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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 08:55

Crepuscule.jpg

 

 

Une image semblable à toi

A sombré sous mes paupières.

Dis-moi qu’il existe quelque part

Une table mise, un pain

Sur lequel fut tracée une croix,

Une cruche d’eau de vie.

N’incline pas la tête, mon ami.

Que ta haute parole rende l’heure plus claire,

Nos peuples plus honorables.

 

Est-ce le sommeil qui nous gagne ?

Voilà que le fleuve Espérance s’est tari.

Nos âmes sont sèches et l’eau

De l’esprit vient à manquer.

Demain, cette terre glanée se couvrira d’ivraies.

Un chant d’adieu s’élèvera dans nos cœurs usés.

 

Quelle douleur me saisit aux cheveux,

M’attire et m’épouvante ?

Qu’elle ne soit plus ce poids

Sous l’arcade des paupières,

Qu’elle s’enlise dans la terre, me laissant sans blessure,

A jamais découverte.

 

Le temps se dévore lui-même.

On assiste au partage de l’obscur.

La parole jette son ombre lente sur la vie.

Laissons-nous couvrir de son linceul.

 

Le doute ?

On dit que Dieu y est présent plus qu’ailleurs.

La lumière s’incarne

Et vit en ses propres ténèbres.

Est-ce le même visage que le mal empruntait

Lorsque nous partagions ses couleurs ?

N’effaçons rien. Menons les ténèbres

Au plus profond des ténèbres,

Menons-nous au plus profond de nous-mêmes.

 

La tristesse a le regard blessé de la nuit.

Les bourrasques lui tordent les bras.

Me  laisseras-tu deviner

Ce qu’il y a de plus obscur en toi ?

Vie et mort boivent à la même eau.

A peine nous penchons-nous vers le sol nocturne

Qu’une voix nous interpelle,

Que l’aride lumière nous recompose.

 

Quand il sera trop tard,

Nous chanterons les lieder

Qui apaisaient notre effroi.

Nous nous blottirons au fond des chapelles

Pour ne rien entendre de ce qui s’en va.

 

Mon ami, prends mon bras.

L’indistincte patrie est loin.

Nos yeux ont bu la lumière du dedans

Et celle du dehors est pour un monde

Qui ne cesse plus de se défaire.

 

 

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE   - Extraits de « Profil de la Nuit - un itinéraire en poésie »


Autre site où trouver mes poèmes en cliquant   LA

 

Pour se procurer " Profil de la Nuit " cliquer   ICI

 


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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 09:15

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Antonio Munoz Molina semble bien penser au Prix Nobel de littérature, même s’il est fortement concurrencé, en Espagne même, par Javier Marias, aussi cherche-t-il à écrire l’œuvre qui pourrait faire pencher la balance de l’Académie suédoise en en sa faveur et ce livre pourrait faire partie de cette stratégie mais à mon avis il est trop long, trop gros, trop lourd pour atteindre l’objectif de l’auteur. Avec deux cents pages en moins ça serait très certainement un grand, grand, livre.

 

Dans la grande nuit des temps

Antonio Munoz Molina (1956 - ….)

 

En 1936 à New York, Ignacio Abel, brillant architecte madrilène nourri aux sources du Bauhaus, fuit la guerre d’Espagne en acceptant une invitation comme professeur dans un collège et comme architecte pour la construction de la nouvelle bibliothèque de cet établissement. Dans le train qui le conduit vers Rhineberg où est  installé ce collège, il se remémore les derniers mois qu’il vient de vivre, l’explosion de son couple, la disparition de sa maitresse, la guerre qu’il a traversée sans chercher à y prendre part, la liquidation de son ex professeur allemand, la femme qu’il a abandonnée, ses enfants, ses amours, ses amis, sa carrière. Mais il recherche surtout Judith Biely, la maîtresse qui l’a laissé tomber à Madrid avant qu’il quitte son pays pour rejoindre les Etats-Unis, et croit la voir dans toutes les jolies femmes évoquant vaguement sa silhouette.

 

Dans ce vaste récit, Antonio Munoz Molina propose une intrigue plutôt maigre et franchement banale : les pérégrinations d’un intellectuel délaissant son épouse pour une femme plus jeune qui le laisse en plan parce qu’il ne fait pas un choix clair et définitif, sur fonds de situation politique déliquescente  conduisant l’Espagne vers la tragique guerre civile de 1936. Une histoire banale mais une construction savante, une suite de tableaux, des morceaux de vie, des bribes de souvenirs, qui reviennent à la mémoire du narrateur comme des associations d’idées laissant le soin au lecteur de replacer les pièces de ce puzzle dans le bon ordre pour reconstituer les aventures de ce trio rituel et les événements qui ont agité l’Espagne à cette époque. Il y a dans l’image de ce couple partant à vau l’eau comme une parabole de l’Espagne coupée en deux parties trop différentes pour former une seule nation et rassembler un peuple uni.

 

On peut diviser ce livre en deux épisodes : un premier où les tribulations du trio prennent la place principale, utilisant la situation politique et sociale en Espagne comme toile de fond de l’intrigue, jusqu’au moment ou le trio explose, le mari quittant son épouse, l’épouse tentant de se suicider et la maitresse délaissant son amant ; et une seconde partie où la l’agitation devient de plus en plus belliqueuse entraînant le pays vers une situation de guerre civile qui devient alors le sujet principal du récit. L’auteur promène ainsi son héros sur tous les théâtres de ce conflit protéiforme pour bien faire comprendre au lecteur ce que fut cette guerre imbécile, conduite par des incompétents veules et sanguinaires, plus aptes à fusiller des citoyens sans défense qu’à organiser un semblant d’armée pour combattre le fascisme ; républicains et fascistes se rejoignant dans la même sauvagerie belliqueuse sans espoir de trouver une solution acceptable pour les populations martyrisées.

 

Une lecture très affûtée des événements, une lucidité jamais prise en défaut par une quelconque pollution politique, un recul toujours suffisant pour interpréter les faits et les comportements avec la plus grande sagacité. Le récit se déroule presque uniquement dans le clan des républicains et donne tort sans réticence aux fascistes, mais n’arrive pas à donner raison aux républicains qui ne sont bons qu’à brailler en défilant bruyamment et à faire des rodomontades n’impressionnant que les pauvres citadins cherchant seulement à survivre ; miliciens et autres combattants sont incapables d’organiser le moindre pouvoir armé afin de conduire une véritable lutte contre les forces du mal. « Je ne crois pas que l’histoire aille dans une direction, ni qu’on puisse construire le paradis sur terre. Et même si c’était possible et que le prix à payer était un grand bain de sang plus la tyrannie, cela me semble trop cher payé ».

