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24 mars 2017 5 24 /03 /mars /2017 09:16

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Il possède tous les atouts et les tient fermement dans sa main verte, le printemps. Un poker d'as qui stigmatise ses concurrents : lumières, couleurs, parfums, abondance. Quelles cartes peuvent abattre les autres saisons face à lui ? C'est d'ailleurs d'or qu'il se couronne dès les premières semaines, l'or des jonquilles qui vient parsemer les jardins et les prairies, celui des forsythias qui forme des haies d'honneur au sommet des talus et explose en grappes serrées le long des chemins et des routes, avant que le blanc des cerisiers et des aubépiniers ne devance de peu le tendre rose des pommiers. Quel éclat, quelles fragrances se diffusent alentour, on ne sait plus où tourner le regard tant il est sollicité par les quenouilles des marronniers, les soyeux pétales des camélias qui se déclinent dans une multitude de teintes et forment des corolles en étoiles ourlées délicatement ou par les amphores sublimes des magnolias tulipiers qui offrent au soleil leur transparence nacrée ; oui, le printemps sort chaque année son grand jeu et nous n'y résistons pas.  Et pourquoi y résisterions -nous ?

 

 


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Après la stricte observance de l'hiver qui, revenant aux fondamentaux comme diraient nos journaliste au sujet des lois, c'est-à-dire à la simple ordonnance de l'architecture végétale, certes belle en soi dans son dépouillement, le printemps exulte et se livre aux délices de l'imagination, s'enivre de couleurs, de formes, d'audace, de luxuriance. Rien n'est trop beau, il faut user sans réserve, sans discrétion excessive, des ressources de la nature qui paraissent inépuisables. Il faut également affirmer haut et fort que rien ne meurt, que tout se transforme, que rien ne passe, que tout revient, que le silence, le linceul des neige, les grands vents n'étaient qu'une étape obligée, un accident de la vie et du temps ...  un oubli d'éternité. 

 

 

Désormais, il fait bon flâner dans ce bien-être retrouvé, s'attarder sur un banc, contempler les déclinaisons savantes de la lumière qui se prolongent à l'envi, s'épanchent, posent un film délicat de transparence sur les nuages et les frondaisons, goûter aux salades croquantes, bientôt aux premières cerises, cueillir les fleurs sauvages, les boutons d'or, les pâquerettes, les violettes timides, les coucous qui annoncent Pâques et ses carillons, surprendre le chant mélodieux des grives musiciennes, des merles et des rouges-gorges, observer la pie en train de fignoler son nid sur la plus haute branche d'une futaie, en un mot comme en dix se laisser gagner par l'allégresse. Quelque chose dans l'air s'est euphorisé, notre quotidien nous semble plus léger à porter, voilà que l'on se plaît à fredonner, que les champs retrouvent leur animation, que les agneaux, les veaux se regroupent sous les ombrages pastoraux, que l'eau a repris un débit primesautier ; oui, que le monde est beau mes amis, que le monde est beau !

 

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

 

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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 09:05
corbeau, chouette et engoulevent
corbeau, chouette et engouleventcorbeau, chouette et engoulevent

corbeau, chouette et engoulevent

Dans le vaste domaine des légendes et croyances relatives aux oiseaux, l’une des plus anciennes est probablement la distinction faite entre oiseaux de bon et de mauvais augure. Les corbeaux, par exemple, ont toujours eu une mauvaise réputation en raison de leur cri guttural et de leur livrée sombre. Et puis, sur les champs de bataille, ne se repaissaient-ils pas des cadavres ? Cela suffit amplement à expliquer qu’ils étaient considérés comme néfastes et inquiétants. François Villon y faisait allusion dans sa « Ballade des pendus ». La chouette, elle aussi, était fort mal considérée en France au XIXe siècle et passait pour annoncer la mort. Il est vrai que dans les campagnes, on l’entendait souvent chuinter sur le toit des maisons où se trouvait un malade car, en général, la lumière, qui l’attirait, y restait en veille une bonne partie de la nuit. La légende du caractère funeste des rapaces nocturnes a été entretenue par les gens de lettres comme Boileau dans « Le Lutrin » :

 

 

Là, depuis trente hivers, un hibou retiré

Trouvait contre le jour un refuge assuré.

Des désastres fameux ce messager fidèle

Sait toujours des malheurs la première nouvelle.

 


L’engoulevent a joui à son tour d’une triste renommée car on croyait qu’il buvait le lait des chèvres lorsqu'il survolait les pâturages au crépuscule. On le nommait volontiers « crapaud volant » à cause de sa grosse tête et de son puissant gosier.

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cigogne, hirondelle, pic vert et martin-pêcheurcigogne, hirondelle, pic vert et martin-pêcheur

cigogne, hirondelle, pic vert et martin-pêcheur

A l’opposé, certains oiseaux ont été appréciés et considérés comme des porte-bonheur. C’est le cas de la cigogne qui était chargée d’apporter les bébés dans les familles. L’hirondelle de cheminée est aussi un oiseau que l’homme a toujours observé comme l’annonciateur des beaux jours, bien qu’elle soit sensée prédire le mauvais temps lorsqu’elle vole au ras du sol. Enfin, une légende, qui remonte à Aristote, fut colportée jusqu’au XIXe siècle, affirmant que l’hirondelle s’engourdissait pendant l’hiver et le passait au fond des marais, ce qui est totalement faux. En réalité, elle disparaît de nos régions durant la saison froide pour aller chauffer ses plumes sous des cieux plus cléments, en bon oiseau migrateur qu’elle est.

 

Un autre oiseau annonce volontiers la pluie, c’est le pic-vert. Quant au martin-pêcheur, il devint, sous l’inspiration d’Aristote et de Plutarque, un être extraordinaire doué du pouvoir de calmer les flots et d’attirer les poissons. D’autres légendes ont elles aussi la vie dure et survivent à notre époque où les progrès de la technique ne sont pas parvenus à faire totalement disparaître de nos existences le goût du merveilleux.

