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28 mai 2016 6 28 /05 /mai /2016 08:39
Libre arbitre ou le moment du possible

Dans le déroulement d’une existence, l’exercice de la liberté ou du libre arbitre est un moment du possible où nous effectuons un acte qui ne dépend que de nous-même et de la seule force de notre volonté, en quelque sorte un moment où nous prenons notre propre mesure et agissons en fonction de notre détermination. Tant d’actes avortent par faiblesse de l’âme, nous faisant retomber dans le marécage des opinions en vogue, des entrainements naturels ou sociologiques,  le tourbillon des idées et des opinions dominantes. Si le temps permet tout, rien n’est définitivement assuré. En cet instant du possible où mon libre arbitre s’exerce pleinement, son efficacité ne peut résider que dans la réflexion. C’est en toute connaissance de cause que je me refuse à céder à l’humeur passagère ou à la pression de l’affectif et de l’émotionnel. "Dans l’existence, la raison ne se sépare pas de la liberté, elle est générosité" - assurait Descartes, tandis que Jacques de Bourbon-Busset la nommait « la raison ardente », l’ardeur étant l’élément de base indispensable dans tout acte de courage. Cette ardeur, qui nous transcende, s’oppose alors à la tentation de céder à la facilité, à l’abandon, au renoncement.

 

Le mythe d’Er – qui termine « La République » de Platon – a pour ambition d’exposer une vérité sur l’homme chez qui la raison ne semble pas en état d’opérer un ralliement. D'autant que ce que je veux n’est pas obligatoirement ce que … je peux. Il y a parfois une marge immense qui sépare le désir de ma volonté et la volonté de mon désir. Bien sûr, tout choix exige des renoncements et la personnalité de chacun est toujours plus complexe que les choix proposés. Par ailleurs, notre caractère fluctue avec le temps et les conditions environnantes. Il serait irréaliste de nier les données événementielles auxquelles nous avons à faire, et tout aussi irréaliste de nier la nature humaine. Cependant notre liberté autorise certains aménagements et il est évident que nous évoluons avec le temps et selon les circonstances qui s'offrent à nous. Mais la faiblesse ne sera jamais une excuse.

 

Ce n'est qu'en tant que personne, dans ma singularité propre, que je suis apte à faire des choix déterminants et à conduire ma vie en usant de mon libre arbitre et de mon discernement. Sur quoi repose la notion de libre arbitre ? Deux points de vue s’opposent qui traversent l’histoire de la philosophie et subissent bien des atermoiements et des variantes. Du point de vue de la personne, c’est-à-dire du point de vue de la conscience, nul ne peut décider à ma place ; même ne pas décider est une décision et la moindre action digne de ce nom m’engage. Ne serait-ce que pour une chose aussi simple que lever le bras, il faut que je le décide, tout au moins faut-il que je le pense et que je le réalise. Le libre arbitre engage assurément ma responsabilité. Cela fait-il du libre arbitre, et du contrôle qu’il exige, une donnée essentielle ? Est-il si évident que nous soyons en mesure d'exercer une censure sur nos pensées et nos émotions ? La plupart de nos actions ne sont-elles pas des réactions mécaniques qui répondent à des facteurs divers (émotions, préjugés, éventualités, hasards) que nous ne maîtrisons pas davantage ? Certes, je suis à l’origine de mes choix, mais ai-je choisi d’être ce que je suis ? Pour que nos actions soient vraiment les nôtres, il faudrait que nous puissions nous choisir nous-même et cela n'est pas possible ? Peut-on revendiquer un choix absolu de soi-même, me suis-je choisi moi-même ? Alors, comment me considérer comme libre ? A n’en pas douter, ce n’est que dans une perspective spirituelle que la liberté, ma liberté intérieure, apparaît la plus évidente car je suis libre d’être, libre de me définir en fonction de mes exigences intimes, libre de m’engager dans des actes conformes à mes convictions, libre de réfléchir, de juger, de penser, libre de croire. Et cette liberté-là, personne ne pourra m’en priver.

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

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9 mars 2016 3 09 /03 /mars /2016 09:06
Quand le bien commun est l'otage du profit et de la violence

La violence est dans la nature, hélas ! Les éléments se déchaînent, les espèces s’entredévorent, les hommes eux aussi sont violents et altèrent l’équilibre de leur milieu de vie de mille et une façons. La violence cesse quand l’esprit paraît, quand la raison s’impose et que s’introduit dans les projets et réalisations l’ordre, la méthode, la négociation, la règle. Il peut néanmoins y avoir des violences d’état, des situations qui oppriment nombre de citoyens. Si ceux-ci se révoltent, est-ce condamnable ? La violence d’action est-elle plus immorale que la violence d’état ? La question mérite d’être posée.

 

Il serait absurde d’avoir recours à la violence lorsque le pouvoir est exercé par des hommes sages et vertueux. Mais s’il s’agit d’un régime totalitaire, les choses sont différentes et une certaine force de l’esprit peut aider à résister aux pressions et aux intimidations. C’est ce que firent sept jeunes gens qui, en août 1968, se rendirent à Moscou sur la Place Rouge, en arborant des banderoles sur lesquelles était écrit : «  Vive la Tchécoslovaquie libre ! » « Pendant toute ma vie, disait l’un d’eux à son procès, j’ai voulu être un citoyen, c’est-à-dire un individu exprimant calmement et fièrement ses pensées. J’ai réussi à l’être pendant dix minutes. »

 

La violence, parce qu’elle est extrême est toujours contradictoire. « Elle détruit ce qu’elle voudrait défendre : la dignité de la vie, la liberté des êtres humains. Elle est un crime contre l’humanité parce qu’elle détruit jusqu’aux liens constitutifs de la société » - soulignait Jean-Paul II. Ce qui est le plus redoutable dans le recours à la violence est la spirale qu’elle engendre. Elle incite aux représailles, à rendre coup pour coup. Elle nourrit la haine et suscite la vengeance. Lénine croyait pouvoir être à la fois contre la violence entre les nations, contre la violence entre les gens et pour la violence révolutionnaire. L’histoire montre à quel point cette distinction est vaine. Une révolution s’accompagne généralement d’un bain de sang. Si celle de 1789 en France a commencé par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et l’abolition des privilèges, elle a abouti à la Terreur et au transfert des privilèges à d’autres.

