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18 décembre 2017 1 18 /12 /décembre /2017 08:37
Mariage contre nature de Yukiko Motoya

La littérature japonaise se préoccupe souvent des problèmes relationnels entre les êtres notamment au sein des couples et Yukiko Motoya semble y trouver matière à roman puisque c’est son deuxième livre sur ce sujet que je lis. C’est un plaisir car sa prose est légère et élégante.

 

 

Mariage contre nature

Yukiko Motoya (1979 - ….)

 

J’ai déjà lu l’an dernier un autre roman de Yukiko Motoya « Comment apprendre à s’aimer » qui évoquait les difficultés relationnelles apparaissant au fil du temps entre les époux ou les amis, il semblait conclure qu’il suffirait peut-être que nous soyons tous un peu plus tolérants pour que les frictions et autres contrariétés cessent de polluer notre vie. Et, dans ce présent roman, elle reprend le thème de la relation entre époux comme pour pénétrer, plus à fond dans leur union, ce qui l’a constituée et surtout ce qui la perturbe et l’altère.

 

San, une jeune femme n’aimant pas beaucoup son travail est heureuse de le quitter quand elle épouse un homme qui gagne suffisamment d’argent pour lui permettre de rester à la maison où elle se plait bien. Mais un beau jour elle découvre qu’elle ressemble de plus en plus à son mari et que celui-ci vieillit, ses traits s’avachissent, sa silhouette se tasse. « Les pensées de l’autre, ses goûts, ses paroles, ses actes supplantaient peu à peu les miens à mon insu et quand je m’apercevais que je me comportais comme si j’avais toujours été ainsi, cela me paniquait ». Son mari est plutôt grossier, peu attentif à sa femme, peu affectueux, c’est un rustre avec lequel elle n’arrive même pas à échanger sur leur avenir commun. Elle n’a de contacts qu’avec sa voisine plus âgée qui est fort attachée à son chat dont il faut absolument qu’elle se sépare.

San assiste la voisine dans sa séparation et réfléchit à sa situation, son mari prend de plus en plus sa place à la maison, elle doit prendre l’initiative pour reconquérir son territoire. « J’avais toujours laissé les hommes se repaître de moi », elle veut changer cet état de fait. Yukiko Motoya a trouvé une fin surprenante, poétique, fantastique à cette histoire d’amour diluée dans le flot de la vie quotidienne. On reste ensemble parce que c’est plus pratique, plus confortable… mais la vie perd son goût, ses émois, ses émotions…

 

Comme son précédent roman, celui-ci est tout aussi léger, délicat, fin, les choses graves se diluent dans une fantaisie poétique tout à fait charmante même si celle-ci masque mal les difficultés du couple à constituer la famille solide et pérenne à laquelle aspire San et peut-être de nombreux jeunes japonais qui semblent plutôt subir leur vie que la vivre.


Denis BILLAMBOZ

 

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Mariage contre nature de Yukiko Motoya
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commentaires

P
Salut Denis et joyeux Noël pour toi et toute ta famille. Réjouissez-vous autour de la crèche ou du sapin et que les coeurs soient joyeux.
Répondre
D
Merci Pascal,<br /> <br /> Un peu en retard pour Noël, je te souhaite, à toi et à ta famille, un excellent réveillon de Nouvel An et une très belle année 2018 en pleine santé.
E
Un sujet qui m'intéresse beaucoup, comment on vit le désamour sous d'autres cieux... ou comment on aime... J'ai beaucoup aimé, par exemple, la littérature de Jumpa Lahiri, Indienne Bengali née en Angleterre ou USA, qui s'attarde elle-aussi sur ce thème!
Répondre
D
Hello !<br /> <br /> Je pourrais te passer ce livre et d'autres sur le sujet.<br /> J'ai lu, il y a déjà bien longtemps, un magnifique livre de Jumpa Lahiri : "L'interprète des maladies". je me souviens encore de cette auteure.<br /> Bisou, joyeux Noêl !<br /> <br /> Denis

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