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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 10:55
Le mystère de la Joconde en partie dévoilé

 

Etudiant le tableau de la Joconde, Pascal Cotte, ingénieur français et fondateur de la société Lumiere Technology, a découvert un portrait caché derrière celui de Mona Lisa. Cinq siècles après sa conception, la Joconde de Léonard de Vinci, tableau le plus célèbre du monde, n’en finit pas de fasciner. Nombreux sont ceux à avoir tenté d’en déceler les secrets. Or, Pascal Cotte semble en passe d'élucider le mystère ou, du moins, une partie essentielle. Sa découverte a donné lieu à une émission passionnante sur Arte samedi 21 janvier, dirigée par Andrew Graham-Dixon, où le spécialiste explique avoir identifié le portrait d’une autre femme caché sous le sourire énigmatique de la Joconde. Une analyse multispectrale est à l’origine de cette découverte.  L’incroyable conclusion découle de six années de recherche. Durant tout ce temps, Pascal Cotte a étudié le tableau dans ses moindres détails en utilisant une technique connue sous le nom de Layer Amplificator Method (LAM), littéralement "méthode des couches augmentées". La technique consiste à projeter sur l’œuvre d’intenses faisceaux de lumière dans 13 différentes longueurs d'onde, afin de mesurer les quantités de lumière renvoyées. Les mesures, effectuées à l’aide d’un posemètre, ont révélé les couches pigmentaires utilisées par Léonard de Vinci. "Nous pouvons maintenant analyser exactement ce qui se passe à l'intérieur des couches de la peinture et nous pouvons les peler comme un oignon » - explique Pascal Cotte. « Nous pouvons reconstruire ainsi toute la chronologie de la création du tableau"- ajoute-t-il. En effet, les résultats indiquent la présence de quatre phases différentes ou images sous la surface de la Joconde. Parmi celles-ci, la troisième image est le portrait d’une femme qui n’est pas la Mona Lisa du Louvre. D'apparence plus jeune, cette dernière présente des traits plus fins, un regard dans le vide et n’affiche aucun sourire. "Je me suis trouvé face à un portrait totalement différent de la Mona Lisa d'aujourd'hui. Ce n'est pas la même femme"- poursuit-il. Selon lui, il pourrait s'agir de la véritable Lisa Gherardini, la jeune femme  qui aurait servi de modèle à De Vinci. Une hypothèse qui remet en question l'identité de Mona Lisa. « Ces résultats font exploser en éclats de nombreux mythes et changent notre vision du chef-d’œuvre » - souligne  l’ingénieur qui avoue ne pas être capable de déterminer à quel intervalle de temps les deux œuvres ont été peintes. Pour d’autres spécialistes, en revanche, ces conclusions sont à tempérer. Certains ont d’ores et déjà émis de vives critiques à l’encontre des travaux de Pascal Cotte, dont les résultats n’ont  pas encore été soumis à une évaluation par ses pairs, processus standard permettant de vérifier leur véracité. De même l'interprétation qu'en fait le spécialiste ne fait pas l’unanimité. "Une apparence différente n’induit pas forcément l’hypothèse qu’il s’agit de deux personnes différentes" - suggère Claus-Christian Carbon, chercheur allemand et auteur d’une étude stéréoscopique du tableau. "Je suis assez sceptique, parce que l'hypothèse la plus simple est toujours la meilleure, je pense, c'est juste que le portrait a changé un peu". Divers chercheurs ont également appuyé la théorie selon laquelle les deux portraits retraceraient en réalité l’évolution de Mona Lisa. Il est courant qu’un artiste peigne une seconde version et réalise des modifications jusqu’à ce qu'il puisse atteindre le résultat final voulu  par le commanditaire du tableau. Il est vrai que Léonard commençait toujours par une esquisse et qu’il ne cessait de gommer certains éléments pour passer d’une étape à une autre. Ainsi élaborait-il ses tableaux couche par couche.

 

Ces révélations remettent néanmoins tout en question. Il y a 500 ans, un homme a peint une femme et a mis dans cette œuvre tout son génie. Or, à l’époque, on sait que Vinci était davantage passionné par ses recherches d'ingénieur que par l’exécution de commandes de portraits officiels, ceux des personnalités en vue à Florence, comme on le lui réclamait. Alors pour quelles raisons aurait-il accepté de faire celui de la fille d’un artisan, mariée à un marchand, Francesco del Jocondo, un homme peu affable de surcroît. Est-ce parce que le père de Lisa demeurait dans une maison juste en face de celle du père de Léonard, notaire à Florence ? Peut-être, cet artisan, ami de son père, avait-il rendu des services à la famille et Léonard a-t-il voulu faire plaisir à sa fille ?  Toujours est-il que Lisa n’était pas une grande dame. Et est-ce vraiment la version découverte par Pascal Cotte qui est la vraie Lisa, alors que celle du Louvre en serait une autre ? En effet, la première esquisse représente une femme plus jeune, moins mystérieuse, qui ne sourit pas et pose comme le ferait n’importe quelle jeune femme, irradiant moins de mystère et plus de naturel. Autre fait curieux, ce tableau n’a jamais été entre les mains du couple, Léonard de Vinci l’ayant toujours conservé par-devers lui, pour le reprendre ensuite et exécuter la Joconde que nous connaissons. Alors, pourrait-il y avoir plusieurs Joconde ? Car il existe également  la Mona Lisa de Isleworth, œuvre de jeunesse de Vinci représentant une femme plus jeune également et dont les experts ont reconnu qu’elle était de la main du grand peintre. Ce portait-là était-il la version définitive qui fut remise au mari de Lisa ?  On sait aussi que Raphaël a dessiné une esquisse d’après la Joconde qu’il avait vue dans l’atelier de Léonard et qui avait dû le frapper pour qu’il en reproduise le visage et, ce visage-là, est curieusement celui qui apparaît comme la première version, celle découverte par l’ingénieur Pascal Cotte sous l’officielle Joconde du Louvre. Mais qui est alors la Joconde que nous connaissons et que Léonard a eu soin d’emporter avec lui en France lorsqu’il a été invité à s’y installer par François Ier ?

 

Pascal Cotte suppose que Léonard a réalisé sur ce même support, qui avait servi à la première esquisse du portrait de la jeune Lisa, l’épouse de Francesco, une œuvre plus mâture commandée par son protecteur italien Julien de Médicis et qui représenterait une femme mythique, un amour inoublié du prince auquel Vinci a souhaité conserver la pose délicate de la jeune Lisa, avec ses mains posées l’une sur l’autre et cette interrogation dans le regard. Cette œuvre frappe d’autant plus qu’elle est l’incarnation du savoir, tout ce que Vinci avait découvert, au fil des années, sur la nature humaine et sur l’univers. Ainsi, postérieure à l’œuvre initiale, elle représente l’aboutissement et la conclusion d’une quête permanente, celle d’un génie qui n’a cessé de questionner l’être et le monde.

 

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La Joconde d'Isleworth

La Joconde d'Isleworth

Le portrait trouvé sous la Joconde du Louvre, peut-être Lisa del Jocondo née Gherardini.

Le portrait trouvé sous la Joconde du Louvre, peut-être Lisa del Jocondo née Gherardini.