 

Condamner la violence n’est-ce pas condamner la guerre ? Peut-on, aujourd’hui, avec les moyens dont nous disposons, parler d’une guerre juste ? Le simple citoyen s’interroge. Doit-il, en cas de conflit, refuser toute obéissance et se joindre aux objecteurs de conscience dans l’espoir d’empêcher un conflit ? Doit-il, au contraire, obéir sans réserve à tout ce qu’on lui demandera ? Peut-il signer un manifeste contre la guerre atomique ou en faveur de telle minorité nationale ? Dans sa bonne volonté, il aspire à faire œuvre utile, mais ne voit pas toujours distinctement où est son devoir. Inutile de se dissimuler le parti que des ennemis déterminés s’empresseront de tirer de telles perplexités.

 

Dans un monde qui n’est pas bon, qui est instable et où l’injustice règne trop souvent, l’idéal de non-violence suscite plus que jamais l’interrogation. Je puis renoncer à me défendre mais si mon voisin, mon ami, mon pays ont besoin d’être défendus, puis-je me dérober sans lâcheté ? Ce sont des vues pessimistes sur l’homme qui ont inspiré Machiavel : « Un prince doit s’efforcer de se faire une réputation de bonté, de clémence, de pitié, de fidélité à ses engagements et de justice. Il doit aussi avoir toutes ces bonnes qualités, mais rester assez maître de soi pour en déployer de contraires lorsque cela est expédient. » (Le Prince) La non-violence peut manquer de réalisme et devenir une idéologie. Mais on opposera toujours à Machiavel qu’une fin morale ne peut pas justifier des moyens immoraux.

 

Gandhi lui-même disait : « Lorsqu’on a le choix uniquement entre la lâcheté et la violence, je crois que je conseillerais la violence ». L’Evangile est non-violent. Cependant il recommande au soldat, non point de déposer les armes, mais de ne pas agir injustement.

 

En présence des très grands problèmes moraux que posent la guerre et la paix, c’est encore l’idée de justice qui s’impose comme guide. S’il y a pour les Etats une juste défense, il y a pour les citoyens une juste obéissance. La question essentielle est celle des biens qui méritent absolument d’être défendus. Car, est-il juste de punir ? Ne nous dissimulons pas qu’en présence d’un malheur, la recherche d’un coupable est une réaction collective, bien qu’un bouc-émissaire puisse être désigné injustement. Et pourquoi, la société punit-elle ? Pour rétablir l’équité et l’ordre, bien sûr. Pour imposer l’exemple et engendrer la dissuasion. La sanction a toujours une valeur morale dans la mesure où elle vise à amender. On sait aussi que l’esprit de guerre se développe quand les droits universels de l’homme ont été violés, que la terreur s’installe. C’est à ce moment que toutes les dérives semblent possibles. Une guerre produit toujours de telles destructions que les belligérants vaincus ou vainqueurs en sortent diminués, voire ruinés et parfois anéantis. Ainsi les différentes nations ont-elles convenu, pour quelques-unes, de s’organiser en constituant une union ayant pour but de prévenir les guerres. Ce fut le cas de l’Europe. Mais l’intensité des échanges internationaux est toujours fonction de l’existence de biens à échanger – et il ne faudrait pas réduire ces biens aux seules productions matérielles, ni les relations aux seuls contrats économiques. Les biens spirituels sont beaucoup plus importants, encore faut-il qu’ils existent et que l’on ait aussi bien à donner qu’à recevoir. Pas plus qu’une famille, une patrie ne doit être une prison, un refuge clos. Ce qui la constitue n’est pas un agrégat d’individus juxtaposés, une foule indéfinie, c’est un tissu de relations ordonnées, d’échanges organisés, de valeurs communes et d’aspirations semblables. Car la personne humaine s’accomplit en s’ordonnant au Bien commun dont l’idéal  a été défini dans  « La cité des fins » de Kant et « La société ouverte » de Bergson. Il n’est pas interdit de rêver à un « meilleur des mondes » qui ne soit nullement celui d’Aldous Huxley.

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

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29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 08:28
De quel vocable use nos amis les animaux ?

 

Vous le savez, bien sûr et depuis longtemps, le coq chante, cocorico,

la poule caquette,

le chien aboie quand le cheval hennit

et que beugle le bœuf et meugle la vache,

l'hirondelle gazouille,

la colombe roucoule et le pinson ramage

Les moineaux piaillent,

le faisan et l'oie criaillent quand le dindon glousse

La grenouille coasse mais le corbeau croasse et la pie jacasse

Et le chat comme le tigre miaule,

l'éléphant barrit,

l'âne braie, mais le cerf rait

Le mouton bêle évidemment et bourdonne l'abeille

La biche brame quand le loup hurle.

Vous savez, bien sûr, tous ces cris-là, mais savez-vous

 

 

Que le canard nasille, les canards nasillardent !

Que le bouc ou la chèvre chevrote

Que le hibou hulule mais que la chouette, elle, chuinte

Que le paon braille,

que l'aigle trompète

 

Savez-vous

Que si la tourterelle roucoule,

le ramier caracoule et que la bécasse croule

que la perdrix cacabe,

que la cigogne craquette et que si le corbeau croasse,

la corneille corbine et que le lapin glapit quand le lièvre vagit.