 

C’est aussi une description de l’opposition entre deux Espagne : celle du sud traditionnelle, catholique, conservatrice, attachée aux privilèges anciens, l’Espagne des grands propriétaires aristocratiques et des chefs militaires ; et celle du nord, plus moderne, industrielle, ouvrière, républicaine, ouverte aux idées nouvelles. L’Espagne de la famille de sa femme issue de l’aristocratie contre celle de sa famille disparue : son père mort sur un chantier, sa mère devenue concierge pour payer son éducation. Un raccourci pour expliquer en partie les origines du conflit qui a ensanglanté l’Espagne en 1936.

 

Et une conclusion acide et désabusée : la révolution ne mènera jamais à rien, la victoire de n’importe lequel des deux camps ne peut que conduire l’Espagne dans le néant, seule une véritable entente politique pourrait réconcilier les deux camps mais les antagonismes sont trop forts pour que cela soit possible. « Chacun justifie comme il peut les comportements dont il a honte. Les seuls qui ne soient pas coupables, ce sont les innocents sacrifiés, et on ne veut pas non plus être l’un d’eux. »

 

Difficile de parler de chef d’œuvre comme beaucoup l’on fait, du moins dans la traduction française, pour évoquer ce texte long, long, trop long, lent, lent, lourd, l’histoire progresse bien plus lentement que les événements décrits, ce qui provoque, pour certains lecteurs, un décalage entre le récit et la réalité historique, laissant une partie de l’intensité de celle-ci dans la bataille. Est-ce une certaine emphase, quelques maladresses dans nombre de phrases pourtant souvent fort bien construites, effet de la traduction qui n’a pas toujours lésiné sur l’utilisation des qui, que, qui… et a parfois aussi cassé le rythme et la musicalité ? Peut-être ! Au début, j’ai eu également de la difficulté à faire la différence entre le narrateur et le héros, j’ai même eu l’impression que le narrateur était le héros et que le roman était écrit à la première personne, il m’a fallu un peu de temps pour mesurer la distance qu’il y avait entre les deux.

 

Malgré ces défauts, c’est néanmoins un grand livre, la maestria de l’auteur dans la conduite de son récit est tout à fait remarquable, sa lucidité et son impartialité politique sont impressionnantes mais avec deux cents pages de moins ce serait certainement un chef d’œuvre, à trop vouloir embrasser…

 

 

Denis BILLAMBOZ

 

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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 09:52
Terre Promise

 

Je suis partie au-devant de moi

Comme la source au-devant de son cours,

Le rayon au-devant de son cercle.

L’ami d’enfance m’a pris par la main.

Au garage, la bicyclette n’a plus de roues,

La poupée plus de tête

Et dans la paille volée au crépuscule

Des grillons prophétisent.

 

Rappelle-toi… ce sont bien des chevaux

Qui passent à la fenêtre

Et c’est bien moi qui danse sur la branche

Au-dessus de l’eau.

C’est bien moi qui pousse la porte.

La serrure a fait grincer la nuit,

Je tiens un bougeoir entre mes mains.

C’est bien moi couchée dans l’herbe fraîche,

Parmi les fleurs fraîches et le renouveau,

Et c’est bien moi le silence collé aux lèvres.

C’est bien moi toute seule sur le quai,

La foule agite des mouchoirs d’absence.

C’est bien moi devant le miroir

Qui rit en me regardant.

J’ai emprisonné mes cheveux dans un filet

Et mis de l’orange sur mon visage.

Tout à l’heure, tu auras la bouche sucrée.

 

La terre sent bon la semence,

Elle est brune et aiguë, fièrement offerte.

La charrue, au fond du pré, attend l’attelage.

C’est bien cette senteur, ce ciel nu,

Cette vapeur lourde, cette forêt à ma rencontre

Et c’est bien moi parmi les vignes

Avec mon grand chapeau.

Et c’est bien ton ombre qui suit mon pas.

C’était bien toi agenouillé sur le prie-Dieu

Lorsque j’ai détourné la tête.

Je suivais le chemin de croix. Le prêtre

Disait avec le Christ : Je vous ai trop aimés.

 

 

Rappelle-toi…le vieux lustre du salon

Servait d’encensoir.

Tu t’étais détourné de l’hostie de papier

Et riant tu parlais de sortilège.

Rappelle-toi…j’avais peur du vide,

L’escalier n’avait plus de rampe.

Mais tout cela, je le connais déjà et je m’ennuie.

Lorsque le soleil se lèvera,

Je prendrai le chemin aveugle

Où l’homme marche aveugle.

On y parle de lendemains.

 

Alors tu me demanderas ce que j’ai fait

Et pourquoi j’ai tant tardé à revenir.

 

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE    - Extraits de « Terre Promise »

 

Poème de jeunesse publié en 1959, remarqué par Pierre Seghers, republié intégralement dans « Profil de la Nuit »

 

 

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4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 08:55

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Au moment où les forces diaboliques reprennent vigueur dans toute l’Europe, et notamment en Europe centrale, il m’a semblé bon de rappeler que certains n’ont pas pliés devant la déferlante nazie et ont lutté jusqu’au bout de leurs forces. Une histoire qui nous rappelle comment l’incroyable a été possible et comment il peut encore arriver.

 

Hammerstein ou l’intransigeance

Hans Magnus Enzensberger (1929 - ….)

 

 

« A travers l’histoire de la famille Hammerstein on retrouve et l’on peut montrer, ramassés sur un très petit espace, toutes les contradictions et tous les thèmes décisifs de la catastrophe allemande. » C’est ce qu’Hans Magnus Enzensberger affirme et prouve à travers ce livre magistral, plus qu’une biographie, pas tout à fait un essai, presque de l’histoire mais surtout pas un roman, l’auteur s’en défend, plutôt un récit pour rappeler qui était Kurt von Hammerstein, quel fut le rôle et le sort de sa famille avant et pendant la Deuxième Guerre Mondiale. En tous cas, un effort pour comprendre ce personnage si particulier et la place qu’il a occupée dans les événements qui ont agité cette période funeste de notre histoire.

 

C’est un ouvrage très documenté, l’auteur a fait des recherches importantes, y compris dans certaines archives russes qui n’ont été accessibles que pendant une courte période en 1989, et a rencontré de nombreux témoins, vivant encore, qui lui ont confié des documents inédits. Ses sources  pléthoriques lui ont permis d’enrichir son livre d’une riche iconographie : nombreuses photos, tableau généalogique, annexes comportant un index et une  bibliographie.