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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 09:47
Copies de Thierry Radière

Thierry Radière est un grand écrivain qui n’a pas encore rencontré la notoriété, je ne suis pas convaincu que ce soit son plus grand souci, il a contracté l’amour de la littérature, il y a bien longtemps, et il a rencontré l’amour de sa vie, il y a beaucoup moins longtemps, alors…

 

 

                                                              Copies

Thierry Radière (1963 - ….)

 

 

Il aimait Françoise et la littérature comme Jennifer aimait Mozart et les Beatles, mais le drame qui entachait sa love story  n’était pas aussi tragique que celui de la jeune femme du film, il consistait simplement en une pile de copies, une véritable falaise entre lui et le monde qu’il devait corriger dans le cadre du bac de français. Evidemment, comme tout bon professeur de lettres, il nous explique que les élèves d’aujourd’hui n’ont rien compris à cette matière, qu’ils se désintéressent totalement de la langue, de l’écrit et par conséquent de la littérature. Et pourtant le sujet proposé était particulièrement alléchant, il nous  le propose en introduction à cet ouvrage : quatre textes, écrits chacun par un grand maître des lettres : Chateaubriand, de Nerval, Mallarmé, Julien Green, soumis à la sagacité des candidats.

« Je sens déjà dans les copies que je lis, le silence du vertige, la paraphrase de l’indicible, le contresens de l’incompréhension, le faux-sens de la sous-interprétation, et le non-sens du néant total s’enchaîner les uns aux autres dans la plus naturelle des compositions ».

 

Le narrateur est rompu à ce genre d’exercice depuis de nombreuses sessions mais cette année tout est nouveau pour lui, il est amoureux et le monde s’est transformé, rien n’est plus comme avant, sauf les copies qui sont toujours aussi insipides, mais il les lit différemment, il a même l’impression de les évaluer autrement.

 

Ce texte emmène le lecteur dans la vie du narrateur avec une grande empathie, on partage le mélange de sentiments qui l’habite : son amour pour Françoise, son amour pour les lettres, notamment pour les extraits proposés à l’examen, son agacement à l’endroit des candidats, une certaine forme de désabusement envers son métier et une pointe d’animosité à l’endroit de ses élèves qui ne font aucun effort pour essayer de comprendre les textes proposés pourtant tellement riches.

« Lire c’est apprendre à vivre. Lire c’est approcher d’un peu plus près les zones obscures de l’humanité, les coins inexplorés du vécu… »

 

J’ai lu ces textes, vite, trop vite, j’y ai vu surtout l’expression du temps qui coule inexorablement comme le sable entre les doigts, ce qui évidemment génère la nostalgie de ce qui fut et ne sera jamais plus. Le narrateur nous interroge sur ce qu’est la mémoire : « La mémoire n’est-elle qu’un miroir déformant d’une partie de nous-mêmes ensevelie par les années ? Son image trouble remontant à la surface du temps cache l’incertitude de l’avenir et l’angoisse du présent qui l’ont fait naître, cette représentation du passé ». Ne passant pas le bac de français, je ne voudrais pas répondre à cette question, je voudrais seulement dire que la mémoire, l’âge avançant, fait remonter à la surface un passé de moins en moins sûr et cache de moins en moins un avenir de plus en plus incertain. A vingt ans on n’a pas de passé et le présent c’est déjà l’avenir, à quarante ans le présent c’est déjà le passé et l’avenir se conjugue de plus en plus au présent, et à partir de soixante ans, le présent se dissout dans un passé de plus en plus flou alors que l’avenir devient de plus en plus certain, la fin se matérialisant chaque jour davantage.

 

Ce texte pourrait être le roman d’un professeur oubliant son aigreur professionnelle dans un amour un peu tardif, un essai sur le temps qui fuit, sur la mémoire et ce qu’elle représente, et aussi un cours de lettre sur la compréhension et l’interprétation des beaux textes. Chacun le lira selon ses inclinations, pour ma part, je n’ai pas essayé de dissocier ces différents  aspects, parce que la vie est ce mélange entre nécessité professionnelle, inclinaison artistique, appréhension philosophique de l’existence et surtout amour qui peut transcender tout ce qui précède.

 

Denis BILLAMBOZ

 

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 09:51
Renaissance de l'hôtel RITZ


Paradoxe? C'est au moment où la grande hôtellerie parisienne de luxe traverse une crise majeure (entre 10 et 40 % de chute du chiffre d'affaires depuis les attentats islamistes de novembre 2015) que le nouveau Ritz ouvre ses portes. L'établissement de la place Vendôme échappera-t-il au phénomène, amplifié par le désordre social des dernières semaines ? Frank Klein, le président du Ritz, n'est ni sourd ni aveugle mais il en faudrait plus pour entamer son optimisme et sa fierté. Pour l'heure, ce sont les mots que l'on emploie pour parler de son hôtel qui le préoccupent. « Pourquoi « nouveau Ritz »? - s'étonne-t-il. « Les travaux entrepris depuis quatre ans n'ont pas donné naissance à un nouvel établissement dans le sens où il serait différent de ce qu'il a toujours été. Non, le Ritz que vous allez découvrir est éternel et le temps n'a pas de prise sur lui. Nous nous sommes juste donnés les moyens de poursuivre une histoire »…

 

Et quelle saga! Elle commence au début du XXe siècle avec Marcel Proust, dont la silhouette éthérée se glisse dans la nuit et semble avalée par la porte à tambour qu'actionne un valet. L'écrivain fait irruption dans la suite qu'occupe, à l'année, la princesse Hélène Soutzo. Un peu plus tôt, un coup de téléphone donné par Céleste Albaret, l’employée de Proust, avait tiré de son sommeil l'aristocrate roumaine. L'argutie était toujours la même: « Monsieur Proust, qui pense qu'il va mourir cette nuit, voudrait voir au plus vite madame la princesse pour savoir quelle robe elle portait à la réception de madame de…» A l'arrivée de l'écrivain, on étalait la robe qu'il avait tout le loisir d'observer pour en reporter, une fois rentré chez lui, la description dans La Recherche, où figurerait le personnage de mademoiselle de Saint-Loup, inspiré par la princesse Soutzo. L'un des plus grands romanciers français venant voir nuitamment la toilette d'une des femmes les plus élégantes de Paris pour l'immortaliser dans le plus grand roman français de tous les temps… Voilà quels souvenirs extraordinaires cet hôtel nous raconterait si ses murs pouvaient parler. Mais ici, les murs, comme les hommes, se taisent. Muets sur des secrets qu'une légendaire discrétion interdit de révéler. Et pourtant! L'hôtel de la place Vendôme a collectionné les aventures. Monument élevé à l'oisiveté, le Ritz est le linceul sublime dans lequel sont venues se lover les gloires du grand monde, de Coco Chanel, qui en avait fait sa  « maison », à la princesse Diana dont il fut, en quelque sorte, la dernière demeure… Symbole d'un art de vivre à la française où se mêlent dorures, livrées et argenterie, il a irrigué, des décennies durant, les veines universelles de l'élégance. Devenu un nom commun désignant le luxe absolu, ce palace symbolise avant tout l'excellence aux yeux de la planète. C'est la raison pour laquelle la transformation entreprise il y a quatre ans par son propriétaire, Mohamed al-Fayed, était attendue comme celle d'un chef-d'œuvre dont on espère que la patine aura résisté aux coups de pinceaux du restaurateur.