Vous savez tout cela, bien ! Mais savez-vous

 

Que l'alouette grisole,

que le pivert picasse

Ou que le sanglier grommelle,

que le chameau blatère

Et que c'est à cause du chameau que l'on déblatère,

que la huppe pupule

Et encore …

 

que la souris, la petite souris grise chicote. Avouez  qu'il serait dommage d'ignorer que la souris chicote et plus dommage encore de ne pas savoir

que le geai, Que le geai cajole !

 

 

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De quel vocable use nos amis les animaux ?
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8 janvier 2016 5 08 /01 /janvier /2016 09:18
Réchauffement climatique : si la responsabilité humaine s'avérait fausse ?

 

 

 

C’est de l’arrogance de croire qu’en 150 ans d’industrialisation nous avons changé le climat ! – assure le bernois Werner Munter. Spécialiste reconnu des avalanches, ce Suisse  planche  nuit et jour depuis trois ans sur le réchauffement climatique.

Et, pour lui, l’homme n’y est pour rien !


Il y a une semaine, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) pointait une nouvelle fois d’un doigt accusateur l’homme et le CO2 qu’il produit comme principaux coupables du réchauffement climatique.

Werner Munter, spécialiste mondialement reconnu des avalanches, qui se penche compulsivement sur le phénomène s’insurge : « ces gens sont des imbéciles qui répètent en boucle des bêtises, le savent et sont payés pour ! »

Son diagnostic climatosceptique, loin d’être celui d’un hurluberlu, est partagé par d’éminents scientifiques dont deux Prix Nobel. Il l’explique clairement. 
  
Vous affirmez que l’homme n’a rien à voir avec le réchauffement. Pourquoi ? 
  

Précisons tout d’abord que je ne conteste pas le réchauffement lui-même. Je l’ai d’ailleurs constaté en tant que guide de montagne en voyant les glaciers reculer. Celui qui nous fait face par exemple a perdu 100 m depuis que j’ai acheté cet appartement en 1989. En 2005, le pilier Bonatti des Drus s’est effondré à cause du réchauffement du permafrost. Ce que je remets en cause, ce sont les causes de ce réchauffement. Elles n’ont rien à voir avec l’homme ou avec le CO2 comme on nous le serine. Je suis arrivé à cette conclusion pour trois raisons. 
 
Quelles sont ces raisons ? 


La première, c’est tout simplement l’analyse des données climatiques reconstituées sur des millions d’années. Rien que dans les 10 000 dernières années, il y a eu cinq pics de températures comparables à celui que nous vivons. Ces optima correspondent à des cycles naturels. Au Moyen Age, il était par exemple possible d’aller en vallée d’Aoste depuis Arolla avec les troupeaux car le glacier n’existait plus. Lors des deux premiers optima, le Sahara était une savane avec des lacs, des arbres et des éléphants. Avant cela, pendant des centaines de milliers d’années, il a fait plus chaud qu’aujourd’hui. Et parfois jusqu’à 7 degrés plus chaud ! Or le GIEC se concentre sur les 150 dernières années. Autant dire qu’il regarde autour de son nombril. Les reconstructions paléoclimatiques montrent aussi que, pendant des centaines de millions d’années, il n’y a pas eu de corrélations entre le CO2 dans l’atmosphère et la température sur terre.


 Votre second argument ?  

 

La concentration de CO2 – qui est soit dit en passant un gaz vital et non pas un poison –dans l’atmosphère est négligeable. Il y en a un peu moins de 0,5‰ dans l’atmosphère, et au maximum 5% de cette quantité est imputable à l’homme. Pour un million de molécules d’air, il y a seulement 20 molécules de CO2 produites par l’homme. Et chaque année, notre industrialisation rajoute 4 molécules de CO2 pour chaque million de molécules d’air, mais la moitié est absorbée par les océans et les plantes. Et on veut nous faire croire que cette infime proportion due à l’homme est une catastrophe ? J’ai beaucoup de peine à le croire.


Pourquoi dès lors la thèse officielle fait quasi consensus ?

Vos collègues scientifiques ne sont pas tous des imbéciles ! 


Ces théories visent à nous culpabiliser. Quand des scientifiques comme ceux du GIEC disent qu’ils veulent sauver la planète, je dis qu’ils ne sont pas crédibles. Ils mentent pour préserver des intérêts économiques dont les leurs. Car il y a tout un business derrière la lutte contre le réchauffement. Il y a une volonté de faire peur aux gens par exemple en dramatisant la montée des océans, alors que ceux-ci ne s’élèvent que de 2 à 3 mm par an !

 

C’est aussi une manipulation intellectuelle de parler de CO2 en tonnes plutôt qu’en proportion.

 

Des tonnes, ça impressionne, mais rappelons que l’atmosphère pèse 5 000 000 000 000 000 tonnes ! (cinq Millions de Milliards de tonnes!)

 

Votre dernier argument est que la thèse officielle contredit les lois de la physique.   C’est-à-dire ? 


Celle de la thermodynamique en particulier. Pour faire simple : la terre fait 15° de température en moyenne.

L’atmosphère censément polluée de CO2 est grosso modo à -30° à 10 km d’altitude.

Qu’elle réchauffe la Terre qui est bien plus chaude qu’elle est une aberration.

La thermodynamique nous dit que la chaleur va toujours vers le froid et jamais dans le sens inverse, ce que correspond à notre expérience quotidienne. 


Alors au final, comment expliquez-vous ce fichu réchauffement ?


 Je n’ai pas de réponse car trop de facteurs entrent en jeu. Par contre, j’ai des hypothèses. Je soupçonne par exemple les variations de l’intensité du rayonnement solaire – qui répondent à des cycles – de jouer un rôle central, tout comme les processus nucléaires complexes et méconnus qui sont à l’œuvre au centre de notre Terre. Quoi qu’il en soit, c’est de l’arrogance de croire qu’en 150 ans d’industrialisation nous avons changé le climat. La nature est bien plus forte que l’homme, nous ne sommes pas les maîtres de la Terre !