 

Pour conduire sa démonstration, Enzensberger a eu recours, en dehors de la narration habituelle, à d’autres processus littéraires : la glose, des réflexions personnelles pour évoquer ce qui ne peut pas être démontré, le « dialogue avec les morts » afin de tenter de débusquer la vérité enfouie dans les tréfonds de l’histoire, et des documents avérés purement et simplement recopiés dans le texte.

 

Kurt von Hammerstein est né dans le Mecklembourg, en 1878, dans une vieille famille aristocratique désargentée, il a fréquenté, dès 1888, l’école des cadets de l’armée car son père n’avait pas les moyens de lui en payer une autre. Après avoir épousé une fille d’une famille noble plus fortunée que la sienne, il devint le père de sept enfants dont trois filles qui ont joué un rôle important dans les mouvements communistes et sionistes avant la guerre, pendant et même après. Il a fait une carrière militaire rapide et brillante avant de parvenir à la fonction la plus importante de l’armée allemande, celle de chef de l’armée de terre, qu’il occupait quand Hitler devint chancelier.

 

Il vivait sans fortune et même, à certaines époques, dans une réelle pauvreté dont sa famille a pâti. Il n’aimait pas la politique et ne voulait pas y être mêlé mais les événements l’ont contraint à prendre des décisions qui n’auraient pas dû relever du pouvoir militaire. Il était l’homme de Kurt von Schleicher, ministre des armées rapidement éliminé par Hitler, avec lequel il avait partagé une bonne partie de son parcours militaire.

 

Stratège talentueux, visionnaire génial, il avait horreur du travail inutile, de la paperasserie, « Il était génial, futé, nonchalant y compris dans son allure, très critique, facilement pessimiste (flemmard)… » Il aurait même précisé : « Celui qui est intelligent et en même temps paresseux se qualifie pour les hautes tâches de commandement, car il apportera la clarté intellectuelle et la force nerveuse de prendre les décisions difficiles. »

Il avait horreur d’Hitler et de sa bande de sicaires, il n’a pas voulu collaborer avec le nouveau chancelier demandant rapidement sa mise à la retraite mais il est toujours resté très présent dans la vie politique allemande à travers son engagement dans l’opposition aux nazis. Il devait succéder à Hitler après la conjuration de juillet 1944, le cancer lui évita de connaître le désastre de cette conjuration, l’emportant dès avril 1943. Mais la famille, toujours déterminée dans l’opposition au nazisme, poursuivit son œuvre, on connait bien l’engagement des filles, autant que le permet la connaissance de l’action souterraine dans laquelle elles sont toujours restées, mais on connait moins la participation des fils à la conjuration contre Hitler. On sait seulement que Ludwig y participa et que les trois frères durent vivre dans la clandestinité pour échapper à la mort. La famille est restée toujours très digne et discrète dans l’action comme dans le deuil, « Ils ont simplement fait ce qu’ils devaient faire. »

 

L’histoire de cette famille énigmatique, atypique, résolue, déterminée, inaccessible à la peur, « la peur n’est pas une vision du monde », affirma Kurt von Hammerstein en quittant ses fonctions pour ne pas cautionner l’action d’Hitler, est une excellente façon d’aborder l’histoire de l’Allemagne en marche vers son grand désastre. Dans la République de Weimar, en pleine déliquescence, l’Allemagne n’avait plus qu’une alternative : le bolchévisme pur et dur ou le national socialisme, avec  la guerre civile pour seule porte de sortie. Hammerstein a refusé de lancer l’armée dans la bataille pour ne pas provoquer la guerre civile, laissant la porte ouverte à Hitler qui n’a pas mis longtemps pour se faufiler dans l’espace ainsi libéré. Il pensait que l’armée n’était pas suffisamment fiable, qu’Hitler disposait d’un fort appui populaire même s’il semblait plus fort en discours qu’en action. Il était aussi convaincu que les pays de l’Ouest n’avaient pas su négocier avec l’Allemagne afin d’éviter qu’elle se jette trop facilement dans les bras des soviétiques avec lesquels elle a collaboré très étroitement pour reconstruire une armée efficace. « Qu’est-ce que vous croyez qu’il se passait en Allemagne, à l’époque ! La politique intérieure n’était qu’un tas de ruines ! De sales affaires de politique partisane ! Crimes et bêtises ! Si cela n’avait tenu qu’à moi, j’aurais fait tirer sur les nazis dès août 1932 ! » Encore une citation à méditer…

 

Dans ce texte, Hans Magnus Enzensberger semble vouloir attirer l’attention des gouvernants et des peuples sur les erreurs qui ont été commises entre 1920 et 1940, de façon à ce qu’ils ne les reproduisent pas, certains passages de son livre, sortis de leur contexte, pourraient très bien illustrer notre actualité politique, économique et sociale. Avons-nous bien entendu ce message ? J’en doute …

 

La responsabilité du peuple allemand n’est nullement esquivée par Hans Magnus Enzensberger qui relaie Hammerstein dans sa critique : « puisque le troupeau de moutons que sont les Allemands a élu un tel Führer, qu’ils le paient jusqu’au bout. » et l’auteur d‘ajouter : « Il ne fallait pas épargner cette expérience aux Allemands, sinon jamais ils ne deviendraient moins bêtes. » Voilà des éléments qui me permettent de progresser vers la réponse à cette question qui m’obsède depuis si longtemps, mais il faut se méfier, où est la vérité ? L’auteur pose cette question car la vérité sur cette période nous ne la connaîtrons jamais, nous devrons éternellement évoquer le désastre et l’horreur sans réellement savoir qui a fait réellement quoi.