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aigle royal, alouette et coq

aigle royal, alouette et coq

Ainsi l’aigle royal serait le seul oiseau en mesure de fixer le soleil sans être ébloui, alors que le hibou et la chouette seraient aveuglés par la lumière du jour. Nous voyons que divers oiseaux ont servi de symbole ou d’emblème. L’aigle royal n’est-il pas l’expression de la puissance et de la gloire ? Les Anciens l’avaient dédié à Jupiter. Napoléon Ier le reprit à son compte pour en faire décorer les drapeaux de sa Grande Armée alors que Charlemagne et du Guesclin l’avaient adopté pour orner leurs armoiries. L’alouette des champs fut l’emblème des Gaulois et décora leurs casques, le coq est celui des Français, ce fameux coq gaulois fut choisi à la Révolution et figura sur notre drapeau de 1830 à 1870. Il symbolise le tempérament français où l’on décèle un mélange de hardiesse et de versatilité, de vigilance et de légèreté. La chouette fut jadis l’oiseau de la sagesse chez les Grecs qui en avaient gravé l’effigie sur leur monnaie, c’était également la compagne de la déesse Athéna (Minerve chez les Romains). La colombe, quant à elle, exprime la paix et la concorde depuis l’histoire biblique du déluge, tandis que le paon semble personnifier l’orgueil et que le cygne représente la grâce et l’élégance, immortalisé par le ballet « Le lac des cygnes » sur la musique de Tchaïkovsky.

 

 

La langue parlée et écrite contient elle aussi de nombreuses allusions aux oiseaux. En voici quelques-unes : bavard comme une pie – rouge comme un coq – bayer aux corneilles – léger comme une plume – gai comme un pinson – être le dindon de la farce. Le nom de certains d’entre eux est même passé dans le langage courant pour qualifier un trait de caractère particulier à un individu et que l’oiseau posséderait lui aussi : pensons à butor, à bécasse, à étourneau, à tête de linotte, à petit serin. Ajoutons encore l’expression « Le chant du cygne » qui relève davantage du domaine des légendes. Elle nous vient de l’Antiquité où l’on imaginait que le cygne chantait encore après sa mort et que sa voix était alors plus douce et  harmonieuse que jamais. Enfin, quelques expressions parlées sont devenues des proverbes ou des sentences issues de la sagesse populaire : « une hirondelle ne fait pas le printemps », « petit à petit l’oiseau fait son nid », « faute de grives, on mange des merles », « qui n’a mangé ni pluvier, ni vanneau ne sait ce que gibier vaut ». Oui, à n’en pas douter, l’oiseau a sa place dans la vie et l’imaginaire des hommes. Bientôt un article sur "Les oiseaux et la littérature".

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

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L'oiseau dans la littérature

 

Eloge des oiseaux

 

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colombe, paon et cygne

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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 08:05
Vermeer ou l'énigme intérieure
Vermeer ou l'énigme intérieure

Vermeer, auquel le Louvre consacre une exposition, est le peintre qui m’a le plus impressionnée dans ma jeunesse, lorsque mes parents m’ont emmenée faire un voyage en Hollande. J’avais quinze ans. Ses couleurs douces, l’intimité de ses compositions m’avaient subjuguée. J’étais d’emblée sous le charme de cette peinture simple et tranquille qui nous propose une suite de scènes de la vie domestique. Le peintre de Delft, ville ravissante penchée au-dessus de ses canaux, ne connut pas après sa mort, survenue le 15 décembre 1675 à l’âge de 43 ans, la renommée dont ont bénéficié la plupart des autres. Il faudra attendre le XIXe siècle pour que Maxime Du Camp et Théophile Gautier le découvrent et le réhabilitent.

 

De sa vie, nous ne connaissons quasiment rien, sinon qu’il s’était converti au catholicisme et qu’il eût quinze enfants de son épouse Catharina Bolnes, probablement la jeune femme qui figure sur la plupart de ses toiles. Quant à ses traits, nous ne les connaissons pas davantage, il ne nous a laissé aucun autoportrait. La seule fois où Vermeer représente un peintre, lui assurément, ce sera de dos, aussi le secret le plus total repose-t-il sur sa personne et sur sa vie. Le mystère l’entoure et ajoute encore à l’aura de magie qui baigne son œuvre.

 

Néanmoins, il a su rendre palpable, à travers elle, l’existence quotidienne de son temps et détailler chacune des anecdotes qu’il a choisies de représenter d’un pinceau minutieux où il n’a omis aucun détail, préférant aux scènes de mythologie ou de religion traitées par de nombreux autres artistes, ces épisodes banals et courants.

 

Pendant longtemps, les toiles de Vermeer furent attribuées à d’autres : ainsi à De Hooch qui savait conférer à ses tableaux des jeux de lumière assez semblables et procurer à ses scènes une même dignité quasi liturgique ; ou bien encore étaient-elles imputées à Ter Borch, ce qui montre à quel point Vermeer était sorti de l’actualité picturale de son époque.

 

Marcel Proust dans sa Recherche rendra un hommage vibrant au peintre de Delft, cet artiste qui s’était représenté de dos le bouleversait, de même que ses sujets lui apparaissaient nimbés et animés d’une grâce envoûtante. Il est vrai que la contemplation de ses œuvres nous plonge aussitôt dans un univers spirituel, un silence profond qui est celui du monde intérieur, une interrogation qui est déjà celle de l’éternité, si présente sous son pinceau dans le quotidien. Par ailleurs, la place réservée aux femmes est immense. Elles sont là, maîtresses de dignité, de réserve et de naturel. Dans leur modeste apparence, elles sont les madones de la contemplation, les impératrices du quotidien, toute de simplicité majestueuse au cœur de leur royaume domestique, plongées dans une énigmatique rêverie et isolées dans un halo de lumière, tant il est vrai que le peintre, mieux que personne, a su rendre mystique la lumière du dehors pour la concentrer sur l'intimité intérieure.

 

Nul doute que ces femmes nous saisissent par leur attentive concentration et leurs attitudes journalières, cette réalité somme toute triviale a le pouvoir de nous propulser ailleurs, de nous faire toucher du doigt une dimension spirituelle. Aussi, rien d’étonnant à ce que Marcel Proust ait considéré Vermeer comme le peintre le plus apte à nous émouvoir et à nous toucher. Son monde est proche de celui de l’écrivain qui a passé l’essentiel de son temps à nous transporter dans le royaume intérieur ou toute chose prend valeur d’éternité et où ce qui semble le plus fugace anime le souffle du surnaturel.

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

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Vermeer ou l'énigme intérieure
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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 09:53
Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson

Sombre année 2014 pour la randonneur et écrivain Sylvain Tesson qui perd sa mère en mai et tombe d'un mur à Chamonix en août, chute de huit mètres qui lui brise les côtes, les vertèbres et le crâne et dont il sort quelques mois plus tard avec une paralysie faciale, la colonne cloutée de vis et des douleurs intenses dans le dos. Les médecins lui recommandent de se "rééduquer". Pour le marcheur inlassable, qui a parcouru une partie de la planète, cela signifie ni plus, ni moins : ficher le camp et reprendre la route ou plutôt les chemins noirs dans une campagne de silence, de sorbiers et de chouettes effraies. Lui qui connaît Samarkand, les forêts de Sibérie, l'Himalaya, les steppes russes et a pu mesurer l'immensité du monde, ce voyage de rééducation physique et morale se fera en France pour la simple raison que sur son lit de douleur, il s'était promis : "Si je m'en sors, je traverse la France à pied par les routes buissonnières, les chemins cachés, bordés de haies" - là où il existe encore une France secrète, ombreuse et protégée du vacarme des grandes agglomérations. 