Et si le réchauffement climatique n'était que le prétexte à la création de nouvelles taxes ?

 
 Et si le fait que la Sibérie devienne cultivable n'était pas une catastrophe ?


 Et si ceux-là même qui sont incapables de prévoir la météo à plus de 5 jours et qui prétendent savoir le temps qu'il fera dans 50 ans, nous prenaient pour des cons ?


Et si la sagesse consistait à dire qu'on n'en sait rien ...


Et si on commençait à raisonner par nous-mêmes au lieu de gober tout ce qu'on veut nous imposer ? (dans "imposer", il y a "impôt"

 

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28 novembre 2015 6 28 /11 /novembre /2015 09:42

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Pluies, vents, froid, oui l'hiver, avec un peu d'avance, pointe déjà son nez. Et comme s'y ajoutent les éternels soucis financiers, l'inquiétude de lendemains moroses, cela ne nous inspire pas d'allégresse particulière Une fois encore, l'homme navigue au gré des flots sur une mer houleuse, au milieu d'innombrables écueils. Mais le citoyen, on le sait, en a vu d'autres. Il est toujours arrivé à se sortir des mauvais pas de l'histoire si, malheureusement, il n'a pas toujours su en tirer les leçons qui s'imposaient. Car l'histoire est un éternel recommencement, les épreuves d'hier aidant rarement à se prémunir des erreurs de demain. Si bien que l'homme, faisant contre mauvaise fortune bon coeur, s'adapte. A tout : aux conditions météorologiques, aux menaces de guerre, aux krachs financiers, aux famines, au terrorisme, aux révolutions. Il enterre ses morts, relève ses ruines, comble ses déficits et repart.

 

Le courage, certes, l'abandonne rarement. Besogneux, résistant, fataliste, il avance contre vents et marées. Ce qui lui manque le plus est probablement la sagesse et le discernement, ces deux vertus qui permettent de voir mieux et plus loin. Il a toujours eu le tort d'avancer le nez sur le guidon. C'est le Général de Gaulle qui disait : "Visez les hauteurs, il n'y a pas d'encombrement".

 

Il faut admettre aussi que nos leaders ont rarement été des éclaireurs. A l'exception d'un Churchill qui avait eu le courage de promettre aux Anglais, à la veille de la Seconde Guerre Mondiale, " du sang, du labeur, de la sueur et des larmes", les autres ont largement contribué à nous endormir et à taire les dangers, afin de mieux assurer leur propre survie. Mais à force de jouer avec le feu et de faire l'autruche, à force de n'aspirer qu'au gain immédiat et à la seule satisfaction matérielle, le dieu profit se retourne contre nous. Oui, le veau d'or au pied d'argile, que depuis la nuit des temps l'homme a toujours été enclin à vénérer pour la bonne raison qu'il est sensé satisfaire ses désirs immédiats, s'effondre sur lui-même. Mais, en tombant, il ne manque jamais d'écraser quelques innocentes victimes.

 

Il est à remarquer également que depuis quelques décennies, le progrès est une valeur en berne. A l'instar  de l'ange qui fait la bête, " le meilleur des mondes" s'avère le pire des mondes. Dans leur ouvrage précis et tonitruant - en référence au livre d'Aldous Huxley - "Résistance au meilleur des mondes", Eric Letty et Guillaume de Prémare soulignent un curieux paradoxe : l'utopie progressiste fait des ravages dans notre univers à mesure qu'elle signe son échec : "Nous vivons une époque paradoxale, tandis que la révolution technologique ouvre à l'homme des horizons de progrès qu'il ressent comme illimités, nous assistons à la fin de l'idéologie du progrès, qui veut que le monde avance continûment du bien vers le mieux. Démentie par les faits, cette forme de matérialisme historique est un échec. L'homme occidental a cru qu'il était inscrit dans l'histoire que chaque génération vivrait mieux que la précédente ; il a cru que la civilisation du loisir et de la consommation ouvrait une ère nouvelle d'accomplissement de soi, d'épanouissement individuel, en un mot de bonheur. Or, les promesses de la modernité ne sont pas tenues, ni celle du progrès matériel continu, ni celle du bonheur croissant." Et les auteurs d'énumérer quelques-uns des stigmates du progrès en cours : effacement des nations et des corps intermédiaires dans la perspective d'une gouvernance mondiale, ébranlement des fondations de la famille, négation de l'identité des individus, production artificielle de l'être humain, transhumanisme, contrôle mondial des naissances et eugénisme. Il en résulte bien que le citoyen du meilleur des mondes est avant tout un consommateur atomisé en voie de robotisation.

 

Pour traverser une crise, quelle qu'elle soit, la priorité serait de revenir à la vérité, au courage et à l'action. Le temps n'est plus aux discours lénifiants, aux mensonges et aux dissimulations qui ont sapé la confiance des peuples. L'honneur de la politique n'est-elle pas d'apporter la preuve qu'il y a encore des moyens d'agir et la force des Nations de s'unir pour mieux résister ?  Le ferons-nous ou continuerons-nous à danser sur des volcans ? Probablement ! Et c'est ce qui fait qu'en permanence nous naviguons entre illusion et désenchantement. 