 

Denis BILLAMBOZ

 

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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 11:15

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                                                            Le ballon

 

 

1865 - 1925

 

D’origine suisse, Félix Vallotton, auquel le Grand Palais rend  hommage  jusqu’au début de janvier 2014 en même temps qu’à Georges Braque, a produit une œuvre singulière qui reste aujourd’hui encore difficile à classer. Graveur, illustrateur, peintre, romancier prolifique, Vallotton s’est essayé à tous les arts avec talent et originalité. Il fut entre autre un formidable portraitiste mais, par ailleurs, un homme de contradiction, rebelle, sympathisant anarchiste et solide bourgeois, membre du mouvement nabi, solitaire impénitent et mélancolique. Marqué, dès l’enfance, par un fait  douloureux dont il fut sans doute accusé à tort,  la mort accidentelle d’un camarade de classe, il s’isola en lui-même et son abord fut toujours ombrageux et sarcastique. On s’en aperçoit dès le premier autoportrait qu’il réalise de lui à l’adolescence et où on le découvre muré et hostile, clos en lui-même comme si son attente ne pouvait être qu’intérieure. Il finira par se marier tardivement à une femme qui lui apportera une tendresse à laquelle il n’était pas habitué et sa fin de vie, vécue le plus souvent sur la côte normande, sera paisible et heureuse. «  Le ballon », présenté à l’exposition du Grand Palais, est probablement son œuvre phare, significative d’une originalité qui l’éloigne de ses amis Bonnard et Vuillard par sa composition innovante, proche de la photographie.

 

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                              autoportraits adolescent puis adulte


 

Cette toile présente, en une vue plongeante, une enfant jouant au ballon dans un jardin public, tandis qu’au loin deux femmes devisent à l’ombre des arbres. L’œuvre a été inspirée d’une photo prise par le peintre en 1899 depuis  la maison de Thadée Natanson à Villeneuve-sur-Yonne, Thadée étant le cofondateur de la Revue blanche dont Vallotton fut l’illustrateur attitré de 1895 à 1902. La photographie participe en effet au processus créatif de Vallotton dans la mesure où il en exploite le langage spécifique, comme les cadrages audacieux et les contre-jours – explique Katia Poletti, l’une des commissaires de l’exposition du Grand Palais. L’enfant au chapeau est saisi dans un moment d’envol, à l’instant où, les bras tendus, il se lance derrière le ballon rouge qui lui a échappé et dont il tente de se saisir. Ce moment suspendu n’a pu être fixé que par un instantané photographique. Ainsi, en reproduisant ce mouvement, Vallotton a-t-il peint une allégorie du désir, de l’élan fébrile qui nous porte irrésistiblement vers ce qui nous échappe sans cesse.

 

Par ailleurs, la dualité des deux perspectives, celle de la lumière où évolue l’enfant et celle autre où les deux femmes se tiennent en retrait à l’arrière-plan selon une échelle réduite, exprime sans doute le mode d’existence différent qui existe entre le monde adulte et le monde de l’enfance, entre le peintre angoissé et la petite fille insouciante. Elle est accentuée  par le contraste de la lumière et de la couleur, l’une dans les blancs et ocres, l’autre dans les verts foncés. Le peintre, à l’aide des plans et des ombres, signifie que le monde des adultes est dangereux et agressif et que l’enfant s’empresse d’y échapper en s’éloignant de l’emprise dense et sombre de la nature qui projette sur le gravier ses formes menaçantes. Claude Arnaud, dans le catalogue de l’exposition, note que l’arc de cercle, qui divise la scène, évoque un globe terrestre avec une deuxième balle marron chargée de rappeler la lune ou le soleil et évoquant le tourbillon de la vie.

 

L’année 1899 marquera un tournant dans la carrière de l’artiste qui, de graveur, deviendra peintre. Malgré la dispersion du groupe des nabis auquel il appartenait avec ses amis Vuillard et Bonnard, il organisera sa première exposition personnelle à la galerie Bernheim-Jeune, tandis qu’au salon d’automne 1905, il exposera sept de ses tableaux et fera la connaissance de Marquet avec lequel il partageait des concordances de mélancolie et le goût des grands aplats de couleurs.

 

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                                                      Vallotton graveur


 

Travailleur opiniâtre et taciturne, Félix Vallotton a traité tous les genres avec des périodes dévolues tantôt aux paysages, tantôt aux portraits où il excelle, tantôt aux natures mortes ou aux nus, sans oublier ses impressionnantes compositions inspirées par la Première Guerre mondiale. A sa mort en 1925, ce peintre solitaire ne laissait pas moins de 1700 tableaux. Il semble qu’aujourd’hui on veuille réhabiliter un artiste trop longtemps incompris.

 

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30 octobre 2013 3 30 /10 /octobre /2013 09:36

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Cent ans nous séparent de la publication, en 1913, d’un livre appelé à dominer son siècle, immense cathédrale de mots qui occupera son auteur jusqu’à sa mort. Et cette œuvre qui le dévorera et à laquelle il consacrera ses forces, son énergie et sa ferveur, comment cet écrivain l’envisageait-il, qu’avait-il à écrire de si important pour qu’il y sacrifiât son existence et acceptât une ascèse unique dans l’histoire de la littérature ? On l’avait cru occupé à décrire des femmes à la mode, à étudier à la loupe les sentiments les plus anodins, alors que l’élève de Darlu s’attachait à exprimer, dans un roman, toute une philosophie. Il a avoué dans une lettre à la princesse Bibesco " que son rôle était analogue à celui d’Einstein", et il est vrai que le travail colossal de la « Recherche » s’apparente à celui d’un savant et a nécessité des qualités identiques aux siennes : le don d’observation, la volonté de découvrir des lois et la probité devant les faits. Le premier thème est celui du temps qui détruit, ce temps dont l’écoulement transforme nos corps et nos pensées, le second celui de la mémoire qui conserve. Lorsque, plongeant une petite madeleine dans une tasse de thé ou de tilleul il tressaille, attentif à ce qui se passe en lui, à ce moment-là le temps perdu est retrouvé et, par voie de conséquence, il est vaincu   « puisque toute une part du passé a pu devenir une part du présent ». Pour l’écrivain, ce n’est que par la création que l’homme, meurtri par la réalité, déstabilisé par les mouvements désordonnés de la vie, tente de sauver quelque chose du naufrage et de le fixer dans l’œuvre d’art. Aussi, au sommet de l’échelle humaine, Proust place-t-il les poètes et les artistes, car leur combat est de chercher l’absolu hors du monde et du temps, et, grâce à l’art qui réalise cette gageure, d’en sortir vainqueurs. A ce propos, il est intéressant de souligner que Baudelaire plaçait les hommes dans un ordre assez semblable : «  Il n’y a de grand parmi les hommes que le poète, le prêtre et le soldat, l’homme qui chante, l’homme qui bénit, l’homme qui sacrifie et se sacrifie. Le reste est fait pour le fouet »  - écrit-il dans « Mon cœur mis à nu ».