 

De la place Vendôme, on franchit le seuil du Ritz par la mythique porte à tambour refaite à l'identique. Celle qui était jadis actionnée par un membre du personnel en uniforme est désormais automatisée. Les grincheux regretteront l'élan balbutiant du mécanisme d'antan et cette teinte de chêne fatigué, mais la magie opère toujours et l'émotion nous étreint face au spectacle que découvre cette entrée. Devant nous se déploie le lobby en galerie, tel qu'il nous semble avoir existé au premier matin de l'hôtel, en juin 1898. Les fauteuils à la reine, rangés par paires, ont retrouvé leur place et leur éclat, adossés aux lourds rideaux dans un sublime damas de velours bleu nuit. Un somptueux tapis de galerie rehausse avec brio l'assise bleu roi des sièges et réchauffe le sol de marbre blanc.

 

Des appliques en bronze balisent l’allée qui conduit au salon Marcel Proust. Dominée par le portrait de l'écrivain, copie de l'œuvre de Jacques-Emile Blanche, la pièce ouverte sur le lobby est une grande bibliothèque ornée de boiseries dont les rayons servent de refuge à des dizaines de mètres de reliures. Posés sur un tapis à la manière de la Savonnerie, canapés, fauteuils et consoles en bois doré semblent interroger le passé. On y servira le thé, « à la française », c'est-à-dire sans scones ou autres pâtisseries d'outre-Manche auxquelles le chef pâtissier, François Perret, a substitué des madeleines beaucoup plus proustiennes. S'ensuivent deux grandes serres nouvellement construites, séparées par une cour au milieu de laquelle coule l'eau d'une fontaine. C'est la terrasse Vendôme, point de rencontre du bar du même nom et de L'Espadon, restaurant gastronomique, éclairé d'appliques en cristal de Venise, sur lequel règne le chef Nicolas Sale. Les fauteuils Louis XV, qui entourent chaque table, ont gardé sous l'accoudoir l'ingénieux crochet pour suspendre les sacs à main, une invention de César Ritz.

 

Commence ensuite, dans son prolongement, la galerie qui relie la partie Vendôme de l'hôtel à son côté Cambon, du nom de la rue sur laquelle on éleva un second bâtiment dans les années 1910. La nouvelle version a été pensée dans l'esprit des passages parisiens. Des vitrines enchâssées dans des boiseries montent la garde et cinq boutiques ont été créées, dont un concept store dédié à l'univers du voyage. Jadis assez sombre, elle est désormais éclairée par de grandes portes fenêtres qui s'ouvrent sur le jardin du Ritz, jusqu'ici ignoré. Ce havre de verdure est traversé d'une allée centrale de 26 tilleuls taillés en marquise et plantés dans des caissons en bois identiques à ceux de l'orangerie du château de Versailles. L'effet produit par ce jardin à la française (1 650 mètres carrés), est semblable à un décor de conte de fée dans lequel - et par on ne sait quel mystère, au cœur même d'un des quartiers les plus animés de Paris - on n'entend que le chant des oiseaux. Tout à côté, on retrouve le bar Hemingway. Là encore, rien n'a changé, même si tout a été refait. Le rond de cuir des hauts tabourets semble attendre de prendre la forme de nouveaux fessiers comme autrefois ceux de Scott Fitzgerald ou de Robert Capa.

 

Renaissance de l'hôtel RITZ
Renaissance de l'hôtel RITZ

La visite se poursuit en empruntant l’escalier d'honneur. Une lanterne monumentale en occupe le centre. Il conduit aux chambres dont l’élégance doit beaucoup au foisonnement de tissus empruntés aux plus grands éditeurs comme Pierre Frey ou la maison Veraseta. C'est au premier étage que se trouve, ouverte sur la place Vendôme, la suite Impériale - la plus belle de l'hôtel: 6 mètres de hauteur sous plafond, des bas-reliefs classés monument historique, une débauche d'étoffes fleuries brodées en soie sauvage, un lit monumental coiffé d'un ciel dont un impressionnant balustre clôt l'accès… comme à Versailles dans l'appartement de la reine.

 

Au deuxième étage, les suites s'enchaînent, dont celle baptisée Coco Chanel. Si Mademoiselle vécut plus de trente ans au Ritz, elle changea plusieurs fois de chambre, de sorte qu'on ne sait plus très bien dans laquelle elle demeura le plus longtemps : mobilier épuré des années 50, ton crème et noir, paravent en laque… Partout dans l'hôtel, des objets d'art ont été disséminés au gré des pièces : un baromètre en bois doré, des torchères en bronze, des cache-pots anciens et parfois des pièces de mobilier intéressantes à l'exemple d’un bureau en poirier noirci qui trône dans la suite Vendôme. Si le Ritz a modernisé son équipement en sacrifiant à la mode digitale - on commande sur écran lumières, rideaux, climatisation... -, il a conservé l'usage du boîtier créé par César Ritz, petit objet par lequel, en pressant un gros bouton, on appelle, depuis 1898, femmes de chambre ou valets. Les suites du troisième étage sont décevantes. Aménagées sous les toits, elles sont éclairées par des fenêtres et des œils-de-bœuf placés trop hauts pour qu'on bénéficie d'une vue. Exception faite de la suite Mansart, qui dispose d'une incroyable terrasse découpée dans la toiture et dont on imagine sans mal la vue qu'elle offre…

 

Le Ritz compte désormais 142 chambres dont 71 suites et se termine par le spa au sous-sol, entièrement revisité dans un esprit Chanel. La maison de la rue Cambon assure les soins. L'espace de fitness et la piscine, que fréquentent les abonnés du Ritz Club ont retrouvé une seconde jeunesse avec la réfection des mosaïques du bassin et l'ajout de buses thermo-ludiques. Ce qui en a longtemps fait le bassin le plus recherché de Paris existe toujours et, cerise sur le gâteau, a l’immense privilège de bénéficier de la diffusion de musique classique sous l'eau. Comble du raffinement, n’est-ce pas ?

 

En son temps, César Ritz avait trouvé le ton juste pour séduire une clientèle d'outre-Atlantique grâce au confort et à l'élégance que dispensait ce palace « où se conjuguaient l'hygiène américaine et le style louis XVI », écrivait Ghislain de Diesbach dans son importante biographie de Proust. Le Ritz atteignit vite des sommets d'excellence durant les Années Folles. Imperméable aux horreurs de la planète, le Ritz aborda la Seconde Guerre mondiale avec l'insouciance d'un enfant gâté. Loin des bruits assourdissants des bombes, l'hôtel ne connut que le tintement du cristal de ses coupes de champagne… Aucun danger ne semblait pouvoir affecter le palace comme le racontera plus tard l'archiduc Otto de Habsbourg, présent au Ritz un soir de juin 1940, tandis que Paris était occupé par les Allemands: « Le dîner nous a été servi dans les règles par du personnel en frac, comme si de rien n'était. Le souper était somptueux. » Et, quand l'épouse d'un diplomate américain demanda au directeur: « Comment avez-vous su que les Allemands arrivaient? », celui-ci répondit: « Parce qu'ils ont réservé…»

 