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 08:51

La-souffrance.jpg

 

 

Oui, quel est donc le rôle de la douleur dans nos vies que si souvent, trop souvent selon nous, elle affecte, blesse, décourage. Et pourquoi, par la même occasion, ne pas s'interroger sur la place qu'elle a occupée dans la vie de nos écrivains et, plus généralement, de nos artistes ? Il est certain que Proust n'aurait pas été Proust sans son asthme, que la phtisie a inspiré quelques-uns des plus beaux vers de la langue française et que, sans le rapport à la souffrance physique ou morale, l'homme aurait eu bien peu de choses à dire. Le bonheur se constate et ne se décrit pas ; le plaisir se prend et ne s'explique point. Curieusement, c'est ce que nous avons perdu qui nous devient cher, ce qui nous échappe qui nous semble précieux. Cioran notait dans ses Cahiers : " Je lis, je lis, et, sauf de rares exceptions, je ne trouve aucune réalité aux oeuvres que je lis. Que leur manque-t-il ? Je ne saurais le dire. Le poids ? Sans doute, mais qui leur confère du poids ? Une passion ou une maladie - rien d'autre. Encore faut-il que les malades et les passionnés aient quelque talent. Ce qui est sûr, c'est qu'un talent sans passion ni maladie ne vaut rien ou presque." ( Cahiers page 201 ) Et page 472, il ajoute : " C'est le Boudha qui a vu juste, qui a touché à l'essentiel. Tout tourne autour de la douleur ; le reste est accessoire, et presque inexistant ( puisque aussi bien on ne se souvient que de ce qui fait mal ), tandis que le marquis de Custine notait finement dans "Mémoires et voyages d'Astolphe Louis Léonor" : " Nous n'habitons la terre que pour apprendre à désirer ce qu'on n'y trouve pas. L'inquiétude de notre âme est une souffrance, mais ne nous en plaignons pas ; tous nos droits à l'immortalité sont là, et cette inexplicable douleur est notre plus beau titre de noblesse."

 

Il est vrai que la douleur est le passage obligé entre chair et esprit, ce, grâce à notre pouvoir de la transcender à tout moment. Si " le propre de la douleur est de n'avoir pas honte de se répéter ", l'honneur de l'homme est d'en faire bon usage. C'est presque toujours d'elle qu'il a tiré la substance spirituelle de ses oeuvres, au point que Léon Bloy assurait qu'elle était l'auxiliaire de la création. Mozart a rédigé son requiem dans l'antichambre de la mort, Beethoven écrit sa IX ème symphonie alors qu'il était sourd, Hugo jeté ses vers les plus émouvants alors qu'il venait d'enterrer sa fille Léopoldine, Charles d'Orléans, ce doulx seigneur, chanté sa France si belle lors de ses vingt-cinq années de détention dans les geôles anglaises et François Villon composé sa Ballade des pendus alors qu'il était condamné au gibet, peine qui sera finalement commuée en bannissement.

 

Frères humains qui apres nous vivez,
N'ayez les cueurs contre nous endurcis,
Car, se pitie de nous povres avez,
Dieu en aura plus tost que vous mercis.


 Seules, en effet, la douleur et la privation peuvent produire une impression positive, et par là se dénoncer d'elles-mêmes : le bien-être, au contraire, n'est que pure négation. Aussi n'apprécions-nous pas les trois plus grands biens de la vie : la santé, la jeunesse et la liberté, tant que nous les possédons ; pour en comprendre la valeur, il faut que nous les ayons perdus."  - écrit Schopenhauer dans " De la vanité et des souffrances de la vie"

 

L'homme est donc particulièrement créateur dans l'épreuve, le combat, l'effort, l'opposition. La valeur va à ce qui coûte, à ce qui exige, à ce qui oblige. S'y ajoute souvent une ascèse personnelle. Et qu'apprenons-nous aujourd'hui dans les discours dont on nous abreuve à longueur d'onde ou d'antenne ? Une version opposée, qui ne fait que rarement référence aux mérites de l'effort, à l'excellence du travail, à la noblesse du sacrifice, à l'élan généreux de l'amour et de la compassion, mais prône l'hédonisme glouton et éphémère dont on sait depuis Platon qu'il ne mène nulle part et ne favorise que l'égotisme et l'égocentrisme. Voilà ce que nous transmettons aux générations de demain sans l'ombre d'une mauvaise conscience. Et c'est d'autant plus regrettable que notre jeunesse connaît déjà les affres de la souffrance. Lisons-les ces auteurs adolescents, auxquels nous communiquons notre cynisme, nos divisions idéologiques, notre athéisme triomphant, notre assurance  doublée de suffisance d'avoir tout résolu des mystères de l'univers, et nous comprendrons à quel point leur détresse est grande ! Abreuvée de violence, de sexe, de drogue, de mensonge, de contre-vérité, à quoi peut bien se rattacher une jeunesse que nous avons privée d'idéal et de transcendance ? Que lui donne-t-on à admirer sinon les stars de pacotille et les dieux du stade ? Car quelques rais de lumière n'éclairent pas toute la nuit et quelques vagues ne soulèvent pas tout l'océan. Si l'on est optimiste à chaque fois que l'on contemple une fleur ou un bon morceau de pain, et pessimiste chaque fois que l'on pense à ceux qui dénaturent ce pain et sacrifient ces fleurs, on voit que la souffrance veille et demeure, afin que ne se perde jamais la trace de ce qui reste en nous "d'auguste et de divin" et que ce que le temporel ne cesse de désunir, l'intemporel l'unisse à tout jamais.

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

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23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 08:02
Dans quel monde vivons-nous ?

Il y a quelque temps de cela je posais déjà la question : dans quel monde vivons-nous ? Il est vrai que le monde change à une vitesse vertigineuse, au point que la plupart de nos références sont bousculées et que l’on sent dans la société une crispation et une inquiétude dues à la conjonction de l’emprise idéologique et du matérialisme. Notre société occidentale a valorisé à un point tel la matière au détriment de l’esprit, le superficiel au détriment du profond, la théorie plutôt que la réalité, que nous avançons dans un univers qui semble n’avoir d’autre horizon que celui du profit. Or, lorsque l’enrichissement devient l’unique souci de la plupart d’entre nous, lorsque les aspirations spirituelles sont moquées et couvertes de dérision, alors il n’est pas rare que le mensonge et la tricherie fassent une entrée en force. Et c’est bien le cas aujourd’hui.