 

Son départ se fera au col de Tende vers le Mercantour, puis il traversera le Verdon, le Comtat-Venaissin, l'Aubrac, le Cantal, le Limousin, la Creuse, l'Indre, la Champagne mancelle, la Mayenne pour gagner le Cotentin et achever son périple dans les genêts et les cardères du cap de la Hague dans "une aube fouettée de mouettes". Voici donc un voyage, né d'une chute, qui a permis à Sylvain Tesson de solder ses comptes et d'oublier ses infortunes. Une France traversée pour y trouver remède et oubli et dont le circuit lui réapprend à goûter les odeurs, les aubes, le ruissellement des bois, les hautes prairies et lui enseigne qu'un jardin est en mesure de fonder un système de pensée et qu'un insecte est une clef digne de la plus noble joaillerie pour ouvrir les mystères du vivant.

 

Durant ce parcours, il dormira souvent au pied d'un arbre, dans une combe moussue à la belle étoile ou dans un petit hôtel de village peuplé de vendangeurs. "Ainsi d'une connaissance parcellaire accède-t-on à l'universel" - souligne l'écrivain-randonneur. "Je sommais les chemins noirs de me distiller encore un peu de leur ambroisie". Grâce à eux, le marcheur retrouve non seulement le souffle mais l'inspiration, "la substance des choses, la musique du silence, l'odeur du tanin, le charme de la vie rurale, la musique des objets, la promesse des soirées piquées de lampions". "Ce dont j'étais le témoin" - écrit-il - "dans l'odeur doucereuse des filets aurifères, c'était la cousinage entre les princes de la vie et les paysans de la terre, cette fraternité d'enluminure pas encore fracturée par la lutte sociale. Un rêve romantique en somme".

 

Sylvain Tesson n'a pas prié Dieu de l'aider - il est agnostique - mais il l'a demandé aux sentes qui se perdent afin de nous permettre de nous retrouver : "Il était difficile de faire de soi-même un monastère mais une fois soulevée la trappe de la crypte intérieure, le séjour était fort vivable." Il y a, certes, des milliers de manières de fuir le monde : "Port-Royal était la façon la plus noble ; le monastère cistercien, la plus aisée ; le cabinet d'étude, la plus modeste ; l'atelier d'artiste, la plus civilisée ; le refuge de montagne, la plus hédoniste ; la grotte d'ermite, la plus doloriste ; la bergerie dans les alpages, la plus romantique ; la cabane dans les bois, la plus juvénile ; le fortin colonial, la plus classe".

 

Selon l'écrivain, toute longue marche a ses airs de salut. On se met en route, on avance en cherchant des perspectives dans les ronces ou, mieux encore...en soi. "On trouve un abri pour la nuit, on se rembourse en rêves des tristesses du jour". On élit domicile dans la forêt, on s'endort bercé par les chevêches ou le bruissement des feuillées," on repart le matin électrisé par la folie des hautes herbes, on croise des chevaux. On rencontre des paysans muets"

 

Avec ce livre, Sylvain Tesson, marcheur philosophe, nous donne la meilleure médecine pour nombre de nos maux et nous met en garde contre le danger le plus inquiétant qui soit : la modernisation effrénée qui met en péril nos paysages et nos âmes.  
 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

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Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson
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25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 10:55
Le mystère de la Joconde en partie dévoilé

 

Etudiant le tableau de la Joconde, Pascal Cotte, ingénieur français et fondateur de la société Lumiere Technology, a découvert un portrait caché derrière celui de Mona Lisa. Cinq siècles après sa conception, la Joconde de Léonard de Vinci, tableau le plus célèbre du monde, n’en finit pas de fasciner. Nombreux sont ceux à avoir tenté d’en déceler les secrets. Or, Pascal Cotte semble en passe d'élucider le mystère ou, du moins, une partie essentielle. Sa découverte a donné lieu à une émission passionnante sur Arte samedi 21 janvier, dirigée par Andrew Graham-Dixon, où le spécialiste explique avoir identifié le portrait d’une autre femme caché sous le sourire énigmatique de la Joconde. Une analyse multispectrale est à l’origine de cette découverte.  L’incroyable conclusion découle de six années de recherche. Durant tout ce temps, Pascal Cotte a étudié le tableau dans ses moindres détails en utilisant une technique connue sous le nom de Layer Amplificator Method (LAM), littéralement "méthode des couches augmentées". La technique consiste à projeter sur l’œuvre d’intenses faisceaux de lumière dans 13 différentes longueurs d'onde, afin de mesurer les quantités de lumière renvoyées. Les mesures, effectuées à l’aide d’un posemètre, ont révélé les couches pigmentaires utilisées par Léonard de Vinci. "Nous pouvons maintenant analyser exactement ce qui se passe à l'intérieur des couches de la peinture et nous pouvons les peler comme un oignon » - explique Pascal Cotte. « Nous pouvons reconstruire ainsi toute la chronologie de la création du tableau"- ajoute-t-il. En effet, les résultats indiquent la présence de quatre phases différentes ou images sous la surface de la Joconde. Parmi celles-ci, la troisième image est le portrait d’une femme qui n’est pas la Mona Lisa du Louvre. D'apparence plus jeune, cette dernière présente des traits plus fins, un regard dans le vide et n’affiche aucun sourire. "Je me suis trouvé face à un portrait totalement différent de la Mona Lisa d'aujourd'hui. Ce n'est pas la même femme"- poursuit-il. Selon lui, il pourrait s'agir de la véritable Lisa Gherardini, la jeune femme  qui aurait servi de modèle à De Vinci. Une hypothèse qui remet en question l'identité de Mona Lisa. « Ces résultats font exploser en éclats de nombreux mythes et changent notre vision du chef-d’œuvre » - souligne  l’ingénieur qui avoue ne pas être capable de déterminer à quel intervalle de temps les deux œuvres ont été peintes. Pour d’autres spécialistes, en revanche, ces conclusions sont à tempérer. Certains ont d’ores et déjà émis de vives critiques à l’encontre des travaux de Pascal Cotte, dont les résultats n’ont  pas encore été soumis à une évaluation par ses pairs, processus standard permettant de vérifier leur véracité. De même l'interprétation qu'en fait le spécialiste ne fait pas l’unanimité. "Une apparence différente n’induit pas forcément l’hypothèse qu’il s’agit de deux personnes différentes" - suggère Claus-Christian Carbon, chercheur allemand et auteur d’une étude stéréoscopique du tableau. "Je suis assez sceptique, parce que l'hypothèse la plus simple est toujours la meilleure, je pense, c'est juste que le portrait a changé un peu". Divers chercheurs ont également appuyé la théorie selon laquelle les deux portraits retraceraient en réalité l’évolution de Mona Lisa. Il est courant qu’un artiste peigne une seconde version et réalise des modifications jusqu’à ce qu'il puisse atteindre le résultat final voulu  par le commanditaire du tableau. Il est vrai que Léonard commençait toujours par une esquisse et qu’il ne cessait de gommer certains éléments pour passer d’une étape à une autre. Ainsi élaborait-il ses tableaux couche par couche.