Même si la nationalité suisse de la famille Ritz protège l'hôtel d'une réquisition totale, Hermann Göring s'installe durant l'Occupation dans la suite Impériale tandis que le Tout-Paris de la collaboration fera du palace un îlot de douceur de vivre au milieu de l'enfer. Arletty et Coco Chanel y abritèrent leurs amours interdites avec des officiers allemands. On raconte même que, lors des bombardements, « mademoiselle Chanel descendait à l'abri souterrain du Ritz précédée d'un valet qui portait son masque à gaz sur un coussin de soie ». Mais si l'hôtel déroule un tapis rouge à l'occupant, une part du personnel sauve l'honneur, à l'instar du célèbre barman Frank Meier qui servira de boîte aux lettres dans l'opération Walkyrie. Des Juifs auraient été cachés dans des chambres de bonne et même des placards. Quoi qu'il en soit, au soir de la victoire alliée, le Ritz renouvelle opportunément sa clientèle et le voyage au pays de l'excellence se poursuit. Ernest Hemingway, débarqué avec les libérateurs, devient le pilier d'un bar qui portera un jour son nom et d'un hôtel à qui il enverra cette déclaration d'amour « Quand je rêve de l'au-delà, cela se passe toujours au Ritz de Paris. »

 

La saga des Ritz prend fin en 1979 quand la veuve de Charles Ritz - fils de César - vend l'hôtel à Mohamed al-Fayed. Une page se tourne, mais l'histoire de l'hôtel continue d'être écrite par une clientèle aux exigences parfois extravagantes comme le raconte Manfred Mautsch, chargé depuis trente-cinq ans de l'accueil : « Liz Taylor me fit un jour appeler pour qu'on retire un bureau de la suite qu'elle occupait parce que cela risquait de fatiguer Sugar, son chien, obligé de le contourner. » Et de se souvenir aussi de ce Russe qui commanda 1 000 roses blanches et 1 000 roses rouges pour les offrir à une femme « parce qu'il ignorait des deux couleurs celle qu'elle préférerait ». Autre histoire édifiante, celle de cette Américaine qui, jusqu'en 1983, habitait à l'année au Ritz, d'abord avec sa mère puis seule. Elle occupait trois pièces et descendait chaque soir dîner dans des tenues très habillées qu'elle achetait l'après-midi, sa seule occupation… Pour combattre le désœuvrement qui la minait, elle acquit une boutique de détaxe sur l'avenue voisine des Champs-Elysées et, pour tromper son ennui, s'y improvisait caissière! « Eh bien, voyez-vous, cette clientèle-là n'existe plus » - conclut, nostalgique, Manfred Mautsch…

 

Sources : Philippe Viguié-Desplaces  -  Photos du Figaro

 

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Renaissance de l'hôtel RITZ
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16 janvier 2017 1 16 /01 /janvier /2017 10:00
Adriana de Théodora Dimova

Après le bain de fraîcheur offert par Carine-Laure Desguin, je vous replonge un peu trop brutalement peut-être, dans un monde sans espoir, celui dans lequel vivait Adriana, dans la Bulgarie d’avant le communisme, pendant le communisme et après le communisme, un pays qu’il faut absolument fuir, selon elle, car il n’y a rien à en attendre, rien à en espérer.

 

 

                                         Adriana

Théodora Dimova – 1960 - ….)

 

 

Ecrit par une auteure née à Sofia dans les années soixante, cet ouvrage, à ma grande surprise, respire le romantisme qui a inondé la Mitteleuropa au XIXe siècle. Dans ce texte coulant comme un large fleuve paisible, Thédora Dimova déverse un lourd flot de mots organisés en phrases aussi longues, parfois deux ou trois pages, que les affluents de ce fleuve d’encre coulant sur la page en un texte d’un seul tenant ou presque. Ce texte, au romantisme slave exacerbé, raconte dans une grande envolée lyrique la vie d’Adriana, une femme qui a connu la Bulgarie avant le communisme, pendant le communisme, après le communisme, sans jamais trouver une bonne raison d’apprécier la vie dans ce pays maudit.

 

Adriana est une vieille femme de quatre-vingt-treize ans qui raconte son histoire à Ioura, une jeune et jolie fille qu’elle emploie juste pour l’écouter transmettre son histoire. La jeune fille, à son tour, rapporte cette histoire à son cousin protecteur. Le récit oscille sans cesse entre ce qu’Adriana dit à Ioura et ce que Ioura rapporte à son cousin au risque d’égarer le lecteur, mais l’auteure précise régulièrement : « raconte Adriana et rapporte Ioura ».

Donc, un beau soir, Ioura déboule un peu cavalièrement chez son cousin écrivain, un homme plus âgé qu’elle, afin de lui transmettre le récit qu’elle vient de recueillir auprès de la vieille Adriana avant que celle-ci ne décède, ayant été recrutée aux seules fins d'écouter l'historique de son existence agitée et peu glorieuse. La vieille dame se confie à la jeune fille comme pour se soulager d’un poids qui pèse sur sa conscience avant de quitter cette vie dont elle a abondamment profité sans jamais obtenir la satisfaction qu’elle souhaitait.

 

Les premières paroles de la vieille femme surprennent son auditrice, « ce que j’aime par-dessus tout, c’est d’être allongée nue sur la plage en été », Ioura rit mais reste coite et entend la suite du récit avec beaucoup d’émotion. Le rire rapproche les deux femmes. Adriana relate : sa famille riche avant la révolution, sa mère bigote et superstitieuse, son père travailleur acharné mais étouffé par sa femme, la révolution, la pauvreté, la fin du communisme, la fortune retrouvée dans l’injustice, la violence, la corruption … La vieille femme ne trouve aucune raison d’aimer ce pays et conseille aux jeunes de le fuir.

 

Mais ce n’est pas cela que la vieille femme cherche à transmettre, ce qu’elle veut dire c’est sa vie personnelle, le dégoût qu’elle éprouvait pour l’amour car, comme elle était riche et jolie, elle focalisait la concupiscence masculine sur sa personne, la vie de débauche qu’elle a menée pour ne pas s’attacher à un seul homme, la dépression dans laquelle elle a sombré, la déchéance dans laquelle elle s’est vautrée et comment un beau jour tout a basculé quand elle a rencontré l’Homme de sa vie, l’Homme d’un jour, L’Homme à cause de qui tout a basculé.