 

Chaque jour nous dévoile son lot de fraudeurs et de menteurs tant il est vrai que le matérialisme est le levain d’une immense tricherie généralisée. Ne faut-il pas dissimuler et travestir la vérité pour faire oublier que le but auquel on aspire est tout simplement illusoire et irréalisable ? L’idéologie est une immense machine à tricoter du rêve et son discours destiné à être appliqué par les autres : les naïfs, les dupes, les pauvres gens trompés auxquels ont fait miroiter un avenir factice. Avec l’affaire Volkswagen, on se trouve devant l’imposture économique la plus éclatante, portant sur des millions de consommateurs que l’on abuse sans vergogne, en même temps que l’on passe outre aux lois et aux règlements. Ce ne serait jamais qu’un épisode lamentable s’il ne manifestait pas de façon criante l’esprit de notre temps. De même que les millions de voitures truquées ne seraient qu’un épiphénomène s’il n’illustrait pas la démesure matérialiste dont nous avons fait l’alpha et l’oméga de notre civilisation de l’apparence.

 

Oui, le paraître semble bien avoir pris le pas sur l’être, l’individu sur la personne que l'on robotise à force de la priver de sa liberté d’expression et de l’accabler sous les diktats de la police de la pensée. Jusqu’où cela ira-t-il ? « Dans ce genre de société – écrit la philosophe  Chantal Delsol – tout est si superficiel que bien souvent les gouvernants font semblant de gouverner, les journalistes font semblant d’informer, les banques font semblant de prêter, et tout est à l’avenant ». N’est-il pas temps de s’en inquiéter et de démasquer les vendeurs d’illusions, les tricheurs, les fossoyeurs d’une société qui avait ses faiblesses mais aussi ses grandeurs et ne se complaisait pas dans la posture et l'imposture. 

 

Néanmoins, les réponses aux questions que l'on se pose, c'est à chacun de les trouver en soi. Elles ne doivent nullement s'imposer au terme d'une démonstration péremptoire. Dans l'ordre de l'absolu et de la valeur, la vérité se montre mais ne se démontre pas. L'intervention de la liberté est indispensable à tout jugement. C'est la raison pour laquelle nous devons la défendre comme notre bien le plus précieux. Nous sentons d'ailleurs la nécessité de rassembler les hommes sur quelques principes de sagesse et sur quelques valeurs fondamentales. La sagesse correspond d'ailleurs à un immense besoin de nos jours. Bergson faisait observer qu'à tout progrès matériel devrait correspondre "un supplément d'âme". Car les savants ne sont pas forcément les...sages. De même que les psychiatres, les sociologues, les économistes, les fabriquants d'armes, les hommes politiques. Cette élite n'est pas toujours éclairée. Aussi chacun a-t-il la responsabilité totale du degré de clarté de sa propre pensée. 

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

 

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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 09:21
La conscience de soi : individu ou personne ?

 

« Je pense donc je suis » - disait Descartes. Mais que suis-je ou qui suis-je ? Je suis d’abord un organisme, un animal très évolué dont la première caractéristique est l’unité organique. Je suis un individu semblable à des millions d’autres et néanmoins unique car je n’ai pas mon pareil. Avoir conscience de soi, c’est en un sens avoir conscience de son corps, mais pas seulement. D’autant que je ne l’ai pas choisi, aussi je me définis davantage et mieux par mes sentiments, mes pensées, mes convictions, mes goûts, ma volonté. Tout cela entre dans l’idée de personne et me permet de ne ressembler à nul autre. Cependant, la conscience de soi exige, pour se développer, la vie en société car que serais-je sans l’autre ? Le petit enfant prend d’abord conscience du nom par lequel on l’appelle, il commence par parler de lui à la troisième personne en se nommant. Quand, vers ses trois ans, il parvient à dire « je », il éprouve le besoin de s’affirmer face aux autres par des refus. Par la suite, le travail scolaire, le rôle qu’il tient dans les jeux, les responsabilités qui lui sont attribuées développeront le sentiment de sa personnalité. Ce sentiment s’épanouit chez les adolescents dans toute sa plénitude et suscite une exigence d’affirmation qui s’accompagne souvent d’originalité et d’esprit d’opposition. Quant à l’adulte, il s’identifie selon son statut social faisant siens les avantages qui lui sont donnés à sa naissance, ses succès personnels ou les circonstances heureuses de sa vie, enfin, naturellement, il se définit par son sexe, sa nationalité, son âge, sa profession. Il est fréquent que la personne se confonde avec sa fonction et il n’est pas rare qu’un désarroi dramatique atteigne celles et ceux qui sont soudain dépossédés de leur assise sociale et de leur renom.

 

 

Blaise Pascal rappelait aux grands de ce monde que leur corps et leur âme « sont d’eux-mêmes indifférents à l’état de batelier ou à l’état de duc » et «qu’il n’y a nul lien naturel qui les attache à une condition plutôt qu’à une autre ». Jean-Paul Sartre, ardent défenseur d’une liberté humaine absolue, affirmait, quant à lui, que se confondre avec son personnage serait abdiquer sa liberté et accepter « d’être une essence ». « Je ne suis pas ce que je suis, parce que je ne suis jamais quelque chose » – écrivait-il dans « L’Etre et le Néant ». Bien sûr, tout choix exige des renoncements et la personnalité de chacun est toujours plus riche que les choix définis.

