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30 avril 2018 1 30 /04 /avril /2018 09:53
Ma très chère grande soeur de Gong Ji-young

Encore un détour par la Corée pour découvrir ce joli roman plein d’amour et de tendresse qui rappelle qu’on oublie souvent les plus humbles qui ont été pourtant des êtres nécessaires dans notre construction personnelle et dans la personnalité sociale que nous sommes devenus.

 

 

Ma très chère grande sœur

Gong Ji-young (1963 - ….)

 

 

« Bongsun a encore disparu, m’a annoncé ma mère… Mon Dieu elle a déjà eu quatre enfants de pères différents…. » Bongsun c’est la jeune fille recueillie par la famille de la narratrice alors qu’elle n’était qu’une enfant maltraitée par une famille d’accueil. C’est elle qui a pour bonne partie élevé celle qui est désormais une écrivaine reconnue, celle qui raconte cette histoire alors qu’elle traverse une période perturbée par son divorce. A l’annonce de cette nouvelle, la narratrice se souvient de la fille, âgée d’une dizaine d’année de plus qu’elle, qui l’accompagnait partout, la prenant en charge comme une petite maman ou comme une grande sœur attentionnée.

 

La famille n’est pas fortunée, la mère travaille au marché pour faire bouillir la marmite, le père est parti aux Etats-Unis pour reprendre des études pouvant lui assurer l’accès à un travail mieux rémunéré. Malgré les difficultés, la mère ne veut pas renvoyer Bongsun qui, peu à peu, se transforme en une petite bonne au service de la famille. Quand le père revient et trouve un excellent emploi lui assurant des revenus de plus en plus conséquents, la mère veut à son tour jouir d’une vie de bourgeoise et déplore que sa bonne ternisse l’image de sa famille et surtout la sienne.

 

Bongsun est une fille d’humeur égale, travailleuse et souriante, elle s’occupe comme une sœur de la narratrice alors âgée de quatre/cinq ans. Après quelques humiliations, elle comprend qu’elle ne fera jamais réellement partie de la famille et ne résiste pas longtemps à l’appel de la chair. Elle avorte d’un premier bébé, fruit des œuvres d’un vilain garçon qui la tabasse, avant de se marier avec un homme plus âgé qui décède rapidement de la tuberculose. Elle avait été utilisée par la famille du défunt pour lui donner un héritier, ce qu’elle n’eût pas le temps de faire. La narratrice poursuite ses études au collège puis à l’université et se détache de plus en plus de cette fille qu’elle finit par chasser de son esprit jusqu’au jour où sa mère l’informe de la nouvelle aventure qu’elle a entreprise. En plein divorce, elle réalise ce que fut cette fille pour elle quand elle était une enfant un peu livrée à elle–même avec une mère trop occupée par son travail puis par son image et un père trop haut placé pour s’intéresser aux problèmes familiaux et ancillaires.

 

Gong Ji-young est une romancière très connue en Corée où ce livre a déjà été édité trois fois. Née en 1963, elle a connu la dictature et lutté pour les droits de l’homme, la condition des femmes, des enfants, des travailleurs, des handicapés, des homosexuels… Ces thèmes se retrouvent, pour la plupart, dans ce roman, ils ne sont jamais évoqués avec haine ou violence, toujours avec douceur et conviction. L’auteur démontre que l’amour et la tendresse sont certainement plus forts que la brutalité et l’exclusion sociale. En lisant cet ouvrage, on a l’impression que plus les gens s’enrichissent plus ils deviennent intolérants, autoritaires, intransigeants et surtout très soucieux de ce qu’ils ont et ont peur de perdre. Bongsun n’a rien, seulement des malheurs et des misères, alors elle n’a peur de rien, elle n’a rien à perdre, elle peut sans aucun risque garder l’espoir qu’un jour la roue tournera, qu’un homme l’aimera et la fera vivre décemment, elle n’en veut pas plus. Une plongée dans le passé faisant sourdre l’amour que cette fille a donné à l’auteure, mais aussi l’ingratitude et l’orgueil dont celle-ci a fait preuve à l’endroit de celle qui a guidé ses pas jusqu’à l’entrée au collège.
 

Denis BILLAMBOZ

 

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Ma très chère grande soeur de Gong Ji-young
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commentaires

E
Ca me plairait certainement, je suis interpellée et déjà en cinéma je suis souvent attirée par le Japon la Corée et la Chine... bien qu'ils ne soient évidemment pas à mettre tous à la même enseigne...
Répondre
D
Effectivement, Edmée, parmi les livres coréens et japonais que is il y en, pas mal, qui sont vraiment excellents. je suis surpris notamment par la qualité des romans coréens.Je connaissais pas mal la littérature japonaise mais jusqu'à assez récemment, je buttais un peu sra littérature coréenne mais depuis deux ou trois ans, j'ai lu des romans vraiment excellents. Celui-ci est plein de tendresse et déborde d'émotion. j'essaierai de me souvenir lors de mon prochain voyage en Belgique...

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