 

Dans ce récit, Théodora Dimova construit un personnage mythologique digne des grandes légendes  romantiques qui sont nées au cœur de l’Europe danubienne et qui ont inondée la littérature de la Mitteleuropa. Elle situe cette épopée dans les temps modernes, dans l’histoire contemporaine de la Bulgarie, une histoire qui la révolte et l’indigne. « Nulle part ailleurs il ne s’est produit cette chose abjecte qui s’est passée en Bulgarie, les faits dépassent l’imagination de tout Bulgare, il est même terrifiant de parler de ces choses-là, il est même terrifiant de se les représenter, le communisme était un sort meilleur pour la Bulgarie que la démocratie, la démocratie a été jetée en Bulgarie comme une victime expiatoire et elle a été immédiatement dévorée à belles dents, déchiquetée, mise à mort ». Adriana ne croit pas plus en son pays qu’en l’humanité. « Ioura, lorsque que je serai morte, il faudra que tu quittes ce territoire que certains, opiniâtrement et mus surtout par la nostalgie, continuent d’appeler Bulgarie. Tu n’as rien à faire à l’intérieur des frontières de ce territoire ». Et, quant à la richesse, « Mais la fortune que je te lègue ne te rendra pas heureuse…, ce n’est qu’un confort ou un inconfort qui ne rend jamais heureux… »

 

Adriana n’éprouve que répulsion pour les hommes obsédés par la richesse, plus attachés à l’avoir qu'à l’être : « L’homme aspire toujours à entendre la voix divine, Ioura, toujours même lorsqu’il ne s’en rend pas compte. La part la plus intime de son moi aspire uniquement à entendre la voix divine Ioura, ne l’oublie pas ». « Les relations n’ont pas lieu d’homme à homme, mais entre les hommes et Dieu. »

Et même si Adriana pense  que « Les mots humains sont extrêmement inadaptés à la plupart des choses », nous avons très bien compris qu’à travers cette légende mythologique, Théodora Dimova nous confie que les hommes, quel que soit le système, sont trop pervertis, trop obsédés par l’avoir et le pouvoir pour se soucier de l’être. Ioura veut que son cousin écrive cette épopée des temps modernes pour témoigner, et peut-être avertir, prévenir, inciter les hommes à mener une autre existence.

Denis  BILLAMBOZ

 

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Adriana de Théodora Dimova
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13 janvier 2017 5 13 /01 /janvier /2017 09:48
L'hiver des poètes

Comment l'ont-ils chanté l'hiver et sa blancheur silencieuse, ses ramures défeuillées et sa bise maligne qui siffle dans les branches, nos chers poètes ? La blancheur cristalline, le givre qui immobilise les paysages, l'oiseau en peine de nourriture, ont-ils inspiré leurs plumes vagabondes ? Oui, je m'en suis assurée et voici quelques-unes de ces mélodies douces qui disent la plaine blanche, immobile et sans voix et requièrent si bien la leur...

 


NUIT DE NEIGE


La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.
Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte.
Mais on entend parfois, comme une morne plainte,
Quelque chien sans abri qui hurle au coin d'un bois.

Plus de chansons dans l'air, sous nos pieds plus de chaumes.
L'hiver s'est abattu sur toute floraison ;
Des arbres dépouillés dressent à l'horizon
Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.

La lune est large et pâle et semble se hâter.
On dirait qu'elle a froid dans le grand ciel austère.
De son morne regard elle parcourt la terre,
Et, voyant tout désert, s'empresse à nous quitter.

Et froids tombent sur nous les rayons qu'elle darde,
Fantastiques lueurs qu'elle s'en va semant ;
Et la neige s'éclaire au loin, sinistrement,
Aux étranges reflets de la clarté blafarde.

Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !
Un vent glacé frissonne et court par les allées ;
Eux, n'ayant plus l'asile ombragé des berceaux,
Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.

Dans les grands arbres nus que couvre le verglas
Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ;
De leur oeil inquiet ils regardent la neige,
Attendant jusqu'au jour la nuit qui ne vient pas.


Guy de MAUPASSANT

 


Ah! comme la neige a neigé !
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah ! comme la neige a neigé !
A la douleur que j'ai, que j'ai !

Tous les étangs gisent gelés.
Mon âme est noire : Où vis-je ? Où vais-je ?
Tous ses espoirs gisent gelés :
Je suis la nouvelle Norvège
D'où les blonds ciels s'en sont allés.

Pleurez, oiseaux de février,
Au sinistre frisson des choses.
Pleurez, oiseaux de février,
Pleurez mes pleurs, pleurez mes roses,
Aux branches du génévrier.


 Emile NELLIGAN
 


LA MORT DES OISEAUX
 

Le soir, au coin du feu, j'ai pensé bien des fois
A la mort d'un oiseau, quelque part, dans les bois.
Pendant les tristes jours de l'hiver monotone,
Les pauvres nids déserts, les nids qu'on abandonne,
Se balancent au vent sur le ciel gris de fer.
Oh ! comme les oiseaux doivent mourir l'hiver !
Pourtant, lorsque viendra le temps des violettes,
Nous ne trouverons pas leurs délicats squelettes
Dans le gazon d'avril où nous irons courir.
Est-ce que les oiseaux se cachent pour mourir ?

 

François COPPEE

 


LES NEIGES d'ANTAN
 

Dites-moi où, n'en quel pays,
Est Flora la belle Romaine,
Archipiades, ni Thaïs,
Qui fut sa cousine germaine,
Écho parlant quand bruit on mène
Dessus rivière ou sur étang,
Qui beauté eut trop plus qu'humaine
Mais où sont les neiges d'antan?

Où est la très sage Héloïs,
Pour qui fut châtré et puis moine
Pierre Abelard à Saint-Denis?
Pour son amour eut cette essoine.
Semblablement, où est la reine
Qui commanda que Buridan
Fut jeté en un sac en Seine?
Mais où sont les neiges d'antan?

La reine Blanche comme lis
Qui chantait à voix de sirène,
Berthe au grand pied, Bietris, Alis,
Haremburgis qui tint le Maine,
Et Jeanne la bonne Lorraine
Qu'Anglais brûlèrent à Rouen;
Où sont-ils, où, Vierge souveraine?
Mais où sont les neiges d'antan?

Prince, n'enquerrez de semaine
Où elles sont, ni de cet an,
Qu'à ce refrain ne vous remaine:
Mais où sont les neiges d'antan?

 

François VILLON

 

 

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11 janvier 2017 3 11 /01 /janvier /2017 09:23
Michel Deon ou l'invitation au voyage

En 15 jours, trois artistes de la même génération nous ont quittés, le musicien et chef d'orchestre Georges Prêtre, l'écrivain et académicien Michel Déon et la comédienne Michèle Morgan. Le plus âgé des trois était Michel Déon qui s'est éclipsé à 97 ans après une vie qui fut toute entière empreinte d'élégance et de ferveur. Il nous laisse heureusement une oeuvre où ce sont exprimés le portraitiste éloquent et le paysagiste précis et qu'il faut s'empresser de relire ou de découvrir tant elle est "un miroir du bonheur et un objet magique", affirmait son ami André Fraigneau.

 

Michel Déon s'est plu à courtiser la beauté et à nomadiser, de préférence à travers l'Europe, parce qu'il y avait des repères culturels : en Grèce et ce seront "Les rendez-vous de Patmos", en Irlande où il habita et où il est mort et ce seront "Les poneys sauvages" réécrit 50 ans plus tard et "Un taxi mauve", mais également en Suisse, en Italie, au Portugal sans oublier les Etats-Unis et le Canada. Il avait écrit : " Je crois m'être beaucoup promené en flâneur sur cette terre et dans les livres d'écrivains que j'aimais." En effet, Michel Déon n'envisageait pas le voyage en touriste mais bien en promeneur. Il le voyait semblable aux pérégrinations d'un Ulysse, voire d'un Flaubert en Egypte ou d'un Chateaubriand en Grèce. Selon lui, l'aventure se vivait comme une suite de hasards qui font se croiser et se recouper les chemins. Quand il se fixa en Irlande, la question lui fut posée : pourquoi l'Irlande ? "Je n'en sais rien au juste" - avouait-il.  "Il faut bien vivre quelque part. Au fond, il s'agissait peut-être d'une envie, mûrie depuis longtemps, un obscur besoin de pluie, de vent, de prairies vertes, l'attrait que peuvent exercer une terre mouillées, de vastes paysages, la présence de l'Océan et le bruit sourd et continu de la houle se brisant sur les falaises de Moher. L'Europe s'achève ici, plus loin c'est l'aventure". 