 

Ces révélations remettent néanmoins tout en question. Il y a 500 ans, un homme a peint une femme et a mis dans cette œuvre tout son génie. Or, à l’époque, on sait que Vinci était davantage passionné par ses recherches d'ingénieur que par l’exécution de commandes de portraits officiels, ceux des personnalités en vue à Florence, comme on le lui réclamait. Alors pour quelles raisons aurait-il accepté de faire celui de la fille d’un artisan, mariée à un marchand, Francesco del Jocondo, un homme peu affable de surcroît. Est-ce parce que le père de Lisa demeurait dans une maison juste en face de celle du père de Léonard, notaire à Florence ? Peut-être, cet artisan, ami de son père, avait-il rendu des services à la famille et Léonard a-t-il voulu faire plaisir à sa fille ?  Toujours est-il que Lisa n’était pas une grande dame. Et est-ce vraiment la version découverte par Pascal Cotte qui est la vraie Lisa, alors que celle du Louvre en serait une autre ? En effet, la première esquisse représente une femme plus jeune, moins mystérieuse, qui ne sourit pas et pose comme le ferait n’importe quelle jeune femme, irradiant moins de mystère et plus de naturel. Autre fait curieux, ce tableau n’a jamais été entre les mains du couple, Léonard de Vinci l’ayant toujours conservé par-devers lui, pour le reprendre ensuite et exécuter la Joconde que nous connaissons. Alors, pourrait-il y avoir plusieurs Joconde ? Car il existe également  la Mona Lisa de Isleworth, œuvre de jeunesse de Vinci représentant une femme plus jeune également et dont les experts ont reconnu qu’elle était de la main du grand peintre. Ce portait-là était-il la version définitive qui fut remise au mari de Lisa ?  On sait aussi que Raphaël a dessiné une esquisse d’après la Joconde qu’il avait vue dans l’atelier de Léonard et qui avait dû le frapper pour qu’il en reproduise le visage et, ce visage-là, est curieusement celui qui apparaît comme la première version, celle découverte par l’ingénieur Pascal Cotte sous l’officielle Joconde du Louvre. Mais qui est alors la Joconde que nous connaissons et que Léonard a eu soin d’emporter avec lui en France lorsqu’il a été invité à s’y installer par François Ier ?

 

Pascal Cotte suppose que Léonard a réalisé sur ce même support, qui avait servi à la première esquisse du portrait de la jeune Lisa, l’épouse de Francesco, une œuvre plus mâture commandée par son protecteur italien Julien de Médicis et qui représenterait une femme mythique, un amour inoublié du prince auquel Vinci a souhaité conserver la pose délicate de la jeune Lisa, avec ses mains posées l’une sur l’autre et cette interrogation dans le regard. Cette œuvre frappe d’autant plus qu’elle est l’incarnation du savoir, tout ce que Vinci avait découvert, au fil des années, sur la nature humaine et sur l’univers. Ainsi, postérieure à l’œuvre initiale, elle représente l’aboutissement et la conclusion d’une quête permanente, celle d’un génie qui n’a cessé de questionner l’être et le monde.

 

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La Joconde d'Isleworth

La Joconde d'Isleworth

Le portrait trouvé sous la Joconde du Louvre, peut-être Lisa del Jocondo née Gherardini.

Le portrait trouvé sous la Joconde du Louvre, peut-être Lisa del Jocondo née Gherardini.

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18 janvier 2017 3 18 /01 /janvier /2017 09:51
Renaissance de l'hôtel RITZ


Paradoxe? C'est au moment où la grande hôtellerie parisienne de luxe traverse une crise majeure (entre 10 et 40 % de chute du chiffre d'affaires depuis les attentats islamistes de novembre 2015) que le nouveau Ritz ouvre ses portes. L'établissement de la place Vendôme échappera-t-il au phénomène, amplifié par le désordre social des dernières semaines ? Frank Klein, le président du Ritz, n'est ni sourd ni aveugle mais il en faudrait plus pour entamer son optimisme et sa fierté. Pour l'heure, ce sont les mots que l'on emploie pour parler de son hôtel qui le préoccupent. « Pourquoi « nouveau Ritz »? - s'étonne-t-il. « Les travaux entrepris depuis quatre ans n'ont pas donné naissance à un nouvel établissement dans le sens où il serait différent de ce qu'il a toujours été. Non, le Ritz que vous allez découvrir est éternel et le temps n'a pas de prise sur lui. Nous nous sommes juste donnés les moyens de poursuivre une histoire »…

 

Et quelle saga! Elle commence au début du XXe siècle avec Marcel Proust, dont la silhouette éthérée se glisse dans la nuit et semble avalée par la porte à tambour qu'actionne un valet. L'écrivain fait irruption dans la suite qu'occupe, à l'année, la princesse Hélène Soutzo. Un peu plus tôt, un coup de téléphone donné par Céleste Albaret, l’employée de Proust, avait tiré de son sommeil l'aristocrate roumaine. L'argutie était toujours la même: « Monsieur Proust, qui pense qu'il va mourir cette nuit, voudrait voir au plus vite madame la princesse pour savoir quelle robe elle portait à la réception de madame de…» A l'arrivée de l'écrivain, on étalait la robe qu'il avait tout le loisir d'observer pour en reporter, une fois rentré chez lui, la description dans La Recherche, où figurerait le personnage de mademoiselle de Saint-Loup, inspiré par la princesse Soutzo. L'un des plus grands romanciers français venant voir nuitamment la toilette d'une des femmes les plus élégantes de Paris pour l'immortaliser dans le plus grand roman français de tous les temps… Voilà quels souvenirs extraordinaires cet hôtel nous raconterait si ses murs pouvaient parler. Mais ici, les murs, comme les hommes, se taisent. Muets sur des secrets qu'une légendaire discrétion interdit de révéler. Et pourtant! L'hôtel de la place Vendôme a collectionné les aventures. Monument élevé à l'oisiveté, le Ritz est le linceul sublime dans lequel sont venues se lover les gloires du grand monde, de Coco Chanel, qui en avait fait sa  « maison », à la princesse Diana dont il fut, en quelque sorte, la dernière demeure… Symbole d'un art de vivre à la française où se mêlent dorures, livrées et argenterie, il a irrigué, des décennies durant, les veines universelles de l'élégance. Devenu un nom commun désignant le luxe absolu, ce palace symbolise avant tout l'excellence aux yeux de la planète. C'est la raison pour laquelle la transformation entreprise il y a quatre ans par son propriétaire, Mohamed al-Fayed, était attendue comme celle d'un chef-d'œuvre dont on espère que la patine aura résisté aux coups de pinceaux du restaurateur.