 

 

Et notre caractère, nous est-il donné ? Dépend-t-il de notre choix ? Probablement pas, puisque nous voulons presque toujours être autrement que nous sommes, mais on ne change pas plus le caractère que l’on ne change le tempérament. Il serait irréaliste de nier le donné caractériel auquel nous avons à faire, aussi irréaliste que de nier la nature humaine. Toutefois, notre liberté nous autorise certains aménagements et il est évident que nous évoluons avec le temps et selon les événements auxquels nous sommes confrontés.

 

 

Avec la notion de personne, nous sommes conscients de cerner une réalité importante qui n’est pas de nature matérielle et échappe ainsi à l’observation scientifique. A cette notion de personne se sont attachés progressivement celle de la réalité dans l’ordre de l’être, c’est-à-dire une réalité métaphysique. Au IIIe siècle, les philosophes néo-platoniciens parlaient volontiers de « singularité substantielle » comme on a parlé plus tard du « principe ultime d’individuation ». Ces définitions sont imparfaites et ont fait dire au philosophe Merleau-Ponty que « l’être-sujet est peut-être la forme absolue de l’être ».

 

 

Chez Emmanuel Kant, la personne a une grande importance en tant que sujet moral et « fin en soi », ce  qui suppose sa valeur absolue. Kant justifie une idée qui s’est imposée fortement à la mentalité moderne, celle du respect de la personne humaine. C’est le point de départ de la justification philosophique des droits de l’homme sur lesquels un accord presqu’universel s’est établi de nos jours. Or, face à la notion de personne, nous avons le sentiment d’être à la recherche d’une réalité qui est au-delà des apparences et qu’il est quasi impossible d’atteindre. C’est pour cette raison que l’idée de personne a été critiquée par les philosophes empiristes, en particulier David Hume, qui la considérait comme purement imaginaire. Chez Hegel, l’individualité n’est qu’un moment du développement de l’esprit universel, ce qui a influencé profondément le marxisme, celui-ci se refusant à la notion de personne et privilégiant celle d’individu plus facilement malléable.

 

 

Aujourd'hui, face aux problèmes politiques et scientifiques auxquels nous sommes confrontés, l’idée de personne comme réalité métaphysique est appelée à jouer un rôle essentiel. Dans les rapports entre l’Etat et les citoyens, dans l’organisation de la société, l’idée de personne permet de reconnaître en chaque homme  un être absolument respectable qui ne peut être utilisé comme « moyen », ni sacrifié à des fins collectives, pire mercantiles. Dans le domaine de la médecine, l’abus des médications psychotropes aussi bien que les manipulations génétiques  doivent trouver leur réglementation et leur limite afin de présever l’intégrité de la personne et la sauvegarder sans l’altérer.

 

 

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18 février 2015 3 18 /02 /février /2015 09:28
La confusion des valeurs met-elle le monde en péril ?

Dans quelques décennies, lorsque des penseurs analyseront notre époque, en dehors des avancées positives de la science, sans doute parviendront-ils à la conclusion suivante : que nous avons pratiqué à l'envi la confusion.
 

Et pourquoi ne pas l'admettre dès aujourd'hui,  en favorisant les idéologies  de toutes sortes et en abandonnant peu à peu nos valeurs et nos convictions, nous avons perdu  notre autonomie et notre force au point de gommer jusqu'à notre propre identité. Ceux qui s'y refusent sont traités de passéistes et de ringards et dûment moqués et ridiculisés. Je n'en veux pour preuve que l'aspiration à une politique mondialiste qui sous-entendrait une gouvernance planétaire, et à celle de l'homme nouveau qui déboucherait sur la promotion de l'homme standard, visant à la suppression progressive  de l'identité ethnique, religieuse et nationale. De même que les flux migratoires sont favorisés et parfois provoqués par des guerres indignes, dans le souci d'effacer ou de modifier le visage particulier et l'histoire fondatrice et formatrice de chaque pays. 


Plus de pays, plus de races, plus de cultures identitaires, plus d'individualité. A l'histoire serait préférée l'idéologie, à la religion, l'occultisme et l'ésotérisme, au patrimoine national, celui informel et universel qui, en appartenant à tous, n'appartiendrait à aucun. En quelque sorte, unifier, robotiser, simplifier, déshumaniser, niveler ; l'utopie parfaite de l'égalitarisme meurtrier.


Il faut reconnaître que l'homme a souvent eu ces sortes de folies. A une certaine époque, il eut le culte du surhomme et l'on sait  où cela a conduit. De nos jours, on envisagerait plus volontiers l'avènement du sous-homme, c'est-à-dire de l'homme réduit à sa plus simple expression, l'homme du supermarché, de la mal-bouffe, du prêt-à-penser, masse indistincte et consommatrice, manipulée et asservie par la synarchie du nouvel ordre mondial, déjà à l'œuvre, et qui sait fort bien nous désinformer, nous décerveler, nous orienter, nous endoctriner en nous faisant baigner à l’envi dans la violence, la drogue, le sexe, le consumérisme, soit la sous-culture. Croyez-moi, ils sauront nous dire ce que nous voulons entendre afin de mieux nous persuader de ce qu'ils veulent nous dire. Il suffit de remodeler nos consciences de façon à ce que cette nomenklatura, chapeautée par la Haute Finance et les Multi-Nationales, nous impose les nouveaux archétypes de la production mondiale, contrôlant, dans la foulée, ce qui a trait à la recherche, l'exploitation, la répartition des produits et matières premières  sur l'étendue de la planète.

  

En écrivant le mot planète, je ne peux m'empêcher d'y associer, par la force des choses, celui de planification. Mot aussi inquiétant que celui d'uniformisation. Cauchemar, peut-être, mais cauchemar plausible, envisagé d'ores et déjà par les hautes sphères qui détiennent les puissances de l'argent et, par voie de conséquence, le pouvoir temporel, principalement celui de manipuler l'opinion publique, proposant des styles de vie, lançant des modes, des slogans, créant des goûts, des habitudes et des modèles, suscitant des engouements, nous enlisant sous un flot d'informations dérisoires, sorte de bruit de fond continu capable d'occulter les vraies informations et nous condamnant à consentir ou à pâtir. Dictature douce, puis progressivement dure, où toute consultation des peuples sera exclue. De quelle année date notre dernier référendum qui, d’ailleurs, a été détourné ?