 

Chez Proust, la recherche du temps perdu est en quelque sorte la recherche du moi égaré ; le moi retrouvé étant pour chacun la possibilité de sauver quelque chose de soi-même grâce à la création. Il semble que nous ayons affaire ici à un moi superficiel qui se disperse dans les futilités mondaines, dans un dilettantisme pédant de la phrase et de la métaphore, or, il n’en est rien, car derrière cette apparence trompeuse se cache un Proust tragique, qui se cherche soit dans l’intensité de la sensation esthétique, soit par la révélation que suggère la mémoire involontaire. « Les idées formées par l’intelligence pure - note Proust - n’ont qu’une véritable logique, une vérité possible, leur élection est arbitraire – seule l’impression, si chétive qu’en semble la matière, si invraisemblable la trace, est un critérium de vérité et à cause de cela mérite seule d’être appréhendée par l’esprit ». L’auteur nous livre ici l’un des fondements de sa philosophie qui attribue à la résurrection de l’impression, en partie modifiée par l’oubli, mais de nouveau vivante dans le phénomène du souvenir involontaire, le pouvoir de susciter en nous le sentiment fugitif de l’extra-temporalité et du temps vécu à l’état pur. Il semble donc que Proust ait dévolu à l’art un rôle privilégié qui peut se définir d’un mot, celui de révélateur, et que le problème posé soit celui de l’élargissement de la perception. Révélation et également traduction de l’impression, telle est la tâche de l’art et, par conséquent, celle de l’homme qui a décidé de conformer sa vie à l’authenticité d’une vérité intérieure. C’est pourquoi, il y a dans la « Recherche » un mode d’emploi et une éthique pour s’en approcher.

 

 

Proust, réaliste et scientifique, constate et enregistre les métamorphoses et les destructions que le temps inflige aux êtres, tandis que le philosophe, qu’il est également, se refuse à accepter la mort lente des personnages qu’il a animés et aimés, parce qu’en des moments rares, l’intuition de lui-même l’a révélé comme « une être absolu ». Cette certitude, il est vrai, Proust l’a éprouvée en de brefs instants où, soudain, une part du passé redevenait présente par le seul pouvoir de la mémoire et que les sentiments, qu’il croyait abolis, réapparaissaient au plus profond de lui en des flashs saisissants. C’est ainsi que la saveur de la petite madeleine, que l’enfant Proust trempait autrefois dans la tasse de thé de sa tante Léonie, fait remonter chez l’adulte qu’il ait devenu et qui accomplit alors le même geste, non seulement des souvenirs mais des vies mortes, ensevelies au plus secret de la mémoire. Grâce au souvenir involontaire, nous ne participons pas seulement à une renaissance des choses mais à la résurrection d’une part perdue de nous-mêmes. Le génie  - avait écrit Baudelaire – c’est l’enfance retrouvée à volonté.

 

Depuis Stendhal, le roman, c’était la province et une certaine conquête d’un génie provincial sur Paris, capitale de l’ambition, tels Lucien Leuwen ou Jean Sorel. Aussi le roman de Proust est-il, peut-être, le premier exemple d’un roman parisien. Combray et Balbec n’y figurent que comme des lieux de villégiature, les classes moyennes n’y apparaissent que dans la domesticité ; le monde qui nous est dépeint est bien celui de la puissance et de la fortune. Que tant d’inépuisables réalités aient pu être tirées de ce milieu étroit, arbitraire et fragile ne cessait pas d’émerveiller André Maurois, alors que Jean Guitton soulignait que l’ingéniosité de l’écrivain avait été de comprendre que plus la matière est banale, plus le talent se révèle et qu’un écart si visible rend sensible au lecteur l’opération même de l’art.

 

Proust n’a cessé de jouer avec l’illusion en prestidigitateur : tout en usant des outils les plus tangibles, des faits les plus concrets, il a, grâce à sa méthode d’introspection, modifié notre perception. Sa « Recherche », bien que privée d’action, est en définitive une épopée de l’âme. On y est en transhumance dans des steppes de perplexité et de solitude, on a l’impression que pèse un ciel d’apocalypse, on y devine, dans le rire d’une jeune fille, une détresse qui confine au désespoir. On ne peut nier l’influence que Proust exerce sur son lecteur. Peu d’écrivains ont suscité un tel engouement, une telle dévotion. Peu sont lus avec autant de curiosité, peu ont inspiré un si grand nombre d’études. Cette "Recherche" est à l’origine de centaines d’autres, comme si on renvoyait, par un jeu de miroir, à cet auteur qui s’est intéressé à presque tout ce qui concerne l’homme, son image magnifiée par les effets causés par sa propre réflexion. Rien d’étonnant que des créateurs tels que lui, dont l’esprit fut si fécond, produisent bien après leur mort des résonances telles qu’elles nous prouvent que l’univers rêvé peut s’établir en une unité plus probante que la réalité perdue. C’est dont que la « Recherche » est sortie victorieuse des ornières du temps. Elle ne s’y est pas enlisée à l’exemple d’autres romans trop encombrés d’un réalisme pesant. Rien ne pèse dans l’univers de Proust. D’autant moins, que ce qui compte pour l’écrivain, c’est que l’art libère les énergies, transgresse les frontières, éclaire les ténèbres et outrepasse les limites du temps, si bien que l’artiste, enseveli dans la nuit du tombeau, ne cesse plus de dialoguer avec les générations futures.

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 08:43

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           VIDEO D'APOSTROPHES de Bernard PIVOT

 

 

Ce livre a été pour moi un moment de lecture très émouvant qui décrit, en un texte relativement court mais très beau, le drame que fut, et est encore pour certains, la vie en Algérie depuis la fin de la dernière guerre mondiale et les premiers soulèvements contre la colonisation.

 

 

Adieu ma mère, adieu mon cœur

Jules Roy (1907 – 2000)

 

C’était un 2 novembre, quand les gens vont fleurir les tombes des leurs, en 1994 ou en 1995 ou une autre année au début de cette décennie - il ne se souvient plus exactement que, Jules Roy, au soir de sa vie, en ayant marre de ne pas pouvoir fleurir la tombe de sa mère et de ceux qu’il avait laissés dans les cimetières algériens, décida, sous le coup de la colère, de retourner dans son pays natal malgré les dangers que cela représentait à cette époque- là.