 

De la place Vendôme, on franchit le seuil du Ritz par la mythique porte à tambour refaite à l'identique. Celle qui était jadis actionnée par un membre du personnel en uniforme est désormais automatisée. Les grincheux regretteront l'élan balbutiant du mécanisme d'antan et cette teinte de chêne fatigué, mais la magie opère toujours et l'émotion nous étreint face au spectacle que découvre cette entrée. Devant nous se déploie le lobby en galerie, tel qu'il nous semble avoir existé au premier matin de l'hôtel, en juin 1898. Les fauteuils à la reine, rangés par paires, ont retrouvé leur place et leur éclat, adossés aux lourds rideaux dans un sublime damas de velours bleu nuit. Un somptueux tapis de galerie rehausse avec brio l'assise bleu roi des sièges et réchauffe le sol de marbre blanc.

 

Des appliques en bronze balisent l’allée qui conduit au salon Marcel Proust. Dominée par le portrait de l'écrivain, copie de l'œuvre de Jacques-Emile Blanche, la pièce ouverte sur le lobby est une grande bibliothèque ornée de boiseries dont les rayons servent de refuge à des dizaines de mètres de reliures. Posés sur un tapis à la manière de la Savonnerie, canapés, fauteuils et consoles en bois doré semblent interroger le passé. On y servira le thé, « à la française », c'est-à-dire sans scones ou autres pâtisseries d'outre-Manche auxquelles le chef pâtissier, François Perret, a substitué des madeleines beaucoup plus proustiennes. S'ensuivent deux grandes serres nouvellement construites, séparées par une cour au milieu de laquelle coule l'eau d'une fontaine. C'est la terrasse Vendôme, point de rencontre du bar du même nom et de L'Espadon, restaurant gastronomique, éclairé d'appliques en cristal de Venise, sur lequel règne le chef Nicolas Sale. Les fauteuils Louis XV, qui entourent chaque table, ont gardé sous l'accoudoir l'ingénieux crochet pour suspendre les sacs à main, une invention de César Ritz.

 

Commence ensuite, dans son prolongement, la galerie qui relie la partie Vendôme de l'hôtel à son côté Cambon, du nom de la rue sur laquelle on éleva un second bâtiment dans les années 1910. La nouvelle version a été pensée dans l'esprit des passages parisiens. Des vitrines enchâssées dans des boiseries montent la garde et cinq boutiques ont été créées, dont un concept store dédié à l'univers du voyage. Jadis assez sombre, elle est désormais éclairée par de grandes portes fenêtres qui s'ouvrent sur le jardin du Ritz, jusqu'ici ignoré. Ce havre de verdure est traversé d'une allée centrale de 26 tilleuls taillés en marquise et plantés dans des caissons en bois identiques à ceux de l'orangerie du château de Versailles. L'effet produit par ce jardin à la française (1 650 mètres carrés), est semblable à un décor de conte de fée dans lequel - et par on ne sait quel mystère, au cœur même d'un des quartiers les plus animés de Paris - on n'entend que le chant des oiseaux. Tout à côté, on retrouve le bar Hemingway. Là encore, rien n'a changé, même si tout a été refait. Le rond de cuir des hauts tabourets semble attendre de prendre la forme de nouveaux fessiers comme autrefois ceux de Scott Fitzgerald ou de Robert Capa.

 

Renaissance de l'hôtel RITZ
Renaissance de l'hôtel RITZ

La visite se poursuit en empruntant l’escalier d'honneur. Une lanterne monumentale en occupe le centre. Il conduit aux chambres dont l’élégance doit beaucoup au foisonnement de tissus empruntés aux plus grands éditeurs comme Pierre Frey ou la maison Veraseta. C'est au premier étage que se trouve, ouverte sur la place Vendôme, la suite Impériale - la plus belle de l'hôtel: 6 mètres de hauteur sous plafond, des bas-reliefs classés monument historique, une débauche d'étoffes fleuries brodées en soie sauvage, un lit monumental coiffé d'un ciel dont un impressionnant balustre clôt l'accès… comme à Versailles dans l'appartement de la reine.

 

Au deuxième étage, les suites s'enchaînent, dont celle baptisée Coco Chanel. Si Mademoiselle vécut plus de trente ans au Ritz, elle changea plusieurs fois de chambre, de sorte qu'on ne sait plus très bien dans laquelle elle demeura le plus longtemps : mobilier épuré des années 50, ton crème et noir, paravent en laque… Partout dans l'hôtel, des objets d'art ont été disséminés au gré des pièces : un baromètre en bois doré, des torchères en bronze, des cache-pots anciens et parfois des pièces de mobilier intéressantes à l'exemple d’un bureau en poirier noirci qui trône dans la suite Vendôme. Si le Ritz a modernisé son équipement en sacrifiant à la mode digitale - on commande sur écran lumières, rideaux, climatisation... -, il a conservé l'usage du boîtier créé par César Ritz, petit objet par lequel, en pressant un gros bouton, on appelle, depuis 1898, femmes de chambre ou valets. Les suites du troisième étage sont décevantes. Aménagées sous les toits, elles sont éclairées par des fenêtres et des œils-de-bœuf placés trop hauts pour qu'on bénéficie d'une vue. Exception faite de la suite Mansart, qui dispose d'une incroyable terrasse découpée dans la toiture et dont on imagine sans mal la vue qu'elle offre…

 

Le Ritz compte désormais 142 chambres dont 71 suites et se termine par le spa au sous-sol, entièrement revisité dans un esprit Chanel. La maison de la rue Cambon assure les soins. L'espace de fitness et la piscine, que fréquentent les abonnés du Ritz Club ont retrouvé une seconde jeunesse avec la réfection des mosaïques du bassin et l'ajout de buses thermo-ludiques. Ce qui en a longtemps fait le bassin le plus recherché de Paris existe toujours et, cerise sur le gâteau, a l’immense privilège de bénéficier de la diffusion de musique classique sous l'eau. Comble du raffinement, n’est-ce pas ?