 

Rappelons-nous aussi qu'il fût l'un de ces jeunes hussards qui entendait refaire le monde et réinventer la littérature. Leurs noms : Blondin, Laurent, Nimier et Déon. A eux quatre, ils ont usé de la plus grande liberté en lui ajoutant...la grâce. J'ai eu cette chance de rencontrer Michel Déon sous la Coupole, où il siégeait, en décembre 1987. A l'énoncé de mon prix de poésie, qui me valait d'être là, il m'avait dit : "vous avez fait le bon choix". En effet, Michel Déon aimait la poésie et son oeuvre en est l'écho constant. En amoureux des mots, et parce qu'il entendait respirer à une certaine altitude, il n'a eu d'autre urgence que de faire preuve d'une constante exigence, remettant cent fois sur le métier son ouvrage, sans cesse le polissant et le repolissant, au point de réécrire un livre cinquante ans après sa première publication, sans oublier de parer l'ensemble d'une secrète mélancolie et d'une discrète ironie. Si bien que sa rêverie fut féconde : "Je ne suis pas un désespéré" - avouait-il "mais je suis un chimérique plein de sérénité".

 

Il est vrai aussi qu'il mît toujours entre lui et le réel une certaine distance et qu'il a coloré son romanesque d'un zeste de nostalgie. L'âge venant, il avait pris du recul et s'était volontiers consacré à dépeindre les crépuscules, les choses qui nous quittent, les lueurs vespérales. J'ai beaucoup aimé "La montée du soir" et "Les gens de la nuit", sans oublier "Les trompeuses espérances", où Michel Déon évoque non seulement le vieillissement des êtres mais la décadence irrémédiable d'une civilisation : la nôtre. Cela sans alourdir ses propos d'une quelconque rancoeur. Son humour le sauvait de la désillusion, si tant est qu'il en eût, et sa générosité naturelle le portait volontiers à écouter les autres, surtout les jeunes. Mais il n'avait rien d'un universitaire arrogant toujours bien disposé à jouer les censeurs. Déon était naturellement bienveillant, considérant que la vie l'avait été avec lui.

 

Oui,  il faut relire cet auteur qui aimait les grands espaces et la liberté de ton et de pensée, cet homme attentif et délicat qui a constamment trempé sa plume dans une encre indélébile. " J'ai eu la vie que je voulais, j'ai écrit les livres que je pouvais écrire, et le destin a été plutôt généreux avec moi, c'est déjà beaucoup, et j'ai reçu de la littérature plus que je ne lui ai donné." Ce mélancolique savait se méfier tout autant d'un scepticisme douteux que d'un brumeux désenchantement.

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

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9 janvier 2017 1 09 /01 /janvier /2017 09:13
Les enfants du grand jardin de Carine-Laure Desguin

Je voudrais commencer cette nouvelle année avec ce texte très poétique, plein de fraîcheur enfantine afin d'oublier, l’espace de cette lecture, la noirceur de l’époque que nous vivons. Merci Carine-Laure pour cette parenthèse de lumière, de joie et d’insouciance.

 

 

                          Les enfants du Grand jardin

                             Carine-Laure Desguin (1963 - ….)

 

 

« D’accord on serait des … », tous les parents de plusieurs enfants ont entendu leurs charmants bambins formuler une hypothèse commençant par cette formule qui laisse une porte largement ouverte à leur imagination débordante. Si vous avez oublié votre imagination enfantine vous risquez de vous perdre dans les méandres de la magie de Carine-Laure car, elle aussi, elle a dû, en flânant dans un parc quelconque entendre des petites filles se lancer dans un grand délire que les adultes ne peuvent pas comprendre. Elle a confié au petit Vérone le soin de raconter l’histoire inventée dans le Grand Jardin, par deux fillettes, Nicole et Marianne, pour vivre le jeu qu’elles ont créé dans un monde qu’elles seules peuvent comprendre. Peut-être que Carine-Laure a aussi lu le fameux livre de Salman Rushdie, « Les enfants de minuit » et qu’elle a voulu à son tour essayer de percer le mystère de l'enchantement que les enfants sont capables de susciter pour échapper à la vie si mal construite des adultes.

 

Dans le parc du "Grand Jardin", Marianne et Nicole « grandes comme deux guirlandes du troisième jour ressuscité, cousues ensemble », imaginent un monde de guirlandes d’enfants, « les têtes à trous », qu’elles nomment par des noms de villes, de pays, certainement des noms qu’elles ont puisés dans la bouche des adultes. « On asperge aux Amériques, on rêve en Europe, on picore au milieu de l’Afrique. Pour l’Asie et l’Océanie, ça dépend des jours. Et puis, je ne comprends pas tout moi-même, alors… » Elles ont voulu les faire vivre à leur façon comme les parents semblent les faire vivre à la leur. C’est comme cela que j’ai lu ce livre car Carine-Laure s’est laissée emporter dans le monde imaginaire, magique, fantasmagorique concocté par ces deux gamines sans se soucier de ce qu’en tireront les pauvres lecteurs égarés dans ses lignes.  Et de toute façon, une fois édité, le livre appartient au lecteur qui en fait la lecture qu’il comprend ou ressent. Cette lecture m’a enchanté, elle m’a ramené dans un temps très lointain où je n’étais pas plus haut que ces deux fillettes, dans un temps où la réalité n’était que celle que nous voulions concevoir puisque celle des adultes nous échappait totalement et nous semblait bien difficile à appréhender.

 

En se glissant dans la peau du petit Vérone qui nous conte les histoires des deux fillettes, Carine-Laure a retrouvé sa fraîcheur enfantine, elle a redécouvert un langage, même si ce dernier est plus élaboré que celui dont elle usait alors lorsqu’elle n’était qu’une fillette candide. Un langage truffé de mots inventés, déformés, d’expressions très imagées mais aussi un langage rempli de jeux de mots, de calembours, d’aphorismes, de jeux d’assonance, de termes détournés de leur sens initial, des mots venus, eux, de son présent et non pas de son enfance. Un vrai bonheur de lecture pour ceux et celles qui aiment jouer avec les mots, leur faire dire ce qu’ils n’ont pas prévu de dire, leur narrer une autre histoire. « Moi, Vérone, le p’tit gars qui vous raconte du fantastique dans cette histoire, je suis haut de forme de pot de ne rien sans voiler, de tout vous tanguer. » Vérone raconte ce qu’il peut avec les mots que Carine-Laure lui prête. « Alors nous, on absorbe ces vérités-là. On ne sait que celles-là, ce sont celles qui coulent toutes humides de rires et de larmes de la bouche des deux fées. » Il ne sait peut-être pas, le petit Vérone, que son texte est formidablement poétique et qu’il est beau. « C’est du beau derrière les yeux, du baume sur le cœur, du rêve jamais entamé avant cette glorieuse journée de rois couronnés. »

 

Et dans le Grand Jardin, « Avec une voix isocèle de clairière cristalline et équilatérale de victoire. Nicole et Marianne chantent en gesticulant de leurs doigts de fée et secouent la démesure… » pour que le monde des enfants vivent toujours et qu’un jour, peut-être, il remplace le triste monde des adultes.