 

Et c’est ainsi qu’il retrouvera Alger, Alger la blanche, Alger la putain, transformée par trente années d’indépendance et de guerre civile qui ne voulait pas dire son nom mais bien visible dans les rues envahies de policiers en armes et obstruées de barrages. Le FIS, le GIA, les islamistes, les barbus, les ninjas rivalisaient de violences et de cruauté, massacrant à tour de kalachnikovs des innocents sans raison, pour des causes futiles et même simplement pour le symbole qu’ils pouvaient représenter à leurs yeux. Les journalistes et les représentants de la moindre once de culture occidentale étaient des victimes de choix. Alger et sa région étaient devenus le terrain de jeux mortifères des ninjas et des barbus qui rivalisaient de cruauté et de sadisme.

 

La première et certainement la dernière fois que Jules Roy a pu se recueillir, sous la protection de la police, sur la tombe de sa mère et des siens après l’indépendance. Un dernier pèlerinage, avant la fin de sa vie, pour retrouver sa mère, son vrai père, celui qui lui a donné son nom, son frère consanguin, son frère utérin, l’oncle Jules, la grand-mère, la famille, les amis et Meftah, celui qu’on n’entendait jamais mais qui était toujours là quand on avait besoin de lui. Et surtout les souvenirs, un afflux de souvenirs, issus de l’enfance, de l’adolescence, des événements, de l’indépendance, de la fracture, des erreurs, des honneurs, du deuil jamais fait.

 

Un océan de nostalgie, un voyage dans le temps où l’Algérie était française, dans la famille de Jules Roy, dans l’histoire des relations franco-algériennes, dans un pays prospère où les colons méprisaient, le plus souvent les autochtones, où un fossé séparait déjà les deux communautés. Camus avait choisi sa mère au détriment de la justice, Jules Roy a choisi la justice, sa mère méprisait les bicots, « les troncs de figuiers », il s’excuse sur sa tombe de lui avoir donné tort mais il ne pouvait pas la suivre dans ses errements, il avait vu la guerre en Indochine et avait alors décidé d’abandonner l’armée sans cependant accabler ses compagnons d’armes. Les Arabes ont participé aux deux grandes guerres mais ont toujours été traités avec condescendance et mépris et la réconciliation et la fraternité n’ont jamais été possibles. Les deux communautés vivaient, et vivent encore, un amour impossible, une passion dévorante, une cohabitation et une séparation tout aussi impossibles. « Elle avait tort, ma mère, d’accabler les Arabes avec les mots qu’on employait dans toute ma famille et chez presque tous les colons d’alors ».

 

Avec son écriture brève, rapide, précise, juste, Jules Roy nous lègue, en héritage, dans ce livre-testament, un bilan synthétique d’un demi-siècle d’histoire franco-algérienne où le peuple algérien ne trouva jamais la paix car, comme disait sa mère : « Ils jouissent de voir le sang couler ». Le testamentaire pense, lui, que la responsabilité de la dégradation du pays incombe prioritairement à la colonisation, aux colons et au pouvoir corrompu qui a pris la suite. Il veut croire en un autre avenir même s’il a vu ces jeux morbides, qui dévastèrent le pays, trouver ensuite leur prolongement dans les violences de nos banlieues. La présence prégnante dans ses souvenirs de Camus, Amrouche et quelques autres intellectuels qu’il a fréquentés lorsqu’il était jeune en Algérie, l’incite à plus d’optimisme. Camus lui a fait découvrir l’homme arabe alors que Amrouche, précise-t-il, lui a appris à écrire.

 

Mais voilà qu’au début des années quatre-vingt-dix, quand Jules Roy accomplissait son pèlerinage, les extrémistes musulmans s’étaient dressés contre le pouvoir corrompu et, ensemble, s’étaient livrés à la destruction de ce qui restait du pays après la guerre d’indépendance et les exactions qui en ont découlé. Ce pays, qui était un véritable joyau et devait devenir un état riche, fut vidé de tout ce que l’Occident lui avait apporté, même l’instruction. Ainsi les Islamistes ont-ils ajouté les ruines aux ruines, l’obscurantisme à l’ignorance, la cruauté à la violence. « Pour les imams du FIS, les femmes existent pour fabriquer des futurs chômeurs que Dieu emploiera à tuer ceux qui ne se conforment pas aux préceptes de la religion. » Et, un jour « Dieu montrera qu’Il est puissant et le seul Dieu, et les machines volantes, réduites en monceaux de ferrailles brûlantes avec passagers et pilotes carbonisés, chanteront la gloire du Tout-Puissant. »

 

Un instant tenté par l’OAS afin d’éviter la fracture définitive, Jules Roy a fait le pari de l’humanisme, espérant que Français et Algériens pourront un jour proclamer comme Jean Amrouche, le poète : « La France est l’esprit de mon âme. L’Algérie est l’âme de mon esprit. »

 

Denis BILLAMBOZ

 

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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 09:48

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Depuis la mort de Georges Braque en septembre 1963 célébrée par Malraux comme rarement ce le fut avec un tel éclat pour un autre artiste, le peintre était tombé dans une relative indifférence. Peu d’expositions, peu de publications lui donnaient la place qu’il mérite dans le panthéon de la peinture française. Il semblait que l’on eût oublié ce que Malraux proclamait de sa voix sépulcrale dans la cour Carrée du Louvre devant le cercueil de Braque : «  Sans doute le caractère le plus pénétrant de son art est-il de joindre, à une liberté éclatante et proclamée, une domination des moyens de cette liberté, sans égale dans la peinture contemporaine. » Ou encore : «  Enfin, ces tableaux exprimaient la France à l’égal de ceux de Corot, mais plus mystérieusement car Corot, lui, l’avait beaucoup représentée. Braque l’exprimait avec une force de symbole si grande qu’il est aussi légitimement chez lui au Louvre que l’ange de Reims dans sa cathédrale. »

 

Deux ans plus tôt, Braque avait orné d’un grand oiseau héraldique le plafond des salles étrusques du Louvre et, en 1961, pour la première fois, un peintre vivant avait été convié à rassembler son œuvre à proximité de ses maîtres, au cœur même du musée. Certes, les honneurs n’avaient pas manqué à Braque à la fin de son existence mais, depuis lors, un silence anormal, comparé aux trompettes de la renommée qui n’ont cessé de retentir pour Pablo Picasso, s’était abattu sur lui ; aussi la remarquable rétrospective que lui consacre le Grand Palais est-elle une juste réhabilitation d’un artiste de première grandeur que le démon de la création n’a jamais abandonné et qui, jusqu’à son dernier souffle, ne cessa de travailler. L’ultime toile qu’il a laissée sur son chevalet se nomme  « La sarcleuse » et représente, à la tombée de la nuit, cet objet, emblème du travail des hommes, soudain immobilisé sur une terre épaisse, obscurcie par un ciel lourd et ouvert qui laisse le mystère pénétrer comme le souhaitait le peintre. Poésie muette, paysage où visiblement la mort est présente, lucide et calme.