 

En son temps, César Ritz avait trouvé le ton juste pour séduire une clientèle d'outre-Atlantique grâce au confort et à l'élégance que dispensait ce palace « où se conjuguaient l'hygiène américaine et le style louis XVI », écrivait Ghislain de Diesbach dans son importante biographie de Proust. Le Ritz atteignit vite des sommets d'excellence durant les Années Folles. Imperméable aux horreurs de la planète, le Ritz aborda la Seconde Guerre mondiale avec l'insouciance d'un enfant gâté. Loin des bruits assourdissants des bombes, l'hôtel ne connut que le tintement du cristal de ses coupes de champagne… Aucun danger ne semblait pouvoir affecter le palace comme le racontera plus tard l'archiduc Otto de Habsbourg, présent au Ritz un soir de juin 1940, tandis que Paris était occupé par les Allemands: « Le dîner nous a été servi dans les règles par du personnel en frac, comme si de rien n'était. Le souper était somptueux. » Et, quand l'épouse d'un diplomate américain demanda au directeur: « Comment avez-vous su que les Allemands arrivaient? », celui-ci répondit: « Parce qu'ils ont réservé…»

 

Même si la nationalité suisse de la famille Ritz protège l'hôtel d'une réquisition totale, Hermann Göring s'installe durant l'Occupation dans la suite Impériale tandis que le Tout-Paris de la collaboration fera du palace un îlot de douceur de vivre au milieu de l'enfer. Arletty et Coco Chanel y abritèrent leurs amours interdites avec des officiers allemands. On raconte même que, lors des bombardements, « mademoiselle Chanel descendait à l'abri souterrain du Ritz précédée d'un valet qui portait son masque à gaz sur un coussin de soie ». Mais si l'hôtel déroule un tapis rouge à l'occupant, une part du personnel sauve l'honneur, à l'instar du célèbre barman Frank Meier qui servira de boîte aux lettres dans l'opération Walkyrie. Des Juifs auraient été cachés dans des chambres de bonne et même des placards. Quoi qu'il en soit, au soir de la victoire alliée, le Ritz renouvelle opportunément sa clientèle et le voyage au pays de l'excellence se poursuit. Ernest Hemingway, débarqué avec les libérateurs, devient le pilier d'un bar qui portera un jour son nom et d'un hôtel à qui il enverra cette déclaration d'amour « Quand je rêve de l'au-delà, cela se passe toujours au Ritz de Paris. »

 

La saga des Ritz prend fin en 1979 quand la veuve de Charles Ritz - fils de César - vend l'hôtel à Mohamed al-Fayed. Une page se tourne, mais l'histoire de l'hôtel continue d'être écrite par une clientèle aux exigences parfois extravagantes comme le raconte Manfred Mautsch, chargé depuis trente-cinq ans de l'accueil : « Liz Taylor me fit un jour appeler pour qu'on retire un bureau de la suite qu'elle occupait parce que cela risquait de fatiguer Sugar, son chien, obligé de le contourner. » Et de se souvenir aussi de ce Russe qui commanda 1 000 roses blanches et 1 000 roses rouges pour les offrir à une femme « parce qu'il ignorait des deux couleurs celle qu'elle préférerait ». Autre histoire édifiante, celle de cette Américaine qui, jusqu'en 1983, habitait à l'année au Ritz, d'abord avec sa mère puis seule. Elle occupait trois pièces et descendait chaque soir dîner dans des tenues très habillées qu'elle achetait l'après-midi, sa seule occupation… Pour combattre le désœuvrement qui la minait, elle acquit une boutique de détaxe sur l'avenue voisine des Champs-Elysées et, pour tromper son ennui, s'y improvisait caissière! « Eh bien, voyez-vous, cette clientèle-là n'existe plus » - conclut, nostalgique, Manfred Mautsch…

 

Sources : Philippe Viguié-Desplaces  -  Photos du Figaro

 

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Renaissance de l'hôtel RITZ
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13 janvier 2017 5 13 /01 /janvier /2017 09:48
L'hiver des poètes

Comment l'ont-ils chanté l'hiver et sa blancheur silencieuse, ses ramures défeuillées et sa bise maligne qui siffle dans les branches, nos chers poètes ? La blancheur cristalline, le givre qui immobilise les paysages, l'oiseau en peine de nourriture, ont-ils inspiré leurs plumes vagabondes ? Oui, je m'en suis assurée et voici quelques-unes de ces mélodies douces qui disent la plaine blanche, immobile et sans voix et requièrent si bien la leur...

 


NUIT DE NEIGE


La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.
Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte.
Mais on entend parfois, comme une morne plainte,
Quelque chien sans abri qui hurle au coin d'un bois.

Plus de chansons dans l'air, sous nos pieds plus de chaumes.
L'hiver s'est abattu sur toute floraison ;
Des arbres dépouillés dressent à l'horizon
Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.

La lune est large et pâle et semble se hâter.
On dirait qu'elle a froid dans le grand ciel austère.
De son morne regard elle parcourt la terre,
Et, voyant tout désert, s'empresse à nous quitter.

Et froids tombent sur nous les rayons qu'elle darde,
Fantastiques lueurs qu'elle s'en va semant ;
Et la neige s'éclaire au loin, sinistrement,
Aux étranges reflets de la clarté blafarde.

Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !
Un vent glacé frissonne et court par les allées ;
Eux, n'ayant plus l'asile ombragé des berceaux,
Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.

Dans les grands arbres nus que couvre le verglas
Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ;
De leur oeil inquiet ils regardent la neige,
Attendant jusqu'au jour la nuit qui ne vient pas.


Guy de MAUPASSANT

 


Ah! comme la neige a neigé !
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah ! comme la neige a neigé !
A la douleur que j'ai, que j'ai !

Tous les étangs gisent gelés.
Mon âme est noire : Où vis-je ? Où vais-je ?
Tous ses espoirs gisent gelés :
Je suis la nouvelle Norvège
D'où les blonds ciels s'en sont allés.

Pleurez, oiseaux de février,
Au sinistre frisson des choses.
Pleurez, oiseaux de février,
Pleurez mes pleurs, pleurez mes roses,
Aux branches du génévrier.


 Emile NELLIGAN
 


LA MORT DES OISEAUX
 

Le soir, au coin du feu, j'ai pensé bien des fois
A la mort d'un oiseau, quelque part, dans les bois.
Pendant les tristes jours de l'hiver monotone,
Les pauvres nids déserts, les nids qu'on abandonne,
Se balancent au vent sur le ciel gris de fer.
Oh ! comme les oiseaux doivent mourir l'hiver !
Pourtant, lorsque viendra le temps des violettes,
Nous ne trouverons pas leurs délicats squelettes
Dans le gazon d'avril où nous irons courir.
Est-ce que les oiseaux se cachent pour mourir ?