 

Denis BILLAMBOZ

 

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3 janvier 2017 2 03 /01 /janvier /2017 08:38
Bleu de travail de Thomas Vinau

Exercice de style

 

Un petit recueil de textes courts, souvent très courts dans lesquels Thomas Vinau, véritable alchimiste du vocabulaire, redonne ses lettres de noblesse à l’écriture redevenant sous sa plume un art à part entière.

 

 

Bleu de travail

   Thomas Vinau (1978 - ….)

 

 

« Chronique des manches retroussées du ciel et des matins qui passent. Textes de rien, de faim et de soif. Il y a chaque jour des gris à habiter et des couleurs à faire pousser. Il faut chaque jour plonger ses mains dans le cambouis… » « Le jour met son bleu de travail. Je mets le mien aussi. » Et pourtant, après avoir lu les quelques quatre-vingt textes constituant ce recueil, j’ai l’impression qu’il y a mal donne, que l’auteur cherche à égarer le lecteur, je ne l’imagine absolument pas en bleu de chauffe, je le vois plutôt déguisé en alchimiste, se démenant comme un diable derrière sa paillasse, précipitant des mots dans des éprouvettes et des cornues pour en tirer l’essence, le nectar, qu’il distillera ensuite.

 

Avec le produit de sa distillation solidifié en mots comme des briques de texte, Vinau  constitue des morceaux de phrases ou des phrases ultra courtes qu’il assemble pour rédiger des textes courts, souvent très courts, mais très forts, des textes pour dire le nécessaire, l’essentiel, juste ce qu’il faut pour faire vivre les petites choses invisibles mais nécessaire à notre vie, les choses qui paraissent inconséquentes, anodines, vénielles mais qui, finalement, donnent un sens à notre vie. On dirait que Vinau a lu les maîtres japonais, il écrit un peu comme eux : il pose précieusement ses mots/briques par petits groupes en vérifiant très attentivement leur assemblage et leur sonorité avant de les placer entre les deux points qui délimitent la phrase et de les relier à une autre phase pour produire un texte  soupesé, ciselé, clair, sonnant bien.

 

Avec Vinau, l’écriture redevient un art, il écrit tout d’abord pour proposer de beaux textes, des textes travaillés comme des sanguines, des fusains, des esquisses, des épures, des œuvres dépouillées mais expressives,…,  des textes sonnant  comme un fragment de musique, un « Stück Musik » de Schubert par exemple ou une petite pièce de Satie. Au-delà de la forme, ceux-ci ont une signification, ils évoquent le monde froid, austère, sans richesses ni fioritures, le monde des êtres faibles, des petites choses, des pauvres gens, le monde de ceux qui semblent ne pas compter et qui pourtant donnent beaucoup de sens à notre vie. Des textes à lire comme on mange une friandise, sans se poser de questions, juste en dégustant. « Les arbres se gonflent et se dégonflent. Ils expriment le vide froid. Les branches sont des bronches. Poitrine de lumière. Et le ciel qui ronfle. Et nos peines soufflées. Là. »

 

Denis BILLAMBOZ

 

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2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 10:17

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MARCEL PROUST, RUSKIN ET LA CATHEDRALE d'AMIENS de JEROME BASTIANELLI

 

LES LUMIERES DE SAINT AUGUSTIN d'ISABELLE PRETRE

 

RETOUR A LA PLAGE

 

THOMAS PESQUET, NOTRE PETIT PRINCE EST DE RETOUR

 

CONCERT DE MUSIQUE SACREE A BEUZEVILLE AVEC LAURA RABIA ET SON CHOEUR LYRIQUE

 

UNE JEUNE PEINTRE NOUS RACONTE HONG KONG

 

DICTIONNAIRE AMOUREUX de SAINT-PETERSBOURG de VLADIMIR FEDOROVSKI

 

JOYEUSES PAQUES

 

VERMEER OU L'ENIGME INTERIEURE

 

SUR LES CHEMINS NOIRS de SYLVAIN TESSON

 

LE MYSTERE DE LA JOCONDE EN PARTIE DEVOILE

 

RENAISSANCE DE L'HOTEL RITZ

 

2017 - VOEUX POUR QU'ELLE SOIT MEILLEURE QUE LA PRECEDENTE

 

CONCERT DE NOEL A TROUVILLE - LAURA RABIA ET SON CHOEUR LYRIQUE

 

MA  LETTRE AU PERE NOEL 2016

 

JOURNAL D'UNE VERVIETOISE DES BOULEVARDS d'EDMEE DE XHAVEE

 

LA GALERIE DES CARROSSES DE VERSAILLES

 

ONZE LECONS DE PHILOSOPHIE POUE REUSSIR SA VIE d'ISABELLE PRETRE

 

EXPOSITION JACQUES-EMILE BLANCHE A DEAUVILLE

 

VERONIQUE DESJONQUERES OU LE VISAGE RETROUVE

 

EUGENE BOUDIN, LE MAGICIEN DE LA LUMIERE

 

CLAUDE MONET EN NORMANDIE

 

CETTE NUIT LA MER EST NOIRE de FLORENCE ARTHAUD

 

LAURA RABIA ET LE CHOEUR de TROUVILLE EN CONCERT A TOURGEVILLE

 

LES PAQUES DE MON ENFANCE AU RONDONNEAU

 

L'OISEAU DANS LA LITTERATURE

 

L'OISEAU DANS LE FOLKLORE FRANCAIS

 

QUI ETAIT LA DUCHESSE DE MORNY ?

 

L'HIVER DES POETES

 

LA GALETTE DES ROIS - SON HISTOIRE

 

NOS TABLES GOURMANDES - HISTOIRE  DE NOS REVEILLONS

 

NOEL, L'HISTORIQUE D'UNE TRADITION

 

TANZANIE/KENYA, PAYS MASSAI

 

CONCERT DE MUSIQUE SACREE - LAURA RABIA ET LE CHOEUR DE TROUVILLE

 

CHARLOTTE CORDAY, UNE ADRESSE GOURMANDE A TROUVILLE-sur-MER

 

MA LETTRE AU PERE NOEL ( 2015 )

 

MUSEE GALLIERA : LA MODE RETROUVEE - LES TOILETTES DE LA COMTESSE GREFFULHE

 

MADAME VIGEE-LEBRUN AU GRAND-PALAIS

 

CHARLES MOZIN, LE PEINTRE DE TROUVILLE

 

L'ETE INDIEN

 

JARDINS DE PAPIER de EVELYNE BLOCH-DANO

 

LAURA RABIA OU LE RAYONNEMENT DE L'ART LYRIQUE EN NORMANDIE

 

LA VOLUPTE DES NEIGES de VLADIMIR FEDOROVSKI

 

L'AIR DU TEMPS OU LA RONDE DES PARFUMS

 

CATHEDRALE DE STRASBOURG - LE MILLENAIRE

 

ELOGE DES OISEAUX - QUAND LES POETES ET LES PHOTOGRAPHES LES HONORENT

 

LAURA RABIA ET SON CHOEUR LYRIQUE A DEAUVILLE

 