 

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C’est en tant que paysagiste que Braque avait débuté sa carrière, influencé par les artistes postimpressionnistes. Né au Havre en 1882, il s’était très vite trouvé un maître : Cézanne, et avait rejoint le groupe des fauves de Matisse à Derain. La lumière enthousiasmait sa jeunesse et les couleurs vives exaltaient le jeune homme de 23 ans qui, descendu dans le midi, s’apprêtait à peindre des paysages euphoriques et colorés, simplifiant les formes afin d’élargir un espace profond et structuré. L’horizon du paysage n’est pas l’horizon du peintre, l’espace délimité par la nature n’est pas celui délimité par le peintre. L’art de celui-ci n’est autre que de briser le miroir et de reconstituer le monde à sa façon et selon des critères qui lui sont personnels.

 

Mais sa rencontre avec Picasso va marquer un tournant décisif dans sa vie. Auprès de cet espagnol flamboyant, Braque va inventer le cubisme. Après le fauvisme, qui pétrit la matière et imprègne la glaise molle de la volonté « du pouce créateur », le cubisme disloque le réel et, depuis ses débris épars, le recompose selon des lois qui ne sont plus celles de la logique et de la rationalité mais une nouvelle  harmonie qui propose un nouvel univers à l’univers trop arbitraire de la réalité. En effet, le poète qui sommeillait en lui n’avait rien à voir avec la raison pure, il était par conséquent nécessaire de lui chercher une équivalence dans les signes abstraits, instinctifs ou mieux intuitifs.

 

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Si Braque a été, au départ, un gentil fauve, il va devenir un génial cubiste, l’ordonnateur d’un cubisme repensé selon les attentes et les rejets du XXe siècle. Ainsi ses toiles se hérissent-elles de fines arêtes et de lumière opaline ou cristalline liés à une composante rocailleuse que certains jugeront inutilement austère. Il est vrai que Braque n’est pas Picasso. Le havrais n’est pas un taureau fougueux, un artiste tapageur, fulgurant et médiatique. Alors que l’un surjoue son égo, l’autre se consacre à une œuvre plus secrète, plus équilibrée mais en métamorphose constante. On le compare volontiers à un artisan solitaire qui s’inscrit naturellement dans la tradition ancienne et élabore une œuvre de longue haleine où les ingrédients restent conformes au classicisme français : l’équilibre et l’harmonie en référence constante avec le modèle grec et latin. Son ami Apollinaire disait à propos de lui : «  Braque atteint la beauté sans effort ». L’une de ses grandes découvertes sera les collages et l’intrusion des lettres dans la peinture. Il s’agit de faire signifier les formes et les choses autrement et en-dehors de leur usage et de leur aspect habituels.

 

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Mais la guerre de 14 est déclarée et, officier de réserve, Braque part au front immédiatement. Il sera blessé le 11 mai 1915, abandonné sur le champ de bataille, trépané et entrera dans une longue convalescence qui l’éloignera des mois et des mois de son atelier et de son chevalet. Il ne reprendra ses brosses qu’en 1917 et signe alors «  La grande musicienne » qui annonce un retour progressif à la couleur et se présente comme une œuvre majeure où l’angularité s’accentue et se durcit, ne laissant découvrir que peu d’indices figuratifs. L’exposition du Grand Palais, qui se tient jusqu’au 6 janvier 2014, nous permet de cheminer dans l’univers du peintre qui n’a cessé d’évoluer, de s’approfondir. La virtuosité de Braque ne se contente pas de donner vie à l’inanimé dans ses très nombreuses natures mortes et de faire tanguer les tables, elle s’accompagne d’une fantaisie, d’une poésie de l’instant et de la chose regardée et toujours magnifiée que l’on surprend rarement, sinon plus tard chez un Odilon Redon. Faisant référence au monde de la musique, l’artiste joue des effets de transparence et de matière et superpose les plans tout en laissant deviner l’entre-deux. L’ajout de sable, les pâtes plus épaisses de la fin de sa vie procurent aux formes leur densité et une stylisation très particulière à l’époque. Puis, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, Braque va explorer de nouveaux thèmes, souvent empreints d’inquiétude. C’est à ce moment qu’apparaissent les oiseaux et que le questionnement méthodique du peintre rejoint l’idée que des hommes de lettres comme Paulhan, Saint-John Perse, René Char se faisaient de la littérature. L’art n’est pas là pour suppléer au réel mais pour le réinventer, pour le délivrer de la pesanteur. Braque partageait avec eux ce crédo : ouvrir le monde au mystère plutôt qu’à l’utopie, ne pas céder au romantisme pleurnichard ou à l’émotion émolliente mais structurer les énergies, se rapprocher de ce qui élève et délivre, initier le poème dans l’image. Car exister, n’est-ce pas être là simplement – le mode de l’explication et de la raison n’est pas celui de l’existence – aussi est-ce le devoir de l’artiste, quel qu’il soit, de le composer selon ses vœux et de tenter non seulement de l’éprouver mais de le décrire, afin d’aboutir à ce que fut par excellence la vocation de Braque : placer l’intime dans l’universel.

 

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

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21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 08:18

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Au moment où la Libye secoue le joug que le dictateur faisait peser de plus en plus lourdement sur les épaules de son peuple, Kamal Ben Hameda nous offre ce joli petit livre en hommage aux femmes tripolitaines qui ont toujours su vivre en harmonie, ne sombrant jamais dans les excès dévastateurs des hommes qui ne pensent qu’à les humilier et les violenter avant de s’entredéchirer.


 

La compagnie des Tripolitaines

Kamal Ben Hameda (1954 - …..)


 

« Je dédie ce livre aux femmes et aux mères qui, une fois par semaine, pendant des années, manifestaient à Benghazi en Libye devant la direction générale de la Sécurité pour réclamer le corps de leurs époux, de leurs enfants disparus cette nuit du 24 au 25 juin 1969… » La dédicace est claire.

 

Cet hommage, l’auteur le rend à travers le regard d’un adolescent, Hadachinou, qui vient de subir, par surprise, sa circoncision ; il entre ainsi dans le domaine des adultes mais il ne peut pas s’arracher aux robes des femmes qu’il continue de fréquenter, écoutant leurs paroles, leurs gloussements, épiant leurs gestes, leurs petits jeux sensuels, affectant l’innocence en jouant encore avec ses poupées. Il n’aime pas les hommes qui n’ont que le ventre et le sexe pour préoccupations.


