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3 décembre 2018 1 03 /12 /décembre /2018 08:14
Le poids de la neige de Christian Guay-Poliquin

Un huis clos sous une impressionnante couche de neige qu’une tempête incessante épaissie d’heure en heure. Enfermés sous ce  manteau neigeux, un jeune homme blessé et un vieux encore valide luttent pour survivre et parfois essaient de se gruger mutuellement pour s’enfuir seul avec les vivres.

 

 

 

Le poids de la neige

Christian Guay-Poliquin (1982 - ….)

 

 

Avec ce roman, Christian Guay-Poliquin me ramène, loin en arrière dans le temps, aux romans d’aventure dans les  espaces gelés du Grand Nord que j’ai lus quand j’étais enfant ou ado. J’ai retrouvé l’atmosphère écrasante, l’angoisse palpitante, les paysages ensevelis, les hommes rudes et persévérants décrits par Louis Hémon, Jack London et ceux qui ont raconté les histoires de trappeurs qui me subjuguaient particulièrement, sans oublier les aventuriers qui relataient des expéditions dantesques dans ces zones particulièrement inhospitalières : Christoph Ramsmayr avec « Les effrois de la glace et les ténèbres » décrivant l’expédition autrichienne dans la région du pôle nord, Andrea Barrett avec « Le voyage du Narwahl », ce navire cherchant un passage par le nord entre les océans, ou d’autres explorations toutes aussi téméraires et dangereuses.

 

La présente histoire se déroule dans le grand nord canadien pendant une tempête de neige particulièrement abondante qui dure, dure, … jusqu’à ensevelir toute trace de vie, provoquant même une panne d’électricité générale qui paralyse les villes et les villages. C’est au début de cette tempête qu’un jeune homme revient au pays où il est victime d’un accident de la route qui le prive de l’usage de ses jambes. Le croyant promis à une mort rapide, les habitants du village le confie à une personne, déjà âgée, réfugiée dans une maison abandonnée, isolée loin des autres habitations, contre la promesse de lui réserver une place dans le prochain convoi en partance pour la ville. Mais la tempête ne cesse pas, seule une poignée d’habitants visitent les deux ermites des neiges. Commence alors un long huis clos au cours duquel les deux hommes, tour à tour, unissent leurs efforts pour lutter contre les éléments et survivre jusqu’à la fonte des neiges, ou se heurtent violemment ou sournoisement pour filer seul au détriment de celui qui restera sur place dans ce linceul de neige.

 

A travers des chapitres très courts, Christian  Guay-Poliquin peint des tableaux angoissants démontrant la dépense d’énergie, la débrouillardise, l’inventivité, la volonté de survivre des deux réfugiés qui ne reçoivent que des nouvelles désespérantes concernant l’étiolement de la vie au village et les tentatives de fuite de ceux qui en ont les moyens. C’est une lutte permanente entre la solidarité, la nécessité de s’unir pour survivre, et l’individualisme, la possibilité pour l’un des deux de s’échapper en emportant les vivres. Au début le vieux laisserait bien le jeune avec son invalidité mais, après une longue convalescence, ce dernier pourrait renverser la situation. C’est aussi un combat de tous les jours pour ne pas perdre l’espoir et  lutter malgré les crises de détresse. « Nous sommes dans le ventre de l’hiver, dans ses entrailles. Et, dans cette obscurité chaude, nous savons qu’on ne peut jamais fuir ce qui nous échoit. »

Une leçon de courage, de persévérance, de solidarité, d’entre-aide pour accepter la fatalité et combattre ensemble contre les éléments, même si la nature est toujours plus forte que les hommes.

 

Denis BILLAMBOZ

 

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