 

François COPPEE

 


LES NEIGES d'ANTAN
 

Dites-moi où, n'en quel pays,
Est Flora la belle Romaine,
Archipiades, ni Thaïs,
Qui fut sa cousine germaine,
Écho parlant quand bruit on mène
Dessus rivière ou sur étang,
Qui beauté eut trop plus qu'humaine
Mais où sont les neiges d'antan?

Où est la très sage Héloïs,
Pour qui fut châtré et puis moine
Pierre Abelard à Saint-Denis?
Pour son amour eut cette essoine.
Semblablement, où est la reine
Qui commanda que Buridan
Fut jeté en un sac en Seine?
Mais où sont les neiges d'antan?

La reine Blanche comme lis
Qui chantait à voix de sirène,
Berthe au grand pied, Bietris, Alis,
Haremburgis qui tint le Maine,
Et Jeanne la bonne Lorraine
Qu'Anglais brûlèrent à Rouen;
Où sont-ils, où, Vierge souveraine?
Mais où sont les neiges d'antan?

Prince, n'enquerrez de semaine
Où elles sont, ni de cet an,
Qu'à ce refrain ne vous remaine:
Mais où sont les neiges d'antan?

 

François VILLON

 

 

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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 09:00
2017 - Voeux pour qu'elle soit meilleure que la précédente

Une année commence comme une page qui s'ouvre, un roman qui s'amorce, une histoire qui se poursuit et qu'il faudra sans cesse inventer, écrire et réécrire, nourrir de ce qui l'a précédée, poursuivre et parachever. Qu'en ferons-nous, qu'en feront les hommes et les femmes politiques qui l'inspirent, la réalisent, la déterminent, la dictent, la dirigent dans ses courbes, détours et méandres et la bâtiront selon leurs directives et leurs improvisations. Auront-ils la sagesse et le discernement de la rendre meilleure que la précédente, celle qui s'achève dans l'insatisfaction de la plupart des Nations et le sang de milliers de victimes ? 

 

Oui, auront-ils la circonspection et le courage de penser davantage au bien-être de leurs populations qu'à leur propre carrière et à leur réélection ? Entendront-ils les sanglots des humbles et des dépourvus, le bon sens du petit peuple de besogneux plus proche qu'eux des réalités quotidiennes ? Oeuvreront-ils à rendre l'existence meilleure à la plupart, plutôt que de favoriser le confort de quelques-uns ? Se dévoueront-ils davantage pour les autres que pour eux-mêmes ? L'avenir nous le dira mais leur bonne volonté est requise si nous aspirons à rendre cette planète respirable pour tous. Rappelons-nous les mots de G.K. Chesterton : " Le monde est divisé entre les conservateurs et les progressistes. L'affaire des progressistes est de continuer à commettre des erreurs. L'affaire des conservateurs est d'éviter que les erreurs ne soient corrigées." Propos dur mais tellement vrai ...

 

L'année 2016 a vu trop de souffrances et d'injustices pour que l'on ne se fixe pas pour objectif d'éviter que celle qui commence aujourd'hui lui ressemble. N'est-ce pas aussi à chacun de nous d'habiter la réalité de façon plus résolue et de privilégier la beauté afin de promouvoir des réalisations dignes d'elle. N'est-ce pas à nos jeunes d'enlever leurs écouteurs de façon à percevoir les murmures du monde. A nous tous d'exiger des réalisations et des projets de qualité qui enrichiront nos enfants et de refuser ceux qui les abêtissent et les infantilisent. A nous enfin de faire en sorte que l'excellence redevienne "tendance". Alors nous pourrons espérer que le monde change enfin !

 

Armelle Barguillet

 

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20 décembre 2016 2 20 /12 /décembre /2016 10:03
Laura Rabia conduisant le Choeur de Trouville - Rosette photos

Laura Rabia conduisant le Choeur de Trouville - Rosette photos

Il y a des moments extraordinaires dans la vie où « on goûte au pain des anges ». A peine refermé le livre de l’académicien François Cheng au titre prémonitoire « De l’âme », j’ai eu la chance et l’honneur  d’assister au concert de musique sacrée donné le 17 décembre en l’église  Notre-Dame des Victoires de Trouville, là où la petite Thérèse Martin, devenue Sainte Thérèse de l’enfant Jésus, aimait à se recueillir, par la merveilleuse soprano Laura Rabia et son Chœur lyrique. Un moment d’exception  qui vous emporte au-delà des contingences de l’existence terrestre et vous ouvre des  horizons insoupçonnés.  Oui, voilà que le beau et le pur viennent à notre devant, que nous décollons du banal et du superflu, que le ciel s’entrevoit et que l’émotion nous envahit. En cette avant-veille de Noël, le Chœur lyrique de Trouville nous offrait une célébration de la plus haute inspiration, celle que des compositeurs comme Vivadi, Pergolèse, Mendelssohn, Debussy, Mozart, Fauré, Rutter et Adolphe Adam ont élaborée pour grandir l’homme et lui permettre de concevoir l’inconcevable, l’ultime, l’absolu, en quelque sorte cette part d’invisible qui veille en secret au dedans en nous.

 

Au programme, le « Stabat Mater » d’Antoine Vivaldi chanté par Laura Rabia et la délicieuse contralto Magali Zabiholla, toutes deux donnant à cette œuvre dédiée à Marie, la mère du Christ, une tendresse douloureuse suivi par le « Stabat Mater » de Battista Pergolese,  œuvre musicale religieuse écrite en 1736, deux mois avant sa mort, par ce jeune musicien italien de 26 ans, en hommage aux souffrances de la Vierge au pied du Calvaire et que Laura Rabia et Magali Zabiholla ont su interpréter dans toute sa dimension de transcendance et de transparence, la douleur élevant l’être humain au degré le plus ultime de l’abandon et de la confiance. Deux voix à la tonalité cristalline qui étaient bien celles de anges et ne pouvaient manquer de toucher au plus vif une assistance nombreuse et recueillie. Fraîcheur intense préfigurant Mozart, musique ailée et qui sait aussi se faire fervente, tous ces dons et qualités font de Pergolèse un grand compositeur. Simple dans son expression, élevé dans son art, il laisse une forte empreinte musicale. Rarement une telle limpidité fut atteinte. La légende s'est emparée de son image et l’a enjolivée de l’aura particulière dont bénéficient ceux que la mort emporte trop tôt.