Et ce monde de demain, ou d'après-demain, taillé sur un modèle uniforme, quel sera-t-il ? Sans la pluralité des nations, des peuples, des coutumes, des croyances, des traditions, des styles, qu'adviendra-t-il ? Si l'Europe n'était plus l'Europe, ni l'Afrique, l'Afrique, ni les Amériques les Amériques, qu'est-ce qui nous dépayserait, nous enchanterait, nous captiverait ? Si de Singapour à Valparaiso, il y avait les mêmes usages, la même architecture, les mêmes modes, la même culture, c'est-à-dire plus de culture...la monotonie serait le sens commun et la mort du désir.

 

Et ne sourions pas. L'homme est sujet à des divagations de ce genre. La démence du pouvoir en a conduit plus d'un au bord du gouffre. Lorsque le bon sens nous quitte et que nous nous laissons gagner par la confusion des valeurs, les utopies les plus extravagantes peuvent séduire les esprits. Aussi ressaisissons-nous, les peuples ont encore leur mot à dire. Soyons des veilleurs attentifs, faisons appel à notre discernement, une valeur sûre, celle-là. A l'heure où notre environnement est en danger, nos nations en péril, la pauvreté omniprésente, des populations hagardes aux portes de nos frontières, les guerres en pleine expansion, nos équilibres de plus en plus instables, ce qu'il convient d'envisager, ce n'est pas de changer le monde mais de le sauver, en comprenant que le pire serait notre incapacité à réfléchir et à laisser l'émotion disposer de la raison.

 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

 

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8 novembre 2014 6 08 /11 /novembre /2014 08:58

 

 


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Ce jour, foin de l'actualité politique ou culturelle, mon humeur sera consacrée à la nostalgie. Eh oui ! il y a des circonstances qui rendent plus tangible la temporalité des choses et nous reconduisent vers un passé qui apparaît souvent meilleur que le présent. Passer de 126 m2 à 80 m'a obligé à me désencombrer. Me voilà circonscrite dans un espace plus réduit qui m'a valu d'implacables aménagements et contraint à des choix raisonnables. Car entre ce qu'il est indispensable de conserver et sage de sacrifier, comment faire la juste part ? L'adieu aux choses s'auréole volontiers d'une mélancolie passagère dont nous guérissons, d'autant que j'aime assez cette idée d'allégement, façon d'aborder l'avenir avec le moins de bagage possible. S'alléger, se délester, me conviennent. Il y eut une époque où je me disais que j'aurais pu vivre à l'hôtel, être ainsi de passage comme quelqu'un en transit entre plusieurs destinations. Mais cela était impossible, dès lors que je fondais une famille, souhaitais des enfants. Il  y eut donc un havre plein de rires et de projets, un lieu d'accostage où il a fait si bon vivre ensemble. Puis les enfants sont partis. C'était normal : nous leur avions appris à nous quitter, afin de devenir adultes, autonomes à leur tour.

 

 

Et mon mari et moi nous sommes retrouvés nomades, dans une parenthèse flottante, prêts à recommencer une nouvelle vie, à envisager d'autres escales. L'eau a toujours été présente. Enfant, ce furent les rives de la Loire, le bord des Mauves ; jeune femme le lac d'Annecy avec ses courbes gracieuses, de toutes parts gaves, avens qui creusent plus profondément leur lit. Aujourd'hui, c'est la mer autour de moi et surtout devant moi, invitation permanente au voyage. Aussi est-il bon d'alléger la carène qui nous mènera un matin ou un soir au terme du périple.


 

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Le Rondonneau de mon enfance que l'on retrouve dans mon roman : "Le jardin d'incertitude"


C'est la raison pour laquelle mon mari et moi avons trié, jeté, donné, classé archives, documents, lettres, photos, qui sont venus discrètement se réanimer entre nos mains : amours défunts, visages saisis au hasard des jours, papiers jaunis qui parlent d'une actualité ensevelie dans le suaire du temps, sourires fugitifs, regards qui semblent prolonger l'interrogation. Pour mieux appréhender l'immensité de ces absences, j'y ai volontiers attardé ma pensée. Nostalgie de ce qui n'a jamais cessé de s'éloigner et de se perdre. Inquiétude face à la temporalité dans laquelle nous baignons, caravaniers des sables dont les traces s'effacent au fur et à mesure de nos pas et nous confinent à l'éphémère.

 

On ne lit rien à la surface des mots
mais feignons d'en deviner le sens.
Ce sera peut-être la dernière heure de la nuit.
Personne ne va au-devant de ceux qui s'éveillent.
A moins que l'enfant ne nous ait mis en sommeil
pour la vie ? Léogane, une demeure à la pointe d'une île blanche,
un lieu où descendre au fond de soi.
C'est un cérémonial dans lequel on entre,
un itinéraire commencé avant l'aube.
L'enfant nous guide d'un pas de sourcier.
Une cloche tinte. Elle nous rappelle que le temps
laisse en nous l'empreinte de ses dents voraces.
Cherchons un lieu pour y établir notre gîte.
Le péril est au bout de cette longe qui nous tient attentifs.
N'allons pas au-delà du signe sur la pierre,
du tatouage sur la rive abordée.
A nos épaules, le temps pèse de tout son âge,
tandis qu'au loin se perçoit le murmure des orges et des blés.


  

                                              ( extraits de " Le temps fragile" - Profil de la Nuit - )


 

Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE

 

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                                La vue de notre balcon aujourd'hui

 

 

 

 

 

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