu’il ne lui reste pas plus de six ans à vivre et qui organise alors la vie future de sa petite handicapée ; une femme qui tape chaque mois sa cousine pour donner le fruit de sa quête à une plus pauvre qu’elle ; un enfant surdoué né trop tard et parti trop tôt ; une maman qui devient folle quand elle découvre que sa fille couche avec son amant… Des histoires inextricables qui se déroulent dans un contexte de fortes contraintes, des histoires slaves, des histoires réalistes, jamais larmoyantes, des histoires où la résilience et l’espoir gardent toujours une place, comme pour laisser penser qu’il y a une issue possible à toutes les situations qu’elles soient personnelles ou sociales.

 

L’éditeur la considère comme une héritière de Tchékhov, je ne connais pas suffisamment cet auteur pour émettre un avis à ce sujet, je me contente de croire que Ludmila Oulitskaïa est une grande plume de la Russie d’aujourd’hui, qu’elle fait honneur à ses célèbres prédécesseurs et qu’elle restera probablement comme une auteure de référence dans les lettres russes de notre époque.
 

Denis BILLAMBOZ

 

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Ludmila Oulitskaïa

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