Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
15 janvier 2018 1 15 /01 /janvier /2018 09:15
Parce que je déteste la Corée de Chang Kang-myoung

Elle ne supporte plus le régime autoritaire en Corée, elle décide d’aller vivre en Australie qu’elle considère comme un paradis, hélas l’Australie n’est pas l’eldorado qu’elle croyait mais, malgré tout, elle ne reviendra jamais en Corée.

 

 

Parce que je déteste la Corée

Chang Kang-myoung (1975 - ….)

 

 

Kyena, jeune femme de vingt-sept ans, n’imagine pas son avenir en Corée. Elle dit : «… je n’ai pas d’avenir en Corée. Je ne suis pas sortie d’une grande université, je ne viens pas d’une famille riche, ne suis pas aussi belle que Kim Tae-hui. Si je reste en Corée, je finirai ramasseuse de détritus dans le métro ». Elle exagère à peine, sa famille est modeste, son père n’est que concierge dans un immeuble de bureaux, elle n’a fréquenté qu’une université de seconde zone, elle ne se trouve pas jolie, son travail est peu lucratif et encore moins valorisant… elle est convaincue qu’elle n’a aucun avenir dans son pays natal.  « Mon pays natal, la Corée du Sud, s’aime d’abord lui-même. Il chérit uniquement les membres de la société qui lui font honneur….Et il colle une étiquette infamante sur ceux qui ternissent son image ». Elle est convaincue qu’elle fait partie de ceux qui devraient être aidés par l’Etat, de ceux qui ne pourraient que ternir l’image du pays si on ne les aide pas.

 

Alors germe en elle l’idée de quitter ce pays sans avenir pour rejoindre l’Australie où de nombreux jeunes Coréens émigrent pensant trouver de meilleurs conditions pour gagner leur vie, poursuivre leurs études et éventuellement s’installer définitivement. Son père ayant offert un voyage à ses sœurs qui ne gagnent pas leur vie, avec l’argent qu’il lui a emprunté, elle met son projet à exécution. En Australie, elle ne trouve pas le paradis qu’elle croyait découvrir, elle navigue de petits boulots en petits boulots, de « poulaillers » (dortoirs surchargés) en « poulaillers », de garçons peu fiables en garçons peu fiables, mais elle s’accroche, travaille encore et encore même quand elle perd tout. Elle retourne parfois en Corée où elle rencontre toujours les mêmes problèmes.

 

Elle hésite, ne sait quel pays adopter, jusqu’au jour où elle construit une théorie très personnelle qui influencera définitivement son choix. « … je me suis dit que le bonheur était peut-être comme l’argent. Dans le bonheur aussi il y a les « capitaux » et les « liquidités ». Certains bonheurs viennent du fait qu’on accomplit quelque chose. Le souvenir de cette réussite reste en mémoire et rend les gens heureux un peu chaque jour pendant longtemps. C’est leur capital bonheur ». Désormais la recherche du bonheur guidera sa vie.

 

Ce livre est une charge contre le régime autoritaire qui sévit alors en Corée du Sud, laissant bien peu de choix aux jeunes qui ne sont considérés que comme les suppôts d’une nation qui n’a aucune considération pour eux. L’hymne national coréen exprime clairement l’attente de la nation envers les citoyens alors que celui de l’Australie met les citoyens en avant, le pays devant assurer leur bonheur. Le choix de Kyena trouvera-t-il sa solution dans les paroles de ces hymnes nationaux ?

 

Denis BILLAMBOZ

 

Pour consulter la liste de mes précédents articles, cliquer  ICI

 

RETOUR A LA PAGE D'ACCUEIL

 

L'auteur

L'auteur

Partager cet article
Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog interligne d' Armelle BARGUILLET HAUTELOIRE
  • : Grâce au pouvoir des mots, une invitation à voyager sur les lignes et interlignes.
  • Contact

TEXTE LIBRE

 4016234704 (Small)

Un blog qui privilégie l'évasion par les mots, d'abord, par l'imaginaire...toujours.

LES MOTS, nous les aimons pour eux-mêmes, leur sonorité, leur beauté, leur velouté, leur fraîcheur, leur hardiesse, leur insolence, leur curiosité, leur dureté, leur volupté, leur rigueur.
Différemment des notes et des couleurs qui touchent d'abord notre sensibilité, ils ont vocation à transmettre, informer, émouvoir, expliquer, séduire, irriter, formuler les idées, forger les concepts, instaurer le dialogue.
Ainsi nous conduisent-ils vers l'autre, l'absent, l'étranger, l'inconnu, l'exilé.

Parce qu'ils disent qui il est, comment est le monde, pourquoi est la vie, qu'ils gomment les distances, comblent les vides, dévoilent les énigmes, suggèrent le mystère, ils sont nos courroies de transmission, nos outils journaliers.

 

La vie doit être vécue en regardant vers l'avenir, mais elle ne peut être comprise qu'en se tournant vers le passé.

 Soëren Kierkegaard

 

Je réponds ordinairement à ceux qui me demandent raison de mes voyages : que je sais bien ce que je fuis, et non pas ce que je cherche.

   Montaigne

 

Veux-tu vivre heureux ? Voyage avec deux sacs, l'un pour donner, l'autre pours recevoir.
   Goethe

 

 MES DERNIERS OUVRAGES PUBLIES ( cliquer sur l'icône pour accéder à leur présentation )

 

1184097919 profil de la nuit  2851620614

les signes pourpres  3190-NEL i 978-3-8417-7335-7-full

 

SI VOUS PREFEREZ LES IMAGES et le 7e Art, RENDEZ-VOUS SUR MON BLOG : 

 

Bannière pour Armelle 1 

 

 

Recherche