Laura Rabia et Magali Zabiholla - Rosette photosLaura Rabia et Magali Zabiholla - Rosette photos

Laura Rabia et Magali Zabiholla - Rosette photos

Vint un extrait de la messe basse de Fauré, un « Ave Maria » de César Frank et le « Lacrimosa » de Mozart que je considère comme l’un des plus grands chefs-d’œuvre de la musique universelle. Ce «Lacrimosa» est celui de Mozart mourant dans son jeune âge et éperdu de solitude et de douleur qui bouleverse le cœur des hommes. J’ai écrit à ce sujet un article que vous pouvez lire en cliquant  ICI )

 

Le chœur entonnait ensuite les « Motets » de Félix Mendelssohn, musicien juif converti au luthéranisme et considéré comme l’une des hautes figures de la musique spirituelle du XIXe siècle. Ces motets composés pour voix de femmes et orgue ont trouvé leur pleine réalisation avec le Chœur de Trouville et son accompagnatrice, l’excellente et talentueuse Marie-Pascale Talbot. Chantés en latin, ceux-ci sont empreints de grâce. Dans la lignée de ses prédécesseurs, Mendelssohn s’efface devant la parole divine et la met en musique avec humilité. Evincé par l’antisémitisme du XIXe siècle et l’interdiction par les nazis de jouer ses oeuvres, il est redécouvert aujourd’hui et considéré comme un compositeur majeur de l’ère romantique, grâce à Dieu ! Proche de Schubert et de Brahms, son lyrisme travaillé et coloré s’apparente à l’oraison.

 

Suivait un très joli « Noël des enfants qui n’ont plus de maisons » de Claude Debussy, une pièce musicale peu connue et d’un charme profond et d’autant plus d’actualité lorsque l'on pense à ce que vivent les enfants d’Alep. Coïncidence tragique, Claude Debussy composa cette pièce en décembre 1915 en plein cœur d’une guerre qui allait faire tant d’orphelins et d’enfants sans maisons. « Nous n’avons plus de maisons, les ennemis ont tout pris, jusqu’à notre petit lit » - chante le chœur plein d’une douceur et d’une spontanéité enfantines. Ce texte est une prière qui fait appel à Jésus pour qu’il remédie à leur désarroi et les venge de  la cruauté humaine.

 

Pour terminer, Laura Rabia et son Choeur lyrique nous ont offert un vibrant  « Minuit Chrétien » d’Adolphe Adam sur des paroles de Coppeau de Roquemaure, chant traditionnel qui fait partie intégrante de nos Noëls français, suivi de « A Clare Benecdition » de John Rutter, compositeur anglais, héritier de la tradition liturgique anglo-saxonne qui, sans rien perdre de son harmonie, unit  une inspiration classique à une rythmique plus moderne. Un tonnerre d'applaudissements concluait ce superbe concert qui appelait chacun à une réflexion plus profonde sur le sens de la vie, sur la communion des esprits, sur la quête d’un monde meilleur, sur le partage des valeurs essentielles. Merci à Laura Rabia d’élever si haut cette inspiration, merci à sa merveilleuse accompagnatrice Marie-Pascale Talbot, merci à cette Chorale qui nous rend si sensible les remarquables pouvoirs et les constantes ressources de la voix humaine. Oui, un grand merci de nous avoir mis en orbite avec la voix des anges.

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

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Rosette photos
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13 décembre 2016 2 13 /12 /décembre /2016 09:34
Ma lettre au Père Noël 2016

Cher Père Noël,

 

Il m'arrive de me demander si, par hasard, tu n'aurais pas pris ta retraite sans prévenir personne et  si, lassé de voir la planète se déchirer en permanence, tu ne te serais pas enfui vers des cieux plus cléments ? Néanmoins, je tente encore de t'écrire cette lettre que je confie à la bonne grâce de quelque pigeon voyageur, de quelque oie sauvage, de quelque oiseau migrateur qui connaissent mieux que moi les voies rapides du firmament. Vois-tu, j'avais une idée à te proposer cette année car tu sais bien qu'il n'est pas question que je charge davantage ta lourde hotte en te réclamant des cadeaux pour mes petits-enfants. Ma suggestion est simple, celle que tu refuses de gâter qui que ce soit, même le plus adorable, le plus tendre, le plus sage des enfants, tant que des bombes iront en tuer des milliers dans certains pays. Oui, pas de gâteries pour les uns alors que les autres voient tomber du ciel une mort cruelle !

 

Sans doute mon idée rejoint-elle la tienne et hoches-tu du chef en te disant intérieurement que prendre ta retraite signifierait que tu éteins la dernière étincelle de merveilleux qui subsiste dans l'univers ? Mieux vaut que tu te contentes de faire grève aussi longtemps que le bruit des armes retentira, semant la mort alentour. Trêve de Noël ou mieux que cela : sainte colère face à l'inadmissible cruauté qui inspire aux hommes des actes barbares. 

 

Ta hotte restera probablement vide en ce mois de décembre 2016. Je te suppose blême de rage et invitant tes rennes à un repos partagé jusqu'à nouvel ordre, confiant  aux parents le soin d'assumer eux-mêmes le Noël de leurs petits. "Où sont mes frères, mes amis, mes semblables" - te désoles-tu - "dans ce monde fracturé de toutes parts ?" Je ne doute pas qu'une larme de mélancolie glisse au long de ta joue. Cher Père Noël, je t'embrasse en souhaitant que le monde devienne meilleur et que tu nous reviennes l'an prochain avec la "petite espérance" blottie sur ton épaule.

 

Armelle

 

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Ma lettre au Père Noël 2016
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Un blog qui privilégie l'évasion par les mots, d'abord, par l'imaginaire...toujours.

LES MOTS, nous les aimons pour eux-mêmes, leur sonorité, leur beauté, leur velouté, leur fraîcheur, leur hardiesse, leur insolence, leur curiosité, leur dureté, leur volupté, leur rigueur.
Différemment des notes et des couleurs qui touchent d'abord notre sensibilité, ils ont vocation à transmettre, informer, émouvoir, expliquer, séduire, irriter, formuler les idées, forger les concepts, instaurer le dialogue.
Ainsi nous conduisent-ils vers l'autre, l'absent, l'étranger, l'inconnu, l'exilé.

Parce qu'ils disent qui il est, comment est le monde, pourquoi est la vie, qu'ils gomment les distances, comblent les vides, dévoilent les énigmes, suggèrent le mystère, ils sont nos courroies de transmission, nos outils journaliers.

 

La vie doit être vécue en regardant vers l'avenir, mais elle ne peut être comprise qu'en se tournant vers le passé.

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Je réponds ordinairement à ceux qui me demandent raison de mes voyages : que je sais bien ce que je fuis, et non pas ce que je cherche.

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