BERTHE MORISOT, UNE FEMME QUI IMPRESSIONNE

 

LES DERNIERS MONDAINS de CAMILLE PASCAL

 

NOS GRANDS-MERES

 

ELOGE DE L'HIVER

 

MES VOEUX POUR 2015

 

Au bonheur des lettres de Shaun Usher

 

La Comtesse Greffulhe de Laure Hillerin

 

Beautiful because of your heart de Véronique Desjonquères

 

Nicolas de Stael au Havre - Lumière du nord, lumière du sud

 

L'animal est une personne de Franz-Olivier Giesbert

 

La Callas, légendaire et tragique

 

Eugène Boudin, le magicien de la lumière

 

DEAUVILLE : l'hippodrome de la Touques

 

DEAUVILLE, à l'heure du Polo

 

DEAUVILLE, cité de la voile et du cheval

 

Les impressionnistes en privé au musée Marmottan

 

La duchesse de Berry, une redoutable amazone 

 

La duchesse de Berry ( suite )


La duchesse de Berry ( suite et fin )

 

La Normandie à l'heure du souvenir

 

Humeur de Juin  

 

Le pays d'où l'on vient

 

La dame à l'hermine de Léonard de Vinci

 

Jeanne Toussaint, l'impératrice de la joaillerie française
 

 


  Eloge du printemps       

 

La cathédrale dans l'imaginaire des hommes

 

Saint-Maur, peintre nomade

 

Mes voeux pour 2014

 

Ma lettre au Père Noël ( 2013 )

 

Adieu Mandela

 

Une fin d'automne

 

Stanley Rose ou l'empire du réel

 

Félix Vallotton, l'incompris

 

Georges Braque au Grand Palais

 

Lumières d'automne

 

Retour au coeur de la matière

 

L'Atlantide et le mythe atlante

 

Pâques au son des nouvelles cloches de Notre-Dame  

 

Eugène Boudin au musée Jacquemart-André

 

Michel Ciry ou la reconquête spirituelle

 

Le flamenco enflamme les planches de Deauville

 

Il était une fois la voie lactée

 

Il était une fois l'atome - Hommage à Jean Marcoux

 

John Ruskin ou le culte de la beauté

 

VOIX

 

Eloge de la France       Mes voeux pour 2013

 

Ma lettre au Père NOEL

       

Le cycle arthurien et la forêt de Brocéliande

 

William Turner ou l'éclat insolite de la lumière

 

Frédérick Chopin, une vie vécue comme un impromptu

 

Les quatre saisons - fable

 

La cité du bonheur  

 

Pompéi - l'apocalypse selon Pline le jeune  

 

Lettre au petit Prince

  

La princesse retrouvée de Léonard de Vinci  

 

16e Festival de Pâques de Deauville

 

Quelle époque !

 

Mstislav Rostropovitch

            

Gabrielle Chanel ou l'indémodable élégance

 

Souvenir de Tivoli

 

Faisons un rêve...         Visages de mer *

 

Instants critiques de François Morel  

 

Douze mythes qui ont fondé l'Europe de Michel BLAIN


La passion des livres        Mozart à l'heure du requiem     

 

Eloge du souvenir     Eloge des petites choses         

 

Eloge des clochers      Sacha Guitry, l'indémodable     

 

La Russie, de la Volga à la Neva    

 

La Crète minoenne ou l'histoire revisitée par la légende

 

La Crète entre réalité et légende       Le carnaval de Venise

 

Haïti, un destin singulier        

 

 

atome 1218207555 arthur 18404970 turner-peinture-2-499x374 1224252585 pee342 1261859806 la meditation du philosophe rembrandt wince

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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 09:00
2017 - Voeux pour qu'elle soit meilleure que la précédente

Une année commence comme une page qui s'ouvre, un roman qui s'amorce, une histoire qui se poursuit et qu'il faudra sans cesse inventer, écrire et réécrire, nourrir de ce qui l'a précédée, poursuivre et parachever. Qu'en ferons-nous, qu'en feront les hommes et les femmes politiques qui l'inspirent, la réalisent, la déterminent, la dictent, la dirigent dans ses courbes, détours et méandres et la bâtiront selon leurs directives et leurs improvisations. Auront-ils la sagesse et le discernement de la rendre meilleure que la précédente, celle qui s'achève dans l'insatisfaction de la plupart des Nations et le sang de milliers de victimes ? 

 

Oui, auront-ils la circonspection et le courage de penser davantage au bien-être de leurs populations qu'à leur propre carrière et à leur réélection ? Entendront-ils les sanglots des humbles et des dépourvus, le bon sens du petit peuple de besogneux plus proche qu'eux des réalités quotidiennes ? Oeuvreront-ils à rendre l'existence meilleure à la plupart, plutôt que de favoriser le confort de quelques-uns ? Se dévoueront-ils davantage pour les autres que pour eux-mêmes ? L'avenir nous le dira mais leur bonne volonté est requise si nous aspirons à rendre cette planète respirable pour tous. Rappelons-nous les mots de G.K. Chesterton : " Le monde est divisé entre les conservateurs et les progressistes. L'affaire des progressistes est de continuer à commettre des erreurs. L'affaire des conservateurs est d'éviter que les erreurs ne soient corrigées." Propos dur mais tellement vrai ...

 

L'année 2016 a vu trop de souffrances et d'injustices pour que l'on ne se fixe pas pour objectif d'éviter que celle qui commence aujourd'hui lui ressemble. N'est-ce pas aussi à chacun de nous d'habiter la réalité de façon plus résolue et de privilégier la beauté afin de promouvoir des réalisations dignes d'elle. N'est-ce pas à nos jeunes d'enlever leurs écouteurs de façon à percevoir les murmures du monde. A nous tous d'exiger des réalisations et des projets de qualité qui enrichiront nos enfants et de refuser ceux qui les abêtissent et les infantilisent. A nous enfin de faire en sorte que l'excellence redevienne "tendance". Alors nous pourrons espérer que le monde change enfin !

 

Armelle Barguillet

 

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Un blog qui privilégie l'évasion par les mots, d'abord, par l'imaginaire...toujours.

LES MOTS, nous les aimons pour eux-mêmes, leur sonorité, leur beauté, leur velouté, leur fraîcheur, leur hardiesse, leur insolence, leur curiosité, leur dureté, leur volupté, leur rigueur.
Différemment des notes et des couleurs qui touchent d'abord notre sensibilité, ils ont vocation à transmettre, informer, émouvoir, expliquer, séduire, irriter, formuler les idées, forger les concepts, instaurer le dialogue.
Ainsi nous conduisent-ils vers l'autre, l'absent, l'étranger, l'inconnu, l'exilé.

Parce qu'ils disent qui il est, comment est le monde, pourquoi est la vie, qu'ils gomment les distances, comblent les vides, dévoilent les énigmes, suggèrent le mystère, ils sont nos courroies de transmission, nos outils journaliers.

 

La vie doit être vécue en regardant vers l'avenir, mais elle ne peut être comprise qu'en se tournant vers le passé.

 Soëren Kierkegaard

 

Je réponds ordinairement à ceux qui me demandent raison de mes voyages : que je sais bien ce que je fuis, et non pas ce que je cherche.

   Montaigne

 

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   Goethe

 

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