Hadachinou visite les tantes, toutes les femmes adultes sont des tantes, la mère célibataire juive et sa grosse fille qui ne s’aiment pas, la couturière italienne qui se pense mal aimée de tous, la tante qui séduit les hommes à Djerba, la tante noire qui joue avec le diable, … et s’amuse avec ses amies, celle qui disparait brusquement sans pouvoir épouser celui qu’elle aimait, la fille noire qui fait le service à la maison. Mais il n’aime pas aller chez la tante que son mari prive de tout et chez celle que son mari bat comme plâtre. « Celui qui ne connait pas la haine ne connaîtra jamais l’amour. »

 

En écoutant, en observant, en épiant, Hadachinou s’initie à la vie d’adulte au contact des femmes qu’il découvre à leur insu, dans leur intimité, constatant ainsi le sort qui leur est réservé et la veulerie des hommes qui les accablent de tous les maux. Il apprécie la compagnie de ces femmes, toutes tripolitaines, et qui, bien que d’origines très  différentes, vivent toujours en parfaite harmonie, sont souvent complices et parfois même  davantage dans l’intimité de la chambre du fond. « Je me demandais parfois comment des femmes aussi différentes pouvaient passer des heures durant à évoquer chacune son dieu, son peuple, ses pensées, libres dans leur folie, sans provoquer de réels conflits. C’est que ces femmes n’avaient ni pouvoir à garder ni avoir à surveiller. »


Un hommage à ces femmes qui n’ont aucune liberté, pas d’argent, rarement du plaisir mais qui  reçoivent souvent des pluies de coups. Une complicité avec celles qui cherchent des bouts de liberté, des morceaux de plaisir qui leur sont refusés. Une quête identitaire au milieu des ces libyennes, juives, italiennes, noires, berbères,… mais toutes tripolitaines et toutes maltraitées. Seules les femmes qui plongent leurs racines au plus profond de l’histoire africaine, berbères et noires, trouveront peut-être un jour un espace de liberté.


Cela se passait avant la révolution, avant le dictateur sanguinaire, c’était au début des années soixante, mais la situation ne s’est pas améliorée… Le livre des mouches a peut-être raison : « Didon n’avait pas mesuré les conséquences de son acte : les hommes ivres et inconscients s’octroyèrent tous les pouvoirs, sourds à la parole des femmes, tout juste des ventres où se vider… »

 « Sept filles dans une flûte. La goule tourne et tourne et en mange une… »


 

Denis BILLAMBOZ

 

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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 07:30

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En cette saison où l’Académie suédoise attribue la plus haute distinction littéraire de la planète, j’ai pensé qu’il était intéressant de rappeler l’un des derniers récipiendaires de ce prix qui n’a peut-être pas connu le succès littéraire que son talent mérite.  A cette fin, je vous  propose donc ce commentaire de ma récente lecture d’un livre d’Herta Müller, titulaire du Prix Nobel de littérature en 2009.

 

 

Le renard était déjà le chasseur

Herta Müller (1953 - ….)

 

Ce texte m’est apparu comme le dessin qu’un enfant colorie, un dessin où des cases sont numérotées, un numéro différent pour chaque couleur, les motifs, les personnages, le décor apparaissent progressivement, le dessin prend peu à peu forme. Ainsi, Herta Müller peint en accumulant des descriptions de détails, un décor constituant le fond du récit d’où émergent peu à peu les personnages qui habitent progressivement l’intrigue. Et, quand tout est assemblé, que l’on prend le recul nécessaire, apparait finalement un tableau lumineux de ce que fut la Roumanie à l’époque de Ceausescu. « … les mains des hommes portent le drapeau tricolore, trois raies bien à eux. La pièce rouge famine, la pièce jaune silence, la pièce bleu espion… »

 

Herta Müller écrit, peint, à l’ouest du pays, là où le Danube sert de frontière avec la Yougoslavie, là où les minorités allemandes, descendant le grand fleuve, se sont installées depuis des lustres, sur cette bande de terre entre la Hongrie et la Serbie où elle est née, territoire qui a conservé le nom générique des anciennes divisions administratives : le Banat.

 

Adina, l’institutrice, fiancée d’Ilie, le soldat, Clara qui travaille à l’usine et couche avec Pavel, le milicien, Paul, Abi, Anna, Mara, les contestataires, Gibore, le séducteur, le concierge, le nain, l’intendant, le contremaître, un petit monde dans une petite ville, un condensé de la Roumanie de Ceausescu. Des renards et des chasseurs, des chasseurs qui traquent les renards, des renards qui sont déjà sur la piste des chasseurs. Un raccourci de l’histoire de la Roumanie pendant l’ère communiste quand « les hommes avaient des femmes, les femmes des enfants, les enfants avaient faim. »

 

Evocation d’un peuple cantonné derrière un mur, derrière le fleuve qu’on ne peut pas franchir, un monde clos, figé, irréel, absurde. Les personnages sont absorbés par les détails comme s’ils n’avaient pas d’occupations plus importantes. Un texte lent où il faut pénétrer avec douceur, prudence, un texte à l’image de la Roumanie à l’époque où la vie passait lentement, où les gens s’ennuyaient, craignaient leurs voisins, les autres, les miliciens, leurs collègues, survivaient grâce au marché noir, supportaient la corruption des dirigeants et de leurs sbires. Un pays où la compagne la plus fidèle était la peur, où certains chantaient déjà « Réveille-toi Roumain de ton sommeil éternel ».

 

Un roman poignant, évoquant un monde cruel, cynique, avec une écriture poétique, un recours systématique à la métaphore et à l’image, des phrases courtes pour décrire des impressions, des sensations, des perceptions, une appréhension du monde par les choses infimes de l’environnement d’où émergent des personnages qui se meuvent avec lenteur. Un monde sans espoir – « une corde mince pour le cheval est une grosse corde pour un homme. Un homme avec une corde est un pendu » - qui enfin bascule.

 

Une réflexion sur la ligne qui sépare les coupables des victimes, sur l’inversion des rôles, sur l’après, l’après révolution, l’après démolition, …, une interrogation sur les limites de la condition humaine. « Il ne faut pas dire aux enfants qu’un homme est bon comme du bon pain, dit le conducteur, les enfants y croient et ne peuvent plus grandir ».

 

Denis BILLAMBOZ

 

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